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  • Bavards dans Le Journal de Montréal

    «Michel F Côté est sur tous les fronts», Manon Guilbert, Le Journal de Montréal, 10 décembre 1997
    mercredi 10 décembre 1997 Presse

    Michel F Côté mène toujours quelques projets de front. Au théâtre en ce moment dans Gilselle ou la maudite amour sale, il prépare pour le Théâtre la Chapelle les événements musicaux Bruire et Klaxon Gueule.

    Le premier disque du trio Klaxon Gueule sera par ailleurs lancé, le soir de la première, le 11 décembre. Compositeur et percussionniste, Michel F Côté met en scène deux ensembles radicalement différents. Le premier Klaxon Gueule se laisse aller dans une musique complètement improvisée. Le trio existe depuis près de trois ans et réunit Bernard Falaise à la guitare électrique, Alexandre St-Onge à la basse et Michel F Côté à la batterie.

    «C’est très rock, explique Côté nous faisons en sorte que notre musique ait l’air le moins improvisée possible. Ça se passe bien entre nous et Klaxon Gueule a même quelques propositions pour se faire entendre en Europe.» Bavards, premier disque du groupe sera lancé à l’occasion de ce spectacle. Il est la 52e parution de l’étiquette Ambiances Magnétiques. Dans un deuxième temps, Bruire, formation polyvalente qui existe depuis une dizaine d’années et dirigée par Michel F Côté, requiert cette fois la collaboration musicale de Jean Derome au saxophone baryton, Normand Guilbault à la contrebasse et Martin Tétreault: au tourne-disques et pick-up.

    À chaque nouveau spectacle de Bruire, Michel F Côté, qui en est le seul membre permanent, choisit les musiciens en fonction des objectifs musicaux. Cette fois, Bruire s’inspire de l’art rupestre, ces peintures éblouissantes retrouvées dans les grottes. «Les gens de la préhistoire étaient de véritables artistes. J’ai voulu donner un écho musical à ces œuvres. Les pièces possèdent une structure dans laquelle les musiciens peuvent s’exprimer.» Chacun d’eux étant un maître ils deviennent tour à tour solistes. Bruire se rapproche davantage du jazz, mais d’avant-garde. La batterie de Michel F Côté adopte un caractère lyrique, presque mélodique, qu’on ne reconnaît généralement pas à son instrument. Le saxophone de Jean Derome devient pour sa part plus rythmi que. «C’est fascinant de faire sortir les instruments de leurs rôles traditionnels.»

    Pour l’occasion le Théâtre La Chapelle a été transformé pour ressembler à une grotte. Les musiciens et le public seront très près l’un de l’autre, créant ainsi l’interaction rêvée. Les deux parties de ce spectacle seront captées par la radio de Radio-Canada et diffusées ultérieurement.

    Bavards dans Voir

    «Critique», Nicolas Tittley, Voir, 4 décembre 1997
    jeudi 4 décembre 1997 Presse

    Qu’il fasse une relecture du thème de Giselle; qu’il retrouve le cri primal avec son ensemble Klaxon Gueule, ou qu’il interprète la préhistoire dans Chants rupestres, le percussionniste Michel F Côté approche la musique comme l’anthropologue qu’il aurait voulu étre.

    La dernière fois que j’ai vut Michel F Côté en spectacle, au Théâtre La Chapelle, c’était lors d’une représentation de Giselle de Bouhaha Danse. Au fond de la scène, les musiciens de B. A. R. F faisaient leur boucan habituel. Michel était là, à leurs côtés, à se charger de l’atmosphère en tapant sur une étrange batterie faite d’instruments acoustiques et de pads électroniques. De temps à autre, il caressait ses cymbales avec un archet, pour ensuite se lancer dans une mitraille frénétique inspirée par le rock à haute vélocité de ses voisins. Plus encore que la chorégraphie, transformée par Brouhaha en un véritable duel destroy, la musique tonitruante s’éloignait le plus possible de celle qui accompagnait la première version. «La musique originale de cette pièce est immensément ennuyeuse, je peux l’affirmer car je me suis tapé plusieurs enregistrements en travaillant pour Brouhaha, explique Côté. Au départ, je voulais faire une sorte de relecture mais ça ne cadrait pas du tout avec le projet, il ne reste donc que quelques petits clins d’œil.»

    On ne doutait pas un instant que Côté puisse relever le défi. Après tout, c’est un compositeur de talent, ayant souvent travaillé pour le théâtre (on peut d’ailleurs l’entendre dans le Koltès actuellement présenté au TNM). Mais la collaboration avec les gars de B. A. R. F. avait de quoi surprendre. “J’écoute tous les genres de musique, mais ce n’est pas parce qu’on va au Mali pis qu’on s’assoit autour d’un feu avec des bongos qu’on est malien, lance Côté en guise d’explication. Je ne prétends aucunement être un musicien «grindcore» quand je joue avec B. A. R. F. Par contre, je peux parler le même langage qu’eux sur leur territoire, sans poser de jugement, et réussir à avoir une conversation passionnante. Ce genre d’analogies antiropologiques revient régulièrement dans la bouche de Côté, qui a abandonné ses études sur l’origine de l’homme pour se consacrer à la musique il y a quelques années. Cette semaine, lorsque Côté retournera au Théâtre La Chapelle (sans danseurs, cette fois-ci), il pourra enfin fusionner ses deux passions. Intitulé Chants rupestres, le spectacle qu’il présente en compagnie de son ensemble Bruire (avec Martin Tétrault aux tables tournantes, Jean Derome au sax baryton, et Normand Guilbeault à la contrebasse) se propose de donner une voix à des personnages muets depuis des dizaines de milliers d’années. Pour ce projet, Côté s’est sunout inspiré des fresques rupestres retrouvées sur les murs de nombreuses grottes, dont celle dite des Trois Frères, dans laquelle on peut observer un homme portant une sorte d’arc vers la bouche. À propos de cette peinture, Pascal Quignard écrira, dans La Haine de la musique, «Je ne distinguerai pas l’instrument de chasse de la première Iyre, de la même façon que je ne distinguai pas Apollon archer d’Apollon citharéde.»

    À partir de ces images marquées sur la pierre, le champ d’exploration poétique qui s’offrait à Côté était quasiment infini. Puisqu’il n’existe ni notation ni tradition vocale ayant conservé la mémoire des chants préhistoriques, le musicien était libre de les interpréter comme il l’entendait. «J’ai toujours été fasciné par l’an rupestre, mais ce qui m’intéresse le plus, c’est de savoir quelle pouvait bien être la pulsion artistique première de ces gens pratiquement vierges de toute culture. Quignard, puisqu’on parle de lui, laissait entendre qu’aujourd’hui, le silence était devenu le vertige moderne parce que la musique ne parlait pas. Durant la préhistoire, les gens entretenaient un tout autre rapport avec la musique.» L’instrumentation s’est imposée d’elle même: en tant que percussionniste, Côté était le musicien primitif idéal. Derome se limiterait aux sonorités graves du baryton, Guilbeault utiliserait tout le coffre de la contrebasse, et Martin Tétrault, à l’aide de son aiguille de pick-up, allait représenter les coups de stylet des hommes des cavernes. La musique allait être brute et le spectacle, minimaliste. «J’ai voulu qu’on puisse sentir le côté primitif dans la mise en scène du spectacle. Il n’y a pratiquement aucun éclairage; pas de technicien de son, puisqu’on a décidé de ne pas se servir d’une grosse amplification; et on n’utilise pas de gradins car je voulais que le public soit au même niveau que nous, pour sentir la sueur.»

    En première partie, Côté jouera avec son autre groupe, Klaxon Gueule, un trio qui se réclame de l’héritage des musiques «free» et rock à la fois. «Je dis toujours que Klaxon Gueule est une sorte de blind date musical. Il y a environ cinq ans, Alexandre St-Onge, un jeune bassiste de seize ans a appelé à la maison en me disant qu’il voulait prendre des cours avec moi. On a commencé à jammer ensemble et, un jour il m’a proposé d’appeler Bernard Falaise, que je connaissais seulement pour l’avoir vu sur scène. Ça a tout de suite cliqué.» Les trois gars ont fondé Klaxon Gueule sur un coup de tête. mais se sont mis à enregistrer dès leur fondation en septembre 1995. Le résultat peut maintenant être entendu sur le double compact Bavards, qui recense de volubiles échanges à trois sur le premier disque, et des sessions avec musiciens invités sur le second. Comme si ça n’était pas assez, Côté lancera un album solo appelé Compile Zouave, et ce, peut-être en même temps que la version disque des Chants rupestres au printemps prochain. Autant d’artefacts pour les ethnomusicologues du futur.

    Dur Noyau Dur dans AllMusic

    «Review», François Couture, AllMusic, 3 décembre 1997
    mercredi 3 décembre 1997 Presse

    This is not guitarist René Lussier and turntablist Martin Tétreault’s first collaboration. They both appeared on Des pas et des mois, at a time when the latter worked with prepared LPs. When Dur noyau dur was recorded, Tétreault was becoming more and more interested in using the turntable without its usual apparatus, as an instrument in its own right. Lussier’s artistic path also forayed into more abstract music, moving toward free form, sound event-based improvisation. This album shows both musicians grasping for a new vocabulary, while occasionally reverting to their old one (Tétreault with his sped-up death metal record on Nervure). Results are interesting, but not totally convincing. They show in which direction the two musicians will head during the following years. The duo’s 2000 follow-up CD Qu’ouïs-je made a much stronger statement. Tracks 12 through 21 make up a 23 minute suite written by Lussier, a dense and noisy sound art work which culminates in Emmanchure (Tétreault’s amplified needle-directly-on-the-deck can sound quite lugubrious). The first half of the CD is made of improvisations. Even Lussier’s die-hard fans will have difficulties relating to this album, unless they have heard some of his other post-1997 releases or are already aficionados of abstract sound art. Weaker than Qu’ouïs-je, it remains recommendable.

    La plante humaine dans Rubberneck

    «Review», Chris Atton, Rubberneck, no 26, 1 décembre 1997
    lundi 1 décembre 1997 Presse

    Things hot up a little with Lepage’s film soundtrack CD, or at least its copious sleevenotes lead me to expect a work of devastating brilliance. But its shuffling between rock and classical passages disappoints: the rock is too anodyne (it’s like a Tina Turner backing track); the string passages too slick. These blocks are edited together with a deliberate aural “channel-changing” device that wears thin after the second ti e it’s deployed. Perhaps you had to be there…

    Ayaya Moses dans Rubberneck

    «Review», Chris Blackford, Rubberneck, no 26, 1 décembre 1997
    lundi 1 décembre 1997 Presse

    Debut CD for this current line-up of Frith, René Lussier, Nick Didkovsky and Mark Stewart; compositions by members, plus adaptations of works by Claude Vivier and Olivia Bignardi. A repertoire showcasing the quartet’s adroit execution of sharply contrasting moods and dynamics. Strong soloistic flourishes with intricate four-part writing. The title-track by Lussier is a treat—delicate and aggressive by turns. Tops, though, is Freedom Is Your Friends II meditative enough to be called ‘sacred music’.

    The title-track by Lussier is a treat — delicate and aggressive by turns.

    La Bête / The Beast Within dans CFLX 95.5 FM

    «Délire actuel: Critique», François Couture, CFLX 95.5 FM, 17 novembre 1997
    lundi 17 novembre 1997 Presse

    Jean Derome a-t-il encore besoin d’une présentation? Membre fondateur et pilier d’Ambiances magnétiques, il est musicalement actif de façon inlassable depuis près de vingt ans. Impliqué dans quantités de projets, on le connait surtout pour sa participation au duo Les Granules avec René Lussier et pour son groupe Jean Derome et ses Dangereux Zhoms. Mais que ce soit avec les Granules, les Zhoms ou seul, Jean Derome nous a habitué à une musique complexe, spontanée et iconoclaste, où l’humour est presque partout présent.

    Et c’est ce qui frappe à la première écoute de La Bête. L’absence flagrante du piquant deromesque. La Bête est une musique sérieuse.

    La musique de La Bête a été écrite pour accompagner la chorégraphie du même titre de Ginette Laurin et interprétée par la troupe de danse O Vertigo. En fait, seules trois des seize pièces de l’album ne font pas partie du spectacle. Le sujet et le format imposaient une atmosphère plus sombre. Nous trouvons donc Derome dans un nouvel environnement.

    Ce qui n’est pas dire que l’album est mauvais. Loin de là. Il s’agit de s’y faire. Jean Derome (flûtes, voix, appeaux, claviers, programmation, bouteilles, saxophones, percussions) est entouré sur ce disque par ces acolytes habituels d’Ambiances magnétiques: Joane Hétu (voix), Pierre Tanguay (percussions, batterie, voix, bouteilles), Diane Labrosse (accordéon, échantillonneur), René Lussier (guitare-papier), Ivanhoe Jolicoeur (trompette, flugelhorn), Tom Walsh (trombone, rasoir), Robert Ellis (trombone basse, tuba) et Bernard Buisson (piano).

    L’atmosphère du disque est sombre et quelque peu torturée. La musique est sérieuse, émotive, une bonne partie est tonale. Certaines incursions de Joane Hétu viennent déstabiliser l’édifice, y apporter une note (un cri) discordante et bienvenue. Mais si l’ensemble apparaît d’abord peut-être un peu trop «accessible», on se surprend à plonger dans l’univers de La Bête et d’en sortir les oreilles satisfaites.

    La Bête ne deviendra pas un classique de Jean Derome et ceux qui l’ont connu avec l’Hommage à Perec risquent d’être déçus. Par contre, les amateurs de musique scénique se délecteront. Reste à voir le résultat sur scène. O Vertigo sera de passage au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke en février 1998 pour présenter La Bête.

    … on se surprend à plonger dans l’univers de La Bête et d’en sortir les oreilles satisfaites.
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