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  • Les clarinettes ont-elles un escalier de secours? dans 7 jours

    «Critique», Francine Grimaldi, 7 jours, 16 mai 1998
    samedi 16 mai 1998 Presse

    Robert-Marcel Lepage est un clarinettiste marginal et pratiquement incomparable. Son style est ludique, contemporain, joyeuse-ment imagé et multiethnique. Son œuvre est inclassable et rafraîchissante. Quelles que soient vos préférences, vous trouverez votre bonheur dans une des 22 plages de cet album. Une dizaine de pièces proviennent de musiques de films qu’il avait composées pour Bruno Canière (L’art n’est point sans Soucy), pour Carlos Ferrand (Clip Art), pour Jacques Godbout (Pour l’amour du stress) et pour Jean-Philippe Duval (Sobo). Lepage est entouré d’une vingtaine de musiciens de premier ordre, comme le trompettiste Louis Babin; Tom Walsh, au trombone; Jean Derome, au saxo, à la flûte, à la ocarina et au piccolo; Serge Lépine et Rick Haworth aux guitares; Iain Booth à la cornemuse. 4/5

    … quelles que soient vos préférences, vous trouverez votre bonheur dans une des 22 plages de cet album. Très bon.

    volume 2: Hourra pour la bastringue, Ambiances Magnétiques dans Splendid E-Zine

    «Review», George Zahora, Splendid E-Zine, 11 mai 1998
    lundi 11 mai 1998 Presse

    Splendid has reviewed quite a few Ambiances Magnétiques releases in the past few months -enough, I think, for regular readers to have learned to expect challenging music from the label. This sampler makes a great introduction -despite including a lot of quirky electroacoustic sound sculptures, there’s a healthy dose of comparatively “traditional” music here: rich orchestral ensemble works, intimate jazz pieces, street music and frenetic art-rock MlDI-operas. The result is a sampler that’s surprisingly warm and welcoming- a cushion of familiar sounds in which even the most timid listener can safely experiment. Another success for Ambiances Magnetiques

    Another success for Ambiances Magnétiques…

    Les clarinettes ont-elles un escalier de secours? dans Le Musicien

    «Critique», Le Musicien, no 10:3, 1 mai 1998
    vendredi 1 mai 1998 Presse

    Le musicien mélodiste montréalais Robert Marcel Lepage présente son sixième album, Les clarinettes ont-elles un escalier de secours?, sur étiquette Ambiances Magnétiques. On y reconnait sa touche particulière, son sens mélodique, ses orchestrations colorées, ses sonorités inspirées des musiques du monde, son talent de conteur et son humour. Cette dernière création de Lepage explore avec bonheur les multiples influences qui ont forgé sa musique. De ces sources d’inspiration, le musicien a réussi le pari de réunir différents genres musicaux pour en faire une musique vivante et cohérente, une musique métissée, texturée, dense, typique de notre époque. Quelque vingt musiciens ont participé à la réalisation de ce disque.

    Ayaya Moses dans Tone Clusters

    «The well-tempered guitarist», Ken Egbert, Tone Clusters, no 68, 1 mai 1998
    vendredi 1 mai 1998 Presse

    Our final CD here is from The Fred Frith guitar quartet. The idea of a guitar quartet makes perfect sense, really, if you consider how back in the early ’80s the World Saxophone Quartet, taking a page out of the book describing the string quartet’s structure, decided to write a repertoire for itself (consisting as it did on its inception of jazz giants David Murray, Oliver Lake, Julius Hemphill and Hamiet Bluiett, they had no trouble doing so) as well as to commission works to perform from modern composers. Fred Frith needs no intro, of course, and neither do his fellow axemen Nick Didkovsky, René Lussier and Mark Stewart. The most striking piece on Ayaya Moses is Pulau Dewata, a Claude Vivier piece of bewildering but lovely complexity, combining pure bell-like cadences with busy structure and slipknot-like turnabouts. There are odd bits here that recall the complexity of gamelan music and others that build expertly on the highly structured efforts of 1972-74 King Crimson (Fracture, We’ll Let You Know). No shrinking violet, however, is the opening Ayaya, written by Lussier and combining a sly pop-like opening and some feedback experiments that will make your eyebrows disappear once the shock of the initial wittily shifting structure is swept aside. Olivia Bignardi, an Italian clarinet player and modernist, contributes two tart bits full of interlocking riffs and careful melody, and Frith of course, writes one of his more concise tunes (Freedom is your Friends II). It’s almost a chamber piece for highly controlled feedback, and might at some point show up in a later composition for string orchestra, it’s that plastic. Nobody woodsheds here, nobody shows off, in fact it’s hard to figure who’s playing what from time to time. You’re forced to listen to the totality, to throw your attention wide, and I think that’s a credit to the players: any one of them could have showboated the other three offthe stage, but of course then this CD wouldn’t exist. And that would be a shame. So I hate to disappoint anyone, but the guitar is not going anywhere. These fellows will see to it, and thanks to all of them.

    Les clarinettes ont-elles un escalier de secours? dans Décibels

    «Critique», Michel Harvey, Décibels, 29 avril 1998
    mercredi 29 avril 1998 Presse

    Personnage discret, mais musicien perspicace, depuis plus de vingt ans, le clarinettiste Robert Marcel Lepage explore tout un monde à partir de cet instrument à vent hors du commun. À travers sa musique, il nous convie à une véritable apologie de la sympathique clarinette, qui a déjà eu le privilège d’être à la tête des gros orchestres de jazz de la belle époque du swing. Il a été bien négligé depuis ce temps béni. Supplanté par le saxe soprano dans son registre de sonorités, il demeure cependant toujours synonyme de jeu et d’énergie. C’est du moins ainsi qu’on l’entend entre les doigts de Robert Marcel Lepage. Depuis Chants et danses du monde inanimé qu’il a concocté avec René Lussier en ’84, ou l’inoubliable La traversée de la mémoire morte en ’87 et de nombreux autres titres tout aussi remarquables les uns que les autres, comme Adieu Léonardo en ’92, Les choses dernières en ’95 et La Plante humaine en ’96, Lepage ne cesse de nous séduire avec ses mélodies et ses airs issus de son imaginaire fertile. Tous ces titres sont disponibles sur Ambiances Magnétiques et représentent des moments musicaux uniques et irrésistibles. Le talent de Lepage réside entre autres dans sa capacité de rendre légère, subtile et expressive toute note sortie de l’embouchure de sa clarinette.

    Chez lui, la performance se définit en termes de vivacité, d’humour et de style. La clarinette a quelque chose proche de la candeur et de la fraîcheur de l’enfance. Lepage sait bien faire profiter du bonheur de cette sonorité ronde et joyeuse, particulièrement avec les pièces regroupées sur ce nouveau CD, dont le titre évoque une boutade qui exprime bien le rapport ambigu et dynamique qui existe entre lui et cet instrument, mal-aimé certes, mais surtout franchement surréaliste, quand on le compare aux autres instruments plus communs de la musique populaire.

    De nos jours, la clarinette est beaucoup associée à la musique klezmer, qui jouit d’une popularité universelle. Il va sans dire que Lepage exploite cette esprit avec beaucoup de variété à travers des pièces qui nuancent les influences du Moyen-Orient, de la Grèce ou de la Roumanie. Son voyage ne s’arrête toutefois pas là, puisqu’il exploite tout autant les élans de la valse musette, les accents de l’espace celtique ou même l’univers de la fanfare. Le périple auquel il nous convie est fascinant: ballade enjôleuse, Satie, exploration plus libre venant du jazz ou d’ailleurs. Sa méthode, tient pour une bonne part, d’une forme de recherche généalogique où il joue un rôle de conteur qui nous fait visiter tout un monde de sonorités. La grande richesse de sa musique, réside dans cette capacité de s’approprier des influences, mais aussi dans sa création de textures et couleurs fantaisistes. Je vous recommande cet album adroitement orchestré avec plus d’une vingtaine de musiciens, où le talent de ce compositeur-clarinettiste, particulièrement pridé pour ses musiques de film, s’exprime avec beaucoup de désinvolture et de perspicacité.

    Lepage ne cesse de nous séduire avec ses mélodies et ses airs issus de son imaginaire fertile.

    Jean Derome dans La Presse

    «Bar Kokhba triomphe», Alain Brunet, La Presse, 23 avril 1998
    jeudi 23 avril 1998 Presse

    Sur papier, Bar Kokhba était le plat de résistance du 18e FIMAV. La prédiction s’est avérée juste. Une foule vibrante et considérable venue à la renconire du plus influent des compositeurs de la musique actuelle un alignement d’étoiles au servicé du Ieader, une livraison aussi virtuose qu’intense.

    Présenté hier après-midi au Colisé des Bois-Francs, ce fin mélange de musiques traditionnelles juives, de patrons rythmiques latins, de jazz manouche ou même de surf rock (mais si!) est en quelque sorte le volet «musique de chambre» de l’univers John Zorn. À trois reprises au Québec, le musicien avait livré la version jazz de cette approche ouvertement sémite (Masada) il nous fallait Bar Kokhba pour compléter le portrait.

    Installé à,notre droite, encore affublé de sa tenue de combat, John Zorn ne jouait pis de sax -ce qu’il a fait plus lard dans la soirée avec les compères Laswell, Lombardo et Frith.Dans le cadre de Bar Kokhba, il se contentait de diriger balancait les consignes orchestrales, ordonnait les solos ici et maintenait. En-cela, sa direction différait fondamentalement de celles auxquelles sont habitués les mélomanes de musique classique.

    Au plan collectif comme au plan individuel, les consignes élaient parfaitement saisies, magnifiquement exécutées. On aura eu droit à de fabuleux échanges entre les cordes acoustiques (le violoniste Mark Feldman, le violoncelliste; Erik Friedlander, le contrebassisie Greg Cohell), à de surprenantes tirades du guitariste Marc Ribot, au merveilleux soutien rythmiquc du batteur Joey Baron ainsi que du percussionniste Cyro Baptista.

    On ne dira pas autant de bien du «plus gigantesque», des projets de Dave Douglas, pour reprendre le superlatif de Michel Levasseur, directeur artistique du FIMAV. Conçu pour neuf musiciens, Witness associait le talent de compositeur du fameux trompetiste à ses préoccupations sociales, notamment à l’histoire de plusieurs artistes victimes de répression politique aux quatre coins du monde. Noble projet, il va sans dire, mais…

    Au sortir de ce concert livré samedi soir au Colisée devant un auditoire enthousiaste d’entrée de jeu, gonflé à bloc par les récents disques de Dave Douglas (excellents pour la plupart), plusieurs mélomanes étaient restés sur leur appétit. Trop de mesures aléatoires, trop d’impros anguleuses, trop de bruitisme mal orienté, trop peu d’écriture serrée pour tant de virtuoses—Mark Feldman, Erik Friedlander, Chris Speed, etc. L’équilibre entre les structures et l’improvisation libre n’etait pas toujours évident, la cohésion ne semblail pas parfaite, on sentait le caractère inachevé de l’œuvre somme toute, pas du toul gigantesque. Dommage…

    Ce n’est pas la première fois, remarquez, que la direction artistique du FIMAV mise sur des projets d’envergure qui décoivent une fois concrétisés sur scène —rappelons entre autres le plus ou moins bide signé David Thomas, l’an dernier.

    L’improvisation, il ne faut jamais l’oublier, laisse planer le doute de rencontres avortées. Dimanche, Kim Gordon (membre de Sonic Youth et compagne de Thurston Moore), Ikue Mori, Jim O’Rourque et DJ Olive ont servi aux festivaliers une perfommance paresseuse, molle, vide de substance. Les mots psalmodiés indolemment par Mme Gordon se fondaient dans une épaisse sauce d’échantillonnages numériques, de textures acidulées et de rythmes quelconques. Mauvaise poutine, pour reprendre une image culinaire chère aux BoisFrancs.

    Heureusement, il arrive que des rencontres de musique improvisée s’avèrent parfaitement concluantes. Comme celle de samedi au Cinéma Laurier à notre droite, le Français Louis Sclavis, illustre clarinettiste, saxophoniste et compositeur reconnue sur toute l’Europe. A notre gauche, Jean Derome, flûtiste, saxophonisie et grand compositeur de musique actuelle, un des plus brillants au Québec. Lorsque deux compositeurs fournissent chacun un de Ieurs plus valeureux collaborateurs (le batteur Pierre Tanguay du côté de Derome, le contrebassiste Bruno Chevillon du côté de Sclavis), lorsque leur génie compositionnel les conduit à soumettre des thèmes d’envergure, lorsque quatre improvisateurs de premier plan affichent la grande forme et se montrent prêts à échanger virilemenl et transgresser leurs propres règles (distorsion de la contrebasse, notammenl), nous avons droit à un grand concert de musique actuelle.

    Quoi qu’en pensent Ies spécialisles de jazz contemporain pour la presse spécialisée, encore nombreux el vieillissant à Victo cette année (voire recluse dans ses chapelles), le méta-métal de Fantômas avait sa place au programme. Voilà qui ouvre les horizons des 950 metalheads qui out paquelé Ia place en toute connaissance de cause;c’est qu’ils ont manifesté une écoute attentive malgré le caractère expérimenlal du concept imaginé par Mike Patton. Pour l’ex-Faith No More, c’était la meilleure performance FIMAV, Ie dhapteur et ses collègues ont brillamment déconstruit, déchiqueté et reconstruit les clichés du métal… sans en perdre l’esprit. Les fans de métal semblaient s’y retrouver, manifestaienl un plaisir évident à se frotter à ctte avant-garde taillée à leur mesure.

    Parmi les autres faits saillants du 18e FIMAV, on retiendra la limpidité du message d’Otomo Yoshihide. Dimanche aprés-midi, on aurait pu rendre le même verdict qu’au sortir du concert de Poire_Z c’est-à-dire une superposition de sediments sonores, recherche de textures concues à partir de fûtés concepts cybernétiques, concept néanmoins vieillot.Il n’en fut rien.

    Pendant l’heure de celle véritable odyssée du calme, nous avons senti le Japon ancien, celui du présent et celui de l’avenir. Le sho (instrument à vent traditionel) se mêlait avantageusement aux fréquences et échantillons électroniques tricotés sur place. Même la guitare électrique sonnait comme un instrument ancien. On étail parti du point A pour aboutir au point B, reposé, ravi.

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