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  • Jürg Frey: String Quartet No. 4 dans Nieuwe Noten

    «Kritiek», Ben Taffijn, Nieuwe Noten, 28 janvier 2024
    mardi 13 août 2024 Presse

    La collaboration entre Frey et le Quatuor Bozzini est étroite. Le violoniste Clemens Merkel et Frey se connaissent depuis 1990. En outre, le quatuor a déjà créé le deuxième quatuor à cordes à la fin des années 1990 et enregistré les trois premiers quatuors pour Ediotion Wandelweiser. Avec ce quatrième quatuor en cinq mouvements, la collaboration est allée plus loin, Frey impliquant explicitement le quatuor à cordes dans le processus de composition. Le premier mouvement est très lent, mais aussi très régulier, les sons coïncidant remarquablement. Les mouvements subtils mais très excitants des cordes dans ce premier mouvement sont également particuliers. Le deuxième mouvement se distingue en particulier par son motif répétitif, qui ressemble à une sirène, tandis que le troisième mouvement, qui commence de manière très lumineuse, se distingue par son contenu mélodique, ce que l’on ne rencontre pas souvent chez Frey. Ensuite, le quatrième mouvement, avec ses mouvements de cordes feutrés, est à nouveau très excitant. Enfin, nous entendons l’impressionnant cinquième mouvement, qui, avec plus de 30 minutes, est à peu près aussi long que les quatre premiers mouvements. De beaux motifs, assez semblables, comme une rivière qui s’écoule tranquillement.

    De beaux motifs, assez semblables, comme une rivière qui s’écoule tranquillement.

    Éliane Radigue: Occam Delta XV dans A Closer Listen

    «Review», Joseph Sannicandro, A Closer Listen, 20 décembre 2023
    mardi 13 août 2024 Presse

    In the first decade of the new millennium, just as she was finally receiving attention for her groundbreaking electronic works, Éliane Radigue surprisingly turned to composing for acoustic instruments. These “Occams” are compositions based on the particular resonances of a given instrument, each score growing out of the relationship between performers and their instrument: Rivers (for solo performer), Deltas (for small ensemble), and Oceans (for large ensemble). Occam Delta XV was written for Montréal string quartet Quatuor Bozzini, who have made a name for themselves as the finest interpreters of 20th century and contemporary new and experimental music. The result is like flowing water, seemingly static and yet always changing, the rich timbres of the string quartet generating overtones as sensuous as those of any synthesizer.

    Le résultat est comme une eau qui coule, apparemment statique et pourtant toujours changeante, les riches timbres du quatuor à cordes générant des harmoniques aussi sensuelles que celles de n’importe quel synthétiseur.

    Éliane Radigue: Occam Delta XV dans Nieuwe Noten

    «Kritiek», Ben Taffijn, Nieuwe Noten, 18 juin 2023
    mardi 13 août 2024 Presse

    Éliane Radigue fait également partie des fondateurs du mouvement musical que l’on nomme souvent minimalisme, bien que tous les compositeurs ne soient pas d’accord avec cette étiquette. Elle a commencé par l’électronique, mais depuis quelques années, elle se consacre presque entièrement à la composition pour instruments acoustiques. Aujourd’hui, nous nous concentrons sur trois pièces récentes, interprétées par les musiciens pour lesquels elles ont été écrites. Le Quatuor Bozzini a publié un enregistrement d’”Occam Delta XV” sur son propre label; l’Ensemble Dedalus a enregistré “Occam Hepta I” et Ryoko Akama joue “Occam XX” au synthétiseur. Ce deuxième album a été publié par Montaigne Noire.

    Plus encore que les autres compositeurs que nous comptons dans ce mouvement, Radigue semble s’intéresser à l’essence du son. La musique de La Monte Young s’en rapproche le plus. Il se peut donc que dans ce ’Occam Delta XV’, qui totalise plus d’une heure de musique, nous trouvions remarquablement peu de variations. Radigue se préoccupe davantage de la cohérence du son entre les différents instruments du quatuor à cordes. Parfois, ces sons sont un peu plus éloignés les uns des autres et une stratification apparaît, mais il y a aussi régulièrement un bourdonnement assez régulier. Il s’agit donc d’une musique qui manque de progression, ce qui est d’ailleurs le cas de beaucoup de musique dans ce mouvement, mais Radigue va un peu plus loin que beaucoup d’autres. Cependant, cela ne signifie pas que la musique est statique; il y a beaucoup de choses qui se passent pour ceux qui ont l’oreille. D’ailleurs, le fait que cet album contienne deux enregistrements de l’œuvre, qui, malgré ce manque de variété, sonnent très différemment, en est la preuve.

    Radigue se préoccupe davantage de la cohérence du son entre les différents instruments du quatuor à cordes.

    Éliane Radigue: Occam Delta XV dans A Closer Listen

    «Review», Peter Tracy, A Closer Listen, 18 février 2023
    mardi 13 août 2024 Presse

    In certain circles, Éliane Radique needs no introduction. Among the first generation of composers to experiment with electroacoustic music, Radigue began her musical education in the mid-fifties alongside the legendary Pierre Schaeffer, becoming one of the few women involved in the emergence of musique concrète. After early experiments with tape and feedback in the late sixties, she found what would become her characteristic sound via the ARP 2500 synthesizer, which she used exclusively for the next twenty-five years. In the early 2000’s, she finally turned to composing for acoustic instruments, bringing some of the most respected names in experimental music along for the ride.

    The Canadian string quartet Quatuor Bozzini have also carved out a niche for themselves as an ensemble dedicated to a specific current of 20th and 21st century experimental music. Stemming largely from American minimalism and the work of John Cage, this tradition might also include names like Morton Feldman, Alvin Lucier, and James Tenney. Despite their obvious aesthetic differences, what these composers and Radigue have in common is more an approach than a single style, a philosophy rather than a system. In this tradition, simple processes yield complex results, time is a material, and the act of listening takes center stage.

    Occam Delta XV is the latest work in the ever-expanding Occam Series, begun in 2011 and comprising over eighty unique pieces for a wide variety of instrumentations. Perhaps the defining feature of Radigue’s work throughout both her electronic and acoustic periods is an attention to microbeats, those rhythmic pulses that can emerge when interference patterns occur between similar frequencies. In Occam Delta XV, this is achieved via long, sustained tones that slowly change and recombine overtime. Yet the form of the piece remains something of a mystery: apparently, the performance instructions were conveyed to the ensemble by the composer herself without being written down, resulting in a piece that is never the same twice. For their part, Quatuor Bozzini describe the piece as something more like a state of mind than a score.

    The album consists of two nearly equal halves, each comprising a performance of Occam Delta XV. The first rendition is akin to something like John Luther Adam’s Become Ocean or the opening movements of Radigue’s own Kyema (1988) from her epic Trilogie de la Mort. You feel the sun on your skin and the wind in your hair, the dawning of a new and solitary day. The second rendition is harmonically “darker” than the first, yet retains the contemplative air that characterizes Radigue’s work, with a seriousness that brings to mind her interest in Tibetan Buddhism. That the performers are able to coax such an orchestral texture from only four instruments is a testament to their skill and Radigue’s longtime-preoccupation with conjuring up these acoustic phenomena, yet it’s clear that the true work can only be experienced live, where the reverberations of the space create their own acoustic variations.

    This is a slow listen: put it on in the background and you’ll completely miss the point. Take the time, listen to each track fully, and try to catch those shimmering tones as they go by. Something like a different mode of listening is possible here, if only you’ll let it emerge.

    Le fait que les interprètes soient capables d’obtenir une telle texture orchestrale à partir de seulement quatre instruments témoigne de leur compétence et de l’intérêt que porte depuis longtemps Radigue à l’élaboration de ces phénomènes acoustiques…

    Nouveaux arrivages

    mercredi 17 juillet 2024 Nouveautés

    Nous avons ajouté 12 articles à notre boutique aujourd’hui:

    Nous vous invitons à les découvrir!

    Long Gradus: Arrangements dans Zimbalam

    «Critique», John de Zimbalam, Zimbalam, 8 novembre 2023
    mercredi 17 juillet 2024 Presse

    Les premières notes de Long Gradus (strings) sont si fragiles qu’elles peuvent se briser à tout moment. Chaque membre du quatuor à cordes Quatuor Bozzini s’incline sur un long ton sans vibrato ni autre ornementation, l’étirant jusqu’à ce qu’il devienne mince comme du papier. C’est comme le squelette d’un morceau de Sarah Davachi: juste les notes, aucune réverbération. Pour écrire Diplôme long, la compositrice basée à Los Angeles s’inspire de nombreuses idées qui ont façonné son travail au fil des années: des tempos lents, une intonation juste, des harmonies inspirées de la polyphonie médiévale et de la Renaissance. Mais là où ses albums précédents semblaient caverneux, Diplôme long dépouille sa musique jusqu’à ses os, en se concentrant sur le timbre de chaque note individuelle.

    Davachi a composé Diplôme long alors qu’elle était en résidence au Composer’s Kitchen du Quatuor Bozzini. Les artistes ont travaillé en étroite collaboration pour développer cette pièce qui explore la psychoacoustique, la science du son et de la perception, à travers des sons soutenus. Il est composé de quatre mouvements, chacun d’une durée comprise entre 15 et 17 minutes, qui progressent à travers une série d’intervalles, suivant leur évolution dans le temps. Conçu comme un travail ouvert, Diplôme long propose des lignes directrices mais pas de règles strictes, il peut donc être joué par n’importe quel groupe de quatre instruments.

    Dans la version album, Davachi montre l’adaptabilité de la composition en présentant des enregistrements de quatuor à cordes, de bois, de cuivres et d’orgue, de chœur et d’électronique, démontrant comment la pièce se traduit à travers les instrumentations. Davachi n’a jamais hésité à écrire de longs morceaux (ses albums durent souvent une heure ou plus), mais Diplôme long pousse son travail à un nouvel extrême. Ses quatre disques s’étalent sur quatre heures et demie, examinant les contours de l’œuvre sous toutes les coutures.

    Partout, les tons entrent et s’estompent avec la facilité de la respiration. Chaque mouvement passe des tons graves aux aigus de manière presque imperceptible, à l’exception de quelques conflits occasionnels entre les fréquences, et de longues pauses entre les notes confèrent à la musique une qualité glaciale. Davachi a toujours exploré le mouvement mesuré et subtil: ses progressions prolongées semblent souvent exister en dehors du temps, se déplaçant à un rythme guidé par l’intuition. Mais c’est une image agrandie, et Diplôme long montre le granuleux: Avec cette composition, Davachi nous invite à faire le point sur chaque tonalité dans les moindres détails.

    Partout, les tons entrent et s’estompent avec la facilité de la respiration.
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