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  • Canard branchu dans Voir

    «Critique», Réjean Beaucage, Voir, 21 janvier 2014
    mardi 21 janvier 2014 Presse

    La discographie bien fournie du compositeur Robert M Lepage s’est augmentée de deux disques ces derniers mois et le clarinettiste se fait plaisir sur celui-ci en réunissant un ensemble au sein duquel son instrument déploie un large éventail de couleurs. Il en joue lui-même sur deux pièces, comme Lori Freedman, mais Jean-Sébastien Leblanc, Pierre-Emmanuel Poizat, Guillaume Bourque et André Moisan (ce dernier au cor de basset) sont au cœur de l’ensemble, accompagnés par Pierre Tanguay (batterie) et Fraser Hollins (contrebasse); Nicolas Borycki ajoute une touche électronique légère et très appropriée sur trois titres. Des musiques très imagées, comme les titres qui les coiffent, qui nous emmènent au cirque avec les acrobates ou dans des boisés humides, avec les canards.

    Des musiques très imagées…

    Le caillou dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 20 janvier 2014
    lundi 20 janvier 2014 Presse

    Le Caillou est un concept d’improvisation de Danielle Palardy Roger. Le voici dans cinq réalisations enregistrées entre 1998 et 2013, plus les deux autres mouvements (Le Cristal et Le Camion) de la suite dont il faisait partie à l’origine. Le personnel varie beaucoup (notons la présence de Joëlle Léandre dans un cas), les lieux d’enregistrement aussi (en concert, en studio, à Montréal, à New York), mais chaque propose de la grande improvisation structurée. Une improvisation dont le développement passe d’un musicien à l’autre, permettant à chacun d’établir sa personnalité tout en se moulant dans le jeu d’ensemble. Les amateurs d’Ambiances Magnétiques connaissent tous les musiciens en présence et prendront plaisir à les suivre au fil de tous ces ricochets.

    Les amateurs d’Ambiances Magnétiques connaissent tous les musiciens en présence et prendront plaisir à les suivre au fil de tous ces ricochets.

    6 improvisations dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 17 janvier 2014
    vendredi 17 janvier 2014 Presse

    Une session enregistrée en avril 2013 au Studio 270 de Montréal. De l’improvisation non idiomatique qui me rappelle beaucoup l’école britannique, particulièrement le Spontaneous Music Ensemble: jeu individuel collectivisé, grande place à l’écoute, au silence, créativité réfléchie. Derome au saxo alto, à la flûte et aux objets; Wiens à la guitare électrique préparée plus ses kalimbas; et Goldstein et son jeu de violon toujours aussi aérien. Des musiques exigeantes qui sembleront très certainement rébarbatives aux non-initiés. Une belle rencontre.

    Une belle rencontre.

    Canard branchu dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 17 janvier 2014
    vendredi 17 janvier 2014 Presse

    Alors, voilà, ça semble être vrai: Robert Marcel Lepage est de retour. Réjouissons-nous! À l’automne il publiait Le lait maternel, son premier album en huit ans (un colligé de musiques de film réalisées au fil des dix dernières années). Puis, en décembre est arrivé Canard branchu, un vrai disque de groupe, son album le plus substantiel depuis La machine à explorer le tempo en 2003. Canard branchu, c’est 14 compositions dans les 2 à 4 minutes, vives, animées, dansantes et joyeusement tordues — juste un peu, juste assez — métissage de jazz et de cette musique actuelle dont Ambiances Magnétiques, Lepage à bord, s’est faite la pionnière dans les années 80. Non, je ne fais pas dans la nostalgie: c’est simplement que ce disque est un retour en force, fidèle au Lepage de Chants et danses du monde inanimé, d’Adieu Leonardo! et de Les Clarinettes ont-elles un escalier de secours? Ici, il confie ses musiques à un ensemble de quatre clarinettistes (dont Guillaume Bourque et Lori Freedman), auquel il s’ajoute parfois, un joueur de cor de basset (André Moisan) et une section rythmique (orgue, contrebasse, batterie). L’organiste fait aussi de délicats traitements électroniques. Ça coule de source, tour à tour amusant et émouvant, mais surtout c’est un pur plaisir.

    Ça coule de source, tour à tour amusant et émouvant, mais surtout c’est un pur plaisir.

    {montréal} dans Voir

    «Critique», Réjean Beaucage, Voir, 15 janvier 2014
    mercredi 15 janvier 2014 Presse

    Il y a 10 ans que le saxophoniste Damián Nisenson est arrivé à Montréal en provenance d’Argentine, où il laissait derrière lui ses comparses du trio Nikada: Fernando Kabusaki (guitare électrique) et Pablo Dawidowicz (batterie). Il les retrouve ici pour jouer ses compositions, qui mêlent jazz actuel, tensions rock et sensibilité folk. Les trois musiciens sont aguerris et inventifs; à noter: le solo de guitare qui déchire sur la piste 9 (les pièces n’ont pas de titre) et, un peu partout, l’efficacité économique du batteur. L’ajout du contrebassiste Jean-Félix Mailloux donne à l’ensemble un groove dont on ne voudrait pas se passer. Nisenson met dans son sax (alto ou ténor) une chaleur sombre qui plane sur l’ensemble avec grâce.

    L’ajout du contrebassiste Jean-Félix Mailloux donne à l’ensemble un groove dont on ne voudrait pas se passer. Nisenson met dans son sax (alto ou ténor) une chaleur sombre qui plane sur l’ensemble avec grâce.

    Echo Echo Mirror House dans The Squid’s Ear

    «Heard in», Kurt Gottschalk, The Squid’s Ear, 13 janvier 2014
    lundi 13 janvier 2014 Presse

    A concert experience — especially a first one — with Anthony Braxton’s Echo Echo Mirror House can be beyond perplexing. Each of the players onstage has, along with their usual axe, an iPod from which they intermittently play past Braxton recordings. Visually it can seem like a whole lot of sitting around, while auditorially it is more information than can be processed. The resulting dissonance is both harmonic and cognitive while toying with expectations about what musicians are supposed to be doing while on stage. Scratching DJs is one thing, but musicians playing mp3s with no seeming rhyme or reason? It’s a perplexing kettle of fish.

    A recording of an Echo Echo Mirror House performance is, if nothing else, easier to mentally process than the concert experience, primarily by virtue of not having the distraction of looking at musicians without being able to associate their gestures to the sounds being received. Such is the case with the concert captured on Echo Echo Mirror House of a performance at the Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville festival in Quebec. The album arguably should be titled “Septet (Victoriaville) 2011” in keeping with Braxton’s usual titling practice, and that epitaph is emblazoned on the back cover — miscommunication or a mistake in cover design may be to blame, but in any event Echo Echo Mirror House has the benefit of a better — or at least more traditional — mix than was in the room that night. On record, the live instruments are a bit louder than the iPod tracks, giving a foreground / background dispersal which makes it easier to focus on individual players, as jazz is supposed to want us to do.

    Whether or not the mix is actually better, of course, is open to argument. The composer Raphael Mostel tells a story of running into John Cage at an early Bang on a Can festival. They encountered some friends outside after the dinner break who urged them to sit in the back, where the sound was better. “Imagine,” Cage is said to have responded, “a sound being better.” And indeed, Echo Echo Mirror House is best received as a Cagean listening experience — not in the overwrought-by-post-Cagean-and-quasi-scholars “listen to the wind, listen to the silence” sense, but to whatever extent we might establish guidelines and precedence for listening. There have been few listening experiences that compare to Echo Echo Mirror House, but one clear forebear is Cage’s HPSCHD, a massive piece of controlled cacophony available on a couple of recordings and on occasion staged live (a recent and remarkable rendition was realized by Issue Project Room at Manhattan’s Eyebeam Art and Technology Center in May). With multiple harpsichords being played live alongside recordings of harpsichords, computer generated sounds and video projections, HPSCHD (which received its premier at the University of Illinois in 1969) is an overwhelmingly immersive experience best received by simple absorption with intellectual questioning undertaken after the fact, if at all.

    What is important about HPSCHD, and about Echo Echo Mirror House (both the project and the CD), is that it is not chaos, and in fact neither Cage nor Braxton often, if ever, descends into chaos. Both pieces work in layered, multi-linear structures, even if the levels of structure don’t always correspond with one another. But what the brain might receive as chaos is just a simple processing problem: there’s too much to take in. Little eddies of logic spin across the soundfield, overlapping and occasionally being overrun by the sound of one of the fine group of musicians [Taylor Ho Bynum (brass), Mary Halvorson (guitar), Jessica Pavone (voice, violin), Jay Rozen (tuba), Aaron Siegel (percussion), Carl Testa (contrabass, bass clarinet) and the leader on alto, soprano and sopranino saxophones], all of whom are allowed solos of sorts.

    There’s some fun to be had in listening for individual voices arising from the Braxtonic bog, and it’s good game for the hardcore to try to pick out which Braxton records are being played underneath. But certainly this isn’t a record for everyone. Hell, it’s hard to say for sure if it’s a record for anyone! But it’s a fascinating, dizzying listen which should be experienced live or on record by anyone interested in 21st Century Gesamtkunstwerk totalism.

    … it’s a fascinating, dizzying listen which should be experienced live or on record by anyone interested in 21st Century Gesamtkunstwerk totalism.
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