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  • Martin Bédard, Alexis Bellavance, Érick d’Orion, Georges Forget, Sarah L’Hérault, Danys Levasseur, Mark Lowe, Nataliya Petkova, Patrick Saint-Denis dans La Nouvelle Union

    «Des installations sonores intrigantes et invitantes», Manon Toupin, La Nouvelle Union, 13 mai 2015
    mercredi 13 mai 2015 Presse

    Pour une sixième année consécutive, le FIMAV propose, dans sa programmation, des installations sonores dans l’environnement du parc Sainte-Victoire. C’est l’occasion de découvrir des créations intrigantes, mais aussi invitantes.

    Le circuit propose cette année sept arrêts afin d’apprécier des œuvres musicales qui viennent s’intégrer à l’environnement. Les artistes ont opté, en grande majorité, pour des objets de la vie courante avec lesquels ils sont parvenus à créer une poésie musicale. Le commissaire aux installations, Érick d’Orion, a expliqué que l’équipe prenait de l’expérience en la matière. «Cette année, on remarque aussi moins de complexité technique», a-t-il souligné.

    Il faut dire qu’il n’est pas nécessairement évident de trouver des artistes prêts à venir installer leurs œuvres pour le FIMAV. Le fait que quatre d’entre elles soient installées à l’extérieur, faisant face aux intempéries, peut en décourager certains. Aussi, ces installations sonores sont destinées, en majorité, à un grand public qui n’est pas nécessairement habitué à ce genre artistique.

    Érick a donc opté pour des œuvres simples qui captent rapidement l’attention des passants. «Il faut des installations accessibles, ajoute-t-il, et solides lorsqu’elles sont installées à l’extérieur.»

    Pour le commissaire, le rêve serait d’approcher les artistes une ou deux années à l’avance et leur attitrer un endroit spécifique. Ainsi, l’œuvre serait réalisée spécifiquement pour le lieu. Déjà cette année, deux installations ont été faites de cette façon. Il y a 124 portes de chars de Sarah L’Hérault et Duramen de Martin Bédard et Georges Forget qui répondent à ces critères.

    Les installations sonores ont été montées sous la pluie dimanche dernier, et il a fallu attendre mercredi matin avant que le beau temps soit de la partie. À ce moment, les groupes d’élèves ont commencé leur visite du circuit, appréciant chaque œuvre expliquée par des bénévoles chevronnés. En tout, 31 groupes scolaires ont réservé une visite (le même nombre que l’an dernier) et on espère 12 000 visiteurs, tout comme en 2014.

    Une visite du circuit

    Les passants seront peut-être attirés par les portières de voitures, installées tout près de la piste cyclable. Il s’agit de l’œuvre de Sarah L’Hérault présentée en première mondiale et intitulée 124 portes de chars. Il s’agit en fait de huit portières de vieilles voitures installées aux abords de la piste, qui émettent toutes un son différent. Ça peut être un bruit de déverrouillage, un klaxon, un démarreur, bref des sons reliés aux véhicules automobiles. Le tout présenté dans un ordre qui en fait une joyeuse mélodie. «C’est un peu la porte d’entrée des installations sonores», dit Érick en souriant.

    Les visiteurs voudront peut-être poursuivre le circuit dans la salle d’exposition de la Bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot qui accueille l’œuvre de Mark Lowe intitulée Singularity. Il s’agit d’une vidéo sonore un peu hypnotique qui présente un double vortex. Dans le noir presque total, une vidéo propose un premier vortex, créé par le retrait d’un bouchon dans une baignoire pleine d’eau. Une trame sonore, diffusée par des bandes magnétiques, vient ajouter à l’ambiance qui invite à la réflexion.

    Installations sonores

    Du côté de l’agora (derrière la bibliothèque), Duramen intrigue les passants. L’œuvre, composée par Martin Bédard et Georges Forget, n’est que sonore. Rien à voir. Il ne faut que s’installer au milieu de l’agora et se laisser entourer par la composition des deux musiciens. Les haut-parleurs ont été cachés dans la haie qui donne un effet «surround». «C’est du cinéma pour les oreilles, une allégorie du bois et des arbres», ajoute le commissaire. D’où le nom de l’œuvre «Duramen» qui est la partie interne de l’arbre. Une installation sonore électroacoustique enveloppante qu’il faut expérimenter sans faute.

    Le kiosque à musique, de son côté, propose Composition en V+ de Nataliya Petkova. Il s’agit de deux pianos, les tables d’harmonie plus précisément, réduits à leur plus simple expression. Avec des moteurs, les cordes présentent des sons et une discrète mélodie.

    Derrière la Vélogare, c’est l’installation d’Alexis Bellavance qui attire l’attention. Elle est formée de trois petites piscines munies chacune d’un haut-parleur et d’un miroir. Le visiteur pourra donc entendre ce trio inhabituel où l’eau vient aussi amplifier les sons de grenouilles et d’eau. L’œuvre s’intitule simplement Fenêtres puisque le miroir vient refléter le ciel comme s’il s’agissait d’une fenêtre.

    Dans la Vélogare, c’est Patrick Saint-Denis qui a installé Pentafold. Une joyeuse œuvre formée de cinq accordéons (tous identiques) et qui viennent former un chœur robotisé. Un élaboré système informatique permet de présenter une pièce puis des pauses ou les accordéons soupirent en même temps avant de reprendre le boulot et animer les amateurs.

    Finalement, il ne faut pas manquer la saveur locale des installations sonores, du côté du Centre Emmaüs. Présentée en première mondiale et en collaboration avec le Grave, l’installation du Chestervillois Danys Levasseur impressionne. Avec ses cinq sculptures sonores qui offrent une pièce musicale d’une quinzaine de minutes. «Danys a mis quatre années de travail avant de présenter sa première installation et sa composition Réserve phonique», explique Érick d’Orion.

    Une installation sonore électroacoustique enveloppante qu’il faut expérimenter sans faute.

    Jean Derome dans La Presse

    «Jean Derome à l’année», Alain Brunet, La Presse, 13 mai 2015
    mercredi 13 mai 2015 Presse

    Classique, baroque, rock, prog, jazz-rock, jazz, free jazz, trad, tonal, atonal, sériel, dodécaphonique, cacophonique, bruitiste, essentiellement actuel. L’infatigable et multipolaire Jean Derome est de toutes ces moutures, et c’est pourquoi son univers foisonnant rejaillira pendant une année entière. Et ce, à compter de jeudi.

    Compositeur, interprète, improvisateur, leader d’ensemble, multi-saxophoniste, multi-flûtiste, tripoteur d’innombrables bidules sonores au service de son imagination foisonnante, le bientôt sexagénaire cumule 45 années de carrière. Son œuvre comprend des centaines de compositions et jeux d’improvisation, dont plusieurs ont été enregistrés sous Dame/Ambiances Magnétiques. Sa réputation déborde des cadres québécois ou canadien, ses collaborations avec nombre de musiciens étrangers (Fred Frith, Lars Hollmer, Louis Sclavis, etc.) le positionnent parmi les incontournables de ladite musique actuelle.

    L’Année Jean Derome

    Ainsi donc, l’Année Jean Derome s’amorce ce jeudi avec la création mondiale de Résistances, œuvre inédite conçue autour du thème de l’électricité, et qui réunira un ensemble de 20 musiciens en ouverture du 31e Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV). L’Année Jean Derome a reçu l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) soit une bourse de carrière de 60 000$ pour la réalisation de cet ambitieux programme dont voici les principaux événements:

    Trio Derome Guilbeault Tanguay au Festival international de jazz de Montréal, le 29 juin prochain à l’Astral. Jean Derome et les Dangereux Zhoms augmentés de neuf musiciens à l’Off Jazz, le 7 octobre au Lion d’Or. Transposition en musique de la pièce Phèdre de Racine pour l’Ensemble Supermusique, le 20 novembre au Gesù. Duo de Jean Derome avec la clarinettiste Lori Freedman, le 27 novembre à la Chapelle historique du Bon-Pasteur. Jean Derome de concert avec le percussionniste Michel F. Côté, la saxophoniste Joane Hétu et l’ensemble GGRIL de Rimouski, le 28 avril 2016. Jean Derome avec la Fanfare Pourpour et l’Enfant Fort aux Escales Improbables de Montréal, les 10 et 11 juin 2016. Jean Derome aux Suoni Per Il Popolo de juin 2016, on en passe une dizaine d’autres!

    Film documentaire réalisé par Richard Jutras, Derome ou les turbulences musicales sera projeté en avant-première le 25 juin à la Cinémathèque québécoise. On vient de lancer l’album Musiques de chambres 1992-2012, soit six œuvres composées durant la période qu’indique le titre de l’enregistrement. L’exposition de photographies Jean Derome vu par… est présentée à la maison de la culture du Plateau-Mont-Royal jusqu’au 14 juin 2015. Lancement d’un site internet officiel consacré à l’univers de Jean Derome.

    Au café de l’avenue du Mont-Royal où il accorde cette interview, Jean Derome est égal à lui-même: parle lentement et sûrement, garde son calme et son sourire. Il est ainsi depuis les années 70, seuls quelques sédiments de chair ont à peine transformé cet artiste inoxydable, imperturbable devant la difficulté de créer hors des cadres convenus.

    «Les jeunes musiciens ont une meilleure formation que jamais, le niveau général ne cesse de monter. Pourtant, je connais des musiciens de très fort calibre qui ne trouvent pas de travail. Être musicien aujourd’hui est un apostolat. Tu restes pauvre, mais t’as du fun! C’est un beau métier. L’art véritable, c’est comme du chiendent: ça pousse à travers l’asphalte.»

    Force est de déduire que sa capacité d’émerveillement n’a pas été altérée par la difficulté économique.

    «Je suis presque content de n’avoir jamais eu de grand succès commercial. En fait, quand tu as du succès, tu es plus ou moins forcé à jouer tes tubes. Je ne suis pas pris dans cet étau. Ça reste toujours ouvert, je suis libre d’avancer là où je le veux.»

    Plus que la famille du jazz ou celle de la musique contemporaine, Jean Derome est associé au label Ambiances Magnétiques dont il est un cofondateur. On parle néanmoins d’une niche et… notre homme n’a que faire de ces considérations.

    «Je ne veux pas trop savoir dans quel marché spécialisé je me trouve. Mes collaborateurs et amis me soutiennent et je les soutiens. Ce qui m’intéresse surtout, c’est la musique vivante, pétillante. Celle qu’on crée à l’instant. C’est ce que je fais depuis 1971.»

    Il avait 15 ans lorsqu’il donné son premier concert devant public. Il jouait alors dans un groupe de jazz-rock alors dirigé par le pianiste Pierre Saint-Jak. Ce groupe devint Nébu en 1973, Derome y a participé pendant un moment avant de s’inscrire au Conservatoire en flûte traversière. En 1977, il renouait avec Nébu, alors devenu trio avec Saint-Jak et le contrebassiste Claude Simard. En route vers les années 80, il fut un membre actif de l’Ensemble de musique improvisée de Montréal (EMIM), dirigea la Grande Urkestre de Montréal (GUM), et on se souvient particulièrement des Granules, duo de choc qu’il forma avec le guitariste et compositeur René Lussier.

    «J’ai toujours alimenté cet intérêt pour l’improvisation. Dans plusieurs styles, autour de la branche du jazz. De manière générale, je n’ai pas joué la musique de compositeurs réputés. Encore aujourd’hui, je ne joue que ma musique et celle de mes amis… sauf Monk et Mingus. Dans les années 80, j’ai fait partie de cette vague de musiciens qui ont incarné ce regain d’intérêt pour Monk. J’avais alors participé au groupe Mysterioso avant de former Evidence avec le contrebassiste Pierre Cartier et le percussionniste Pierre Tanguay. Plus tard, c’est-à-dire il y a 20 ans (!), j’ai été très heureux d’accepter l’invitation de Normand Guilbeault dans son ensemble consacré à la musique de Charles Mingus. Oui, je viens du jazz mais au fond, je plus tourné vers l’improvisation libre et cette communauté d’affinités qu’on appelle (au Québec) la musique actuelle.»

    Grands jeux d’improvisation, (Canot-Camping), vastes projets de musique actuelle (Confitures de gagaku, Je me souviens — Hommage à Georges Perec, etc.), musiques de chambre, musique de théâtre, musiques de films… À l’évidence, Jean Derome est un pilier de cette «musique actuelle» qui a connu connu son âge d’or dans les années 80 et 90. En 2015? Notre interviewé refuse de la voir flétrir.

    «Elle a été vieillissante pendant un moment, convient-il, mais ce n’est plus aussi vrai. De plus jeunes musiciens la pratiquent, certains arrivent à maturité, je pense à Pierre-Yves Martel, Isaiah Ceccarelli et plusieurs autres. Mais… oui, il y a quand même un problème avec les musiques de concert en général, ces musiques qui ne sont pas du divertissement ou de la variété. On peut se poser la question: y a-t-il un appétit des mélomanes pour vivre ensemble la musique? Ou bien veut-on la vivre en mode virtuel?»

    Poser la question, c’est y répondre. «Ce qui m’intéresse personnellement, c’est le concert. Ce moment de partage dans l’instant, ça demeure pour moi LA musique. C’est comme le sexe: je me fous de la porno, je veux vivre une vraie relation, en temps réel. Cette relation physique est pour moi irremplaçable.»

    … son univers foisonnant rejaillira pendant une année entière.

    Jean Derome dans The Senior Times

    «Victoriaville Festival: The delight and innocence of being Jean Derome», Irwin Block, The Senior Times, 7 mai 2015
    jeudi 7 mai 2015 Presse

    It might sound incongruous to label a confirmed modernist a “Renaissance Man”, but the moniker fits Jean Derome’s many modes of expression.

    Montrealer Derome began a 45-year career in jazz, contemporary, and improvised music, or musique actuelle, by playing descant recorder by ear at 15, before any formal training. He graduated to flute, saxophone and clarinet, which he plays with imagination and verve.

    Thanks to a $60,000 lifetime achievement award from the Conseil des arts et des lettres du Québec, Derome has prepared a 13-month creative celebration that kicks off May 14, with the first of 18 planned concerts, a new work called Résistances, at the Festival Internationale de Musique Actuelle in Victoriaville. He will play with and direct 19 musicians — the cream of Quebec improvisers. In the year ahead, he will play 38 different pieces, five of them totally new and still under development, with a total of 86 musicians. In all his musical work, Derome can be both serious and playful, often simultaneously.

    Approaching his 60th birthday in June, Derome builds delight and innocence into his music, a determination to carve out new territory, but retains artistic integrity. You hear it in his latest CD, Musiques de Chambres 1992-2012 (Ambiances Magnétiques), an anthology of six previously recorded works for various ensembles. It is a truly unique and inspired collection.

    Launching his celebration, Derome mused that once he started playing in the jazz-rock group Nébu at 16, he knew music would be his life.

    When he auditioned on flute at Montreal’s Conservatoire de musique, and was asked to play a piece by Handel, he had to tell the prof: “You play it for me first, then I will play it — I was not yet able to read music.”

    “Every style has its value system, like the monetary currency of a country. I enjoy travelling between the various musical countries.”

    Résistances is a composition for improvisers, with sections for spontaneous creation that he will direct, using “a dictionary of hand signals that the musicians are learning which will allow future versions to be very different.”

    On his latest CD: “I have always resisted the desire to notate everything, as if we were already dead … Composing is like gardening or rearing children: It is not enough simply to plant the seed! We are obliged, instead, to nurture young life and guide it to maturity.”

    The orchestra is a who’s who of veteran and younger Montreal-based improvisers, including clarinetist Lori Freedman, drummers Pierre Tanguay and Isaiah Ciccarelli, electric guitarist Rainer Wiens and Bernard Falaise, violinists Guido del Fabbro and Josh Zubot, trumpeter Elwood Epps, trombonist Scott Thompson, and sampler Diane Labrosse, and saxophonist/vocalist Joane Hétu, Derome’s life partner.

    He lauds the Victoriaville festival for providing a platform for Quebec’s high quality and wide-ranging creative musicians. It has enabled him to play with such world-class players as French saxophonist Louis Sclavis. As for the festival celebrating its 31st year, Derome noted that avant-garde projects are able to survive in Quebec. His Ensemble SuperMusiques, now in its 36th year performs at the Gesù in Montreal as part of his concert series.

    “They do not have high commercial values but they resist — which underlines a central theme of my work Résistances.”

    It might sound incongruous to label a confirmed modernist a “Renaissance Man”, but the moniker fits Jean Derome’s many modes of expression.

    Jean Derome dans La Nouvelle Union

    «L’Année Jean Derome commence au FIMAV», Manon Toupin, La Nouvelle Union, 7 mai 2015
    jeudi 7 mai 2015 Presse

    C’est le 29 juin que Jean Derome célèbrera son 60e anniversaire. Mais l’année de festivités et de grands projets qui y est reliée commencera au FIMAV avec la présentation du projet Résistances.

    En entrevue téléphonique, le musicien et compositeur a expliqué que ce projet regroupera 20 musiciens sur scène, dirigés par lui-même. Une partie de la musique est composée, mais une autre est improvisée, modelée sur place par Derome qui a élaboré toute une série de signes que les musiciens devront suivre.

    «Ça poursuit le travail de Canot-camping, présenté à Victoriaville en 2000», raconte-t-il. Parce que depuis ce temps, il a continué d’élaborer des signes qui lui permettent de façonner, «live», la musique.

    Résistances, comme son nom l’indique, s’inspire de la thématique de l’électricité, selon plusieurs points de vue. D’ailleurs, Jean Derome a fait plusieurs recherches sur le sujet depuis trois ans. Qu’il s’agisse des aimants, des aurores boréales ou même du système nerveux, l’électricité est au centre de sa musique qui se veut une grande mosaïque contenant des petites pièces.

    «Pour moi, il était important de venir au FIMAV pour mes 60 ans. J’avais offert à Michel Levasseur (directeur général et artistique) de venir au début de l’année ou à la fin. Il a choisi le début», explique-t-il. Ainsi, cette année soulignant les 60 ans du musicien et compositeur sera bien occupée avec 19 concerts, 5 créations, 38 œuvres, 86 participations, un nouvel album, 2 projections de films et une exposition photo.

    Jean Derome estime que Victoriaville est un pilier de la musique actuelle. «C’est le FIMAV qui a contribué à identifier ce style.» Il va même jusqu’à dire que c’est le festival qui est fondateur de cette musique, d’où l’importance d’y présenter un grand concert en cette année de célébrations

    Il est très excité, content et anxieux de ce concert qui se tient lors de la soirée d’ouverture du FIMAV (22 h le 14 mai au Colisée). Et à une semaine de la soirée, cinq répétitions avaient eu lieu sur huit. Des répétitions décisives, selon lui.

    Bien entendu, il invite les gens de Victoriaville à venir apprécier son concert et les autres présentés au FIMAV. «Ça m’a toujours frappé de voir que le festival a de la difficulté à rejoindre les gens de Victo. Mais on voit que ça change, entre autres, avec les installations sonores», note-t-il.

    Derome considère que les Victoriavillois ont une chance inouïe de pouvoir entendre des créations pour la première fois. «D’entendre quelque chose de différent de ce qu’ils peuvent entendre à la télévision. D’ouvrir des horizons et se familiariser avec ce monde musical. Les gens de Victo ont un trésor entre les mains et ne s’en rendent pas compte», souligne-t-il. Le musicien va même jusqu’à dire que le FIMAV, c’est les chutes Niagara de Victoriaville…

    Les gens de Victo ont un trésor entre les mains et ne s’en rendent pas compte», souligne-t-il. Le musicien va même jusqu’à dire que le FIMAV, c’est les chutes Niagara de Victoriaville…

    Jean Derome dans Voir

    «Jean Derome au FIMAV. Résistances», Réjean Beaucage, Voir, 6 mai 2015
    mercredi 6 mai 2015 Presse

    Le compositeur et multi-instrumentiste Jean Derome lance «L’année Jean Derome» avec un projet d’envergure en soirée d’ouverture du FIMAV.

    «Mon premier concert, c’était en 1971, avec Pierre St-Jak (le duo Octogaf, qui deviendra Nébu); un vrai concert, avec un prix d’entrée, du public, etc. C’est là que je situe le début de ma carrière professionnelle.» Jean Derome pourra donc célébrer 45 ans de carrière en 2016, mais cette année, le 29 juin, c’est son 60e anniversaire de naissance qu’il fêtera. Et pourquoi pas le fêter toute l’année! «Je vais profiter de cette année pour reprendre des pièces de mon catalogue et en faire de nouvelles versions. J’essaie de ne travailler qu’avec des interprètes qui sont difficiles à remplacer, parce que ce sont ceux qui m’intéressent, alors c’est évidemment un défi!»

    Le saxophoniste et compositeur explore le jazz d’avant-garde, l’improvisation et les musiques risquées depuis plus de 40 ans. Les différentes reprises présentées tout au long de l’année nous permettront de découvrir des œuvres qui nous avaient échappé, comme Sudoku pour pygmées que l’ensemble Upstream a créée à Halifax et que l’on pourra entendre durant le Off Festival de jazz, interprétée par Jean Derome et les Dangereux Zhoms (le saxophoniste participera aussi au Festival international de jazz de Montréal, un doublé assez rare!). On trouve aussi certaines de ces pièces sur le plus récent disque du compositeur, Musiques de chambres, 1992-2012, qui s’ajoute à la centaine d’enregistrements auxquels il a collaboré et qui paraît évidemment sous étiquette Ambiances Magnétiques, une maison dont Jean Derome fut l’un des cofondateurs en 1984.

    Cette année de célébration débutera le 14 mai avec la création de la pièce Résistances par une vingtaine de musiciens au Festival international de musique actuelle de Victoriaville. «Ça part de mon projet Canot-camping [présenté en 2000 au FIMAV], alors on peut dire que nous étions déjà dans le courant, et il nous a menés à un barrage hydro-électrique!» Jean Derome est certainement l’un des plus dignes représentants de ce courant alternatif québécois que l’on nomme «musique actuelle». Comme il est aussi pataphysicien à ses heures, et donc amoureux des mots, il a bâti sa plus récente œuvre autour d’un thème relié à une autre ressource naturelle bien de chez nous: l’électricité. «Toute l’Amérique du Nord module son électricité à la même fréquence, 60 hertz. C’est sur cette fréquence que l’orchestre sera accordé pour jouer Résistances, qui durera 60 minutes. C’est un thème tellement vaste que je ne vais pas l’épuiser avec cette seule pièce, alors ce sera à suivre!»

    Les nombreuses activités qui jalonneront cette «Année Jean Derome» sont rendues possibles grâce à une bourse de carrière que le CALQ a octroyée à Derome en 2013 (c’était évidemment un hasard, mais il a alors reçu… 60 000$!). Il y a aussi une exposition de photos (à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal jusqu’au 31 mai), un documentaire de Richard Jutras (le 26 juin à la Cinémathèque québécoise) et une vingtaine de concerts dont on trouvera le détail sur le tout nouveau site web du compositeur (jeanderome.com). Un secret trop bien gardé qui se dévoile enfin à tous!

    Un secret trop bien gardé qui se dévoile enfin à tous!
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