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  • Wow! dans Le Devoir

    «Le Wow! du Très Grand Groupe», Serge Truffaut, Le Devoir, 2 février 2013
    samedi 2 février 2013 Presse

    Sur le bas de la pochette, on peut lire Wow!. À cela on fera un ajout qu’on aimerait conjuguer avec tintamarre. Mais encore? Wow! il est enfin de retour, le TGG, le Très Grand Groupe qui regroupe Jean Derome aux saxos, aux flûtes et au génie, Normand Guilbeault à la contrebasse et à la puissance, Pierre Tanguay à la batterie et aux ambiances, les bonnes et belles s’entend.

    On est très content et de très mauvaise humeur. Mauvaise parce qu’après tant d’années, on ne comprend pas que ce groupe ne soit pas perçu pour ce qu’il est. Ce qu’il est dans le sens le plus réel du terme, le plus concret qui soit, le plus terre à terre qui soit (bis), soit, on le répète, un très grand groupe.

    Il est fort probable, pour ne pas dire certain, que si ce trio n’a pas la reconnaissance du «monde mondial» — oui, du monde mondial! — qui lui revient de droit — oui, de droit! —, c’est affaire de marketing, le paravent de la «grosse argent». Il est tout aussi probable que, s’ils n’ont pas des doses, les bonnes doses, de reconnaissance, c’est que jamais ils ne racolent. Jamais ils ne sont béni-oui-oui.

    Bref, ils sont exigeants dans le sens le plus noble du terme. Autrement dit, leur musique commande de l’attention, de la curiosité, de l’ouverture d’esprit, ainsi qu’un refus des poncifs, des lieux communs de la vulgarité.

    Autrement dit (bis), dans leur catégorie, soit celle rassemblant des trios dont l’architecture est identique à la leur, ils sont les alter ego du groupe Air du saxophoniste Henry Threadgill, de celui animé par Oliver Lake, Reggie Workman et Andrew Cyrille et bien d’autres de cet acabit. Pour faire court, on ne sait plus qui est en bonne compagnie. Passons à l’album.

    Wow! se décline en six morceaux seulement. On écrit «seulement» parce que question temps, il est un peu court, l’album. Passons. Il y a donc six pièces. Trois signées par Jean Derome. Les autres? Earl Hines, Lennie Tristano, Ray Henderson, et bien sûr Eric Dolphy, à qui nos trois artistes sont d’une fidélité d’autant plus remarquable que ce cher Dolphy est quelque peu dans l’oubli actuellement.

    À l’instar du précédent album, Wow! démarre sur les chapeaux de roues et se conclut dans le bon et juste fracas. Entre les deux, nos trois bonshommes détaillent, déclinent, sculptent une musique d’une incroyable densité. Mettons qu’ils jouent avec une conviction admirable. Une conviction qui n’est rien d’autre que le reflet de leur immense talent.

    … nos trois bonshommes détaillent, déclinent, sculptent une musique d’une incroyable densité. Mettons qu’ils jouent avec une conviction admirable. Une conviction qui n’est rien d’autre que le reflet de leur immense talent.

    Bruit court-circuit, La femme territoire ou 21 fragments d’humus, Wow!, Ambiances Magnétiques, DAME dans La Scena Musicale

    «Ambiances nouvelles», Marc Chénard, La Scena Musicale, 1 février 2013
    vendredi 1 février 2013 Presse

    À l’automne 2011, le mot courait depuis un moment dans le milieu des musiques actuelles de Montréal que l’étiquette maîtresse du genre, Ambiances magnétiques, cesserait ses activités. Fondée en 1983 par un noyau de musiciens novateurs, la maison allait établir un style aux confins de tous les autres: loin du jazz, mais zyeutant la musique improvisée libre, se tenant loin de la pop la plus rock, mais attirée tout de même par ses tendances plus expérimentales, cette jeune cohorte ne dédaignait pas non plus les recherches de pointe en musique contemporaine, sans toutefois se camper dans des partitions entièrement écrites.

    De ses débuts modestes, l’étiquette prit son plein essor en 1992 avec l’établissement de sa maison de distribution Dame Distribution musique actuelle. D’une vingtaine de titres à cette époque, le catalogue passa à plus de 200 titres, comptant plusieurs parutions incluant des grandes pointures internationales en musiques de création.

    Mais tout juste un an après la sortie de sa «dernière» cuvée, Ambiances nous revient, tel un Phénix renaissant de ses cendres. En effet, trois nouveaux titres s’ajoutent à son catalogue, ceux-ci lancés en public à la mi-décembre. Profitant de l’occasion, on signalait la reprise de ses activités mais à un rythme réduit, trois ou quatre nouveautés par an au plus. Sans plus tarder, passons à ces trois albums en question.

    Quatrième document issu du trio Derome-Guilbeault-Tanguay, Wow! (AM209) confirme la merveilleuse confrérie de ces trois complices empreints de jazz jusqu’aux bouts de leurs phalanges. Se vouant bien sûr au répertoire de la note bleue, le groupe propose également des compositions tout aussi convaincantes de Derome, qui excelle toujours à la flûte, tout comme à ses deux saxos. Guilbeault, de sa pulsation de roc, est un véritable Gibraltar, Tanguay est un modèle de swing et d’inventivité. Que vous ayez entendu les autres enregistrements, peu importe, tout fana de jazz ne saurait se passer de ce disque au titre des plus pertinents.

    Autre disque, autre proposition musicale, celle-ci nous vient de l’Ensemble SuperMusique (Bruit court-circuit AM210). Cette formation «toutes étoiles» (à défaut d’un meilleur descriptif) incarne comme nulle autre l’esthétique de ce collectif. Six titres s’étalent sur cette surface d’un peu plus de 50 minutes, l’un d’eux offert en deux versions d’ailleurs si dissemblables qu’il est difficile de reconnaître leur parenté. Outre Derome (qui, chose intéressante, joue du saxo ténor ici), on retrouve les Martin Tétreault, Joane Hétu, Danielle Palardy Roger et des plus jeunes comme Guido del Fabbro (vln), Émilie Girard-Charest (vcl.) et Virgil Sharkya (synthé.) Les habitués seront comblés.

    La Femme territoire (AM211), enfin, est une œuvre de plus d’une heure de Joane Hétu, créée à l’Agora de la Danse en 2010. J’ai assisté au spectacle et apprécié, mais il manque ici la dimension visuelle de cet événement pluridisciplinaire (dont on peut voir quelques photos dans le livret incluant tous les textes lus et chantés). Je laisse donc aux auditeurs le soin de former leur propre opinion sur ce disque.

    Mais tout juste un an après la sortie de sa «dernière» cuvée, Ambiances nous revient, tel un Phénix renaissant de ses cendres.

    Hemlock dans The WholeNote

    «Review», Stuart Broomer, The WholeNote, no 18:5, 1 février 2013
    vendredi 1 février 2013 Presse
    The vitality and high spirits are palpable and they sometimes explode

    Pierre-Yves Martel, Quartetski dans La Scena Musicale

    «Le Sacre… pour improvisateurs», Marc Chénard, La Scena Musicale, no 18:5, 1 février 2013
    vendredi 1 février 2013 Presse

    Si vous ne le savez pas déjà, cette année marque le centenaire de la première du Sacre du Printemps (29 mai au Théâtre des Champs-Élysées de Paris). Des nombreux hommages prévus, un se détachera du lot, en l’occurrence celui de l’ensemble Quartetski au prochain festival Montréal Nouvelles Musiques (MNM). Dirigé par Pierre-Yves Martel (spécialiste en instruments baroques telle la viole de gambe), cet ensemble se distingue par sa manière de conjuguer des répertoires classiques à l’actualité des musiques improvisées. Après avoir «revisité» Prokofiev, Satie, Purcell et Hume, il aborde maintenant son projet le plus ambitieux à jour. Pour son édition précédente, en 2011, le festival avait tendu la perche, mais Martel n’avait rien de concret à offrir. Déléguée par le festival à la programmation d’un volet de musiques créatives, Joane Hétu (voir une critique de son disque dans ce numéro) l’a relancé. Pour Martel, le choix s’imposait de soi: travaillant à partir de la version pour deux pianos et une étude subséquente de la partition orchestrale, il a décidé d’extraire des passages qui serviront comme tremplins à des séquences improvisées ouvertes. Pour cette première, le chef remaniera sa formation, conservant son batteur et son joueur d’anches, mais en remplaçant la trompette par un violon (Josh Zubot) et ajoutant une guitare (Bernard Falaise). Le Sacre n’aura jamais sonné aussi différemment que dans les mains de ce… Quintetsky (sic)!

    Le Sacre n’aura jamais sonné aussi différemment que dans les mains de ce… Quintetsky

    Data dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 29 janvier 2013
    mardi 29 janvier 2013 Presse

    Le Rimouskois Éric Normand qui publie un album chez Monotype, une des étiquettes les plus prisées des musiques expérimentales? Wow! Et c’est un disque de haut calibre qui met en valeur son travail bruitiste. Il y joue des électroniques et des effets de basse dans une série de duos avec des partenaires épisodiques (des partenaires auxquels il n’est pas fidèle, d’où le Low-Fi du titre, parce que le son de l’album, lui, est irréprochable). Christine Sehnaoui Abdelnour, Martin Tétreault, Sébastien Cirotteau et Mario Gauthier font chacun une ou deux danses avec Normand. Malgré cela, l’album présente une belle unité d’ensemble, soit une approche fondé sur le bruit. Solide.

    … l’album présente une belle unité d’ensemble, soit une approche fondé sur le bruit. Solide.
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