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  • Pianotissage dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Planètes connues», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    L’auditeur peut se plonger ici dans un environnement sonore étonnant. Il s’agit certes de piano (parfois à quatre mains, son créateur, Philippe Lauzier y étant secondé par Belinda Campbell), mais surtout d’un croisement avec des fils suspendus, inspiré du métier à tisser: non pas un piano «inside», mais un piano «outside». En somme, cette installation sonore offre une sorte de condensé entre le piano préparé et les longs strings, instruments chers à Paul Panhuysen ou Ellen Fullman. Sans doute aussi intéressant du point de vue visuel, qu’on peut apprécier ici: https://www.youtube.com/watch?v=b0NkZHH8hJQ

    Voir dans le vent…, Coco Swirl dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Planètes connues», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    Deux ensembles, dont le nombre de participants peut varier, et dont certains gravitent dans les deux! Créé à la veille du présent millénaire, l’Ensemble SuperMusique rassemble une vingtaine de musiciens, compositeurs, interprètes de la scène de Montréal. Si l’ossature est formée essentiellement des musiciens du collectif D.A.M.E., il en agrège d’autres encore selon les projets, avec à la clef un album tous les quatre ans (l’année 2016 connut toute foi deux productions, Jeux de Pistes et Les Accords intuitifs). Si les compositions des premières productions émanaient surtout des membres fondateurs (Derome, Tétreault, Roger, St-Onge, Hétu), l’ensemble s’évertue aussi à interpréter des compositions issues de la musique contemporaine établie (Tempest de John Rea, par exemple). Avec Voir dans le vent qui hurle les étoiles rire, et rire, l’ensemble s’attache à une seule œuvre et à un seul compositeur, et pas n’importe lequel Symon Henry est en effet un personnage assez singulier, qui dans ses compositions use des arts visuels en proposant des partitions faites de dessins (168 pages en ce qui concerne cette œuvre), en s’inspirant de Cornelius Cardew et de quelques pratiques plus actuelles comme celle de Jennifer Walshe, et en laissant aux interprètes le choix d’user de techniques non conventionnelles dans leur jeu instrumental. Si la pièce avait été préalablement interprétée (en 2016) par l’Orchestre symphonique du Québec, elle trouve sa véritable dimension avec cette version proposée par l’Ensemble SuperMusique, sous la direction de Danielle Palardy Roger, lors de l’exposition de l’œuvre graphique, un écran projetant celle-ci pour permettre au public de la suivre… Le Ratchet Orchestra, plus vieux que l’Ensemble SuperMusique de presque une décennie, rassemble aussi compositeurs, interprètes et improvisateurs de la scène montréalaise (quoiqu’accueillant aussi un musicien originaire de l’Ouest canadien, Josuah Zubot). Il est dirigé par Nicolas Caloia, par ailleurs contrebassiste et principal compositeur de l’orchestre (comme dans ce Coco Swirl), même si à l’occasion il peut se mettre au service d’un autre compositeur (Malcolm Goldstein, in Soweto Stomp, cf. R&C No. 109). Une dizaine de titres, dont une suite en six parties [«Before Is After»] concluant l’enregistrement, offre à certains instrumentistes l’occasion d’œuvrer en petites formations (notamment dans les deux premiers titres), mais ces interventions sont ponctuées voire dramatisées par l’ensemble avec des stridences et certains effets bruitistes faisant naviguer l’auditeur entre différents climats, parfois presque contemplatifs, avant de s’aventurer vers des terrains plus angoissants. L’orchestre emprunte les chemins d’un jazz improvisé expérimental, souvent proche de l’écriture contemporaine, dans une approche toutefois un peu plus aisée que celle de Symon Henry.

    Ana Sokolović: Short Stories dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Planètes connues», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    La compositrice Ana Sokolović, native d’une Serbie qu’elle a quittée au début de la guerre civile yougoslave et désormais canadienne, a déjà croisé le Quatuor Bozzini pour l’enregistrement de sa pièce «In Between», dans un album collectif consacré au gamelan, Higgs Ocean. Et l’une de ses œuvres fut aussi jouée par la pianiste Brigitte Poulin, déjà pour le compte de la Collection QB (0805). Le Quatuor, qui offre régulièrement des monographies consacrées aux compositrices et compositeurs canadien.ne.s (Simon Martin, Christopher Butterfield, Michel Gonneville) a donc jeté son dévolu sur elle et quatre de ses pièces, chacune inspirée par les arts visuels, théâtraux ou cinématographiques. «Ghost 1» et «Ghost 2» s’appuient sur des sculptures exposées lors de la biennale 2015-2017 à l’espace Forget par Verina Baxter et Klaus Duschat; «Blanc dominant» s’inspire d’une œuvre picturale de Guido Molinari; «Troisième Page après le soleil» évoque un court-métrage de Théodore Ushev (https://www.youtube.com/watch?v=Iki9rjmCp3U). Et la pièce centrale, déclinée en dix parties, se rapporte à dix personnages de la Commedia dell’arte; des sources d’inspiration propres à diversifier le jeu des musiciens et les climats sonores proposés: l’allant du «Capitaine», la douceur circonspecte de «Colombine», l’assurance du «Docteur», les malices de «Brighella», l’enjouement des Amoureux trouvent vie, tandis que l’interprétation de «Troisième Page…» traduit davantage le caractère méditatif de la compositrice que les œuvres du peintre. Un univers plaisant pour l’auditeur…

    Castor et compagnie: Si tu le veux dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Planètes connues», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    En ces jours de confinement, tous les médias et réseaux sociaux nous ont fait part des libertés nouvelles reconquises par les animaux sauvages dans les espaces anthropisés et notamment les villes: le castor fait partie de ces créatures. Depuis 1998 et Mets ta langue, année de sa dernière apparition (et notre crainte de devoir le compter dans les espèces menacées), il n’a en fait rien perdu de sa truculence. Tout juste s’était-il caché «Sous la couverture», à laquelle peut-être il voulait «Confier sa nudité», attendant «Vos caresses», «Se dépouillant», «Dans la joie l’amour». Là, vous vous dites: «Tu m’ dis ça», mais «Si tu le veux», je vais «Manier ta manière» en sa Compagnie, dans laquelle se trouvent Joane Hétu, Diane Labrosse, Pierre-Yves Martel, Jean Derome et Pierre Tanguay. «On va s’la couler»… tout en s’extasiant des trouvailles, des gags sonores et surtout des textes.

    Quelques fictions dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Nouveaux satellites», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    Ce musicien apparaît pour la première fois sous son nom dans les productions proposées par Ambiances Magnétiques. Mais comme ce fut parfois le cas pour d’autres, il a déjà émargé dans des projets collectifs (Joker, chorale bruitiste), voire comme partenaire d’un autre musicien (Nicolas Caloia, Les Bonnes Histoires). S’il a débuté par des études musicales classico-contemporaines, ses rencontres avec le monde de l’improvisation (René Lussier puis Phil Minton ou Ute Wassermann) et la musique extra-occidentale (initiation à la musique carnatique lors de deux séjours en Inde), il se range désormais davantage aux côtés des compositeurs / performeurs, notamment comme vocaliste. Sept fictions vocales nous sont ainsi offertes, parfois courtes [«Duo de Moogeon»), dépassant parfois les dix minutes («Futile Spells» et «Notre Meute»), mettent en jeu plusieurs configurations vocales: une, deux, cinq, voire davantage. Surtout, elles proposent diverses techniques vocales, parfois combinées entre art traditionnel (plain-chant occidental, voix de gorge) et approches plus inventives.

    Feu aimant dans Revue & Corrigée

    «Focus Québec — Nouveaux satellites», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 124, 1 juin 2020
    lundi 6 juillet 2020 Presse

    Ce Feu aimant est le premier opus d’une jeune formation, un quatuor au sein duquel émarge le claviériste Maxime Corbeil-Perron, l’un des initiateurs du label numérique Kohlenstoff, mais aussi auteur d’un enregistrement sur Mikroclimat il y a trois ans, Polychrome. À ses côtés officient Sylvain Gagné (bassiste et auteur en 2017, sous le nom de De Grèle, d’un enregistrement lui aussi sur Mikroclimat), Simon Trottier (guitariste) et Maya Kuroki à la voix (elle aussi a un enregistrement à son actif sur Mikroclimat, Chromalespsie, réalisé par son duo avec Rainer Wiens, Rippleganger). Se partageant entre trois longs morceaux de plus ou moins dix minutes et quatre titres de deux/trois minutes, ce Feu aimant est pour le moins attirant, surtout lorsque l’auditeur a été nourri au biberon dudit krautrock, auquel une large part de l’esthétique de la synthèse siamoise renvoie: aspects de certaines sessions improvisées à la Cosmic Jokers croisés à Xhol, effets de claviers évanescents, avec un apport plus net d’une pulsion groovy, nourrie par quelques échantillonnages… et de délicates dentelles guitaristiques.

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