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  • Hello, I Must Be Going dans Le son du grisli

    «Chronique», Guillaume Belhomme, Le son du grisli, 14 septembre 2015
    lundi 14 septembre 2015 Presse

    Ce sont d’abord deux présences à distance: Fred Frith (guitare électrique) et Evan Parker (saxophones ténor et soprano), qui jouaient ensemble pour la troisième fois le 17 mai 2014 dans le cadre du Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville.

    C’est que Parker débute au ténor, et que Frith est déjà penché sur sa guitare à l’horizontale: l’un et l’autre composent avec précaution, les courtes phrases du premier échouant sur les assemblages que le second façonne. Au soprano, Parker est plus volubile et le duo prend de la hauteur: le guitariste tambourine alors sur ses micros ou sinon vocalise.

    Un retour du ténor fera trembler les cordes et engagera déjà la conclusion du concert: un quart d’heure pendant laquelle Frith s’exprime davantage en soliste qu’en accompagnateur, allonge ses interventions au moyen d’un résonateur et d’une pédale de volume. Parker prend lui le parti d’un dialogue précipité (souffle continu en action contre agacement des cordes sur frettes basses) qui n’en profite pas moins et à l’heure et à l’endroit: «Je me souviens» — c’était le trentième anniversaire du festival — obligera l’au-revoir.

    … l’un et l’autre composent avec précaution, les courtes phrases du premier échouant sur les assemblages que le second façonne.

    Not the Music dans Le son du grisli

    «Chronique», Pierre Cécile, Le son du grisli, 9 septembre 2015
    mercredi 9 septembre 2015 Presse

    Si c’est Not the Music, alors qu’est-ce que c’est? La parole (en concert) est au bassiste électrique Éric Normand et au saxophoniste (soprano) Philippe Lauzier. Tous les deux jouent aussi de la clarinette.

    Le duo est en concert en mars 2014. Dans une usine désaffectée, à en croire la réverbération qui transforme le bourdon de basse, et au milieu d’un essaim de sculptures métalliques (j’ai cru entendre des percussions, alors?), à en croire le sax qui s’y accroche. On pourrait même penser que l’environnement est dangereux, avec ses grésillements électriques, ses renvois de feedbacks par les murs… Malgré tout, dans le Centre Aberdeen de Moncton, Canada, Normand et Lauzier font les fiers à (tour de) bras. Et leur «non-musique» a de quoi l’être aussi.

    Normand et Lauzier font les fiers à (tour de) bras. Et leur «non-musique» a de quoi l’être aussi.

    Hello, I Must Be Going dans The WholeNote

    «Something In The Air: Many musical Interconnections at 2015’s Guelph Jazz Festival», Ken Waxman, The WholeNote, 1 septembre 2015
    mardi 1 septembre 2015 Presse

    As the Guelph Jazz Festival (GJF) settles into maturity, dependable musical choices and the vagaries of touring means that a few of the performers at this year’s bash, September 16 to 20, are featured at more than one ensemble. The happy end result is that the audience gets to sample some musicians’ skills in more than one challenging setting. […]

    While the majority of these GJF improvisers who often work together are young, a constantly innovative stylist like British saxophonist Evan Parker, 71, continues to operate as he has for the past half century: partnering with as many musicians as possible. His September 17 HH performance is with baritone saxophonist Colin Stetson, while he hosts trumpeter Peter Evans and electronics exponents Ikue Mori and Sam Pluta September 19 at the GLT.

    Suggesting how he will play during both concerts is Hello, I Must Be Going (Victo cd 128). Another Canadian live concert, from last year’s Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville, it’s a duo session, this time with guitarist Fred Frith, 66. Frith’s command of the electric guitar is such though that he adroitly presages some of the electronic patterns Mori and Pluta may come up with, as well as being fully conversant with his instrument’s rhythmic and melodic tasks. Notably, when both players are in full improvisational flight, searching for novel timbres, it’s only Frith’s powerful strums that confirm that a guitar is being used. Otherwise he comes across like an actor inhabiting multiple roles in a one-man play. For instance processed drones and clicks meet the saxophonist’s flutter tongued slurs on the title track, while Frith’s resonating contributions to Particulars come from what sounds like a mutant grafting of strings onto a combination of tabla and conga drum. On the concluding Je me souviens unbridled sonic elation is attained, as Parker’s chortling pitch variations turn straight ahead as Frith responds with abbreviated spurts of rhythm through concentrated string pumping. Red Thread is the paramount instance of the duo’s work however. As Parker’s crimped reed quacks accelerates to a protracted allotment of circular breathing, Frith mirrors the reed lines with electronically processed modular flanges as well as supplying a connective bass line. The climax has the saxophonist exchanging tone eviscerating for luminous tone vibrations as the guitarist complements Parker’s new narrative with rugged yet reassuring rubber-band-like twangs. […]

    Red Thread is the paramount instance of the duo’s work

    Le Sacre du printemps dans Circuit

    «Critique», Cléo Palacio-Quintin, Circuit, no 25:2, 24 août 2015
    lundi 24 août 2015 Presse

    Le groupe Quartetski1 est composé non pas de quatre membres, comme son nom le laisse entendre, mais bien de cinq musiciens tous très actifs sur les scènes de musique actuelle, autant au Québec qu’à l’étranger: Isaiah Ceccarelli (batterie), Bernard Falaise (guitare électrique), Philippe Lauzier (clarinette basse et saxophone soprano), Pierre-Yves Martel (viole de gambe et objets divers) et Joshua Zubot (violon) 2. Sous la direction musicale de Pierre-Yves Martel, qui élabore leurs orchestrations depuis 2007, cet ensemble d’improvisateurs aguerris s’attaque à des œuvres du répertoire en les réinventant avec leurs sonorités originales, tout en respectant l’esprit des créateurs.

    Après s’être frotté avec succès aux musiques de Sergueï Prokofiev, Duke Ellington, Erik Satie, Henry Purcell, Tobias Hume et John Cage, c’est à la demande du Festival Montréal/Nouvelles Musiques3 (MNM) que Martel a osé se lancer dans une adaptation du fameux Sacre, à l’occasion du centenaire de la création de l’œuvre. Le défi était de taille pour parvenir à conserver l’essence de cette œuvre symphonique historiquement marquante en la réinterprétant dans le contexte d’un ensemble de cinq musiciens, mais Quartetski s’est prêté au jeu avec brio, et le résultat est éloquent.

    Les principaux thèmes mélodiques sont bien reconnaissables et savamment intégrés dans des textures électroacoustiques et instrumentales improvisées. Martel a brillamment réussi à réorchestrer les passages les mieux connus en gardant l’essentiel, et ceux-ci nous apparaissent tout aussi envoûtants que dans la version originale. Parmi ces fameux motifs et rythmes tirés de l’œuvre de Stravinsky s’imbriquent des passages plus libres qui se fondent naturellement, et nous emportent ailleurs, dans des sonorités plus actuelles, frôlant même parfois le rock, tout en demeurant ancrés dans l’esprit de ce Sacre mythique.

    On revisite ainsi l’œuvre de Stravinsky dans une écoute renouvelée et vivifiante, dans laquelle les improvisateurs créent de nouveaux espaces d’improvisation où ils mettent en évidence leur propre langage et virtuosité, toujours sans dénaturer l’âme du Sacre et son énergie tellurique. Ce disque s’est d’ailleurs retrouvé finaliste pour le prix Opus du Disque de l’année — musiques moderne, contemporaine, pour la saison artistique 2013-2014.

    Depuis cette parution sur cd, le groupe s’est aussi attaqué à l’œuvre pour piano Mikrokosmos de Bartók. On peut d’ailleurs en entendre des extraits en concert sur la nouvelle plateforme La fabrique culturelle.tv4. Un enregistrement sur disque paraîtra également sur l’étiquette DAME/Ambiances Magnétiques d’ici la fin de 2015… à surveiller!

    Notes

    1. Pour plus d’informations sur l’ensemble, voir: www.quartetski.com (consulté le 27 mai 2015).
    2. Les musiciens Amy Horvey (trompette) et Miles Perkin (contrebasse) ont aussi contribué à certains projets du groupe, mais les cinq membres ici nommés sont ceux ayant participé au disque, mais également aux plus récents projets de l’ensemble.
    3. À propos du festival MNM, voir: festivalmnm.ca/mnm (consulté le 9 juin 2015).
    4. Voir: www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/5156/quartetski-does-bartok-mikrokosmos-une-presentation-de-supermusique (consulté le 5 juin 2015).

    On revisite ainsi l’œuvre de Stravinsky dans une écoute renouvelée et vivifiante…
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