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  • Île bizarre dans Minimal

    «Review», GC, Minimal, no 18, 1 novembre 1998
    dimanche 1 novembre 1998 Presse

    Desiludam-se os que encontraram em La face cachée des choses (1995) um dos melhores discos do ano. Mais, ainda, se o anterior Duo déconstructiviste (1994), com Michel F Côté, não os seduziu tanto. É que este now álbum da teclista-cantora das Justine (esse mesmo, o quarteto free-pop constituído só por mulheres) ainda é mais arrojado que os anteriores trabalhos, não sendo obra para digerir com a maior das facilidades. Sampler, percussões electrónicas e gira-discos são os instrumentos aqui usados para fazer uma música povoada de citações surrealistas, projecções futuristas e memórias (inultra) passadas…

    Chansons de Douve dans Minimal

    «Review», GC, Minimal, no 18, 1 novembre 1998
    dimanche 1 novembre 1998 Presse

    Quem conhecesse já os álbuns Chanson du fil (1989) ou Les fleurs du tapis (1997) e as colaborações de Pierre Cartier nos ensembles Évidenoe ou Les Dangereux Zhoms, nunca esperaria um disco tão surpreendente quanto este. Ao baixista quebequense junta-se uma formação de mais nove elementos, em que predominam as vozes de Angèle Trudeau (soprano) e Noëlla Huet (mezzo soprano). Algures (não perdido) entre as estéticas do jazz e da música clássica contemporãnea, os poemas de Yves Bennefoy assentam na tapeçaria romãntica sugerida pela música. Do poeta, diga-se que ele é de origem francesa, onde nasceu em 1923. Da poesia, que ela foi culdadosamente recolhida da obra Du mouvement et de l’immobilité de Douve, publicada em 1953. Um belissimo disco que canta o amor e a morte aos ouvidos daqueles que vivem a expressão do jazz no plural.

    Castor et compagnie: Mets ta langue dans Ici Montréal

    «Compact», Vincent Collard, Ici Montréal, 29 octobre 1998
    jeudi 29 octobre 1998 Presse

    Joane Hétu et son band continuent là où ils avaient laissé. Une musique polymorphe, anarchique, festive, où tous les styles se mélangent pour former un amalgame toujours organique. On y raconte l’amour, la sensualité, le sexe, parfois crûment, parfois en laissant mijoter un peu… mais avec une originalité et une sincérité dans le propos qui touchent souvent la cible. Par rapport au premier album, on note un net progrès sur le plan musical: l’ensemble se tient, a une direction, une cohérence qui manquaient parfois. À suivre.

    Une musique polymorphe, anarchique, festive…

    Nous perçons les oreilles, Jean Derome, Joane Hétu, Nous perçons les oreilles dans Ici Montréal

    «Compact», Vincent Collard, Ici Montréal, 22 octobre 1998
    jeudi 22 octobre 1998 Presse

    Ici, on est dans le ludisme pur. Un duo d’improvisation où la complicité du couple est un sine qua non. Les ressources sonores de la voix, des instruments à vent et de toutes les «gogosses» possibles pouvant produir un son quelconque sont exploitées à outrance, sans compromis. Le plus aigu, le plus grave, le plus fort, le plus doux; tout s’enchaîne dans la spontanéité folle de ces deux enfants qui déconnent, comme sans se rendre compte qu’on les observe. Forcément, tout n’est pas d’un égal intérét. Mais cette façon de faire les choses donne parfois des résultats étonnants…

    Ici, on est dans le ludisme pur.

    Bavards, Alexandre St-Onge dans Montréal Campus

    «Chants magnétiques», Mathieu Fournier, Montréal Campus, 21 octobre 1998
    mercredi 21 octobre 1998 Presse

    Ondes radio, champs électriques et magnétiques se combinent dans l’œuvre d’Alexandre St-Onge, contrebassiste et alchimiste contemporain. Partageant son temps entre neuf formations musicales, le jeune musicien n’a pas peur de changer de refrain.

    J’ai enlevé toutes les cordes de ma basse électrique. De cette manière, je peux travailler sur l’objet en tant que tel et user de mon instrument des sons tout à fait nouveaux», lance Alexandre St-Onge. En réponse à son insatiable soif de bruits, le jeune contrebassiste de 22 ans a choisi de déconstruire la musique pour mieux créer.

    Collaborant régulièrement avec neuf formations très différentes, le musicien, cheveux en bataille et barbe non rasée, ne péche pas par excès de conservatisme. Klaxon Gueule —avec Michel F Côté et Bernard Falaise—et Undo— avec Christof Migone—, sont deux groupes qui illustrent très bien les tendances dominantes de son travail. Héritier des musiques free et rock, le premier est un digne représentant de la musique actuelle, tandis que pour le second, Alexandre St-Onge et son acolyte décortiquent leur médium traditionnel—contrebasse et bandes magnétiques—afin de mieux travailler les textures sonores. L’orchestration de ces bruits contemporains ouvre la porte à une toute nouvelle perception de l’univers musical.

    Plongé trés jeune dans le monde de la musique par son pére mélomane, cet étudiant en histoire de l’art a eu une enfance marquée par le classique. À l’adolescence, il découvre très tôt le «death metal» et le jazz. Deux styles qui, malgré leur originalité, restent encore trop limités à son goût. C’est à l’âge de 17 ans, lors d’un concert présenté par la maison de production Ambiances Magnétiques, qu’Alexandre St-Onge tombe sous le charme de la musique actuelle. Pour lui, il s agit d’un territoire sonore encore vierge et inexploré. Il contacte alors Michel F Côté, percussionniste et compositeur de musique contemporaine, dans le but de prendre des cours avec lui. «Il m’a expliqué qu’il ne donnait pas de cours, mais que si je voulais venir jammer dans d son atelier, il n’y avait pas de problème. Par son entremise, j’ai pu rencontrer plusieurs autres musiciens avec qui j’ai aussi commencé à explorer.»

    Changer de refrain

    Au moment où Alexandre St-Onge s’immisce dans le milieu de la musique actuelle, l’esprit d’exploration et la liberté absolue lui apparaissent comme des notions fondamentales. Sans frontière, cette forme contemporaine d’expression musicale regroupait alors autant le jazz que le rock ou le techno sous leur forme expérimentale. Toutefois, à l’instar du punk et du free jazz qui, à l’origine, étaient des musiques dénonciatrices et hors norme, la musique actuelle a développé une certaine esthétique. «Aujourd’hui, déplore-t-il, elle a un son un peu trop défini.»

    Selon lui, c’est l’émotion et la curiosité vis-à-vis du monde qui priment. En fait, je pense qu’il faut savoir se laisser imprégner par les phénomènes physiques, biologiques ou politiques qui nous entourent.» Dans la musique d’Alexandre St-Onge, cette attitude se traduit, par exemple, par l’utilisation des ondes radio. Ainsi, les interférences que crée un satellite peuvent très bien se glisser au cœur d’une pièce musicale si l’occasion se présente. «Il faut composer avec le récit plutôt que chercher à le dominer.»

    Le respect du monde qui l’entoure, inhérent à la pratique de ce musicien, est aussi discernable dans sa manière de percevoir la création artistique en général. «Si un artiste est capable de prendre une distance critique par rapport à son travail, ça lui permet de ne jamais se prendre trop au sérieux. Moi, j ai surtout pas la prétention de faire de la musique parfaite, je ne cherche pas à créer un chef d’œuvre. Par contre, je m’investis dans des projets auxquels je crois et j’y travalle avec passion.»

    Alexandre St-Onge collabore aussi avec des créateurs provenant d’autres disciplines, telles la vidéo et la danse. Ce besoin de coopération revient comme un leitmotiv au fil de l’entrevue. Une façon, selon lui, de construire une relation différente avec les créateurs qu’il côtoie.

    Musique anarchique

    «L’anarchie, expose-t-il, on sait que c’est utopique en société parce que le système est trop bien installé. Mais, en musique, c’est une pratique qui est possible grâce à l’improvisation. Tout le monde est sur un pied d’égalité et il n’y a pas de rapport de force entre les musiciens.» Cette vision idéaliste du monde de la musique correspond bien au but ultime d’Alexandre St-Onge: former des groupes de recherche dans diverses disciplines et toujours garder une attitude très critique face à la société. «Je connais plusieurs entartistes et, dans le fond, je voudrais retrouver leur attitude critique en art. Attaquer des icones artistiques plutôt que des personnages politiques.» Selon lui, l’improvisation constitue d’ailleurs l’une des seules voies qui permette cette remise en question primordiale. Pas de conflit possible entre un compositeur et un interprète et, idéalement, pas d’ego disproportionné qui limite la coopération. C’est la liberté, l’absence de hiérarchie entre les musiciens. «Je souhaite même que ceux qui écoutent mes pièces interagissent avec ce qu’ils entendent.» Que ses auditeurs allument la télévision. Ia radio, ouvrent une fenêtre, peu importe. L’important, c’est qu’iLs se sentent libres d’enrichir sa musique de divers échantillons sonores. «Il doit y avoir une interaction entre le créateur et le public.»

    En portant un regard neuf sur son médium, Alexandre St-Onge n’a pas la prétention de dicter un mode de pensée. Seulement, il recommande l’audace et l’ouverture d’esprit à ceux qui en ont assez des stéréotypes. «La société et les médias nous ont habitués à des rythmes et des harmonies standards. Pour se défaire des carcans, il faut simplement se laisser apprivoiser par la musique d’exploration et découvrir toutes ses possibilités.»

    L’orchestration de ces bruits contemporains ouvre la porte à une toute nouvelle perception de l’univers musical.

    Castor et compagnie: Mets ta langue, Joane Hétu dans Montréal Campus

    «Hétu, Derome et ses Zhoms», Mathieu Fournier, Montréal Campus, 21 octobre 1998
    mercredi 21 octobre 1998 Presse

    Sur Mets ta langue, Joane Hétu, accompagnée de son collectif, Castor et Compagnie, impressionne par ses compositions plus personnelles. Loin d’être naïves, les 11 chansons d’amour qu’elle propose dépeignent un univers sensuel et corrosif à la fois, comme toutes les grandes passions.

    … un univers sensuel et corrosif à la fois, comme toutes les grandes passions.
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