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  • Réflexions in ImproJazz

    “Critique”, Luc Bouquet, ImproJazz, no. 62, February 1, 2000
    Tuesday, February 1, 2000 Press

    57 minutes et 52 secondes de guitare classique solo. Je vous en prie, ne partez pas, restez! Ecoutez! Ecoutons! Partons en balade, nous sommes encore quelques uns à aimer ca. Et puis toutes les balades ne sont pas forcément romantiques, j’en connais qui dégénèrent sec. D’accord ce n’est pas le cas ici, mais un peu de curiosité que diable! Duchesne nous plonge dans une douce méditation. C’est sobre, minimal, cristallin, sans artifice aucun… et passionnant d’un bout à l’autre de ces quatorze plages improvisées. Magie de l’instant, doigts qui caressent et griffent le nylon, on s’en voudrait presque de déranger la belle et douce solitude du musicien. Nous sommes en position de voyeurs, charmés par tant de dépouillement, de nudité assumée. Romantiques, passez votre chemin! Cœurs ouverts, laissez-vous guider par cette douce transe de l’instant. Duchesne nous livre quelques réflexions, il serait idiot de ne point les suivre. Peut être nous perdront-elles sur quelque route buissonnière la nuit venue. Décidément on ce peut se fier à personne.

    … passionnant d’un bout à l’autre…

    Tête à queue in ImproJazz

    “Critique”, Luc Bouquet, ImproJazz, no. 58, February 1, 2000
    Tuesday, February 1, 2000 Press

    Voulez-vous enfin découvrir la vraie genèse du flamenco? Savoir pourquoi Marcelle Hedon ne sait pas chanter, meme si parfois ça lui arrive? Voulez-vous connaitre la veritable histoire de Jean Baribeau? Savoir où est passé le malin petit lutin? Bref êtes-vous tenté par le déraisonnable? Si oui, allez donc faire un tour du côté de chez Papa Boa et de son grand cirque du non sens. Collages, rafistolages, montages, le studio d’enregistrement devient lieu de création et d’expérimentation; Ies pistes se chevauchent, se mixent, se mélangent et forment un kaléidoscope insaisissable. La richesse de Papa Boa saute d’emblée aux oreilles: les paroles sont incompréhensibles (La mer à boire), Ies guitares sont chaufféees à blanc (Un lutin), Ie sax s’énerve souvent (Champêtre), la variété devient innovante (Sango), Burroughs déboule dans une étrange et acide rengaine technoïde obsédante (W. B. est mort). Véritable objet pedagogique de l’absurde, OVNI perturbateur, Tête à queue ne se laisse enfermer dans aucune sphère musicale. Libre donc! Mutin et lutin!

    Tête à queue ne se laisse enfermer dans aucune sphère musicale.

    Nous perçons les oreilles, Nous perçons les oreilles in Perfect Sound

    “Review”, Tom Schulte, Perfect Sound, January 2, 2000
    Sunday, January 2, 2000 Press

    Two saxophones shriek and two voices, haunting sirens, screech on this duet of dissonance pairing of pandemonium. Jean Derome and Joane Hétu are obviously improvising here in a tradition employed by Eugene Chadbourne, Derek Bailey, etc. Abrasive and subversive, these wicked wizards of wail put first a gateway, the lead two songs Nous perçons and Le poinçon. At this entrance they stand, a two-headed Cerebus barking fear into the fainthearted. Inside a rugged landscape of occasional firm footing gibes unexpectedly way to brass-barbed, jagged promontories. Instead of liner notes, the disc is decorated with telling child drawings of dynamic and jarring contrast. Simultaneously, Ambiances Magnétiques has released solo discs (of equal challenge) on each bizarre musician. 3/5

    Two saxophones shriek and two voices, haunting sirens, screech on this duet of dissonance pairing of pandemonium.

    Huskless! in Paris Transatlantic

    “Review”, Paris Transatlantic, January 1, 2000
    Saturday, January 1, 2000 Press

    Despite the soft-rock-style cover shot of Lori gazing sheepishly downwards, and the handwritten (on fluo yellow!) track listing which (deliberately?) blurs the distinction between what is improvised and what is composed, ‘Huskless!’ is a tough but highly rewarding and well-recorded album of excellent contemporary clarinet playing. Featured composers include Claudio Ambrosini, Paul Steenhuisen, and Mike Lowenstern (himself a fine clarinettist), and, apart from Ms. Freedman’s outstanding virtuosity, special mention should be made of pianist Marilyn Lerner on ‘eFeFeF’. Recommended.

    Who’s Playing in JazzoSphère

    “Critique”, Éric Norman, JazzoSphère, January 1, 2000
    Saturday, January 1, 2000 Press

    L’improvisateur se doit de se le demander: qui joue? Est-ce moi qui joue de cet instrument ou cet instrument qui se joue de moi? Est-ce moi qui contrôle le bruit ou le bruit qui me contrôle? Il existe, selon Derek Bailey, deux types d’improvisateurs: ceux qui jouent contre l’instrument et ceux qui jouent avec l’instrument. Le premier type est celui pour qui l’instrument n’est qu’un médium imparfait qu’il doit faire disparaître (dépendant aussi de la technique) pour exprimer des idées musicales. Pour le second type d’improvisateur, c’est justement l’imperfection, le parasite amené par l’instrument qui est l’intérêt; son jeu se construit alors autour des textures et des déliés que lui impose son outil et qui l’entraînent dans la recherche proto-mélodique d’une musique que certain taxeront de primitive. Dans ce contexte, la texture devient de première importance comme étant le rythme corporel de l’instrument qui entraîne le musicien dans une danse où il ne sera pas la vedette et où la virtuosité (telle qu’on l’entend habituellement) n’a pas sa place. Le duo Lee Pui Ming/Joane Hétu pousse cette voie à un certain extrême — aux confins du primitivisme si on tient à parler ce langage — car les instruments sont ici les corps entiers de ces deux ardentes improvisatrices. La voix sèche et narrative de Ming se mêle aux triturations rythmico-vocales d’Hétu: les corps comme percussions, les objets, le piano préparé, tout y est pour nous faire oublier qu’il s’agit d’un duo entre une pianiste et une saxophoniste, et ça nous fait plaisir. C’est plein de fureur et d’invention et ce n’est jamais gratuit. Voilà deux musiciennes qui, loin de l’ego trip du soliste, s’abandonnent entièrement à cette musique: cette musique, c’est elles.

    C’est plein de fureur et d’invention…

    Tricotage in JazzoSphère

    “Critique”, Éric Norman, JazzoSphère, January 1, 2000
    Saturday, January 1, 2000 Press

    Un duo contrebasse-batterie qui s’offre comme une rencontre que l’on imagine volontiers explosive. L’explosion résulte pourtant moins de la confrontation de ces deux instruments aux sonorités profondes que de l’intensité qui se noue peu à peu, au fil des improvisations entre les deux musiciennes. Joëlle Léandre et Danielle Palardy Roger ont en commun un goût pour la musique contemporaine et pour les expériences diverses et renouvelées. Ce socle leur permet de s’aventurer avec délices dans les méandres de la création improvisée. Le jeu évolue avec émotion et en échange continuel. L’attention à l’autre est ici le maître-mot. Tricotage: le titre évoque, à lui seul, l’impression laissée par l’écoute de cet album. La musique à la fois chatoyante, pleine de subtilité et parfois comme suspendue, effleure un hypnotisme qui nous enivre et nous délecte.

    La musique à la fois chatoyante, pleine de subtilité et parfois comme suspendue, effleure un hypnotisme qui nous enivre et nous délecte.
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