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Joane Hétu

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  • SuperBOOM, Joane Hétu, DAME in Voir

    “Explosion de saveurs”, Réjean Beaucage, Voir, November 22, 2001
    Thursday, November 22, 2001 Press

    Joane Hétu est intarissable; le Minidisc se fatiguera avant elle! C’est que nous parlons de DAME, la maison de distribution qu’elle fondait il y a 10 ans et qui, 175 disques plus tard, célèbre sa première décennie par une série de concerts qui fera du bruit. Quatorze spectacles (gratuits!) regroupés en cinq soirées thématiques, deux projections à la Cinémathèque et neuf lancements de disques, plus une compilation offerte gratuitement: voilà un menu qui saura satisfaire les plus gourmands!

    Un peu d’histoire: c’est l’étiquette Ambiances Magnétiques qui a servi de terreau à DAME. Le collectif, fondé en 1983 par Jean Derome, André Duchesne, René Lussier et Robert Marcel Lepage, auquel se sont joints rapidement les trois “supermémés” Diane Labrosse, Joane Hétu et Danielle Palardy Roger, et finalement Michel F Côté et Martin Tétreault, a produit une quinzaine de vinyles avant que Joane Hétu ne se décide à mettre sur pied une structure plus adéquate baptisée Distribution Ambiances Magnétiques Etcetera. DAME allait bientôt distribuer, en plus des productions d’Ambiances Magnétiques, celles d’OHM Éditions, du collectif Avatar de Québec, et diversifier son catalogue en incluant les étiquettes qui produisent des projets des membres d’Ambiances Magnétiques (Victo, ReR, Rune, etc.), devenant ainsi le pivot central de la musique actuelle au Québec.

    “Il s’en passe des choses en 10 ans! lance Joane Hétu. La compagnie a acquis une réputation et une légitimité importantes. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un produit très marginal: on ne fait pas du pop, mais on ne fait pas non plus partie de l’establishment des musiques; on est entre les deux, quelquefois proche de la musique, quelquefois plus jazz ou plus pop. On fait de la musique impure, et ça, c’est aussi difficile à défendre qu’à vendre! Règle générale, on peut dire que le catalogue se vend mieux à l’extérieur qu’au Québec.” Ce qui n’est quand même pas si mal puisque ça permet aux artistes d’ici d’aller fréquemment faire entendre leurs musiques ailleurs et de participer, par diverses collaborations, à une reconnaissance plus large de ces “nouvelles” musiques. Pas un mois sans que l’on retrouve dans The Wire de Londres, référence obligée des recherches musicales de pointe, un article mentionnant l’un des artistes distribués par DAME ou une critique de l’un de ses disques.

    Si le catalogue de DAME ne cesse d’évoluer, on peut également être surpris de la faculté de renouvellement des artistes de la maison. Un coup d’œil à la programmation de l’événement Super Boom suffit à prouver l’extraordinaire diversité que propose en 2001 cette “petite compagnie”. Les festivités se dérouleront au Théâtre La Chapelle et l’ouverture, le mardi 27 novembre, se fera dans un grand fracas bruitiste avec le duo Parasites (Martin Tétreault au tourne-disque sans disques, et Diane Labrosse à l’échantillonneur); puis Jean Derome viendra nous défroisser les tympans en nous faisant visiter son magnifique Magasin de tissu; et, finalement, Michel F Côté et ses acolytes de Bruire (Jean Derome, Normand Guilbeault et Martin Tétreault) démontreront par leurs Chants rupestres que la musique actuelle descend du singe. Et ce n’est que le début! Le lendemain, DAME donne carte blanche à la nouvelle étiquette Monsieur Fauteux m’entendez-vous? pour une soirée de cabaret surréaliste avec les chansons douces-amères du duo Lou Babin et Pierre St-Jak et de leurs amis de L’Hôtel du bout de la terre parmi lesquels on retrouvera avec plaisir une Marie-Hélène Montpetit que l’on n’a pas revue chanter depuis la lointaine époque de Marie et ses quatre maris. Les nouveaux venus du trio Rouge Ciel nous feront ensuite découvrir leur jazz progressif, et La Fanfare Pourpour, descendante directe de L’Enfant fort et du Pouet Pouet Band, terminera la soirée. Retour chez Ambiances Magnétiques le jeudi avec Les Jumeaux de la planète Mars (René Lussier et Robert Marcel Lepage, qui inaugurèrent l’étiquette en 1984 avec leurs Chants et danses du monde inanimé), le trio Polaroïde (nouveau projet du guitariste André Duchesne avec Jean René à l’alto et Pierre Tanguay aux percussions) et Les Poules (Hétu, Labrosse et Roger, qui célébreront la réédition de leur enregistrement de 1986 sans pourtant revenir en arrière). Bonne idée de donner également carte blanche à OHM Éditions le vendredi. Les membres du collectif Avatar de Québec ont le don de concocter des soirées assez déjantées; et la pièce OHM inPLUG, conçue par Steeve Lebrasseur, ne devrait pas être décevante. Diffusion acousmatique de Chantal Dumas, bidouillages électroniques d’Émile Morin, David Michaud et Lebrasseur, et instruments inventés de Georges Azzaria promettent de nous en mettre plein les oreilles. Ce carnaval étourdissant se terminera le samedi avec trois concerts d’ensembles: Interférence Sardines, de Québec; la Chanson du Transsibérien de Pierre Cartier; et Les Projectionnistes de Claude St-Jean (parmi lesquels Normand Guilbeault à la contrebasse fera sa quatrième collaboration de la semaine!). On aura complété le tour d’horizon en passant par la Cinémathèque ce même samedi à 18 h 30 pour visionner Le Chapeau de Michèle Cournoyer (musique de Jean Derome) et l’excellent Trésor archange de Fernand Bélanger, qui suit René Lussier pas à pas, jusqu’en Europe, dans sa quête pour retrouver les origines du Trésor de la langue.

    Ouf! La directrice de DAME, Joane Hétu, peut certes contempler le travail accompli avec fierté, mais ça ne l’empêche pas d’envisager du changement pour la prochaine décennie. Un changement en forme d’expansion, bien sûr! Une histoire à suivre.

    … le pivot central de la musique actuelle au Québec.

    Musique d’hiver, Joane Hétu in Revue & Corrigée

    “Disques”, Pierre Durr, Revue & Corrigée, no. 49, September 1, 2001
    Saturday, September 1, 2001 Press

    Joane Hétu nous avait plutôt habitués à des pièces fortement expressives, tant par le travail instrumental que par les textes et chants. Sans renier tous les aspects de cet expressionnisme (contenus surtout dans les textes), Musique d’hiver use aussi de touches plutôt impressionnistes, en particulier les deux premières pièces La chute et On s’les gèle. Avec leurs sonorités suggestives, les timbres colorés et variés des différents instruments, Joane Hétu et ses partenaires créent, tel un Signac abandonnant ses paysages maritimes, un quadriptyque d’espaces hivernaux marqués aussi bien par la rigueur du climat que par la chaleur des rapports humains.

    … espaces hivernaux marqués aussi bien par la rigueur du climat que par la chaleur des rapports humains.

    Les contes de l’amère loi, Joane Hétu, Diane Labrosse, Les Poules, Danielle Palardy Roger in Voir

    “Les Poules”, Réjean Beaucage, Voir, August 16, 2001
    Thursday, August 16, 2001 Press

    Il y a bien longtemps que l’on a vu ce trio sur une scène à Montréal. Bien longtemps aussi que leur seul disque — vinyle, bien sûr —, est épuisé. Paru en 1986 entre deux albums de Wondeur Brass, celui des Poules sera réédité cet automne dans la foulée du 10e anniversaire de DAME. La compilation Ambiances Magnétiques volume 5: Chante! 1985-2000 parue l’année dernière, nous a permis de redécouvrir Les Poules, caquetant sur La chanson du pain. Hé bien Les Poules sont de retour! Le concert du dimanche 19 août nous ramènera le trio en mode improvisation alors qu’elles nous présenteront des variations sur les projets personnels de chacune des trois musiciennes compositrices. C’est qu’il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis 1986! Chacune de ces pionnières de la musique actuelle montréalaise a participé à plusieurs projets d’autre membres du collectif Ambiances Magnétiques en plus de proposer des projets solos: Joane Hétu (saxophone, voix) avec Seule dans les chants, Diane Labrosse (échantillonneur, claviers, voix) avec son Petit traité de sagesse pratique et Danielle Palardy Roger (percussions, voix) avec Voyage en aphasie mineure, entre autres. Après les avoirs vues séparément ou ensemble dans les projets les plus variés, ça fera plaisir de revoir ensemble ces trois super-mémés.

    Après les avoirs vues séparément ou ensemble dans les projets les plus variés, ça fera plaisir de revoir ensemble ces trois super-mémés.

    Seule dans les chants, Joane Hétu in Rubberneck

    “Review”, Bruce Coates, Rubberneck, April 1, 2001
    Sunday, April 1, 2001 Press

    Solo improvisation has come to represent the highest expression of the improvisor. Perhaps for good reason as it takes a special imagination or careful tactician to keep it interesting for sustained periods. As a practice, it has grown progressively since Eric Dolphy’s great deconstructions of God Bless The Child in the early 60s. While not all of these three saxophonists provide great examples, they all approach the problems of solo improvisation in interesting and varied ways.

    Saxophonist Lazro’s work owes much to the Dolphy model, particularly in the way that figures are repeated, elaborated and transformed. This of course has become a standard methodology for the solo improvisor, Evan Parker being the most extreme example. If Lazro’s approach provides no real surprises, it is the rigor and consistency of its application that is out of the ordinary. This attention to craft gives many of the pieces a strong inner logic and satisfying unanimity. Ironically, perhaps, it is when Lazro attempts his own deconstruction of existing material — in this case an Albert Ayler tune — that the music is at its structurally most incoherent. This nod to history is also reflected in his use of the instrument as a sound-making device. While he uses the usual range of extended techniques, Lazro also relishes the standard sounds of his instruments and there are times when for a few minutes the ghosts of earlier eras are audible.

    Lacy is an example of a particularly special imagination. His ability to create in the kind of unfettered way that many assume to be the Holy Grail of free improvisation is remarkable but untypical of improvisors as a whole; there are few other improvisors that can deliver this consistent level of surprise and delightful ingenuity. Steeped in the jazz tradition, Lacy makes use of compositional structures to kick-start and then shape his imaginings but one still feels that his improvisations could go anywhere and indeed one expects it of him. Although he makes use of a range of extended techniques, like Coxhill who comes closest to him in approach, his improvisation is deeply tonal and deals with the creation of rhythmically varied melody. The variety of Lacy’s approaches to the solo makes this recording the closest thing you’ll find to a masterclass on the subject.

    Hétu’s approach is not dissimilar to that of Lazro but her improvisations stand as haikus to Lazro’s sonnets. Lacy and Lazro constantly remind you that they are playing an instrument with a wealth of tradition and associations while Hétu appears to want to strip away this heritage and leave the listener with a fresh understanding; in some ways the fact that it is a saxophone she is playing is irrelevant. This is further heightened by her use of voice. This is deceptively simple music. While she has an obvious technical sophistication, she uses it to explore tiny fragments of music or sound. The music is almost never developmental and this gives it a static abstract quality. Her transparent minimal approach allows the listener greater intimacy with the musician than the grander statements of the other two. One is held in rapt attention as she coaxes and cajoles sound from her instrument.

    Her transparent minimal approach allows the listener greater intimacy with the musician…

    Musique d’hiver, Joane Hétu in Voir

    “Ambiances magnétiques:triple lancement!”, Nicolas Tittley, Voir, no. 728, February 22, 2001
    Thursday, February 22, 2001 Press

    L’infatigable Joane Hétu, l’une des artistes les plus productive d’un label qu’elle doit aussi gérer, présentera quant à elle Musiques d’hiver, une œuvre pour cinq musiciens (Hétu, Derome, Dostaler, Labrosse, Tanguay) qui avait été présentée il y a un an au Centre Calixa-Lavallée. Au programme: un paysage de vents frisquets, crissements de neige et craquements de glace. Madame Hétu est aussi une grande voyageuse, puisque Nous perçons les oreilles, le duo qu’elle forme avec Jean Derome, se rendra en Australie dans quelques semaines.

    Au programme: un paysage de vents frisquets, crissements de neige et craquements de glace.

    Joane Hétu in Écouter voir

    “Éloge de la musique libre”, Luc Bouquet, Écouter voir, no. 106, October 1, 2000
    Sunday, October 1, 2000 Press

    Hétu, Joane: Le Chant têtu de Joane

    Née en 1958, Ia saxophoniste ct chanteuse Joane Hétu peut passer d’une seconde à l’autre du chuchotis le plus doux au cri le plus perçant. Avec le quartet Justine elle s’engoufre sur le chemin du bariolage et des ritournelles éclatées (Justine — (suite) / AM 016) Au sein de Castor et compagnie (Derome / Labrosse / Tanguay) qu’elle dirige depuis 1992, elle convoque l’insolite en utilisant collages et superpositions surprenantes. Fausses comptines enfanties, paroles mutines et décalages astocieux, son travail met en évidence un sens aigu de l’absurde et de la douce provocation (Mets ta langue / AM 062). Toutes choses à nouveau présentes sur son nouvel opus solo (Seule dans les chants / AM 077) dans lequel se retrouve nu et ouvert le chant profond de la musicienne. Entre minimalisme rauque et convulsions emportées, Joane Hétu hisse haut l’étendard de la poésie déraisonnable.

    Entre minimalisme rauque et convulsions emportées, Joane Hétu hisse haut l’étendard de la poésie déraisonnable.
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