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Joane Hétu

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  • Nous perçons les oreilles, Jean Derome, Joane Hétu, Nous perçons les oreilles in Ici Montréal

    “Compact”, Vincent Collard, Ici Montréal, October 22, 1998
    Thursday, October 22, 1998 Press

    Ici, on est dans le ludisme pur. Un duo d’improvisation où la complicité du couple est un sine qua non. Les ressources sonores de la voix, des instruments à vent et de toutes les «gogosses» possibles pouvant produir un son quelconque sont exploitées à outrance, sans compromis. Le plus aigu, le plus grave, le plus fort, le plus doux; tout s’enchaîne dans la spontanéité folle de ces deux enfants qui déconnent, comme sans se rendre compte qu’on les observe. Forcément, tout n’est pas d’un égal intérét. Mais cette façon de faire les choses donne parfois des résultats étonnants…

    Ici, on est dans le ludisme pur.

    Castor et compagnie: Mets ta langue, Joane Hétu in Montréal Campus

    “Hétu, Derome et ses Zhoms”, Mathieu Fournier, Montréal Campus, October 21, 1998
    Wednesday, October 21, 1998 Press

    Sur Mets ta langue, Joane Hétu, accompagnée de son collectif, Castor et Compagnie, impressionne par ses compositions plus personnelles. Loin d’être naïves, les 11 chansons d’amour qu’elle propose dépeignent un univers sensuel et corrosif à la fois, comme toutes les grandes passions.

    … un univers sensuel et corrosif à la fois, comme toutes les grandes passions.

    Nous perçons les oreilles, Jean Derome, Joane Hétu, Nous perçons les oreilles in Le Devoir

    “La modernité n’est pas morte!”, François Tousignant, Le Devoir, March 19, 1998
    Thursday, March 19, 1998 Press

    Loin, loin, trés loin des hauts endroits où l’on étudie des choses qu’on aime limiter à un état cadavérique pour s’emparer d’elles comme objet loin. Loin, très loin de ceux qui savent, il existe un jardin enchanté et secret, pas toujours raffiné ou très beau, mais où la musique vit celui de ceux qui la font. En cet enclos particulier, des musiciens genéreux donnent réalité à cet art mystérieux qu’est la musique, offrent leur amour profond des idées neuves et du son.

    Le premier spectacle de Nous perçons les oreilles, sorte d’édition-festival de fin d’hiver des «actualistes» montréalais, s’est révélé un franc succès. Il est malaisé de tenter de rendre justice à ce qui s’est passé mardi soir, à la Maison de la culture Plateau Mont-Royal; tout au plus peut-on essayer d’en témoigner.

    La modernité revient!, enfin!, et de la plus belle manière. Loin des circuits savants (et fermés), l’héritage des Cage, Kagel, Berio reste bien vivant et fertile. Il fallait entendre la première «improvisation» de Jean Derome et Joane Hétu pour comprendre ce qu’est la musique vivante, celle qui s’imagine avec des petits riens, qu’on invente sans jamais l’apprendre parce qu’on l’a prise à bras-le-corps avec amour et passion.

    Sur le fil tenu de l’instant fugace qui jamais ne reviendra s’élève un torse magnifique qui tire tout son pouvoir expressif de ses fulgurances géniales et de ses faiblesses décevantes. Au crépuscule d’un art encroûté dans l’académie se dressent les turions d’une nouvelle forme provocante et revendicatrice par sa simple existence: jouer de la musique. Dans ces constructions sonores de Jean Derome résonne le plus bel écho soixante-huitard: l’imagination au pouvoir!

    Terrains et émotions vierges, voilà ce qu’on entend. Magie de la poésie et du sens renouvelés. Impossible d’analyser cela de l’épingler pour objet d’étude. Il faut y être, se soumettre à ses méandres, oser se tromper — ou triompher — en direct. Derome remporte la palme, dominant sa matière magistralement. Sa compagne reste plus en retrait. Elle essaie trop de le rejoindre plutôt que de se laisser aller.

    Au risque de passer pour snob, je trouve qu’il manque encore un peu de verni, voire de respect (Derome par moment, semble maladroit avec ce statut d’artiste qu’il invente — plus de fierté de votre part, s’il vous plait, vous y avez droit!) envers l’acte qui se pulvérise en son. La présence du magnifique texte de Sylvie Massicotte (efficacement lu par l’auteure) a prouvé que la prestation musicale doit aspirer à un «niveau» plus responsable, ce qui veut dire qui n’a plus honte d’être ce qu’il est. Derome et Hétu méritent mieux que ce qui leur est généralement reconnu, ne serait-ce que pour les vertiges du cœur qui, tout à coup, emplissent nos oreilles.

    Cette première soirée dialoguait avec le cinéma. L’idée est naïvement mignonne. MacLaren a déjà fait cent fois mieux et le processus est stérile. On sourit à la tentative, sans plus. Mercredi, nos acolytes se colletteront avec la danse puis, ce soir, entre eux. Ce dernier spectacle musique-musique sera repris vendredi à la Maison de la culture Villlerav/Saint-Michel/Parc-Extension. À prendre un risque, vous serez peut-étre déçu, mais vous serez peut-étre aussi complétement ébloui.

    … des musiciens genéreux donnent réalité à cet art mystérieux qu’est la musique, offrent leur amour profond des idées neuves et du son.

    Nous perçons les oreilles, Jean Derome, Joane Hétu, Nous perçons les oreilles in Voir

    “Pas de deux”, Nicolas Tittley, Voir, March 12, 1998
    Thursday, March 12, 1998 Press

    Joane Hétu et Jean Derome seraient-ils échangistes? À en juger par la série de rencontres organisée par le couple d’actualistes montréalais — sous le nom de groupe, Nous perçons les oreilles —, on pourrait bien le croire. Trois soirs durant, les deux musiciens multiplieront les échanges à quatre sur la scène de la maison de la culture du Plateau Mont-Royal, et confronteront leurs méthodes d’improvisation à celles d’artistes issus de disciplines différentes. Arméss de leurs saxos, de leur voix et de la fameuse collection de flûtes et d’apppeaux en tous genres de Jean Derome, les deux artistes de musique actuelle livreront chaque soir le fruit de leur collaboration intime d’être rejoints sur scène par des tandems de cinéastes, d’écrivains, de danseurs et bien sûr de musiciens. «On voulait travailler avec l’idée de couple et, chaque soir, on va collaborer avec un homme et une femme explique Joane. Le premier soir est consacré à la littérature et au cinéma avec les textes de Sylvie Massicotte et les grattages de pellicule en direct dc Pierre Hébert. Dans le deuxième, on aborde la danse avec Louise Bédard et Andrew Harwood; et le troisième est une rencontre entre nos deux sax et deux percussionnistes Danielle Palardy Roger et Pierre Tanguay.»

    Comme les deux membres du couple sont constamment occupés par des projets divers Nous perçons les oreilles n’a donné que quelques rares performances underground jusqu’à présent mais il s’agit d’un projet en constante évolution auquel Hétu et Derome semblent consacrer beaucoup d’énergie. «C’est quelque chose qui est assez facile à garder vivant du fait qu’on habite ensemble», explique Joane. «Ça se fait spontanément le soir quand les enfants sont couchés; on se met à faire de la musique ensemble.»

    Leurs échanges se font généralement sur le terrain de l’improvisation musicale mais Joane a aussi un fort penchant pour la chanson comme elle l’a démontré brillamment avec l’un de ses autres groupes (Castor et compagnie). Elle s’empresse toutefois de piéciser que les deux formations fonctionnent de façon complètement différente. «Castor est vraiment un groupe de chanson alors que Nous perçons les oreilles est un ensemble musical dans lequel on retrouve des chansons nuance-t-elle. Dans Nous perçons les oreilles les textes sont surtout choisis en fonction de leur musicalité parfois, il s’agit de simples listes d’objets de tous les jours.» Quant à la musique elle semble suivre des voies plus imprévisibles mais la complicité entre les deux artistes/amoureux est telle que l’improvisation semble couler de source. «Il v a deux plans distincts dans ce groupe» poursuit Derome. «D’un côté on développe un répertoire de chansons écrites et de l’autre on expérimente en improvisation avec toutes les combinaisons imaginables entre nos instruments que ce soit à deux voix, une voix et un sax, deux sax et toutes les possibilités que nous permettent les flûtes et les appeaux. Ce qui est intéressant, c’est le contraste entre les chansons — qui sont à la fois complètement absurdes et très proches du quotidien — et les improvisations qui sont plus près du côté hard de la musique actuelle»

    Même si Hétu et Derome se proposent d’explorer à fond les deux pôles de Nous perçons les oreilles au cours de leurs spectacles ils ont choisi la voie instrumentale pour leur premier album qui devrait paraitre sous peu chez Ambiances Magnétiques. Mais comme tout semble arriver par paires chez ces deux-là on aura aussi droit à un disque mettant l’accent sur la version chantée avant longtemps.

    Nous perçons les oreilles, Jean Derome, Joane Hétu, Nous perçons les oreilles in Ici Montréal

    “Improvisation sur un t’aime”, Michael D Hogan, Ici Montréal, no. 1:25, March 12, 1998
    Thursday, March 12, 1998 Press

    Les saxophonistes Joane Hétu et Jean Derome, complices dans la vie comme en musique, présentent une série de quatre concerts en deux parties, pour lesquels ils ont invité des artistes de différentes disciplines à improviser, par paires, en leur compagnie. «Méme si c’est un spectacle qu’on ne présente pas souvent, c’est un projet très vivant pour nous, raconte la musicienne. Ce n’est pas quelque chose qui est dans l’agenda. Nous sommes conjoints dans la vie et on se retrouve parfois le soir, quand les enfants sont couchés, pour improviser et composer. A la diffêrence de Castor et compagnie[son dernier CD], où l’on retrouve mes musiques et mes textes, ici, le résultat se développe à la faveur de notre rapport. C’est une façon de travailler qui me permet beaucoup de liberté et qui suppose énormément de complicité. Nous perçons les oreilles, ce sont des chansons très courtes, naïves et humoristiques. accompagnées de musiques bruitistes radicales. Ça porte bien son nom.»

    Chaque soir, un autre duo se joindra aux musiciens en deuxième partie. Pierre Hébert et Sylvie Massicotte, dans une rencontre musique-cinéma-littérature, ont déjà travailié ensemble et avec Derome. Louise Bédard et Andrew de L Harwood sont rompus à l’improvisation en danse. De leur côté, Danielle Palardy Roger et Pierre Tanguay sont deux percussionnistes bien connus de la scène de la musique actuelle. «Nous trouvions intéressante l’idée de réunir différentes disciplines artistiques pour montrer comment elles peuvent influer l’une sur l’autre. Par exemple, la musique ne sera pas reçue de la méme façon si elle est mise en rapport avec la danse ou l’image cinématographique. On pourrait dire que le duo de saxophones reste le pilier du spectacle, mais qu’il prend un éclairage dffférent chaque soir. Tout dépend du rapport qui s’installera avec les autres. L’improvisation, qu’elle soit musicale ou multimédia, reste un art de la conversation, Chacun doit être à l’écoute des autres et ne pas avoir d’idées préconçues. Sinon, on prend le champ dès le départ.»

    On peut faire confiance à Hétu et Derome, férus de musique improvisée depuis plus de vingt ans, pour bien s’entourer et s’organiser pour se faire entendre. A preuve, cette série de concerts est le prélude à la sortie d’un album, et le premier de trois événements qu’organisent cette année Les Productions Super Mémé, la boïte qui met en scène les musiques audacieuses à Montréal.

    On peut faire confiance à Hétu et Derome, férus de musique improvisée depuis plus de vingt ans, pour bien s’entourer et s’organiser pour se faire entendre.

    (Suite), Joane Hétu, Justine, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger, Marie Trudeau in ImproJazz

    “Critique”, Luc Bouquet, ImproJazz, April 1, 1996
    Monday, April 1, 1996 Press

    Un peu en marge par rapport à la notoriété internationale (bien gagnée, pour sûr!) des confrères René Lussier, Jean Derome et André Duchesne, les jolies filles qui partagent le nom de Justine -Diane Labrosse, Joane Hétu, Marie Trudeau et Danielle Palardy Roger- se posent en porte-drapeau et en porte-parole de la musique nouvelle québécoise. Elles sont, pour tout ce qui concerne la musique, très politisées et travaillent très dur depuis quinze ans, que ce soit en solo ou en collectif, pour obtenir l’autogestion totale de leur musique. Justine organise des festivals, des concerts et des représentations ouvertes à la «contamination» multimédia, et s’occupe du label «Ambiances magnétiques, devenu désormais DAME.

    Né en 1987, le quartet nous offre un rock hybride avec des clins-d’œil intelligents à la chanson pas banale, avec des pincées de musique folk des communautés de langue française de l’Amérique du Nord; tout ceci est bien entendu passé au crible d’une sensibilité surfine.

    Tout en maintenant les expériences de Wondeur Brass et des Poules (partagées presque par tous les membres), Justine a essayé de dépasser les aboutissements des deux ensembles d’origine pour en synthétiser l’essence. On peut donc écouter une musique qui se partage entre improvisation (Les Poules) et composition stricte (Wondeur Brass), avec un usage considérable et toujours en évolution de l’électronique. Suite (AM 016, 1990), l’œuvre des débuts, donne une palette de musiques hétérogènes, les unes très claires, fines et riches de chromatismes précieux, les autres hirsutes, intenses, électrisantes, toutes ciselées par un travail incessant Après Suite, nos amies ont franchi les frontières toujours gênantes du groupe pour multiplier les œuvres en solo (dont on trouve désormais des traces discographiques) à l’égare du théâtre, de la danse et des liaisons musique / art visuel. Même l’amour pour l’improvisation (tout à fait originale) a trouvé un élan renouveIé et a mûri pour aboutir à une quantité de rencontres et d’événements parallèles, parmi lesquels il faut citer l’organisation des projets «Rencontre Montréal-New York» (en 1989), Tohu-Bohu, Les Muses au Musée et La Légende de la Pluie (dont il existe une version en CD), ce dernier avec la participation de Tenko, Zeena Parkins et Geneviève Letarte entre autres, et joué au festival New Music America en 1990.

    Pour une meilleure compréhension du mariage original de Justine avec l’improvisation, je suggère la lecture de l’article consacré au groupe paru dans le n° 54 de «Musicworks», (Quand les femmes se mêlent d’improvisation), avec, dans le support CD joint au magazine, deux morceaux extraits d’un concert de «Double Sens», une improvisation légèrement zornienne qui implique la musique et le mouvement, les règles sévères de l’exécution et l’improvisation coordonnée pour cinq danseurs et cinq musiciens (pour ce concert, Mesdames Hétu, Roger, plus Zeena Parkins, Kathy Kennedy et Claire Marchand). Tout ceci sert de fondations à la deuxième création du quartet Langages Fantastiques (AM 033, 1994) œuvre jouée «live» en studio d’enregistrement, juste après une formidable tournée de quinze concerts en Europe. «Cette tournée a été très importante pour Justine» écrit Danielle Palardy Roger (dm, vc) «parce qu’elle a suivi une période de relative séparation entre nous, à cause de plusieurs projets à l’extérieur de l’ensemble. Quelle peine pour repartir d zéro et de retrouver l’imagination et la manière spontanée! Et pourtant, pendant ces jours-là, notre musique, la musique de Justine a ravi nos âmes et nos cœurs, et nous avons pu enfin voir notre musique comme à travers une loupe. Elle nous a semble beaucoup plus claire et bien sûr, cela a contribué à la fortifier. Plus tard, en salle d’enregistrement, nous avons essayé de capturer les énergies et l’inspiration lucide de ces jours-là».

    Les morceaux du disque -constituent pratiquement l’ensemble des pièces pendant les deux séries de concerts donné en Italie et en Allemagne l’année dernière,sont pour la plupart des compositions instantanées avec des sections qui visent à «teindre» des paysages tendus et dramatiques qui côtoient des sections plus structurées, contenant des riffs merveilleux en abondance:Bon appétit, et des cadences qui s’accélèrent: Encre de Chine.

    Des chansons incisives et des dialogues pétillants au milieu des voix, du saxo et des claviers dessinent des voyages musicaux insolites et ouverts sur plusieurs contacts, pendant lesquels on peut percevoir des certitude, des lacérations, de l’énergie et des paradoxe poétiques. Deux morceaux, Vidanges domestiques et Manigances Fantastiques sont déjà sortis (avec des versions différentes) sur célébrant les dix années d’Ambiances magnétiques (Une Théorie des Ensembles, AM 022 1992). Deux autres morceaux, La cigale s’impatiente et Marguerite (ce dernier écrit pour Marguerite Duras) se trouvent dans la compilation Dice — A Collective Contemporary Women Composers ( Records, 1993), produit et réalisé par pool de musiciennes engagées dans le free-jazz, l’improvisation, le rock d’innovation et les autres musiques inclassables fondées surtout sur l’emploi de la voix.

    … l’œuvre des débuts, donne une palette de musiques hétérogènes, les unes très claires, fines et riches de chromatismes précieux, les autres hirsutes, intenses, électrisantes, toutes ciselées par un travail incessant.
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