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  • Quatuor Bozzini dans Le Devoir

    «Et plus de 400 concerts plus tard…», Hélène Roulot-Ganzmann, Le Devoir, 23 mars 2013
    samedi 23 mars 2013 Presse

    Une belle reconnaissance pour la musique nouvelle, contemporaine et expérimentale que fut la mise en nomination du Quatuor Bozzini.

    Parmi tous les finalistes de ce 28e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, le Quatuor Bozzini fait sans doute figure de Petit Poucet. Moins connu du grand public, moins visible dans les médias… Il faut dire qu’il évolue dans un domaine, la musique contemporaine, qui reste une niche dans le paysage artistique.

    Presque quinze ans que le Quatuor Bozzini promène ses archets tout autour de la planète… L’aventure commence au tournant de l’an 2000. Les deux sœurs Bozzini, formées à la musique classique, baroque, romantique, s’entourent finalement de deux acolytes et se lancent dans la musique nouvelle, contemporaine, expérimentale.

    «Jeune, j’allais voir quelques concerts contemporains, raconte la violoncelliste Isabelle Bozzini, mais je l’ai surtout découverte lors de ma maîtrise à l’Université de Montréal. Parce que je voulais connaître la musique de mon époque. Finalement, je me rends compte que c’est comme une seconde nature. C’est un véritable défi parce qu’il y a toute une tradition à créer, des liens à tisser entre les créateurs et les interprètes. Un défi parce qu’il y a toute une éducation à faire, un travail de missionnaire à mener, démystifier, tenter de convaincre que la musique contemporaine n’est pas plus difficile qu’une autre à appréhender, qu’elle n’est pas plus cérébrale, pas plus désagréable… Il y a eu beaucoup de désinformation autour de la musique contemporaine, on a dit que John Cage était un fumiste… Et pourtant, les gens en écoutent très souvent sans le savoir, via la musique de film, par exemple…»

    Concerts et créations

    Depuis ses débuts, le Quatuor Bozzini a présenté 416 concerts à Montréal, au Canada et partout ailleurs dans le monde. Il a enregistré près de 20 disques, certains sous sa propre étiquette, a effectué une trentaine de tournées, visité plusieurs festivals internationaux prestigieux et obtenu de nombreux prix.

    Près de 200 nouvelles œuvres ont été écrites pour lui par les plus grands compositeurs du moment. Partout où il se produit, on le loue pour sa virtuosité et son audace exceptionnelles, certains journalistes étrangers le voyant même comme l’un des tout meilleurs quatuors de musique nouvelle. Mais, s’il donne des récitals parfaitement interprétés, il se démarque également par son originalité, chacune de ses représentations ne ressemblant jamais exactement à la précédente, et par son désir d’abattre les frontières entre les disciplinaires.

    Il n’est pas rare qu’il travaille avec des artistes issus d’autres disciplines et qu’il intègre ainsi de la vidéo, de la danse ou du théâtre dans ses créations. «On est un peu fou, je l’admets, avoue Isabelle Bozzini. On aime se mettre en danger. Le quatuor à cordes permet ça. Je ne me voyais pas être soliste, je ne me voyais pas non plus être une parmi tant d’autres à l’intérieur d’un orchestre symphonique. Le quatuor est très exigeant, il nous oblige à prendre nos propres décisions musicales et autres. Violon, alto, violoncelle, c’est presque le même instrument, si l’un d’entre nous n’est pas totalement juste, c’est affreux… Mais quand on est tous dedans, c’est fabuleux!»

    Qualités indéniables

    Si les qualités artistiques des quatre membres du quatuor sont indéniables, leurs qualités humaines le sont également. Depuis 2004, ils produisent un atelier original de formation professionnelle, le Composer’s Kitchen, afin de mettre en relation les compositeurs reconnus et ceux de la relève, mais également les compositeurs et les interprètes. Classes de maître, résidences et performances… Depuis 10 ans, près de cinquante jeunes compositeurs ont pris part à cet atelier de recherche et développement implanté à Montréal, mais aujourd’hui également présent à Vancouver et au Royaume-Uni.

    Un quatuor dévoué pour sa ville et sa collectivité, un quatuor qui accueille cette nomination au Grand Prix comme une véritable surprise et une occasion de se faire mieux connaître dans sa propre ville. Une occasion de visibilité également pour toute la scène montréalaise qui gravite autour des musiques nouvelles…

    … et se lancent dans la musique nouvelle, contemporaine, expérimentale.

    Lieux imaginés dans Voir

    «Critique», Réjean Beaucage, Voir, 7 mars 2013
    jeudi 7 mars 2013 Presse

    C’est pour ce troisième disque que le trio Cordâme a été récompensé par le prix Opus du «disque de l’année — musiques du monde», un enregistrement où le trio se présente à nous en toute simplicité, sans invités spéciaux. C’est bien une «musique du monde» imaginaire qu’il nous offre ici, et de Madrid à la Cité interdite, en passant par Vancouver, le contrebassiste et compositeur Jean Félix Mailloux nous fait visiter des lieux où il n’a lui-même jamais mis les pieds. Le violon (Marie Neige Lavigne) et le violoncelle (Julie-Odile Gauthier-Morin) sont nos guides, que l’on suit d’un pas léger en tanguant au rythme de la contrebasse. Cordâme invite le pianiste François Bourassa pour un concert à L’Astral ce samedi 9 mars.

    C’est pour ce troisième disque que le trio Cordâme a été récompensé par le prix Opus du «disque de l’année — musiques du monde»

    Victoriaville mai 2011 dans tout va bien

    «Les loups ont faim», François Samson-Dunlop, tout va bien, no 12, 1 mars 2013
    vendredi 1 mars 2013 Presse

    La stratégie est parfaite. La proie n’a aucune chance. Les loups ont faim, et pire encore, ils ont le goût de s’amuser un peu. Richard Pinhas est confortablement assis au milieu du mur de son. Le vieux guitariste français semble calme, il inspire une certaine confiance. La proie se sent donc invitée. À sa droite veille Merzbow. Le bruitiste de 55 ans semble figée. Respire-t-il? Est-ce un robot? Non, un robot n’oserait jamais nous proposer si gentiment une certaine idée de la peur. À l’extrême gauche, le guet. Le trio américain Wolf Eyes se lèche les babines à grand coups de sur-amplifications électriques. Sous leurs lunettes fumées uniformes, leur regard ne fait plus qu’un, parfois, amalgamant même celui de Merzbow. Le trio jappe. Par moments, à coup de paroles indescriptibles lancées par Nathan Young, par d’autres, sous le fouet tranchant du saxophone alto de John Olson. De ce que l’on qualifiait de proie ne reste qu’une victime du barrage de sons qui fut. Qui reçoit une si belle mort, ne peut-il qu’espérer la fin des temps? Mais voilà, la bête ne tue pas: elle ne lance qu’une invitation à la prochaine hantise.

    La stratégie est parfaite. La proie n’a aucune chance. Les loups ont faim, et pire encore, ils ont le goût de s’amuser un peu.
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