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  • URDLA XXX dans CISM

    «Seul avec tous», CISM, 18 février 2010
    jeudi 18 février 2010 Presse

    Que ce soit avec sa clarinette ou son saxophone, Monsieur Mateen s’impose comme un virtuose de l’alto. L’homme qu’on a mieux connu comme partenaire des Cecil Taylor, William Parker, Matthew Shipp et autres Roy Campbell Jr de la sorte se paye une partouze à lui seul. Poète de la note, activiste des sons, le vieux routier crée une bulle hermétique ne laissant place qu’à lui, et son public. L’année 2010 n’a peut-être que deux jeunes mois, elle devra travailler fort pour déloger ce candidat au titre de meilleure performance individuelle sur disque. À déguster avec un whisky de son choix si possible.

    L’année 2010 n’a peut-être que deux jeunes mois, elle devra travailler fort pour déloger ce candidat au titre de meilleure performance individuelle sur disque.

    Reggaeology dans CISM

    «Reggaed-moi-ben-aller», CISM, 18 février 2010
    jeudi 18 février 2010 Presse

    Wow, ça doit être la semaine des curve-balls. Février nous a assomé et l’étiquette Rogue Art n’est pas immunisée à la dose de confusion qui frappe l’hémisphère nord en entier. Ici, Hamid Drake se détache de son habituel free-jazz-virtuose-über-rhytmique pour nous offrir un album reggae de souche. Mais la catch c’est que si tu penses tomber sur du Prince Buster ou les Wailers, tu vas avoir tout un choc. J’imagine juste le gars qui s’allume un gros joint pis qui s’assoit dans son fauteuil, flattant son chat, faisant aller sa tête de haut en bas, quand tout à coup, t’as un solo de respires, ou Jeff Parker qui se lâche lousse sur sa pédal d’effets ou encore Napoleon Maddox qui me fait remettre toute ma vie en question en beatnickant Alan Ginsberg sous la table. Bref, c’est le meilleur album reggae pour quelqu’un qui trip pas vraiment reggae mais qui aime faire freaker ses amis du secondaire qui fument encore trop de pot.

    Bref, c’est le meilleur album reggae pour quelqu’un qui trip pas vraiment reggae mais qui aime faire freaker ses amis du secondaire qui fument encore trop de pot.

    Live • 33 • 45 • 78 dans CISM

    «Couper-coller», CISM, 18 février 2010
    jeudi 18 février 2010 Presse

    Ah! Je suis sûrement le 93e chroniqueur culturel à faire ce jeu de mots facile-là en parlant de Martin Tétreault. Mais cette fois, qu’arrive-t-il si j’ajoute son équivalent berlinois, Ignaz Schick? Une mauvaise justification. Bien que l’album livre la marchandise (encore plus si écouté dans une pièce avec de très bons hauts-parleurs placés aux antipodes de la pièce en question), la médiocrité des calembours faisant office de titres d’articles d’objets culturels est en hausse depuis quelques années. La cause? L’homogénéisation d’un modèle paresseux propagé par les disciples du Voir et son étrange progéniture. Je vous entends déjà: «Mais en utilisant ce titre, n’êtes vous pas en train de participer à la continuité de cette tendance?» À cela, je vous répondrai: «Bien sûr, je suis un autre adepte de ce nihilisme montréalais de fond-de-cour».

    … l’album livre la marchandise (encore plus si écouté dans une pièce avec de très bons hauts-parleurs).

    Shaman dans CISM

    «Les grands», CISM, 18 février 2010
    jeudi 18 février 2010 Presse

    C’était l’été de 2009. Malgré ma réticence à collaborer à la grande arnaque que constitue le Festival International de Jazz de Montréal, je me suis laissé tenté par une paire de billets gratuite pour le show du grand maître qu’est Ornette Coleman. Mais aussitôt installé dans l’étrange lieu que constitue la salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts, un sentiment de type claustrophilique s’empara de ma personne. Une salle trop grande, une salle trop peuplée, un Ornette trop loin. Ruiné. Avais-je perdu la raison? Non. Et voici pourquoi. À mes côtés, assistant parallèlement à la prestation Colemanienne, se trouvaient respectivement Joane Hétu et Jean Derome. Deux piliers. Deux géants. À mes côtés. Et soudainement, je compris. Car je ressentie en moi cette gêne, cet émoi plus grand que nature. À Ô combien de reprises avais-je entendu et vécu la musique de ces artistes dans l’environnement propice à la compréhension de leur art. Oui, ces gens savaient comment et surtout où véhiculer le message (sans rien enlever au grand Ornette) et l’avait fait tout au long de leur carrière. Sur Shaman, Derome et Hétu démontrent une fois de plus que l’intimité n’a pas de prix. Monsieur Simard, prenez note.

    Sur Shaman, Derome et Hétu démontrent une fois de plus que l’intimité n’a pas de prix.
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