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  • Luminance dans JazzoSphère

    «Critique», EN, JazzoSphère, 11 mars 2004
    jeudi 11 mars 2004 Presse

    C’est dans les studios d’Avatar à Québec que fut réalisé ce nouvel opus de la pianiste canadienne Marilyn Lerner; dans les mêmes studios qui ont vu René Lussier créer Déboutonné (le deuxième fragment d’un bilan solitaire avec son instrument) selon des procédés de prise de son semblables. La technique: multiplier les oreilles. Plusieurs micros aux qualités sonores variables sont disposés dans divers lieux du studio, dans l’instrument ou dans des pièces adjacentes. La création du disque devient alors un processus à deux phases: la création de la musique, l’improvisation, et la création d’une écoute, la focalisation. Ce procédé, Glenn Gould ne l’aurait pas nié. Travaillant sur les textures, par l’amplification, sur le mouvement et le déplacement du lieu d’écoute et de ses caractéristiques acoustiques, Lerner fait aussi preuve, sur les seize plages de Luminance d’une intelligence de l’instrument, flottant sans brisure entre une connaissance évidente de la littérature contemporaine pour clavier et une improvisation sentie, héritée de créateurs originaux du piano jazz. Marilyn Lerner signe ici un disque très personnel sur lequel le procédé technique prend une certaine importance, mais ne sombre jamais dans le gadget, venant plutôt servir une musique qui s’écoute de différentes façons. Une grande pianiste nous raconte comment l’écouter, en quelque sorte.

    … Lerner fait aussi preuve, sur les seize plages de Luminance d’une intelligence de l’instrument…

    Speaking in Tongues dans Revue & Corrigée

    «Critique», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 59, 4 mars 2004
    jeudi 4 mars 2004 Presse

    Speaking in tongues, réalisé par un autre trio, est d’une essence différente. S’il y a aussi confrontation entre deux instruments à cordes (une guitare préparée pour Rainer Wiens, le violon pour Malcolm Goldstein), le troisième volet instrumental est tenu par le percussionniste indien Ganesh Anandan. La conffontation de ce dernier, issu d’une tradition musicale d’lnde du Sud, avec deux improvisateurs lui fait dépasser largement ses racines, d’autant plus qu’il manipule, outre diverses percussions ethniques (kalimba, peau, steel drum), des tambourins modifiés (préparés en quelque sorte). Son jeu est en phase avec l’approche improvisatrice de ses partenaires, qui font une part importante à des structures assez mélodiques et nourries (plus parhculièrement pour le violoniste) dans des pratiques marquées par les musiques contemporaines.

    Risque et pendule dans Revue & Corrigée

    «Critique», Pierre Durr, Revue & Corrigée, no 59, 4 mars 2004
    jeudi 4 mars 2004 Presse

    Sans faire œuvre de fusion, L’ensemble Pierre Labbé (qui comprend en son sein, outre le saxophoniste lui-même, le guitariste Bernard Falaise, membre de plus en plus actif au sein du collectif quebécois: Papa Boa, Klaxon-Gueule, si ce n’est sous son nom) aborde différentes facettes des musiques dites «actuelles». Motifs et arrangements type orchestre de chambre — la formation comptant en son sein un trio à cordes, violon, violoncelle et contrebasse — alternent avec des approches variées héritières à la fois des antécédents rock progressif de Bernard Falaise (au sein de Miriodor), d’une pratique improvisatrice voire de jazz. Séduisant par sa structure, ambitieux par la complexité de ses compositions, la musique de l’ensemble manque toutefois d’un supplément d’âme ou d’un coup de pouce plus spontanéiste pour susciter une adhésion sans restriction.

    Séduisant par sa structure, ambitieux par la complexité de ses compositions…
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