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  • World Tour ’98, Chants rupestres, L’oasis, Tout le monde, Au royaume du silencieux, Musique d’hiver, Zucchini, La boulezaille, Chants et danses du monde inanimé, Fanfare Pourpour, Interférence sardines, René Lussier, Pierre Tanguay dans actuellecd.com

    «Le folklore actuel», François Couture, actuellecd.com, 16 mars 2004
    mardi 16 mars 2004 Presse

    Lorsqu’on m’a demandé de plonger dans le catalogue de DAME à la recherche de points d’intersection ou de thèmes récurrents qui esquisseraient des chemins de découvertes, le filon folklorique s’est imposé de lui-même, non seulement par l’importance de la musique traditionnelle dans le développement de la musique actuelle au Québec, mais aussi parce que les disques qui s’y rattachent s’adressent à nous d’une façon qui sera plus immédiate pour certains néophytes.

    Cela peut paraître paradoxal, mais folklore et innovation font bon ménage. Quand les artistes avant-gardistes d’une culture cherchent à outrepasser les diktats de l’industrie musicale, ils se tournent souvent vers les racines, les leurs et celles des autres, à la recherche de nouvelles voies à explorer. Les musiques folkloriques cachent souvent des trésors de liberté et d’improvisation. De plus, leur aspect souvent festif rend l’acceptation de nouveaux paramètres (rythmiques, mélodiques, improvisationnels) plus facile. C’est ce qui s’est passé et continue de se passer au Québec. Voici une piste d’écoute en trois temps, trois approches novatrices du folklore chez DAME: les folklores revisité, réinventé et fantasmé.

    Folklore revisité

    Fin des années 70: le Québec vit un renouveau folklorique grâce à une nouvelle génération de musiciens (on pense à La Bottine Souriante, au Rêve du Diable, à l’Engoulevent). Parmi ces groupes, dont plusieurs endisquent pour la défunte étiquette Tamanoir, se trouve un collectif de jeunes fous, des guitaristes qui pervertissent le reel et le folk par leurs inventions mélodiques et leurs poèmes post-modernes. Conventum compte dans ses rangs André Duchesne et René Lussier, qui co-fonderont le collectif Ambiances Magnétiques un peu plus tard (les deux albums de Conventum, À l’Affût d’un complot et Le Bureau central des utopies, sont malheureusement discontinués).

    Au sein d’Ambiances Magnétiques, René Lussier a poursuivi sa relecture de l’histoire musicale du Québec et d’ailleurs. Sa discographie est parsemée de pièces folkloriques remises à nu et à neuf. Dans les trois albums des Granules (avec Jean Derome), il exacerbe son caractère dionysiaque (Le Boudin de Noël sur Soyez vigilants, restez vivants ou encore La Chicaneuse sur Au Royaume du silencieux). Avec Le Trésor de la langue, il s’est tourné vers notre folklore historique, transformant les mots de René Lévesque, du FLQ et des gens de la rue en un nouveau «Cahier de la bonne chanson». Sa récente collaboration avec le guitariste américain Eugene Chadbourne marque un retour aux sources — leur album L’Oasis sur étiquette Victo revisite plusieurs airs traditionnels des deux côtés de la frontière.

    Folklore réinventé

    Le folklore d’une nation n’est pas qu’un corpus, c’est aussi un état d’esprit, un substrat dont on s’inspire à la recherche d’un nouveau folklore. Plusieurs artistes du catalogue DAME puisent à cette source et réinvente notre folklore (et parfois même celui des autres). Sur La Boulezaille, Pierre Tanguay et Pierre Langevin (eux-mêmes maîtres des musiques traditionnelles européennes dans le groupe Strada) mélangent instruments traditionnels et modernes à la recherche d’un folklore actuel, dépoussiéré du carcan dans lequel aimerait l’enfermer les traditionalistes de tout acabit. Des groupes comme Interférence Sardines et la Fanfare Pourpour donnent à leur pièces originales une forme qui rappelle ici la fougue du violoneux du diable et là la musique des fêtes de rue (la musique du peuple, folklorique par définition). Si sa Musique d’hiver n’a rien de festif, Joane Hétu y redéfinit néanmoins le folklore hivernal québécois, avec beaucoup plus de précision et de force d’évocation que le poème de Nelligan.

    Folklore fantasmé

    Le folklore réfère à une musique instinctive, créée hors des institutions et de leurs codes, la musique du quotidien, du carnavalesque selon Bakhtine. Et quand on veut sortir du quotidien? Il est toujours possible d’inventer le folklore, de faire de la folklore-fiction. René Lussier et Robert Marcel Lepage établissent leur musique actuelle, mélange d’impro libre à l’européenne et de relents traditionnels, comme le folklore d’un monde futuriste, dernière énigme d’un univers déshumanisé. Même chose chez Les 4 Guitaristes de l’Apocalypso-Bar d’André Duchesne qui incarnent le rock traditionaliste du futur (un futur post-apocalyptique d’ailleurs). Dans le cas des Chants rupestres de Bruire, Michel F Côté et ses acolytes cherchent à travers l’impro libre les traces de la musique folklorique des hommes des cavernes. Si nous sommes maintenant loin des airs faussement naïfs de Conventum, il s’agit encore dans l’esprit d’un retour aux sources primaires de l’expression musicale. Il y a plus d’une façon de swinger la baquèse dans le fond d’la boîte à bois.

    Sautons ce repas de midi dans Radio-Canada: Indicatif présent

    «Critique», Alain Brunet, Radio-Canada: Indicatif présent, 12 mars 2004
    vendredi 12 mars 2004 Presse

    … donc bon pourquoi pas en parler parce que y a peut-être quelques centaines de personnes, de fans de Frank Martel, ben il faudrait peut-être qu’y en ait quelques milliers parce que ce personnage, car il en est un, est vraiment doué.

    … Finalement qui se révèlent comme de très jolis portraits, enfin, d’un imaginaire absolument déluré et quand même l’expression d’un être intelligent et doué. Donc j’aime bien, moi, Frank Martel.

    … un imaginaire absolument déluré et quand même l’expression d’un être intelligent et doué.

    Luminance dans The Toronto Star

    «Review», Geoff Chapman, The Toronto Star, 11 mars 2004
    jeudi 11 mars 2004 Presse

    This Toronto-based pianist is comfortable in jazz, new music, Klezmer and Latin and lately has tried collaborations with poets, computers and video artists. Here are 16 improvised solos that experiment with sound, various microphones set up in different configurations that help create vivid musical images and highlight sonic options. She draws from jazz and classical styles, explores inside tbe piano, strokes strings wearing latex gloves, works pedals furiously and uses the instrument as a drum. Two relatively long pieces, Wolfen and Rife, let her expand ideas, Glovys is rock-ish and all of it is fascinating. One snippet witb the nifty title “Codec Moment” involves using tbe tiny mike of a Palm Pilot.

    10 compositions dans Ici Montréal

    «Critique», BB, Ici Montréal, 11 mars 2004
    jeudi 11 mars 2004 Presse

    Nonobstant la maison de disques, plus volontiers associée à la musique actuelle, c’est bel et bien d’un album de jazz (du free au third stream en passant par le post-bop, parfois pastoral, parfois presque sournois) qu’il est question ici. Les 10 compositions de Jean Derome se signalent par des thèmes très forts, vraiment accrocheurs (je vois très bien le No Name Jazz Sextet reprendre Pangolins, par exemple), et l’interaction entre Derome, le contrebassiste Nornand Guilbeault et le percussionniste Pierre Tanguay est tout à fait télépathique. Meilleur flash: Tanguay utilisant les bûches du poêle à bois sur L’Africaine. Ça chauffe!

    Les 10 compositions de Jean Derome se signalent par des thèmes très forts, vraiment accrocheurs…

    Zucchini dans L’Ovabese

    «Tra passato e futuro», Giovanni Pietro Scazzola, L’Ovabese, no 7:10, 11 mars 2004
    jeudi 11 mars 2004 Presse

    Tuno proiettato e disteso sul futuro il curioso disco intitolato Zucchini di Interférence sardines.

    Dal Canada (per l’etichetta ambiances magnétiques: www.ambiancesmagnetiques.com) una formazione d’avanguardia di corde, ance e percussioni, fa sperimentazione anche con voci e tasti, facendo del rumore suono, trasformando le ispirazioni e la creatività in un’esperienza unica d’ascolto.

    Un caldo colore impressionante che ci accoglie glà dalla copertina e ci accompagna in un viaggio di splendide sonorità interiori.

    Un caldo colore impressionante che ci accoglie glà dalla copertina e ci accompagna in un viaggio di splendide sonorità interiori.

    Diversion dans JazzoSphère

    «Critique», Éric Normand, JazzoSphère, 11 mars 2004
    jeudi 11 mars 2004 Presse

    Tom Walsh est un tromboniste très actif et très respecté au Canada. Il joue dans une foule de formations (tous styles confondus) en plus de faire de la musique pour la danse. Il s’agit ici d’un deuxième album pour la formation Noma — le premier remontant à 1996. Groupe double, à l’exemple d’Ornette Coleman, mais un propos tout autre; côté cour funky: guitare électrique à effets (Guy Kaye), basse électrique (Alan Basculis) et «funk drum» (François Chauvette); côté jardin jazz: guitare préparée bruitiste de Rainer Wiens, la contrebasse de Normand Guilbeault et le «jazz drumset» de Thom Gossage. Au centre, Tom Walsh au trombone, mais aussi à l’échantillonneur et aux commandes de ce groupe à deux faces. Le résultat est fascinant. On trouve en Walsh un soliste sobre et surtout un arrangeur très fin. Empruntant à la fois à toutes les tendances «funky» de la musique américaine (trip hop, funk, fusion), au jazz et aux univers plus abstraits, Walsh montre une connaissance des musiques de son temps et une sérieuse aptitude à les mélanger. Ouvertures grattouillantes et fondus enchaînés viennent bouleverser une musique sophistiquée remplie de réminiscences (dont In Walked Bud), d’arrêts et de reprises. La plupart des pièces sont d’ailleurs divisées en plusieurs plages (à la manière de la musique classique?) qui continuent, sans coupures évidentes, le développement d’un thème.

    Du plus racoleur au plus difficile, Walsh se permet tout, simplement parce qu’il sait rendre fertiles les rencontres inusitées. Loin des parodies de genres, Walsh mélange les styles sans les diluer. En prime, la prise de son live est plus que convaincante. Épatant.

    Épatant.
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