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  • Bavards dans Nightwaves

    «Review», Gary Flanagan, Nightwaves, no 6, 1 mai 2000
    lundi 1 mai 2000 Presse

    Here is the debut CD by Québécois conceptual outfit Klaxon Gueule. This is highly improvisational music that is very kinetic and freeform. There is no hint of melody or traditional song structures. It is very spikey, almost a sort of “warped jazz”. Included are two discs of Klaxon Gueule’s improvisational virtuosity. The first one is typically freeform anti-music, a hyperactive concoction of bass, guitar and drums. The second disc adds saxophonist Christopher Cauley and proves to be pretty much more of the same, with perhaps a little more bite to the guitars. Some of the tracks border on noise. Bavards is strictly for fans of all things improvised. If you like jazzy music with little or no structure, then this is for you.

    Île bizarre dans Nightwaves

    «Review», Gary Flanagan, Nightwaves, no 6, 1 mai 2000
    lundi 1 mai 2000 Presse

    Promotional material for this album described it as “cinema for the ear”, and that is a pretty accurate description. This is “sound as art” in the truest sense of the term. Grinding, whirs, buzzes, snaps and bangs are all brought together to create a suggestive sonic soundscape. Diane Labrosse (samples), Ikue Mori (electronic percussion) and Martin Tétreault (turntables) have created a work which achieves an almost organic quality from the most inorganic resources. if you are looking for something that is daring and goes nowhere near the mainstream, then this is for you. Most of the moods captured on this disc are stark and hollow, giving the listener a true taste of coldmetal machinemusic. One could almost subtitle this “Symposium for Junkyards”. If you enjoy the true industrial approach (ie Einsturzende Neubauten), then you will undoubtedly love the challenge of this work. One suggestion: Île Bizarre must be heard on the best possible sound system that you can get access to. Sound enthusiasts will love turning track two (Ad Ventum Capere Grandes Machinae) up as loudly as their stereo systems will permit!

    This is “sound as art” in the truest sense of the term.

    Muets dans Nightwaves

    «Review», Gary Flanagan, Nightwaves, no 6, 1 mai 2000
    lundi 1 mai 2000 Presse

    I can’t believe that this is the same band that gave us Bavards! It seems that Côté, Falaise and Saint-Onge have attempted to create a dramatic about-face from their debut… and they have succeeded enourmously. Muets (the french word for silent) is a perfect title for this work. Unlike their debut Bavards which was a kinetically spastic venture into the fringes of jazz, Muets is an eerie, subdued, atmospheric slice of ambience. Many of the tracks are very unsettling and dark, an audio equivalent of introspective solitude. If you’re not prepared, track 4 willliterally scare the shit out of you (even the album cover artwork is somewhat disturbing in a pseudo-psychotic kind of way). Much credit must be given to Klaxon Gueule for having the bravery and creative spirit to not just repeat themselves. They are avant-garde artistes who excel at pulling the listener into their strange, dreamlike world. Muets provides a soundtrack to the most frightening imagery possible… that which is in our heads.

    They are avant-garde artistes who excel at pulling the listener into their strange, dreamlike world.

    Tête à queue dans Rubberneck

    «Review», Jim Barker, Rubberneck, 1 mai 2000
    lundi 1 mai 2000 Presse

    Papa Boa are another grand display of the talent that the Canadian avant-garde/out-rock/post-rock/whatever-it’s-called-this-week scene can call on. Falaise, Labbé, Leclerc, Roverselli and guests — most notably female vocalists Monpetit and Thério — have produced a widely varied selection of musics, marrying indie pop, smooth grooves, distortion, folk, eastern soundtracks, no wave guitar skronk, introspective soundscapes and wild jazz elements perfectly. Many of the tracks have an infectious rhythm which should get feet tapping all over the dance-reluctant avant world. Some of this is reminiscent of those 1980s Belgian discomforting popsters The Honeymoon Killers, who also mixed jazz, pop, wobbly space noise and chansons to equal effect. So diverse is this stew that even bits of what could be Einsturzende Neubauten and John Zorn can be detected. As you can see, this is a very hard disc to pin down, but what I do know is that it is imaginative, ambitious and all-but-perfectly realised. A winner. How much more quality product can the Canadian scene produce?

    Jean Derome dans Voir

    «Marathon man», Nicolas Tittley, Voir, 13 avril 2000
    jeudi 13 avril 2000 Presse

    Du 11 au 22 avril, les murs du Théâtre La Chapelle vont vibrer au rythme de l’un des musiciens les plus prolifiques de la scène actuelle montréalaise. Durant ces deux semaines, le saxophoniste Jean Derome présentera quatorze projets musicaux différents, et croisera le fer avec pas moins de vingt-six musiciens, parmi lesquels on retrouve les suspects habituels (les Tanguay, Hétu, Labrosse, Guilbeault et autres habitués de l’écurie Ambiances Magnétiques). Outre les concerts à proprement parler, les spectateurs pourront — chose plutôt rare — rencontrer l’artiste, découvrir son penchant pour les arts visuels à l’occasion d’une exposition, et assister à de nombreuses répétitions publiques d’œuvres en développement. Ambitieux et démesuré, cet événement permettra, pour citer l’artiste, de «réaliser des rêves plutôt que de rêver à des réalisations». Un esprit moins aventureux aurait peut-être considéré une telle entreprise comme un véritable suicide, alors qu’un homme plus compétitif aurait pu y voir l’occasion de briser un record Guinness. Jean Derome, lui, l’a fait comme ça, parce qu’on lui en a donné l’occasion. «J’ai déjà joué plusieurs fois au TLC et je ne voyais pas comment je pourrais continuer de susciter l’intérêt simplement en reprenant une série avec les Dangereux Zhoms ou un autre de mes ensembles, explique-t-il. «Je le fais un peu par bravade, mais aussi par jalousie, presque. Les gens de théâtre ou de danse qui jouissent de ce luxe: pouvoir travailler tous ensemble durant un mois sur un show.» La série, intitulée Jean Derome: Une exposition de musique, est exactement le genre d’événement dont Richard Simas, directeur artistique et programmateur visionnaire du Théâtre La Chapelle, raffole. «Ça fait plus de vingt ans qu’on se connaît, Richard et moi. On a fait beaucoup de choses ensemble et, cette année, lorsqu’il m’a offert une carte blanche et qu’il m’a demandé ce que je désirais faire, j’ai tout de suite voulu habiter le théâtre pendant un mois. Je e suis vite rendu compte que c’était un peu trop, mais même à deux semaines, on garde l’idée d’occuper le théâtre d’une façon plus globale qu’on ne le ferait pour une série normale de concerts.» Pour qui connaît un peu l’auteur, adepte de l’Oulipo (il a déjà consacré une œuvre à Perec) et spécialiste de l’interdisciplinarité (lors des deux semaines, on retrouvera de la performance, de la danse, des lectures), Une exposition de musique est un titre qui colle très précisément à la démarche de Derome. D’abord, parce qu’il permet aussitôt quelques dérapages sémantiques. «C’est une exposition de musique, mais aussi une façon d’exposer les musiciens à ma musique, comme on dit “être exposé à des radiations”, explique Jean. En même temps, c’est une question qui est (ex)posée au public: Y-a-t-il un intérêt à voir des répétitions et à suivre l’évolution d’un projet?» Il y a aussi, il faut le reconnaître, une certaine ironie dans l’idée de proposer une «exposition» à caractère musical. La musique, surtout lorsqu’elle comporte une grande part d’improvisation, comme ce sera le cas, est un art périssable, fugace. «Ce ne sont pas des tableaux que je peux sortir d’un entrepôt; lorsque je reviens sur des œuvres passées, il faut que je les remonte dans le passé, que je retrouve les instruments qui m’ont servi, que je les remette en état, et que je réapprenne certaines choses…»

    Bien que Derome profite de l’occasion pour revisiter quelques pièces de son répertoire (la plus vieille, Serge accordéoniste, est un solo qui remonte à 1985, et sera accompagnée d’une performance de Nathalie Derome), il ne s’agit pas d’une rétrospective à proprement parler. En fait, l’artiste en mouvement est résolument tourné vers l’avenir. «Dans le fond, je suis très jaloux d’un gars comme Robert Lepage, qui se permet de montrer des work in progress qui coûtent un quart de million, dit en riant le saxophoniste. Plus modestement, j’aimerais seulement dédramatiser l’angoisse du projet inachevé, et offrir aux gens l’accès au processus créatif. Il y a un aspect didactique dans tout ça; je pense que c’est le genre de chose qui pourrait intéresser beaucoup de jeunes musiciens.» C’est exactement ce qui se passera avec Canot-Camping, qui sera présenté en mai au Festival international de musique actuelle de Victoriaville, et qui fera ses premiers pas au TLC. «Avec onze musiciens, c’est le plus gros projet du lot. Les musiciens vont voir les partitions pour la première fois le soir de la répétition; et c’est là qu’on va monter le spectacle.» Il ne s’agit là que d’une infime partie du programme, où se succéderont duos, solos, trios, improvisations, pièces arrangées pour fanfare, j’en passe et des meilleures. Derome est un compositeur et un interprète tellement prolifique qu’il faudrait plusieurs années pour faire le tour de son œuvre. Mais si, d’aventure, il nous prenait l’envie d’assister à tous les événements, découvrirait-on le vrai visage de Jean Derome? «J’espère que ça donnerait l’impression d’une mosaïque qui me ressemble. Mais je ne sais pas s’il y aurait une réponse claire. Au fond, je pense que chaque œuvre d’art est une question.»

    Jean Derome dans Ici Montréal

    «Camping sauvage», Catherine Perrey, Ici Montréal, 13 avril 2000
    jeudi 13 avril 2000 Presse

    Ça se présente un peu comme la couverture d’Astérix et Cléopâtre,avec une énumération époustouflante: 26 musiciens, 3 danseurs, 5 lecteurs, 14 projets musicaux, 1 expositions, 1 rencontre, 17 répétions publiques, 2 ateliers et 8 concerts. Ouf! En entrevue Jean Derome et moi nous sommes penchés sur le programme général comme si nous étions en train de consulter une carte géographique, pour nous repérer dans cette jungle luxuriante.«Dans la perspective d’Une exposition de musique, il s’agit de montrer des œuvres qui n’ont pas, entre autres, fait l’objet de disques, et de les présenter dans l’esprit d’une rétrospective, pour voir où elles sont rendues et leur redonner une nouvelle vie.

    Et puis, il y a également les ensembles qui existent déjà, mais qui vont poursuivre leur démarche, précise Derome. C’est une vraie résidense d’artiste; je vais essayer un tas d’affaires pendant deux semaines et j’ai le luxe incroyable d’avoir des musiciens presqu’à temps plein à ma disposition». Et comment! Malgré une discographie comportant 15 enregistrements, Jean Derome ne représentera rien de figé sur ces galetes. Les Dangereux Zhoms, par exemple, son populaire ensemble dédié à l’exploration des œuvres extraites de ses carnets de voyage, travailleront uniquement du matériel inédit pendant quatre répétions publiques- et gratuites- en journée, et présenteront le fruit de leur labeur pendant deux soirs différents. Tout un chacun pourra ainsi assister à la genèse des œuvres. Il y aura également les cinq répétitions publiques et le concert du Grand ensemble canot-camping, un orchestre de 11 musiciens improvisateurs qui constitue la matrice d’une bonne partie des sous-ensembles présentés tout au long de cette folle quinzaine: «Les 11 musiciens sont employés à toutes sortes d’autres tâches. Un lien va se créer entre tous les concerts, comme par exemple, l’dée de nature.»

    L’impro. c’est du sport

    En effet, Derome, qui est également féru de littératures (comme en témoigne son disque Hommage à George Perec), proposera une soirée Littérature et musique où cinq lecteurs accompagnés de cinq improvisateurs déclameront des textes de Ferron, Caneti, Brosse… et dont le thème principal est la nature. D’autres projets sont étonnants, parce que Jean Derome quitte son saxophone et ses appeaux pour se transformer en pianiste, avec Nathalie Derome et en batteur au sein d’un quatuor de tambombours, ce qui est totalement inédit (en public) pour ce travailleur de sax. «Je me domme un concert, je me fais cette confiance-là alors que je joue très mal du piano et que je suis très nerveux. L’idée primordiale, c’est de toujours renverser l’aspect «performatif» et de se laisser la chance de faire des choses», précise le musicien. Quant à l’improvisation, elle est la cheville ouvrière de la vie musicale de Derome (voir le superbe texte sur l’improvisation dans le programme), qui ajoute:«En improvisation libre, il y a une ouverture incroyable à tout ce qui se passe.On se sent à la fois complètement libre de prendre n’importe quelle décision.»Et de conclure: «Pour moi, la musique, c’est la forme supérieure de pensée. C’est incroyable, lorsque quelqu’un me parle, j’entends parfois des réponses en musique. Ça n’arrive parce qu’on senrait vite dans une voie de non-communication!»

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