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  • Érick d’Orion in Le Soleil

    “Bivouac urbain: désordre ordonné”, Josianne Desloges, Le Soleil, August 4, 2011
    Thursday, August 4, 2011 Press

    Les artistes Martin Bureau, Erick d’Orion et Jean-François Dugas utiliseront la façade de l’église Saint-Roch comme écran pour composer en direct une projection architecturale. Le Soleil les a rencontrés dans la nuit d’hier, alors qu’ils faisaient les premiers essais au grand air. Puisque ces dernières semaines, ils peaufinaient leurs images sur une maquette de six pieds de haut dans un petit studio de montage, ils avaient bien hâte de voir le résultat.

    «On a vu un peu ce qui avait été fait dans le temps des Fêtes, et on savait qu’il fallait créer des images très contrastées. Il a aussi fallu tenir compte de la surface, qui est assez ingrate», indique Jean-François Dugas, en charge du volet vidéo de La kyrielle des chiens. Une kyrielle désigne à la fois un chant liturgique et un exercice de style littéraire où chaque vers débute par la syllabe qui terminait le vers précédent (comme dans La ballade des pendus de François Villon et la comptine Trois petits chats). Quant aux chiens, Saint-Roch est leur patron.

    Le thème de la catastrophe

    D’une image et d’un son à l’autre, le trio arrimera trois anniversaires qui ont modifié l’architecture urbaine et l’expérience humaine. «On rappellera les 10 ans du Sommet des Amériques, de la destruction du toit du mail Saint-Roch et on évoquera les attentats du 11 septembre», souligne Erick d’Orion, qui s’occupe de la création sonore. Initiateur du projet, le peintre et dessinateur Martin Bureau s’intéresse depuis longtemps au thème de la catastrophe dans ses œuvres. «Paul Virilio n’est jamais bien loin», indique l’artiste, pour qui les écrits de ce penseur de la fin du monde sont une source d’inspiration constante. Il a utilisé pour la première fois une tablette graphique pour réaliser ses dessins, qui auront un look très «crayonné». Jean-François Dugas a puisé dans ses images d’archives (et dans celles de Patrick Boivin de Phylactère Cola, qui donnera une conférence à Méduse samedi) pour compléter le volet visuel. Avions, étoiles, satellites, chiens, explosions, caméra de surveillance, pompe à pétrole, grues et images de foule défileront sur la façade de l’église. Quelques images de jeux vidéo ont aussi été utilisées. Partant de la vision et du matériel des trois artistes, Lumenistudio, une compagnie de Québec créée par Dominique Grenier, a rendu la projection architecturale concrète. La firme a notamment travaillé sur le Moulin à images et sur la projection de Spider-Man sur l’édifice Beenox. La kyrielle des chiens permettra de dégager le thème de la compétition de ce troisième Bivouac. Pendant 48 heures, dans le campement créatif de la place de l’Université-du-Québec, les concepteurs inscrits créeront des jeux vidéo, des courts-métrages d’animation ou des peintures d’environnements numériques (concept art). Le public pourra tester les créations dimanche après-midi.

    «On rappellera les 10 ans du Sommet des Amériques, de la destruction du toit du mail Saint-Roch et on évoquera les attentats du 11 septembre», souligne Erick d’Orion, qui s’occupe de la création sonore.

    Daniel Rothman, Ernstalbrecht Stiebler: Sens(e) Absence, Jean Derome, Joane Hétu: Le mensonge et l’identité in Revue & Corrigée

    “Chronique”, Pierre Durr, Revue & Corrigée, August 1, 2011
    Monday, August 1, 2011 Press

    Le quatuor à cordes québécois nous gratifie pour ce premier semestre 2011 de deux nouvelles productions (au moment où cette chronique est rédigée, paraît un 3e enregistrement, Aberrare) bien que l’une des pièces du dernier, la composition de Daniel Rothman ait été enregistrée il y a déjà 4 ans. Au-delà de la diversité des auteurs (après Reich, Tenney, Skempton, Goldstein, Vivier et quelques autres, les quatre musiciens se sont d’abord adressés à deux activistes d’Ambiances Magnétiques, un compositeur allemand et un dernier, Daniel Rothman qui œuvre dans la mouvance des enregistrements Lovely), il y d’abord des pièces qui interroge l’homme, à la fois dans son positionnement dans la société, que part rapport à lui-même. Mensonge, identité, sens, absence. Il y a comme une complémentarité entre les deux réalisations. Seul, peut-être la composition d’Ernstalbrecht Stiebler Sehr langsam (très lentement) échappe à ces questionnements, tout en mettant en jeu la capacité d’écoute, des notions de patience, parfois inhérentes à la recherche de sens, tandis que l’absence — d’un être souvent — peut être lié à une incapacité d’écoute ou à un manque de patience…

    Structurellement, et musicalement, il y a toutefois deux approches. Le mensonge et l’identité privilégie plutôt le dynamisme, le mouvement, l’éclatement pour une pièce qui met en jeu le rapport de l’individu (les musiciens, du 2e mouvement au 3e, s’individualisent progressivement) à la communauté (le 1er mouvement privilégie l’entente, le regroupement). Sens(e) Absence par les deux titres qu’il propose joue plutôt sur le mode minimaliste et l’intériorisation.

    Dans la composition de Jean Derome et Joane Hétu, les cordes virevoltent, grincent, jouent tantôt en unisson, tantôt en opposition et se démarquant l’une de l’autre (même physiquement, l’enregistrement donnant à attendre les bruits de pas…), usant des diverses techniques de jeu des cordes. L’intervention de la voix, récitée, citant tel ou tel auteur (Hubert Reeves, l’actrice Brigitte Poupart, Françoise Giroud…), faisant tel ou tel constant sur l’état du monde, affirmant des certitudes voire mentant et conjuguée tantôt en allemand, tantôt en français, parfois en anglais voire en italien participe de cette individualisation, (rappel des suites de la tour de Babel?). Un enregistrement tourbillonnant et plutôt passionnant.

    Sehr langsam, la pièce de Ernstalbrecht Stiebler, élève dans les années 50 de Stockhausen, se présente comme un drone qui s’écoule pendant près d’une demi-heure, montrant les affinités du compositeur avec l’univers d’un — par exemple — La Monte Young (trio for strings). Sans être foncièrement originale, la qualité de l’enregistrement met en évidence le jeu complémentaire des trois registres de cordes (violon, alto, violoncelle). Sens(e) Absence semble être la suite logique. La composition de Daniel Rothman use aussi du drone, mais elle présente de subtiles variations de tonalité, comme si alternativement chacun des registres des cordes prenait l’avantage pour se fondre dans un processus qui intègre quelques interruptions et silences (10 à 15 secondes), avant de reprendre avec des sonorités parfois plus proches de l’univers électronique. Un second enregistrement qui nécessite une approche différente de l’auditeur.

    … il y d’abord des pièces qui interroge l’homme, à la fois dans son positionnement dans la société, que part rapport à lui-même.

    À l’inattendu les dieux livrent passage in The WholeNote

    “Review”, Ken Waxman, The WholeNote, no. 16:10, July 12, 2011
    Tuesday, July 12, 2011 Press

    Atmospheric and ambient, but also audacious, Montréal percussionist/keyboardist and electronic manipulator Michel F Côté uses a variety of sonic strategies to construct an exuberantly original nine-part sound world on à l’inattendu les dieux livrent passage. Accomplished in transforming directors’ and choreographers’ ideas into sound, as well as leading ad hoc bands such as this one, which generate a new meaning from his initials, the composer/arranger pushes and pulls the textures in a multi-stylistic fashion so that seemingly bland surfaces turn out to contain tough, multi-faceted cores.

    Case in points is a track like ferveur fossile, where chunks and clicks from signal-processed timbres splutter and shrill while commenting upon Gordon Allen’s irregularly vibrated trumpet lines and the twangs from Bernard Falaise’s guitar. Arco string runs maintain the theme, although variants become looser, more strident and discordant as they come in contact with the buzzing electronics. Other pieces offer interludes of pseudo classicism via Pierre-Yves Martel’s viole de gambe or Jean Derome’s harmonized bass flute, only to have them sabotaged by Lori Freedman’s harsh bass clarinet slurs or abrasive wood scrapes from the percussionist. Overall it seems that sonic disruption is as much a part of Côté’s compositions as legato continuum.

    This post-modern strategy is sardonically confirmed on au-delà de l’espace des petits oiseasux and more obviously on the concluding entre idéal et mental. On that track, string-laden samples, likely sourced by turntablist Martin Tétreault from Gone with the Wind composer Max Steiner LPs, are interrupted by plinking from live string players, motor-driven whines and clanks plus the percussionist’s cross pulses and opposite-sticking beats.

    Michel F Côté uses a variety of sonic strategies to construct an exuberantly original nine-part sound world on à l’inattendu les dieux livrent passage.

    Récits de neige, Tryptique musique d’hiver in The Squid’s Ear

    “Heard In”, Kurt Gottschalk, The Squid’s Ear, July 6, 2011
    Wednesday, July 6, 2011 Press

    For over a decade now, Montréal’s Ensemble SuperMusique has served as a vehicle for the larger-scale ideas of that city’s Ambiances Magnetiques collective. An orchestra adept at improvisation and varying in personnel according to the dictates of the job, it’s a logical outgrowth of the collective which still, somehow, always seems to come as a happy surprise.

    Saxophonist Joane Hétu may be one of the greatest beneficiaries of the ensemble. Her compositional ideas are rich and complex, requiring an assemblage of sympathetic colleagues. Her work can be tiny and personal (as in her duet with her husband, saxophonist Jean Derome) or can take the form of sweeping explorations, as in her multi-media collaboration Filature, which took the craft of weaving as a model for both composition and video projection.

    For Récits de neige SuperMusique is stripped down to a sextet, including longtime collaborators Derome, Diane Labrosse (accordion and electronics) and percussionist Pierre Tanguay alongside bassist Alexandre St-Onge and Toronto trombonist Scott Thomson for a remarkably diverse cycle of pieces.

    The first of the four suites, La neige (The Snow) is comprised of four vocal pieces, both sung and recorded speech with sometimes bombastic accompaniment. The second four-part suite, Jamais froid (Never Cold) is more upbeat, with lyrical play around the word “blanc” (“white”) and a piece that likens snowfall to icing on a cake and a comforter to keep one warm. The texts are all in French, but English translations are provided, and the spirit of the music felt strongly nevertheless, even including some play with vocal sounds. The three parts of Rafales (which translates as “gusts” or “flurries”) are perhaps the most cohesive and most endearing on the disc, with brief verses seeming to love and curse the snow along with more mouth sounds, grunts and utterances, harmonica and jaw harp and stories about winter from Derome, Thomson and Tanguay blended into jazzy and atmospheric tracks.

    The last of the four suites is the longest (each runs between 15 and 20 minutes) brings us just to the breaking of spring, alternating between some of the most abstract and unabashedly beautiful music on the disc. Hétu, to her credit, is such an evocative assembler of music and words that the melting snow and budding leaves aren’t cliché but simply the turning of a page.

    Récits de neige is not, in fact, her first album of cold-weather music. It might be seen as a sequel to 2001’s Musique d’hiver (Winter Music), a cycle of pieces about the Québécois winter. Or it might just be a product of what a Québécois artist must deal with for a considerable part of the year. Either way, this time out her interests in storytelling, both musical and quite literal, are wonderfully evocative.

    … this time out her interests in storytelling, both musical and quite literal, are wonderfully evocative.

    Birds Abide in The Squid’s Ear

    “Heard In”, Massimo Ricci, The Squid’s Ear, July 6, 2011
    Wednesday, July 6, 2011 Press

    Reporting on records by artists whose standing equals that of Phillips, Jauniaux and Goldstein is getting harder and harder. The typical stratagem of employing the review’s first half to recount an artist’s career in pills, thus smartly reducing the analytical space, is not acceptable to this writer. On the other hand, the propensity for enthusiasm in front of an unimpeachable release is malignantly stigmatized by incompetent members of the official intelligentsia.

    Make no mistake, though: Birds Abide is a great record, the remarkable fusion of three profound souls constantly striving for shared excellence. The set — recorded at the Victoriaville Festival in May 2010 — consists of six tracks that communicate urgency, theatrical qualities, extraordinary technical prowess and the sort of enlightened quest for unlikelihood that pushes an improvising artist to choose the less expected move. In this particular case the attitude is totally winning, the resulting music appearing as a crying-and-kicking newborn creature.

    Jauniaux is definitively back to her highest highs, a voice able to scintillate, peep, squirrel-talk and cut like a sword. Occasionally she’s also a fine imitator of her partners’ string-based expressiveness, the fruit of decades of manual practice but — above all — of a complete development of the ability of listening interactively. Goldstein’s violin generates fragile fireflies, hard crumbles and melodic splinters, the emotional control remaining consistent throughout. Phillips sustains the influence of the lower frequencies adding a stouter percussiveness without flinching when necessary; his participation in the performance’s more elegiac circumstances — the moments in which the trio really becomes a single, multi-faceted entity — is certainly essential. Exactly as is this album, which one feels glad to hold after a mere couple of listens.

    Birds Abide is a great record, the remarkable fusion of three profound souls constantly striving for shared excellence.
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