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  • Nous perçons les oreilles, Jean Derome, Joane Hétu, Nous perçons les oreilles in Voir

    “Pas de deux”, Nicolas Tittley, Voir, March 12, 1998
    Thursday, March 12, 1998 Press

    Joane Hétu et Jean Derome seraient-ils échangistes? À en juger par la série de rencontres organisée par le couple d’actualistes montréalais — sous le nom de groupe, Nous perçons les oreilles —, on pourrait bien le croire. Trois soirs durant, les deux musiciens multiplieront les échanges à quatre sur la scène de la maison de la culture du Plateau Mont-Royal, et confronteront leurs méthodes d’improvisation à celles d’artistes issus de disciplines différentes. Arméss de leurs saxos, de leur voix et de la fameuse collection de flûtes et d’apppeaux en tous genres de Jean Derome, les deux artistes de musique actuelle livreront chaque soir le fruit de leur collaboration intime d’être rejoints sur scène par des tandems de cinéastes, d’écrivains, de danseurs et bien sûr de musiciens. «On voulait travailler avec l’idée de couple et, chaque soir, on va collaborer avec un homme et une femme explique Joane. Le premier soir est consacré à la littérature et au cinéma avec les textes de Sylvie Massicotte et les grattages de pellicule en direct dc Pierre Hébert. Dans le deuxième, on aborde la danse avec Louise Bédard et Andrew Harwood; et le troisième est une rencontre entre nos deux sax et deux percussionnistes Danielle Palardy Roger et Pierre Tanguay.»

    Comme les deux membres du couple sont constamment occupés par des projets divers Nous perçons les oreilles n’a donné que quelques rares performances underground jusqu’à présent mais il s’agit d’un projet en constante évolution auquel Hétu et Derome semblent consacrer beaucoup d’énergie. «C’est quelque chose qui est assez facile à garder vivant du fait qu’on habite ensemble», explique Joane. «Ça se fait spontanément le soir quand les enfants sont couchés; on se met à faire de la musique ensemble.»

    Leurs échanges se font généralement sur le terrain de l’improvisation musicale mais Joane a aussi un fort penchant pour la chanson comme elle l’a démontré brillamment avec l’un de ses autres groupes (Castor et compagnie). Elle s’empresse toutefois de piéciser que les deux formations fonctionnent de façon complètement différente. «Castor est vraiment un groupe de chanson alors que Nous perçons les oreilles est un ensemble musical dans lequel on retrouve des chansons nuance-t-elle. Dans Nous perçons les oreilles les textes sont surtout choisis en fonction de leur musicalité parfois, il s’agit de simples listes d’objets de tous les jours.» Quant à la musique elle semble suivre des voies plus imprévisibles mais la complicité entre les deux artistes/amoureux est telle que l’improvisation semble couler de source. «Il v a deux plans distincts dans ce groupe» poursuit Derome. «D’un côté on développe un répertoire de chansons écrites et de l’autre on expérimente en improvisation avec toutes les combinaisons imaginables entre nos instruments que ce soit à deux voix, une voix et un sax, deux sax et toutes les possibilités que nous permettent les flûtes et les appeaux. Ce qui est intéressant, c’est le contraste entre les chansons — qui sont à la fois complètement absurdes et très proches du quotidien — et les improvisations qui sont plus près du côté hard de la musique actuelle»

    Même si Hétu et Derome se proposent d’explorer à fond les deux pôles de Nous perçons les oreilles au cours de leurs spectacles ils ont choisi la voie instrumentale pour leur premier album qui devrait paraitre sous peu chez Ambiances Magnétiques. Mais comme tout semble arriver par paires chez ces deux-là on aura aussi droit à un disque mettant l’accent sur la version chantée avant longtemps.

    Nous perçons les oreilles, Jean Derome, Joane Hétu, Nous perçons les oreilles in Ici Montréal

    “Improvisation sur un t’aime”, Michael D Hogan, Ici Montréal, no. 1:25, March 12, 1998
    Thursday, March 12, 1998 Press

    Les saxophonistes Joane Hétu et Jean Derome, complices dans la vie comme en musique, présentent une série de quatre concerts en deux parties, pour lesquels ils ont invité des artistes de différentes disciplines à improviser, par paires, en leur compagnie. «Méme si c’est un spectacle qu’on ne présente pas souvent, c’est un projet très vivant pour nous, raconte la musicienne. Ce n’est pas quelque chose qui est dans l’agenda. Nous sommes conjoints dans la vie et on se retrouve parfois le soir, quand les enfants sont couchés, pour improviser et composer. A la diffêrence de Castor et compagnie[son dernier CD], où l’on retrouve mes musiques et mes textes, ici, le résultat se développe à la faveur de notre rapport. C’est une façon de travailler qui me permet beaucoup de liberté et qui suppose énormément de complicité. Nous perçons les oreilles, ce sont des chansons très courtes, naïves et humoristiques. accompagnées de musiques bruitistes radicales. Ça porte bien son nom.»

    Chaque soir, un autre duo se joindra aux musiciens en deuxième partie. Pierre Hébert et Sylvie Massicotte, dans une rencontre musique-cinéma-littérature, ont déjà travailié ensemble et avec Derome. Louise Bédard et Andrew de L Harwood sont rompus à l’improvisation en danse. De leur côté, Danielle Palardy Roger et Pierre Tanguay sont deux percussionnistes bien connus de la scène de la musique actuelle. «Nous trouvions intéressante l’idée de réunir différentes disciplines artistiques pour montrer comment elles peuvent influer l’une sur l’autre. Par exemple, la musique ne sera pas reçue de la méme façon si elle est mise en rapport avec la danse ou l’image cinématographique. On pourrait dire que le duo de saxophones reste le pilier du spectacle, mais qu’il prend un éclairage dffférent chaque soir. Tout dépend du rapport qui s’installera avec les autres. L’improvisation, qu’elle soit musicale ou multimédia, reste un art de la conversation, Chacun doit être à l’écoute des autres et ne pas avoir d’idées préconçues. Sinon, on prend le champ dès le départ.»

    On peut faire confiance à Hétu et Derome, férus de musique improvisée depuis plus de vingt ans, pour bien s’entourer et s’organiser pour se faire entendre. A preuve, cette série de concerts est le prélude à la sortie d’un album, et le premier de trois événements qu’organisent cette année Les Productions Super Mémé, la boïte qui met en scène les musiques audacieuses à Montréal.

    On peut faire confiance à Hétu et Derome, férus de musique improvisée depuis plus de vingt ans, pour bien s’entourer et s’organiser pour se faire entendre.

    Ayaya Moses in Everybody’s News (Cincinnati)

    “Disc Review”, Chris Corner, Everybody’s News (Cincinnati), no. 494, March 6, 1998
    Friday, March 6, 1998 Press

    This is simply amazing. A bit of novelty, perhaps, with a quartet of electric guitars playing some serious-type chamber music of a rock-style ensemble. I’ll bet the Fred Frith Guitar Quartet is great live—these guys are four of the most outside electric guitar players this side of Sonic Youth, all playing at the same time, sometimes scraping the strings with rocks, whatever, just goin’ to town on 24 strings. Sometimes cacophonous, sometimes brilliantly melodic, this is serious “art” music designed for listening. Sometimes you can party to this record, cuz they jam, too. I don’t know where the compositional process ends and the improvisational parts begin, and that makes the FFGQ listening experience all the more fun. The compositions are credited to all the members of the ensemble, not just to Mr. Frith. René Lussier, Nick Didkovsky, Mark Stewart round out the quartet that dables in rock, jazz and avant garde noise. Some call this kind of music “deconstruction”, but I don’t. The compositions are complex and the melodic material can be difficult.

    Some of the most compelling music comes out of quartet settings. Bartok. The Beatles. Four Hand Grenades. If you like your music jittery, academically respectable and action-packed with a cartoon-esque appeal, you’ll dig the FFGQ. Sometimes they take you to the rings of Saturn as well. You’ll have to special order the CD from your local record store, though. Its an import from Canada, eh? So here’s the dope hoser.

    This is simply amazing.

    Les clarinettes ont-elles un escalier de secours? in The Globe and Mail

    “Review”, Mark Miller, The Globe and Mail, March 5, 1998
    Thursday, March 5, 1998 Press

    If John Zorn plays off two traditions on Het, then the Montréal clarinetist Robert Marcel Lepage takes on a dozell or so with Les clarinettes ont-telles un escalier de secours?. (En anglais: Do clarinets have a ladder of escape?) It’s quite brilliant in a whimsical sort of way. But the humour here, both in the music and in tho wonderful cartoons that Lepage has drawn for his insert notes, belies the gentle desperation of his larger plaint: Whal does one do with this curious instrument in ]998? Lepage reviews the possibilities, applying his clarinet(s) to familiar rock, R & B and classical settings as well as a variety of ethnic song and dance forms. Some of the titles of his tunes tell the story: Mustang Dimitri, Zorbanlieu, Tintin au Rajasthan and Sahararinette. Wisely, he does not belabour these odd notions; the 22 tracks, some less than a minute in length, draw to a close well before their cleverness turns against them. And quite apart from the issues that they raise about the clarinet, they put Lepage himself on very impressive display. Among Canadian clarinetists, Vancouver’s François Houle gets all the press these days, but Lepage is equally worthy of notice. Indeed, he goes Houle one better this time, demonstrating how well the clarinet can be played with tongue planted firmly in cheek.

    … it’s quite brillant in a whimsical sort of way…

    La plante humaine in Zona Tóxica

    “Discos”, Toño Sánchez Uribe, Zona Tóxica, no. 3, March 1, 1998
    Sunday, March 1, 1998 Press

    Otro cd que captará tu atención. En él Lepage presenta el Soundtrack del filme de animación: La plante humaine del realizador Pierre Hébert. Paquete sonoro de ritmos que atraviesan rutas que van desde el jazz, hard rock, ritmos modernos y percusiones africanas que podriamos clasificar (dado el tratamiento musical de Lepage), como una ópera contemporanea.

    Le temps des bombes, André Duchesne in Revue & Corrigée

    “Critique”, Paul-Yves Bourand, Revue & Corrigée, no. 35, March 1, 1998
    Sunday, March 1, 1998 Press

    Originellement paru en 1984, ce disque, dont la réédition est plutôt bienvenue pour remplacer les vinyles rendus transparents à force d’usure, permet de retrouver avec plaisir le jongleur Duchesne et ses fertiles chassés-croisés poétiques.

    Tout au long des huit plages (dont quatre proviennent de la bande sonore d’un film de Jean et Serge Gagné, consacré à van Gogh), les alternances d’humour et de gravité conservent toujours le ton juste.

    Colossales ripailles gargantuesques La dictature dure, résistance à l’arbitraire Case Ta Case, souvenirs d’enfance heureuse d’avant l’ère nucléaire, Le Temps Des Bombes. menées d’un marginal «camélidophile», jouxtent des Corbeaux Noirs où la prose emportée d’Antonin Artaud cisaille les toiles de Vincent v. Partout un cœur gros comme ça. avec des tripes à la mesure, fait vibrer cet assortiment de chansons et compositions patiemment rodées ou Limées avant d’être couchées sur la bande magnétique.

    Le personnel recruté pour une bonne part dans les caves du Conventum (Pierre Cartier, Bernard Cormier, Jean Derome, Michel Dupire, Jean Coriveau et un René Lussier particulièrement prolixe) s’attache autours d’arrangements somptueux qui combinent instruments acoustiques (violon, clarinette basse, contrebasse et percussions) et électriques (casio, guitares; comme s’il en pleuvait pour les secondes).

    Un album de couleurs donc qui, 13 ou 14 ans après, est toujours aussi empli de vitalité. Foulquier, ie pape de la chanson dite française, va s’en retourner dans sa tombe. Laissons le donc à ses insomnies.

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