Skip to main content
actuellecd

Blog

100 results
  • 9
  • 10
  • 11
  • 12
  • 13
  • 14
  • 15
  • 16
  • 17
  • Jean Derome in La Presse

    “Bar Kokhba triomphe”, Alain Brunet, La Presse, April 23, 1998
    Thursday, April 23, 1998 Press

    Sur papier, Bar Kokhba était le plat de résistance du 18e FIMAV. La prédiction s’est avérée juste. Une foule vibrante et considérable venue à la renconire du plus influent des compositeurs de la musique actuelle un alignement d’étoiles au servicé du Ieader, une livraison aussi virtuose qu’intense.

    Présenté hier après-midi au Colisé des Bois-Francs, ce fin mélange de musiques traditionnelles juives, de patrons rythmiques latins, de jazz manouche ou même de surf rock (mais si!) est en quelque sorte le volet «musique de chambre» de l’univers John Zorn. À trois reprises au Québec, le musicien avait livré la version jazz de cette approche ouvertement sémite (Masada) il nous fallait Bar Kokhba pour compléter le portrait.

    Installé à,notre droite, encore affublé de sa tenue de combat, John Zorn ne jouait pis de sax -ce qu’il a fait plus lard dans la soirée avec les compères Laswell, Lombardo et Frith.Dans le cadre de Bar Kokhba, il se contentait de diriger balancait les consignes orchestrales, ordonnait les solos ici et maintenait. En-cela, sa direction différait fondamentalement de celles auxquelles sont habitués les mélomanes de musique classique.

    Au plan collectif comme au plan individuel, les consignes élaient parfaitement saisies, magnifiquement exécutées. On aura eu droit à de fabuleux échanges entre les cordes acoustiques (le violoniste Mark Feldman, le violoncelliste; Erik Friedlander, le contrebassisie Greg Cohell), à de surprenantes tirades du guitariste Marc Ribot, au merveilleux soutien rythmiquc du batteur Joey Baron ainsi que du percussionniste Cyro Baptista.

    On ne dira pas autant de bien du «plus gigantesque», des projets de Dave Douglas, pour reprendre le superlatif de Michel Levasseur, directeur artistique du FIMAV. Conçu pour neuf musiciens, Witness associait le talent de compositeur du fameux trompetiste à ses préoccupations sociales, notamment à l’histoire de plusieurs artistes victimes de répression politique aux quatre coins du monde. Noble projet, il va sans dire, mais…

    Au sortir de ce concert livré samedi soir au Colisée devant un auditoire enthousiaste d’entrée de jeu, gonflé à bloc par les récents disques de Dave Douglas (excellents pour la plupart), plusieurs mélomanes étaient restés sur leur appétit. Trop de mesures aléatoires, trop d’impros anguleuses, trop de bruitisme mal orienté, trop peu d’écriture serrée pour tant de virtuoses—Mark Feldman, Erik Friedlander, Chris Speed, etc. L’équilibre entre les structures et l’improvisation libre n’etait pas toujours évident, la cohésion ne semblail pas parfaite, on sentait le caractère inachevé de l’œuvre somme toute, pas du toul gigantesque. Dommage…

    Ce n’est pas la première fois, remarquez, que la direction artistique du FIMAV mise sur des projets d’envergure qui décoivent une fois concrétisés sur scène —rappelons entre autres le plus ou moins bide signé David Thomas, l’an dernier.

    L’improvisation, il ne faut jamais l’oublier, laisse planer le doute de rencontres avortées. Dimanche, Kim Gordon (membre de Sonic Youth et compagne de Thurston Moore), Ikue Mori, Jim O’Rourque et DJ Olive ont servi aux festivaliers une perfommance paresseuse, molle, vide de substance. Les mots psalmodiés indolemment par Mme Gordon se fondaient dans une épaisse sauce d’échantillonnages numériques, de textures acidulées et de rythmes quelconques. Mauvaise poutine, pour reprendre une image culinaire chère aux BoisFrancs.

    Heureusement, il arrive que des rencontres de musique improvisée s’avèrent parfaitement concluantes. Comme celle de samedi au Cinéma Laurier à notre droite, le Français Louis Sclavis, illustre clarinettiste, saxophoniste et compositeur reconnue sur toute l’Europe. A notre gauche, Jean Derome, flûtiste, saxophonisie et grand compositeur de musique actuelle, un des plus brillants au Québec. Lorsque deux compositeurs fournissent chacun un de Ieurs plus valeureux collaborateurs (le batteur Pierre Tanguay du côté de Derome, le contrebassiste Bruno Chevillon du côté de Sclavis), lorsque leur génie compositionnel les conduit à soumettre des thèmes d’envergure, lorsque quatre improvisateurs de premier plan affichent la grande forme et se montrent prêts à échanger virilemenl et transgresser leurs propres règles (distorsion de la contrebasse, notammenl), nous avons droit à un grand concert de musique actuelle.

    Quoi qu’en pensent Ies spécialisles de jazz contemporain pour la presse spécialisée, encore nombreux el vieillissant à Victo cette année (voire recluse dans ses chapelles), le méta-métal de Fantômas avait sa place au programme. Voilà qui ouvre les horizons des 950 metalheads qui out paquelé Ia place en toute connaissance de cause;c’est qu’ils ont manifesté une écoute attentive malgré le caractère expérimenlal du concept imaginé par Mike Patton. Pour l’ex-Faith No More, c’était la meilleure performance FIMAV, Ie dhapteur et ses collègues ont brillamment déconstruit, déchiqueté et reconstruit les clichés du métal… sans en perdre l’esprit. Les fans de métal semblaient s’y retrouver, manifestaienl un plaisir évident à se frotter à ctte avant-garde taillée à leur mesure.

    Parmi les autres faits saillants du 18e FIMAV, on retiendra la limpidité du message d’Otomo Yoshihide. Dimanche aprés-midi, on aurait pu rendre le même verdict qu’au sortir du concert de Poire_Z c’est-à-dire une superposition de sediments sonores, recherche de textures concues à partir de fûtés concepts cybernétiques, concept néanmoins vieillot.Il n’en fut rien.

    Pendant l’heure de celle véritable odyssée du calme, nous avons senti le Japon ancien, celui du présent et celui de l’avenir. Le sho (instrument à vent traditionel) se mêlait avantageusement aux fréquences et échantillons électroniques tricotés sur place. Même la guitare électrique sonnait comme un instrument ancien. On étail parti du point A pour aboutir au point B, reposé, ravi.

    Les clarinettes ont-elles un escalier de secours?, Robert Marcel Lepage in Ici Montréal

    “Compact”, Michael D Hogan, Ici Montréal, no. 1:25, April 16, 1998
    Thursday, April 16, 1998 Press

    Il a joué pour le cinéma, pour la danse, pour la radio, mais par dessus tout, il joue pour la clarinette. Sur les ailes de l’humour et en compagnie d’une vingtaine de collaborateurs issus de tous les horizons musicaux (a-t-on déjà vu réunis sur un même disque Rick Haworth et Martin Tétreault?), Lepage nous fait passer par tous les pays, tous les rythmes. On craque pour Rock around the cloche. Sa livraison la plus facile d’accès à ce jour.

    Sa livraison la plus facile d’accès à ce jour.

    3 musiques pour UBU in CFLX 95.5 FM

    “Délire actuel: Critique”, François Couture, CFLX 95.5 FM, April 14, 1998
    Tuesday, April 14, 1998 Press

    Jean Derome touche à tout. Des côtés vieux swing de son Je me souviens — Hommage à Georges Perec aux dissonances de Nous perçons les oreilles, Derome surprend souvent, tout en demeurant égal à lui-même. Son amour de la musique n’a d’égal que celui qu’il entretient aussi pour la littérature et le théâtre. De 1990 à 1992, il réunissait tout cela en tâtant surtout de la musique de scène. 3 musiques pour UBU est un album double qui regroupe trois œuvres écrites pendant cette période pour le Théâtre UBU de Denis Marleau.

    Le premier disque présente Cantate Grise (50 minutes). Cette musique est inspirée de l’œuvre complète de Samuel Beckett et se veut un hommage à cet auteur. Pièce à l’écriture à la fois dépouillée et exubérante, réflétant bien le minimalisme parfois verbeux de Beckett (non, ce n’est pas contradictoire!), Cantate Grise est intimiste et introspective. On y trouve Jean Derome, bien sûr, mais aussi Allan Laforest (flûtes baroque et autres) Shannon Peet (basson), Chantal Rémillard (violon baroque et moderne), Alain Trudel (trombone, etc. ) et plusieurs voix. Il s’agit de l’œuvre de Derome se rapprochant le plus de la musique de chambre. Intéressant, bien que comprenant certaines longueurs.

    Le second disque contient deux œuvres d’environ 30 minutes chacune. On trouve d’abord Les UBS, une musique pour fanfare de 6 musiciens et choeur des comédiens. Il s’agit d’un clin d’œil à Alfred Jarry et à toute la pataphysique. Plusieurs textes de Jarry servent de canevas à des chansons fanfaronesques (à la fois fanfares et bouffonnes). Beaucoup plus légère que Cantate Grise, Les UBS décontenance par sa simplicité et son humour absurde. On y trouve Allan Laforest (flûtes), Carol Bergeron (percussions), Ivanhoe Jollicoeur (trompette et flugelhorn), Stéphane Jalbert (clarinettes), Jean-Denis Levasseur (clarinette, sax) et Jean Sabourin (sousaphone).

    La dernière pièce s’intitule Luna-Park et gravite autour des années d’ébullition sociale et artistique d’avant la révolution russe. Il s’agit de l’effort le plus intéressant de Derome dans le domaine de la musique de scène. Complexe, évocatrice, vibrante et nouvelle, la musique de Luna-Park met en scène pour la première fois le trio des Patenteux du Québec (Jean Derome, René Lussier et Pierre Tanguay sur différents instruments inventés et modifiés) auquel s’ajoutent Allan Laforest, Jean-Denis Levasseur, Jean Sabourin, Allyson Lyne (violon) et Pierre Olivier (synthétiseur). Une ode à l’invention et au renouveau, Luna-Park est le point d’intérêt principal de ce disque.

    En conclusion, il s’agit d’un disque qui plaira grandement aux amateurs de musique de scène et un bon complément à La Bête, l’effort précédent de Derome dans ce domaine. Néanmoins, 3 musiques pour UBU n’est pas un essentiel de la discographie de ce grand musicien. Plutôt un agréable complément.

    Bavards in Splendid E-Zine

    “Review”, Noah Wane, Splendid E-Zine, April 13, 1998
    Monday, April 13, 1998 Press

    I’ve been looking for a group like Klaxon Gueule for a long time. Melding the best elements of rock with the best elements of free jazz, this electric guitarist, electric bassist, drummer and alto sax man manage to create an aural cacophony not easily duplicated. Their music combines a brilliant sense of spontaneity with a deft mastery of formal balance. Motives are stated transformed and make cathartic reprises. Take the first track Petit d’homme, as a case in point. The essence of the piece is one interval, stated at the beginning, inverted and transposed and otherwise modified during the middle and returning in its original form at the end (formally a take on the head-solos-head routine that is fundamental in jazz). Klaxon Gueule is punk rock elevated to high art status, free jazz for the electronic era, noise rock imbued with greater structural sophistication. The music on Bavards clearly points to a future in which high-brow art finds itself revitalized by the youthful energy of pop culture — a future that I’d like to see realized.

    Klaxon Gueule is punk rock elevated to high art status.

    La Bête / The Beast Within in Splendid E-Zine

    “Review”, Noah Wane, Splendid E-Zine, March 23, 1998
    Monday, March 23, 1998 Press

    Listening to CDs that contain music written for dance productions always feels odd to me. I just can’t get escape the fact that I’m missing something by not seeing the choreography that is, by all counts, an integral part of the work of art. While I can’t seem to shake that feeling entirely with La bête, I am happy to report that I find the disembodied sonic elements of the work to be truly fascinating. The music is written for what amounts to a small chamber group heavily favoring percussive instruments (for obvious reasons). Throughout the score primal shouts and guttural cries punctuate a fragmented musical texture. Derome’s repetition of similar rhythmic/melodic fragments (Prologue, Carrousel and Adieu mon coeur, for example) reminds me at times of Glass’s later operatic work. Also, his use of tribal dance rhythms is compelling, especially when blended with non-tribal elements like the gypsy-ish folk tune in Les femmes enceintes. I found myself absolutely drawn into the music during serene moments like those of Duo des ventre/les archanges and Mourir. With La bête can guarantee an edifying musical experience to the courageous at heart.

    La bête can guarantee an edifying musical experience to the courageous at heart.

    Nous perçons les oreilles, Jean Derome, Joane Hétu, Nous perçons les oreilles in Le Devoir

    “La modernité n’est pas morte!”, François Tousignant, Le Devoir, March 19, 1998
    Thursday, March 19, 1998 Press

    Loin, loin, trés loin des hauts endroits où l’on étudie des choses qu’on aime limiter à un état cadavérique pour s’emparer d’elles comme objet loin. Loin, très loin de ceux qui savent, il existe un jardin enchanté et secret, pas toujours raffiné ou très beau, mais où la musique vit celui de ceux qui la font. En cet enclos particulier, des musiciens genéreux donnent réalité à cet art mystérieux qu’est la musique, offrent leur amour profond des idées neuves et du son.

    Le premier spectacle de Nous perçons les oreilles, sorte d’édition-festival de fin d’hiver des «actualistes» montréalais, s’est révélé un franc succès. Il est malaisé de tenter de rendre justice à ce qui s’est passé mardi soir, à la Maison de la culture Plateau Mont-Royal; tout au plus peut-on essayer d’en témoigner.

    La modernité revient!, enfin!, et de la plus belle manière. Loin des circuits savants (et fermés), l’héritage des Cage, Kagel, Berio reste bien vivant et fertile. Il fallait entendre la première «improvisation» de Jean Derome et Joane Hétu pour comprendre ce qu’est la musique vivante, celle qui s’imagine avec des petits riens, qu’on invente sans jamais l’apprendre parce qu’on l’a prise à bras-le-corps avec amour et passion.

    Sur le fil tenu de l’instant fugace qui jamais ne reviendra s’élève un torse magnifique qui tire tout son pouvoir expressif de ses fulgurances géniales et de ses faiblesses décevantes. Au crépuscule d’un art encroûté dans l’académie se dressent les turions d’une nouvelle forme provocante et revendicatrice par sa simple existence: jouer de la musique. Dans ces constructions sonores de Jean Derome résonne le plus bel écho soixante-huitard: l’imagination au pouvoir!

    Terrains et émotions vierges, voilà ce qu’on entend. Magie de la poésie et du sens renouvelés. Impossible d’analyser cela de l’épingler pour objet d’étude. Il faut y être, se soumettre à ses méandres, oser se tromper — ou triompher — en direct. Derome remporte la palme, dominant sa matière magistralement. Sa compagne reste plus en retrait. Elle essaie trop de le rejoindre plutôt que de se laisser aller.

    Au risque de passer pour snob, je trouve qu’il manque encore un peu de verni, voire de respect (Derome par moment, semble maladroit avec ce statut d’artiste qu’il invente — plus de fierté de votre part, s’il vous plait, vous y avez droit!) envers l’acte qui se pulvérise en son. La présence du magnifique texte de Sylvie Massicotte (efficacement lu par l’auteure) a prouvé que la prestation musicale doit aspirer à un «niveau» plus responsable, ce qui veut dire qui n’a plus honte d’être ce qu’il est. Derome et Hétu méritent mieux que ce qui leur est généralement reconnu, ne serait-ce que pour les vertiges du cœur qui, tout à coup, emplissent nos oreilles.

    Cette première soirée dialoguait avec le cinéma. L’idée est naïvement mignonne. MacLaren a déjà fait cent fois mieux et le processus est stérile. On sourit à la tentative, sans plus. Mercredi, nos acolytes se colletteront avec la danse puis, ce soir, entre eux. Ce dernier spectacle musique-musique sera repris vendredi à la Maison de la culture Villlerav/Saint-Michel/Parc-Extension. À prendre un risque, vous serez peut-étre déçu, mais vous serez peut-étre aussi complétement ébloui.

    … des musiciens genéreux donnent réalité à cet art mystérieux qu’est la musique, offrent leur amour profond des idées neuves et du son.
  • 9
  • 10
  • 11
  • 12
  • 13
  • 14
  • 15
  • 16
  • 17