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  • 10 compositions in Splendid E-Zine

    “Review”, Matt Pierce, Splendid E-Zine, June 24, 2004
    Thursday, June 24, 2004 Press

    The official history of jazz, with its New-Orleans-to-swing-to-bop-to-cool-to-fusion-to-free-to-?? continuum, reads like an evolutionary epic, and contemporary fans who like to think of jazz as a living, even controversial art form, rather than a chapter in a high school textbook on American history, might balk at the fact that this French-Canadian trio play swing, play notes, play songs, when that sort of thing went the way of the dinosaur after Ornette Coleman dropped Free Jazz way back in 1960. But on this bare-bones recording, Jean Derome (sax, flutes), Normand Guilbeault (bass) and Pierre Tanguay (drums) prove that a visit to a couple of old forms doesn’t have to rest on a bed of nostalgia, that walking bass and key changes don’t necessarily preclude freer sounds, and, most importantly, that good jazz is less a style than a spirit, a way of interacting and playing that swings, in the most liberal sense of the word.

    Marcher Sur Des Braises starts the album off with a spare shuffle from Tanguay and a little in-joke from Guilbeault, who plucks a rudimentary version of those three chords you can find in every Guide to Playing Rock Guitar under “Blues Chug” or some such heading, as if to say, “Rock can get away with the same thing decade after decade, so why can’t we?” Derome follows up with a low, crystal-clear theme straight from the Coltrane songbook, and when Guilbeault walks away from his blues progression into higher registers, Derome follows with a minimal but hard-hitting solo that touches a few blue notes in between its more refined runs. Both Vérone and Pangolin keep up this hard-boiled, hard-thinking approach to swing, the first with dark and gorgeous open chords from Guilbeault, unassuming melodicism from Derome and a punchy beat with a generous bass end from Tanguay, and the second with Tanguay’s slow and spacious drum work and Derome’s slinky turn on baritone sax, which erupts into a few Dolphy-like squeals near the end of the track. When the trio decide to take on worlds outside the explicit parameters of swing, they take their focus with them and make every exploratory minute worth the trip: refer to the loosely-bound mini-epic L’Africaine, on which Derome takes off for high-altitude abstractions, and Fluide, an exercise in classical serialism.

    In spite of their straight-up beat, rockish bass touches and moments of clear melody, this trio plays anything but NPR jazz. Their approach is hard-hitting and well-versed in the sort of rebellious, free-thinking spirit that infects all types of jazz. As a result, 10 Compositions is an intense success.

    … hard-hitting and well-versed in the sort of rebellious, free-thinking spirit that infects all types of jazz.

    10 compositions in Mouton Noir

    “Le Noir compact”, Éric Normand, Mouton Noir, June 1, 2004
    Tuesday, June 1, 2004 Press

    Jean Derome et Pierre Tanguay sont des collaborateurs de longue date. Musiciens polyvalents, ils ont touché à tous les styles, mais leurs principaux faits discographiques, les plus personnels du moins, documentent l’aspect le plus radical de leur démarche.

    Pourtant, leur amour du jazz ne se dément pas. Avec Normand Guilbeault à la basse, les deux musiciens étiquetés «actualistes» forment un trio culte du jazz à Montréal, avec raison. Guilbeault est plus facilement associé à la scène jazz, bien qu’il aime faire des détours par d’autres musiques, traditionnelles ou actuelles, ou accompagner le chanteur Richard Desjardins.

    10 compositions de Jean Derome, réunit des pièces que le trio a progressivement intégrces à son répertoire constitué aussi de morceaux d’Ellington, de Mingus, comme de Lee Konitz. Ludique et enjouée, cette musique se laisse d’abord entendre comme un jazz plus conventionnel, mais dangereusement imprégné de l’esprit tordu de ses créateurs. Sobre, mais généreux, le trio nous entraîne dans les contrées du swing, là où le plaisir est contagieux. Les trois instrumentistes font encore une fois preuve de leur grande subtilité, se jouant sans cesse des dynamiques et des timbres dans la prétendue linéarité du jazz qui coule légèrement. Derome, en avant, est irréprochable; jouant sax baryton et flûte, c’est à l’alto qu’il se montre le plus convaincant. Son jeu, à la fois sensible et calculé, mesure l’excès et dose ses effets comme jamais, évoquant tantôt Sonny Rollins par son emphase rythmique, tantôt Ornette ou Dolphy, mais conservant avant tout ses caractéristiques propres. Sachant contrôler parfaitement les inflexions de son instrument sans jamais chercher à en mettre plein la vue, Derome est fascinant, drôle et touchant tout au long de l’enregistrement. Derrière ce souffle de fraîcheur, la batterie de Tanguay, comme toujours, répand la joie et la liberté avec une désinvolture et une musicalité unique pendant que Guilbeault tient la barre et parfume le tout d’une rondeur qui voudrait nous faire croire que tout arrive si facilement. Disque de maturité pour trois musiciens exceptionnels, 10 compositions est un grand disque de jazz. Tout sauf conventionnel, en fait.

    10 compositions in Zookeeper Online

    “Album review”
    Wednesday, May 19, 2004 Press

    A wonderfully twisted straight-ahead jazz album from this Montréal trio. Derome’s compositions, while certainly acknowledging the jazz tradition, aren’t necessarily beholden to it. Combining a smoky late night swing with modern Euro-jazz and a little bit of improv, this disc is perfectly accessible without the usual retro-swing blandness.

    *1. Med straight swing

    2. Relaxed bluesy mood with double-time solos

    *3. Drifting free improv

    **4. Lumbering low-sax groove

    5. Faster floating swing

    *6. Flute-led quiet melody

    7. Med swing

    *8. Wandering, searching improv

    9. Lazy jazz-funk

    10. Mellow flute-led cocktail jazz

    Combining a smoky late night swing with modern Euro-jazz and a little bit of improv, this disc is perfectly accessible without the usual retro-swing blandness.

    10 compositions in Le Devoir

    “Le jazz des alchimistes”, Serge Truffaut, Le Devoir, May 1, 2004
    Saturday, May 1, 2004 Press

    C’est fait. Le trio formé du saxophoniste Jean Derome, du contrebassiste Normand Guilbeault et du batteur Pierre Tanguay propose depuis peu un premier album. Il n’a pas été baptisé d’un nom propre ou singulier, si ce n’est que sur la pochette on a précisé que le programme est constitué de dix compositions originales de Derome. Il s’agit donc d’un disque éponyme, comme on dit en langue pointue. L’étiquette? Ambiances magnétiques

    Les faits, si l’on peut dire, sont exposés. Il reste, c’est ce que l’on espère, à convaincre. À vous convaincre. De quoi? Que ce groupe n’est pas un autre groupe mais bien un grand groupe. Un de ceux qui se détachent du lot. C’est ainsi parce que le trio Derome-Guilbeault-Tanguay…

    Il était une fois un saxophoniste d’origine texane que sa maman avait prénommé Ornette. Le papa se nommait, chacun l’aura deviné, Coleman. C’est lui, Ornette Coleman, qui instilla dans le jazz des notes déstabilisantes. À cette époque, celle du début des années 60, l’air du temps se conjuguait avec les manifestes.

    Certains étaient en phase avec l’ébullition politique du temps. Il y eut la Freedom Suite de Sonny Rollins, les Fables Of Faubus de Charles Mingus, le We Insist, Freedom Now de Max Roach. D’autres avaient une tonalité plutôt religieuse. On pense au Love Supreme de John Coltrane. Et puis, il y avait les libertins. Coleman était de cette eau. Surtout le Coleman qui formait un trio avec David Izenzon à la contrebasse et Charles Moffett à la batterie.

    Avec ces derniers, Coleman a ouvert l’horizon du jazz aux musiques actuelles ou nouvelles. On ne sait trop comment dire. Toujours est-il qu’avec cet orchestre, Coleman se posa, en quelque sorte, en un affranchi du jazz. Il l’a pelé comme on pèle une pêche pour mieux l’exposer à d’autres musiques et à de nouvelles interrogations. Bref, Coleman l’a acoquiné aux musiques dites actuelles.

    On raconte cela parce que c’est l’exact contraire que Derome et ses amis nous présentent aujourd’hui. Réputé pour sa mise en lumière des musiques actuelles davantage que pour sa fréquentation du jazz, Derome vient de suivre la route inverse de celle que Coleman creusa en son temps. Racontons un peu son histoire.

    Un moment important

    Jean Derome a donné son premier concert professionnel en 1971. «C’était avec Pierre St-Jak» (le pianiste). À l’époque, il était flûtiste. Dans la vingtaine d’années qui a suivi, Derome s’est frotté, de près, aux musiques actuelles. À l’improvisation, au décoiffage des poncifs. En 1984, il fait la rencontre de Pierre Tanguay. Ensemble, ils vont multiplier les collaborations. Puis…

    Puis au milieu des années 90, Guilbeault invite Derome à participer à son projet consacré aux compositions de Charles Mingus. «J’étais très content que Normand me demande cela. Ça m’a plongé davantage dans le jazz. Quand on joue cette musique, l’énergie finit toujours par émerger. Je ne sais pas exactement comment nous nous sommes retrouvés en trio, mais je me souviens que l’on s’est mis à jouer ensemble dans l’esthétique swing.»

    «Peu à peu, nous avons bâti plusieurs programmes. On a transcrit des compositions de Coleman Hawkins, Billy Strayhorn, Sonny Clark, Duke Ellington, Eric Dolphy, certaines de Roland Kirk. Depuis plusieurs années, nous sommes en mesure de consacrer des sets complets à ces auteurs. C’est assez vaste.»

    Ceux et celles qui ont assisté à certains de leurs shows connaissent leur maîtrise des sujets abordés. Mais on apprécie surtout cette manière bien à eux de se distinguer d’autrui lorsque autrui s’approprie Ellington ou Dolphy ou Clark. Leur manière? Elle est faite de ferveur. Les pièces de Strayhorn et des autres revues par ce trio ont ce quelque chose de… comment dire? Rafraîchissant! C’est toujours joyeux ou léger.

    Côté jazz, tout un chacun en conviendra, nos amis sont équipés. Et pas à peu près. Au milieu des uns et des autres, entre Dolphy et Hawkins, «mes pièces demandaient à vivre. Peut-être que… peut-être qu’il aurait été logique de faire un album sur les autres. Mais bon, il y avait ces pièces. Je crois que la genèse de ce disque est dans la musique que Mischka Saäl nous avait demandé de faire pour son film La Position de l’escargot.»

    «Pour cette fiction, explique Derome, je suis entré en studio sans avoir des idées bien arrêtées. On a employé la méthode adoptée par Miles Davis pour Ascenseur pour l’échafaud. Nous avons improvisé sur plans. Nous avons associé la musique éditoriale et la musique distanciée. Tout le reste de la musique était libre. Je crois que cette aventure constitue un moment important dans l’histoire du trio.»

    Et pour cause, puisque c’est lors de cet enregistrement que, à la maturité qu’oblige l’interprétation de compositions signées par les grands du jazz, s’est ajoutée celle qu’il faut pour jouer et ciseler les pièces de Derome. Ce qu’il y a de remarquable dans ce premier disque, c’est la fusion très prononcée des personnalités musicales qui forment ce trio. Celui-ci ne sonne pas comme l’addition de trois instrumentistes. Il a un son d’ensemble qui interdit toute quantification du travail respectif à chacun. Un son fluide, tout en légèreté.

    Sur les pièces de Derome, le trio et non chacun de ses membres se promène. Il s’arrête là pour mieux ausculter les propriétés sonores qui se présentent, ici pour mettre en relief certaines beautés. Tout cela tient de la magie. Remarquez qu’il ne pourrait pas en être autrement puisque Derome, Guilbeault et Tanguay sont des alchimistes.

    … Derome, Guilbeault et Tanguay sont des alchimistes.

    10 compositions in The Toronto Star

    “Review”, Geoff Chapman, The Toronto Star, April 22, 2004
    Thursday, April 22, 2004 Press

    Avant-garde players in Quebec have the knack of producing music to which everyone can relate, as opposed to the scratch-and-honk brigade so commun here and in Europe. Saxophonist Jean Derome, a veteran of a zillion experimental enterprises, alwals posseses a warm tone and pushes ideas that have irresistible momenturn- his key targets, he says, are swing, freedom and hapiness. This trio, with Normand Guilbeault and the drummer Pierre Tanguay, is a popular Montréal group and closely attuned to the swelling and subsiding in Derome’s original compositions that have notions that are hold and bringht and can move from calm to fullthrottle anguish in a trice, convoluted and churning and part of a sufficiency of fascinating mix-nd-match lines. The driving opener Marcher sur des braises and L’Africaine are especially good.

    Jean Derome, a veteran of a zillion experimental enterprises, alwals posseses a warm tone and pushes ideas that have irresistible momenturn- his key targets, he says, are swing, freedom and hapiness.

    10 compositions in La Scena Musicale

    “Critique”, Marc Chénard, La Scena Musicale, no. 9:7, April 1, 2004
    Thursday, April 1, 2004 Press

    Au fil des ans, messieurs Derome, Guilbeault et Tanguay se sont retrouvés sur scène à d’innombrables reprises et dans les contextes les plus divers. A trois, ils aimaient bien explorer la tradition du jazz en dépoussiérant certains vieux thèmes méconnus. Pour son premier disque, ce trio s’attaque a dix compositions du premier comparse. Laissant de côté ses concepts plus abstraits et ses bidules sonores, le saxophoniste et flûtiste Derome propose des lignes mélodiques bien fignolées; parfois bluesées et swingantes, parfois lyriques, parfois aspergées de subtiles touches de Monk ses pièces parviennent à dépasser le simple calque, atteignant même une signature personnelle, comme dans la sinueuse ligne de Fluide. Est-il besoin de le dire, la rythmique basse-batterie est irréprochable, Guilbeault assurant une assise de béton avec ses ostinatos harmoniques et pédales bourdonnantes, et Tanguay se promenant allégrement avec et autour des tempos battus. Inscrite dans le giron du post-bop, cette musique est aussi pimentée d’un tout petit brin de free jazz. Outre son fidèle saxo alto, Derome enfourche pour notre plus grand plaisir son gros baryton musclé sur deux numéros, et ses flûtes bien aiguisées sur deux autres (dont la basse sur le mystérieux Étymologie et sa flûte en do toute pimpante sur Michka). Si d’aventure vous avez des amis newyorkais, faites leur tourner ce disque sans qu’ils sachent ce qui en est: parions qu’ils n’y verront que du feu en pensant qu’il s’agit d’un ensemble de chez eux.

    Derome propose des lignes mélodiques bien fignolées; parfois bluesées et swingantes, parfois lyriques…
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