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  • Ayaya Moses dans Rubberneck

    «Review», Chris Blackford, Rubberneck, no 26, 1 décembre 1997
    lundi 1 décembre 1997 Presse

    Debut CD for this current line-up of Frith, René Lussier, Nick Didkovsky and Mark Stewart; compositions by members, plus adaptations of works by Claude Vivier and Olivia Bignardi. A repertoire showcasing the quartet’s adroit execution of sharply contrasting moods and dynamics. Strong soloistic flourishes with intricate four-part writing. The title-track by Lussier is a treat—delicate and aggressive by turns. Tops, though, is Freedom Is Your Friends II meditative enough to be called ‘sacred music’.

    The title-track by Lussier is a treat — delicate and aggressive by turns.

    La Bête / The Beast Within dans CFLX 95.5 FM

    «Délire actuel: Critique», François Couture, CFLX 95.5 FM, 17 novembre 1997
    lundi 17 novembre 1997 Presse

    Jean Derome a-t-il encore besoin d’une présentation? Membre fondateur et pilier d’Ambiances magnétiques, il est musicalement actif de façon inlassable depuis près de vingt ans. Impliqué dans quantités de projets, on le connait surtout pour sa participation au duo Les Granules avec René Lussier et pour son groupe Jean Derome et ses Dangereux Zhoms. Mais que ce soit avec les Granules, les Zhoms ou seul, Jean Derome nous a habitué à une musique complexe, spontanée et iconoclaste, où l’humour est presque partout présent.

    Et c’est ce qui frappe à la première écoute de La Bête. L’absence flagrante du piquant deromesque. La Bête est une musique sérieuse.

    La musique de La Bête a été écrite pour accompagner la chorégraphie du même titre de Ginette Laurin et interprétée par la troupe de danse O Vertigo. En fait, seules trois des seize pièces de l’album ne font pas partie du spectacle. Le sujet et le format imposaient une atmosphère plus sombre. Nous trouvons donc Derome dans un nouvel environnement.

    Ce qui n’est pas dire que l’album est mauvais. Loin de là. Il s’agit de s’y faire. Jean Derome (flûtes, voix, appeaux, claviers, programmation, bouteilles, saxophones, percussions) est entouré sur ce disque par ces acolytes habituels d’Ambiances magnétiques: Joane Hétu (voix), Pierre Tanguay (percussions, batterie, voix, bouteilles), Diane Labrosse (accordéon, échantillonneur), René Lussier (guitare-papier), Ivanhoe Jolicoeur (trompette, flugelhorn), Tom Walsh (trombone, rasoir), Robert Ellis (trombone basse, tuba) et Bernard Buisson (piano).

    L’atmosphère du disque est sombre et quelque peu torturée. La musique est sérieuse, émotive, une bonne partie est tonale. Certaines incursions de Joane Hétu viennent déstabiliser l’édifice, y apporter une note (un cri) discordante et bienvenue. Mais si l’ensemble apparaît d’abord peut-être un peu trop «accessible», on se surprend à plonger dans l’univers de La Bête et d’en sortir les oreilles satisfaites.

    La Bête ne deviendra pas un classique de Jean Derome et ceux qui l’ont connu avec l’Hommage à Perec risquent d’être déçus. Par contre, les amateurs de musique scénique se délecteront. Reste à voir le résultat sur scène. O Vertigo sera de passage au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke en février 1998 pour présenter La Bête.

    … on se surprend à plonger dans l’univers de La Bête et d’en sortir les oreilles satisfaites.

    Bavards dans Le Devoir

    «Nos choix», Louise Leduc, Le Devoir, 12 novembre 1997
    mercredi 12 novembre 1997 Presse

    Rendez-vous à la grotte… Plutôt au théâtre de la Chapelle, où le compositeur et percussionniste Michel F Côté fera revivre, dans un décor «préhistorique», la musique des hommes des cavernes avec des moyens d’aujourd’hui. Sans doute nos ancêtres se seraient-ils posé beaucoup de questions à la vue des guitares et basses électriques. Ces instruments n’ont au contraire aucun secret pour les musiciens des groupes Bruire et Klaxon Gueule.

    Le retour des Granules, Jean Derome, Les Granules, René Lussier dans La Presse

    «Les granules de Lussier et Derome», Alain Brunet, La Presse, 8 novembre 1997
    samedi 8 novembre 1997 Presse

    On les voit partout. Sur les petites scènes des musiques insituabies, Derome et Lussier sont omniprésents par les temps qui courent. La communauté des improvisaleurs-compositeurs iconoclastes est pourtant restreinte à Montréal, mais elle lance pourtant disque par dessus disque, elle s’immisce progressivement sur la scène internationale. offrant un produit vraisemblablement concurrentiel a toute tentative nord-americaine ou européenne du méme genre. Le dernier chapitre? Le retour des Granules!

    À l’intérieur de la pochette de ce douzieme produit Ambiiances Magnétiques (en moins de quatre ans; voilà ce qu’on appelle un label indépendant tout à fait dynamique!), il y a un texte qui décortique avec talent les proprietés du sable (signé Jacques Brosse. tiré de son livre intitule L’ordre des-choses). Le sable. pour faire le lien avec le concept de granules, les granules pour parler de ces petites particules qui s’immiscent dans la grande mécanique, la grande mécanique pour parler evidemment de l’ordre en place dans le monde musical.

    Bienfaisantes ou malfaisantes granules? À vous de choisir. Le lien devient évident: peu de moyens pour bousculer l’ordre sonore, mais quelques granules qui foutent le bordel dans le conformisme musical. Derome et Lussier y chantent même des textes qui font état de leurs visions du monde. Visions pour le moins critiques, qui ramènent la perspective d’un chant engagé. Démodé? Alors U2 est démode, Springsteen, Sting, Anne Clark, Rivard le sont aussi.

    Au lancement du disque mardi dernier, j’ai pu voir un échantillon significatif de ce que Derome et Lussier peuvent faire valoir en direct. en temps reel. Percussions et guitare pour Lussier, saxophone, flûte et claviers pour Derome, chant et multiples cossins supplémentaires pour les deux. Des multi-instrumentistes qui reproduisent une bonne portion de ce qu’on peut entendre sur disque.

    Surprenant. car Le retour des granules est foncièrement un travail de studio, où les pistes d’instruments se superposent intelligemment. Un disque où la recherche des rythmes, des textures et des orchestrations s’avère tres dense. Pour le moins unique. Les cris se mélent aux lampées d’instruments à vent des synthés et de la guitare. Les montages électroacoustiques surgissent, virevoltent au gré de textes parfois ironiques. parfois corrosifs.

    «Le problème qui se pose. c’est de jouer en temps réel ce qu’on a révé en studio. On se ramasse les deux dans le local et on essaie de reconstituer ce qu’on a réalisé en 24 pistes», de souligner Jean Derome, pour qui ce travail devient celui d’hommes-orchestres. Et René Lussier de renchérir: «On est des hommes-orchestres qui ne fonctionnent pas foncièrement par les mémoires de l’instrumentation électronique mais bien à la mitaine. C’est plus mécanique que synthètique». «Pour reproduire vraiment le disque sur scène, ça prendrait 15 musiciens, 4 flûtes, 5 saxes, etc. Mais la somme d’énergie que ça represente pour le peu de diffusion et le peu de possibilités de jouer dans ce cadre, c’est infaisable pour le moment. Ce que certains musiciens plus connus peuvent faire, on ne peut encore le faire, car notre marché n’est pas encore suffisamment développé», rajoute Derome, qui aimerait évidemment se permettre les possibilités du faste orchestral. Mais le concept d’un duo carrément orchestral, compact, serré, semble aussi seduisant.

    Voilà donc le volume 2 de cette collaboration des plus fructueuses, dont le premier volet est paru l’an dernier, intitulé Soyez vigilants, restez vivants. Voilà d’excellentes Granules, mon disque favori sur Ambiances magnétiques.

    Ayaya Moses dans Option

    «Review», Michael Davis, Option, no 77, 1 novembre 1997
    samedi 1 novembre 1997 Presse

    This is a period of high visibility for certain veteran British guitarists. Derek Bailey is all over the place, with recent coliaborations on a number of improvisationally oriented labels, and now Frith returns with this magnificent piece of work. He formed the quartet back in 1990 with René Lussier, Mark Stewart and Dr. Nerve’s Nick Didkovsky, but I guess everyone involved has been too busy to get an album out before now. From the first riff, which suggests Philip Glass caught in a revolving door, to the concluding Uruk’s Tablets, their guitars offer arpeggios, shimmering chords, feedback and percussive sounds, stretching the boundaries of the instrument. Everyone contributes material and nobody lets their own stylistic devices get in the way. I can’t imagine a better turn-of-the-century electric guitar record but I suppose it’s possible that Frith & Co. could outdo themselves before 1999.

    volume 2: Hourra pour la bastringue, Les fleurs du tapis, Je me souviens — Hommage à Georges Perec; Tu r’luttes, Le temps des bombes, Ayaya Moses, Ambiances Magnétiques dans SOCAN — Paroles & Musique

    «Critique», Jean-François Denis, SOCAN — Paroles & Musique, no 4:9, 1 octobre 1997
    mercredi 1 octobre 1997 Presse

    L’étiquette Ambiances Magnétiques propose trois nouveaux disques, chacun ayant une approche distincte et étant d’inspiration diverse.

    Ayaya Moses du Fred Frith Guitar Quartet est électrique et éclectique. La guitare y est contrastée, combinant puissance, masse sonore, distorsion, douceur, sons fragiles et ténus. Les pièces de l’Italienne Bignardi, de Claude Vivier et des membres du quatuor, seul et en formation, offrent une vaste palette d’expression. L’oreille s’ouvre et écoute un peu plus loin.

    Je me souviens, de Jean Derome comporte deux œuvres pour grand ensemble. La pièce principale du disque, Je me souviens, un hommage à l’écrivain Georges Perec, est une mise en musique d’un livre de Perec. Ici, on a affaire à 26 courts pastiches de musiques populaires, musiques de danse et de jazz écoutées dans la France des années 60, le tout interprété avec force et délicatesses par le groupe Les Dangereux Zhoms. Les pièces sont enfilés par les propos des musiciens en studio, enregistrées avant et après les prises, donnant un corps unifié au tout.

    Les fleurs du tapis, de L’ensemble Pierre Cartier, regroupe huit pièces de musique de jazz. D’écriture somme toute conventionnelle, ces musiques témoignent d’une grande maîtrise tant qu’à l’orchestration.

    Par ailleurs, Ambiances Magnétiques lançait récemment une deuxième compilation, Hourra pour la bastringue, regroupant des pièces de ses artistes, et une réédition du disque Le temps des bombes d’André Duchesne.

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