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  • Lézardes et zébrures dans Voir

    «Critique», Réjean Beaucage, Voir, 18 avril 2018
    mercredi 18 avril 2018 Presse

    Le musicien Bernard Falaise a joué depuis un quart de siècle avec tout ce que notre scène de musiques nouvelles compte de mieux et c’est un collaborateur tellement recherché que l’on se demande un peu comment il fait pour s’y retrouver. Le voici fin seul, une nouvelle (rare) fois, avec l’envie de faire des musiques vaguement méditatives et la possibilité, grâce à la magie du studio, de se multiplier pour colorer le son de ses guitares d’un brin de mélodica, d’un chouïa de glockenspiel et d’une touche d’électronique. L’homme est un grand guitariste (il ne joue pas avec tout le monde pour rien), mais ici, pas d’explosions de virtuosité, on est plutôt dans l’atmosphérique et le plaisir du son. Et de ce côté-là, c’est une grande réussite.

    … c’est une grande réussite.

    Torche! dans Revue & Corrigée

    «Chronique», Claude Colpaert, Revue & Corrigée, 1 avril 2018
    dimanche 1 avril 2018 Presse

    Stridences enfin (mais pas que) chez les partenaires d’une belle rencontre entre le Français Xavier Charles (clarinette), l’Autrichien Franz Hautzinger (trompette) et les Canadiens Philippe Lauzier (clarinette basse), Michel F Côté (batterie) et Éric Normand (basse électrique et caisse claire). Enregistré en concert dans le cadre du Festival des musiques de création de Jonquière (Canada), les huit plages de Torche! portent bien leur nom: captivants départs de feu, craquements toniques et belles incandescences, voilà de quoi devenir pyromane!

    … captivants départs de feu, craquements toniques et belles incandescences, voilà de quoi devenir pyromane!

    The Space Between Us dans Free Jazz Blog

    «Review», Stef, Free Jazz Blog, 1 avril 2018
    dimanche 1 avril 2018 Presse

    Sometimes we may move towards the fringes of jazz or free improv. This beautiful album is more avant-garde classical, yet nevertheless of posssible interest to the readers of this blog. The musicians are Ida Toninato on baritone sax, hailing from Strasbourg in France, and Jennifer Thiessen, playing viola d’amore, and hailing from Manitoba in Canada.

    Thiessen is very active in modern classical music and in baroque music with the ensemble Cénacle, she even if she took some steps into pop music with her band Daily Alice.

    Toninato comes from a more experimental background, exploring reverberant spaces with uncommon acoustics, with her solo debut album Strangeness Is Gratitude as a wonderful example of that approach. She also works with Ana Dall’Ara-Majek as Jane/KIN, creating performances that mix spatialisation and improvisation.

    Their music is spacious, calm, intense, slowly and cautiously progressing, creating timbres and resonance and pursuing them further as they grow and change. In contrast to even modern classical music, there are no obvious patterns or melodies to discern, but a drone-like shimmering of solemn sounds that explore each other around a space of silence. Despite their differences in background and perspective, both musicians find each other perfectly in the deep and central register of their instruments, which are almost always played with a gentle traditional approach.

    On the last track Toninato adds some wordless singing and even if I usually hate this, somehow it works here.

    It’s great to hear two young musicians perform in a duo with unusual instruments and coming from different perspectives and continents, and find such a strong common ground and sound. The whole album is solid and with a clear central vision on their music: coherent, beautifully performed and with a unique sound. They find each other in the space between them, and they delight us. What more do you want? ★★★★

    The whole album is solid and with a clear central vision on their music: coherent, beautifully performed and with a unique sound.
    ★★★★

    Résistances dans Musicworks

    «Review», Lawrence Joseph, Musicworks, no 130, 21 mars 2018
    mercredi 21 mars 2018 Presse

    While his previous conceptual works, like Canot Camping, conjured paddling through streams, Jean Derome considers waves and currents of a different kind on Résistances — a paean to the hum, crackle, and fizz of electricity. After receiving its premiere at the 2015 Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville, this work was recorded at the rehearsals and second concert performance at the Gesù Amphitheatre in Montréal in March 2017.

    While the technical world of circuits may seem distant from the experience of communing with nature on a camping trip, both works share Derome’s primary modus operandi: find a topic, research its details and how to represent them through sound, invite a diverse group of top musicians to participate, and alternate composed sections with directed improvisation through the use of over 140 hand signals developed and refined over decades of experience.

    A group of twenty veterans and relative newcomers to Montréal’s musique actuelle scene contribute to this sixteen-part hour-long work. The musicians play roughly equal numbers of electric and acoustic instruments, including various synthesizers, turntables, electric guitars, and basses, along with woodwinds, horns, strings, and drums. A group sound dominates throughout, and very little soloing. The instruments fuse well, with more textural similarity than one might expect from such a diverse lineup, the acoustic instruments’ extended techniques merging seamlessly with the electronics. Résistances flows through sections that range from minimalistic drones featuring 60 Hz buzzing to swinging big-band movements that positively surge with energy.

    Résistances flows through sections that range from minimalistic drones featuring 60 Hz buzzing to swinging big-band movements that positively surge with energy.

    Multi.Cosmes dans Mes enceintes font défaut

    «Critique», William Paulhus, Mes enceintes font défaut, 19 mars 2018
    lundi 19 mars 2018 Presse

    Qu’est-ce que vaut la vie si elle est vécue sans faire face au moindre défi? À mon avis, les zones de confort sont faites pour être transgressées, surtout au niveau artistique. Cette nouvelle chronique sur la scène montréalaise se veut l’un des plus grands travaux d’analyse que j’ai eu à effectuer pour le site jusqu’à présent. L’Ensemble ILÉA (Improvisation Libre Électro-Acoustique) nous présentait en février dernier son plus récent album intitulé Multi.Cosmes, une véritable mine d’or qui n’attend que de se faire exploiter par vos oreilles assoiffées de nouvelles sonorités.

    Si le terme électroacoustique ne vous est pas familier, il est important de diriger vos attentes dans la bonne direction. Oubliez vos habituels repères, mettez de côté les structures traditionnelles, vous voilà plutôt dans un riche univers parsemé de surprises et de dérives musicales alléchantes. Il est impossible de prédire ou d’anticiper le résultat avec une telle brochette de musicien·ne·s, cette troupe regroupant une douzaine de membres regorge de talent. Les plus assidus en matière de musique électronique expérimentale reconnaitront peut-être quelques noms comme Alexis Langevin-Tétrault et Pierre-Luc Lecours qui font partie du projet QUADr ou encore Charlotte Layec qui a participé à la dernière édition du festival Mutek Montréal en compagnie de ce dernier sous le nom d’Imaginary Landscape.

    Avec un alignement aussi nombreux et impressionnant, il pourrait être facile de s’égarer dans une totale discorde musicale. Heureusement, ce n’est absolument pas le cas puisque la cohésion entre tous les participant·e·s du projet est frappante, chaque artiste parvient à se démarquer à un moment où un autre de cet imposant album. Que ce soit par la finesse déroutante de la harpiste Alexandra Tibbitts dans Eclipse.Extinction, par les percussions stupéfiantes de Simon Aliotti dans Noise.Counterpoint ou encore les diverses fresques électroniques forgeant les balises de Multi.Cosmes, l’ensemble dirigé par Kevin Gironnay demeure toujours très pertinent et déstabilisant. Cette sublime complexité est directement responsable de mes nombreuses tentatives d’écoute échouées avant de réellement saisir ce que ce projet avait à transmettre. Dans cette époque de consommation musicale rapide et non attentive, j’ai vite réalisé que cette création ne pouvait pas s’apprécier à sa juste valeur en effectuant une tâche simultanée.

    Ce n’est qu’une fois étendu dans mon lit avec mon casque d’écoute lors de ma quatrième tentative que j’ai véritablement eu le déclic. À trop vouloir décortiquer un album, il est possible de s’égarer de la raison principale de notre démarche, se laisser porter par la musique et par la beauté des sons. J’irais même jusqu’à dire que Multi.Cosmes ne s’analyse tout simplement pas, en réalité, c’est plutôt la situation inverse. J’ai alors laissé les cinq titres me transporter dans mes pensées telle une rencontre chez le psy. La richesse de ces compositions a décidément le potentiel de vous guider très loin dans votre subconscient, il y a quelque chose de libérateur qui colle à ce que fait l’Ensemble ILÉA. Est-ce que c’est le genre d’expérience que nous avons envie de vivre sur une base quotidienne, peut-être pas, mais il est impossible de rester de glace face à une aventure sonore de cette envergure lorsque les conditions d’écoute sont propices. C’est une œuvre à réécouter à maintes reprises lorsque vous avez envie de disparaitre pendant une heure, car la surdose d’informations sonores saura toujours vous diriger dans une direction différente et vous faire le plus grand bien.

    … une véritable mine d’or qui n’attend que de se faire exploiter par vos oreilles assoiffées de nouvelles sonorités.
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