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  • Aldo Clementi: Momento dans Musicworks

    «Recording», Nick Storring, Musicworks, 21 juin 2016
    mardi 21 juin 2016 Presse

    The press release for Quatuor Bozzini’s new Aldo Clementi portrait disc alludes, in the form of a quote from the composer, to a peculiar sort of metamusical morbidity that was allegedly integral to his thinking. While his eldritch outlook is documented elsewhere as well, what is transmitted more clearly through this typically lucid Bozzini recording is an eccentric vitality.

    Contextualizing Clementi amidst other parallel composers is no simple task. A common trait of many twentieth-century works is that the music itself, by virtue of its compositional language, tends to instruct its audience in how to listen to it. Clementi’s music, on the other hand seems reticent to guide listeners toward its particular features — even its own flatness of perspective. It neither bombards the listener with stimuli, nor is precious about detail; yet all the while it’s exceedingly subtle and frequently rife with ideas. Its harmonic world is often tight and chromatic, but it’s devoid of the expressionist narrative gravity that suffused the work of many of Clementi’s contemporaries.

    Reticolo (1968) offers different strata of interlocking activity that are woven closely together in a manner that obfuscates change, yet produces sufficient energy to drive the work’s full eight minutes. The most recent work on the disc, the eighteen-minute Momento (2005), carries a similar effect of folding in upon itself. Framed in a more luminous harmony, it operates from a slow, continuous base. This texture is periodically both thinned out into single instrumental voices and punctuated with accents. Over its course it reveals material that paradoxically feels as though it’s constantly changing, while remaining perpetually familiar. Eventually, this obscure process is channelled through a more sibilant timbre, saturated with odd, overtone-rich lustre.

    Knowing Quatuor Bozzini’s repertoire, one can understand their attraction to Clementi’s singular vision. Their investment is palpable on this recording, and their impeccably clear, mostly vibratoless inflection flatters Clementi’s remote yet generous work.

    Their investment is palpable on this recording, and their impeccably clear, mostly vibratoless inflection flatters Clementi’s remote yet generous work.

    Estinto dans Improv Sphere

    «Critique», Julien Héraud, Improv Sphere, 14 juin 2016
    mardi 14 juin 2016 Presse

    J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’écouter des disques sur lesquels Pierre-Yves Martel intervenait (en compagnie de Jim Denley, Magda Mayas, Éric Normand, et d’autres), mais je ne l’avais encore jamais entendu en solo. Par rapport aux quelques projets auxquels ce musicien québécois participe, que ce soit à l’électronique ou sur instruments, je m’attendais à un disque de musique improvisée, réductionniste sûrement. Et pourtant, Estinto, c’est bien plus que ça en fait.

    Estinto est une longue pièce minimaliste dans sa forme et ouverte dans son contenu. Pierre-Yves Martel joue simultanément une ou quelques notes de viole de gambe et d’harmonica espacées toujours par de longs silences aux durées aléatoires (à moins qu’elles ne soient relatives à la durée des sons?). La forme est très claire, mais le contenu des interventions instrumentales est plus variable. On peut aussi bien entendre des cordes qui crissent, le souffle de l’harmonica, les extrêmes de chaque instrument, une bribe de mélodie, des consonances, des dissonances, etc. La dynamique et le volume restent égaux, mais l’intention n’est pas toujours la même en quelque sorte. Cependant, les notes comme l’harmonie sont toujours présentes, de manière claire et mélodique parfois, de manière spectrale et harmonique, ou bien de manière dissonante.

    Pierre-Yves Martel propose ainsi une grande suite d’événements sonores et instrumentaux structurés par des silences. Estinto est une pièce aux accents marins et oniriques, il s’agit de vagues sonores fantomatiques et poétiques qui surgissent et disparaissent dans des silences. Des silences qui ne sont pas pesants, pas si longs, qui laissent juste le temps de s’imprégner des courts événements sonores. C’est juste beau, sensible, discrètement dissonant et profondément musical, discrètement silencieux et profondément immersif.

    C’est juste beau, sensible, discrètement dissonant et profondément musical, discrètement silencieux et profondément immersif.

    Nébuleuses dans SilenceAndSound

    «Critique», Roland Torres, SilenceAndSound, 7 juin 2016
    mardi 7 juin 2016 Presse

    C’est du coté de l’attractions énergétique, que se traduit le travail des deux flutistes Cléo Palacio-Quintin et Terri Hron.

    Avec Beta Lyræ, projet commun mêlant improvisation et juxtapositions, les deux artistes inventent des paysages fantasmés à la tribalité envoûtante, semblant surgir d’une jungle dense, où chaque souffle est une fléchette de sarbacane voletant au travers d’oiseaux piailleurs aux ramages multicolores.

    Entre pointes de classique post-moderniste et d’électroacoustique fulgurante, Nébuleuses captive de par ses incessants allers-retours entre des espaces pointillés, délimités par les chants de flûtes hypnotiques, créant des espaces volubiles à l’étrangeté dystopique, où chaque note est une rythmique à portée poly-axiale.

    Beta Lyræ crée véritablement une zone sonore, où les instruments dépassent les frontières physiques pour atteindre parfois des allures d’incantations à la nature spirituelle chargée d’humanité, où les origines se perdent et se confondent en un tout, aux fluctuations sacrées. Envoûtant.

    Envoûtant

    Émilie préfère le chant dans SilenceAndSound

    «Critique», Roland Torres, SilenceAndSound, 7 juin 2016
    mardi 7 juin 2016 Presse

    Violoncelliste et compositrice, Emilie Girard-Charest est une artiste qui aime naviguer là où les courants la porte.

    Avec Émilie préfère le chant, elle interprète les titres de quatre compositeurs, Fredrik Gran, Sergio Castrillón, Maxime Corbeil-Perron et Joane Hétu, issus des musiques contemporaines, ainsi qu’une de ses propres créations, avec laquelle elle ouvre l’album.

    Tout en souffle et en cordes, Emilie Girard-Charest joue de son instrument avec intensité, prenant la tangente sur des contrées aux images expérimentales et à la beauté brulante. A coups de glissando et de dissonances, l’artiste canadienne crée un espace en trait-d’union, qui voit les sources sonores issues du field recording entrer en action, apportant masse granuleuse et interférences parasites, venir et repartir, déserter l’espace pour le reconquérir.

    Émilie préfère le chant prend le temps de s’installer, laissant à chacune des créations le loisir de s’épancher pour nous perdre dans son dédale de sensations diffuses et de lumières moirées, élargissant ses zones d’interférence et d’étrangeté sublimée par le jeu tout en modulations d’Emilie Girard-Charest.

    Aux portes de l’électroacoustique et de la musique contemporaine, de l’expérimental et de la musique concrète, Émilie préfère le chant, à l’image d’une peinture de Magritte fait appel à l’imagination pour tenter de reconstituer ce qui n’est pas dans le titre, de recomposer entre les vides un monde chargé de pleins altérés et de vocaux fantasmés aux soubresauts onomatopesques, apparaissant furtivement en fin d’album, histoire de glisser définitivement dans les profondeurs d’un coffre chargé de confusions et d’imagination. Un album aux paysages subtiles et à la beauté minimale chamarrée.

    Un album aux paysages subtiles et à la beauté minimale chamarrée.

    Estinto dans Le son du grisli

    «Chronique», Pierre Cécile, Le son du grisli, 1 juin 2016
    mercredi 1 juin 2016 Presse

    Je n’ai d’abord pas voulu savoir de quel instrument joue Pierre-Yves Martel. J’ai écouté, et j’ai entendu une cymbale, un souffle d’anches, un melodica, etc. qui y allaient de leur note tenue quelques secondes les uns après les autres et parfois (plus sauvage) en même temps. Mystérieux, tout ça (d’autant qu’entre les notes il y a des silences qui font réfléchir).

    A force de ruminer, je suis allé lire les inscriptions de la pochette: viole de gambe (soprano) et harmonica. Comme je suis de mauvaise foi, je peux avouer que je ne me suis pas tellement trompé, si l’on prend en compte que Martel joue souvent simultanément la même note aux deux instruments = c’est une sorte de nouvel instrument qu’il m’aurait fallu deviner. Reste un nouveau mystère: comment fait-il pour nous tenir en haleine avec cette suite de sons crissants (& improvisés)? Son minimalisme (réductionnisme, si j’osais…) nous scotche par sa haute tenue. Et quand ce n’est pas le cas, c’est qu’il nous surprend en vrillant mélodique. Entre Feldman et Capece, pour les amateurs…

    Son minimalisme (réductionnisme, si j’osais…) nous scotche par sa haute tenue. Et quand ce n’est pas le cas, c’est qu’il nous surprend en vrillant mélodique. Entre Feldman et Capece, pour les amateurs…
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