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  • Mikrokosmos Sz 107 dans SilenceAndSound

    «Critique», Roland Torres, SilenceAndSound, 28 août 2016
    dimanche 28 août 2016 Presse

    Il est assez fascinant d’observer comment certaines œuvres écrites pour des instruments en particulier, se voient revisiter et transposer différemment, subissant ainsi une relecture et une réinterprétation collant au plus près de notre époque.

    A l’image du groupe belge WÖR, qui revisite le répertoire du 18e siècle avec des instruments d’aujourd’hui, Quartetski s’attaque à Mikrokosmos, œuvre pour piano du compositeur Béla Bartók composée entre 1926 et 1939, à l’aide de guitare électrique, batterie, basse, saxophone, synthétiseur, mélodica… oscillant entre musique contemporaine, electro-acoustique et impulsions jazz.

    Véritable challenge, quand on sait que Mikrokosmos a été composé pour résoudre certains problèmes dans l’art de jouer du piano, les tracks proposés par Quartetski font rentrer de plain pied l’œuvre de Béla Bartók dans une autre dimension, entre fable contemporaine et musique théâtrale, où les instruments décrivent des arcs de cercle lumineux aux trajectoires rêveuses.

    La grande force de Quartertski est de conserver l’esprit avant-gardiste du compositeur roumain tout en se l’appropriant, pour en livrer une vision foncièrement contemporaine, où les instruments utilisés servent et amplifient les recherches misent en œuvre sur Mikrokosmos, démultipliant les pistes pour flirter avec l’universalité de la création artistique. Un album surprenant aux pistes et propositions multiples, magnifiant l’œuvre originale pour la transporter intelligemment jusqu’à nous. Très fortement recommandé.

    Très fortement recommandé.

    Mattempa dans Le Devoir

    «Critique», Marie-Pier Frappier, Le Devoir, 26 août 2016
    vendredi 26 août 2016 Presse

    «Aurais-je vécu dans l’obsession d’un pays perdu? Alors, Seigneur, je te le dis: que le Diable m’emporte.» De ce Jacques Ferron dont on ne se lasse jamais a émergé une folle improvisation du compositeur rimouskois Éric Normand et de ses acolytes dans une œuvre puissante et sensible. Vent, soupirs, mugissements de ce personnage-pays imaginé dans le récit ferronnien Gaspé-Mattempa inspirent des pièces mystérieuses et magnifiques que sont Le souffle, Baron Samedi et Morne. Le Verbe est là, il attend dans les silences ciselés à la perfection que le «Satan-Mattempa» se meuve, s’échine dans les basses électriques, se débatte dans les percussions, se perde dans le violon inquiétant pour mourir dans la crise cardiaque d’une clarinette possédée. Hommage à «l’empremier» musical — celui que fait la branche qui tombe quand personne n’entend —, le disque de Normand forge les beautés du bruitisme avec un talent indéniable.

    … le disque de Normand forge les beautés du bruitisme avec un talent indéniable.

    Spam Me dans Le Soleil

    «Spam Me: si les pourriels pouvaient chanter», Nicolas Houle, Le Soleil, 23 août 2016
    mardi 23 août 2016 Presse

    Les pourriels peuvent-ils être source de poésie et de musique? Voilà la question que s’est posée CE François Couture avec Spam Me. Le musicien, qui a aussi été journaliste musical, s’est en effet amusé à bâtir des environnements sonores et des musiques autour de courriels non sollicités qu’il a pu recevoir afin d’en tirer des chansons.

    Improvisations bruitistes, enregistrements de terrain, rock progressif, rock in opposition ou post rock sont autant d’approches mises à contribution, en anglais ou en français.

    Évidemment, ce n’est pas pour toutes les oreilles, mais c’est ficelé adroitement et, aussi complexes que puissent être certains passages, il y a une dose d’humour inhérente à ces spams (y compris l’inévitable «penis enlargement») qui vient décontracter le tout.

    Magie rouge offre une très belle progression, si bien qu’on oublie entièrement le vide et l’absurdité du texte entonné. Idem avec la pièce-titre et ses diverses pistes vocales ou encore Moncier Uomo, qui met de l’avant le chant de Couture au service d’une mélodie complexe doublée à la guitare. Et comme Couture s’efforce de varier les propositions, Taxi Insurance s’échafaude avec la manipulation d’une bande sonore au magnétophone.

    À cela il faut ajouter qu’il y a un bon équilibre entre segments éclatés et passages davantage structurés.

    Une œuvre inclassable, plus accessible qu’elle ne le paraît, et qui mérite qu’on s’y attarde.

    Une œuvre inclassable, plus accessible qu’elle ne le paraît, et qui mérite qu’on s’y attarde.

    Simon Martin: Hommage à Leduc, Borduas et Riopelle dans The Sound Projector

    «Whither Canada? Part 2», Ed Pinsent, The Sound Projector, 20 août 2016
    samedi 20 août 2016 Presse

    The composer Simon Martin was highly taken with an art exhibit he saw in 2005 and tried to convey his feelings in music. On Hommage à Leduc, Borduas et Riopelle (CQB 1616), he’s expressly paying his tribute to the Canadian painters Paul-Émile Borduas, Borduas’ tutor Ozias Leduc, and the sculptor / painter / lithographer Jean-Paul Riopelle, and he’s engaged three different Canadian ensembles to realise his visions. The Trio De Guitares Contemporain play L’heure mauve, and they pluck and strum single notes on their classical guitars with a certain single-mindedness which to my ears is an attempt to recast the pointillist technique into music; like seeing the brushstrokes of Seurat dot themselves onto the canvas one by one. In fact, the composer is trying to recapture the effects of light on foliage, to get to the heart of one of the things that motivated Leduc to paint in the first place. Next, Quasar quatuor de saxophones blow an impressionistic breeze on Projections libérantes, producing many subtle and pleasing overtones in their slightly dissonant overlapping drones. This piece is attempting to say something about the voyage of self-discovery undertaken by Borduas, and proposes 11 minutes of gradual dawning realisation in sound. Lastly, the Quatuor Bozzini raise their violins, viola and cello in the most dramatic piece on the album, called Icebergs et Soleil de minuit — Quator en blanc. That title alone is evocative enough, and the nerve-shredding tautness of this icy, minimal piece is served well by it. Isabelle Bozzini and her team create astonishing atmospheres and microtonal contrasts in this 17-minute chiller of dissonance and Beckettian emptiness. Simon Martin’s intention here was surprisingly literal — he simply wanted to represent Riopelle’s Iceberg paintings in sound, a series the painter worked on in the 1970s. Worth seeking out images of these stark monochrome oils with their sharp strokes of black, white and grey. And if you want to hear more of the Quatuor Bozzini, they’ve also made records of James Tenney, John Cage, and Steve Reich.

    Worth seeking out images of these stark monochrome oils with their sharp strokes of black, white and grey

    Les accords intuitifs dans The Sound Projector

    «Whither Canada? Part 2», Ed Pinsent, The Sound Projector, 20 août 2016
    samedi 20 août 2016 Presse

    Calling yourself Ensemble SuperMusique is bound to raise high expectations in your audience, but the team of Jean Derome, Bernard Falaise, Joanne Hétu, Danielle Palardy Roger et al are clearly consummate musicians. Perhaps they mean that the music they play is some form of “hyper-music”, or “meta-music”, rather than implying they have super powers. On Les accords intuitifs (AM 222 CD), the players perform in various combinations with woodwinds, electric guitar, percussion, synths, violin, piano, bass guitar, and the human voice. The turntablist Martin Tétreault joins them for two pieces. Together, they play their interpretations of compositions by Malcolm Goldstein, Raymond Gervais (avant-garde conceptaluist and creator of multi-media pieces), Yves Bouliane (bass player in Le Quatuor de jazz libre du Québec), Bernard Falaise, and Joanne Hétu (noted in the last batch) — all of whom are Canadian, with the exception of Goldstein who is half American. All of the works are quite challenging to listen to, full of dissonances, tensions, and yawning gaps; I kind of like the way that classical modernism, free improvisation and contemporary rock noise all seem to meet up in the same room, but the conversations they hold are very forced and mannered, as if they were total strangers trying to be stiffly polite to each other.

    I kind of like the way that classical modernism, free improvisation and contemporary rock noise all seem to meet up in the same room…
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