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  • Rêve éveillé dans Le Devoir

    «Critique», Yves Bernard, Le Devoir, 28 mars 2014
    vendredi 28 mars 2014 Presse

    Sous la direction de Jean-Félix Mailloux, Cordâme est à la croisée du jazz, du classique et des musiques du monde, sans être l’un ou l’autre. Sur leur disque précédent, ses membres étaient revenus à une formule plus intime en trio. Les revoici avec plus d’invités pour un disque plus jazz, avec la participation du pianiste François Bourassa et l’ajout de la harpiste Annabelle Renzo, qui adoucit les atmosphères, et du clarinettiste Guillaume Bourque, qui donne une touche plus désinvolte. Reste toujours ce trio de contrebasse, violon et violoncelle qui confère du lyrisme et de la sensibilité, tout en rapprochant de la musique de chambre, même sur des cadences doucement syncopées. La musique est contrastée, souvent imagée, parfois même cinématographique. Les formules instrumentales sont diversifiées d’une pièce à l’autre. Des couleurs orientales, subtiles ou hachurées apparaissent. Une musique sans lieu fixe qui transporte partout.

    … contrastée, souvent imagée, parfois même cinématographique.

    Rêve éveillé dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 25 mars 2014
    mardi 25 mars 2014 Presse

    Au départ, Cordâme était un trio à cordes. Puis, au fil des albums, le groupe du contrebassiste montréalais Jean-Félix Mailloux a grandi. Sur Rêve éveillé, violon, violoncelle et contrebasse sont rejoints par les clarinettes de Guillaume Bourque, la harpe d’Annabelle Renzo, la batterie d’Isaiah Ceccarelli et, surtout, le piano de François Bourassa. Enregistré devant public en mars 2013, ce disque propose surtout de nouvelles compositions (et les trois ou quatre déjà connues ont droit à de nouveaux arrangements). La musique de Mailloux rejoint de plus en plus celle de John Zorn (dans son côté jazzé un peu mystique): facile d’écoute, métissée de diverses influences mondiales, sensuelle et riche d’une profonde recherche artistique. Le mariage entre Cordâme et Bourassa frôle la perfection. Un baume pour l’âme.

    Un baume pour l’âme.

    Transparence dans Circuit

    «Critique», Isaiah Ceccarelli, Circuit, no 24:1, 17 mars 2014
    lundi 17 mars 2014 Presse

    Enregistré entre 2010 et 2013 dans trois lieux différents de Montréal (Église Saint-Zotique, Studio Oboro et Espace InQuiet), Transparence n’est rien de moins qu’un chef-d’œuvre. Virtuose, ciblé et clair, cet album nous transporte irréductiblement dans le monde musical profond, personnel et concentré du multi-instrumentiste, compositeur et concepteur d’installations sonores Philippe Lauzier.

    Lauzier occupe une place importante dans la scène musicale québécoise. À 36 ans, il tourne et enregistre avec de nombreux ensembles depuis 15 ans en Amérique du Nord et en Europe. Il a récemment collaboré avec le légendaire compositeur américain Phill Niblock. Il fait partie d’une génération de musiciens qui a côtoyé les domaines de la musique classique et contemporaine, du jazz, de la musique actuelle et de la variété — son curriculum vitæ n’en donne qu’un aperçu! — et il sait créer une musique entièrement originale, qui évite toutefois d’être rangée trop facilement dans les catégories décrites ci-dessus. Ce qui est encore plus impressionnant pour ceux qui, comme moi, connaissent le travail de Lauzier et le suivent dans ses nombreuses apparitions à Montréal et ailleurs, c’est la maîtrise absolue de ses instruments et le renouveau de ses recherches et de son monde sonore sur cette parution chez Schraum, une étiquette berlinoise.

    Pour l’occasion, Philippe Lauzier se sert des saxophones soprano et alto ainsi que de nombreuses façons de jouer de la clarinette basse, de l’amplification de celle-ci et de la «demi-clarinette basse». La dernière piste de l’album, Bruine, est une pièce pour cloches motorisées, une approche qui fait partie de son travail en installation sonore. Toutes les pistes de cet album emploient une variété de techniques étendues et Lauzier sait les employer à la perfection. Rien n’est «m’as-tu-vu»; tout est au service d’une musique captivante, planante, harmonique et chantante.

    Est-ce purement improvisé? Partiellement composé? Les deux tout à la fois? Comme seuls savent le faire les plus grands musiciens, Philippe Lauzier esquive aisément ces questions grâce à une maîtrise impeccable de ses instruments et une vision musicale soignée. Je conseille vivement Transparence à tous ceux qui désirent vivre une expérience musicale hors pair, présentée par un musicien de classe mondiale.

    Transparence n’est rien de moins qu’un chef-d’œuvre.

    Combines, Beau comme un aéroport dans Vital

    «Review», Dolf Mulder, Vital, no 924, 17 mars 2014
    lundi 17 mars 2014 Presse

    Three new releases from Éric Normand’s label Tour de Bras. Two of them have the trumpet of Elwood Epps and the drums of Michel F Côté in common. Both are reputed players in the Montreal scene.

    Pink Saliva is an improvising trio completed by Alexandre St-Onge on bass and laptop. They present three improvised pieces recorded live in November 2010. Unpolished improvisations, with fine playing by Elwood Epps.

    In a more sophisticated context we hear Epps again in Côté’s project Mecha Fixes Clocks, together with: Philippe Lauzier (alto sax, bass clarinet), Epps (trumpet), Jean René (alto violin), Pierre-Yves Martel (viola da gamba, feedback), Bernard Falaise (guitar), Guillaume Dostaler (piano) and Côté (drums, feedback, and microphones). Again a typical Côté-release. Music of a dream-like nature. Open soundscapes in the background, with jazz-inspired instruments in the forefront, although there is no real forefront and background. The music evokes a sense of space. The music drips in your ears along unpredictable patterns and at the same time it all seems to fit.

    Tour de Bras is also the driving force behind the festival Rencontres de Musiques Spontanées, with the large improvisational collective ensemble called GGRIL (Grand groupe régional d’improvisation libérée) as a returning act. Earlier they released an album with Evan Parker as a guest. This ensemble of 14 musicians under direction of Éric Normand, creates fine textures, that move seemingly independent from each other. Their interactions make you wonder what is happening here, and that is a good sign. The improvisations, pressed on red vinyl, are also surprisingly coloured due to an unusual line-up. I hear accordeon, electric guitars, percussion, strings, etc.

    Music of a dream-like nature. Open soundscapes in the background, with jazz-inspired instruments in the forefront, although there is no real forefront and background. The music evokes a sense of space. The music drips in your ears along unpredictable patterns and at the same time it all seems to fit.
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