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  • David Arango Valencia, Magali Babin, Martin Bédard, Simon Chioini, Andrea-Jane Cornell, Martine H Crispo, Fünf, Émilie Mouchous, Matthew Schoen, Erin Sexton, Nick Storring dans Montréalistement

    «Akousma: premier contact», Normand Babin, Montréalistement, 24 octobre 2013
    jeudi 24 octobre 2013 Presse

    Le festival des musiques numériques immersives Akousma s’est ouvert hier soir avec un concert consacré aux nouvelles générations d’électroacousticiens et électroacousticiennes. Car oui, il y a enfin un peu plus de elles chez les compositeurs en général et en électroacoustique en particulier.

    Le concert s’ouvrait avec deux pièces de factures assez classiques des David Arango-Valencia et Martin Bédard. L’oreille a apprivoisé le large spectre sonore que représente le grand orchestre de haut-parleurs composé de plus de 40 enceintes. Bien entendu, les deux compositeurs s’en sont donnés à cœur joie, faisant circuler des trombes de sons d’un bout à l’autre de la salle, faisant tournoyer les glissades, les orages et les bruits d’avion. Au plan des sonorités, cela m’a semblé un peu trop près de ce qu’on peut entendre au cinéma. Sans le film. Une bonne structure dans l’écriture réchappait la donne et donnait à entendre une musique cohérente, deux véritable compositions. Les meilleurs moments arrivent souvent lorsque peu d’enceintes sont utilisées, lorsque des bruits semblent se mouvoir délicatement autour de notre tête. La partie aquatique de Burundanga d’Arango-Valencia m’a semblé très réussie en ce sens.

    Terminal Burrowing du Torontois Nick Storring nous a démontré toutes les possibilités de cet orchestre, toutes les nuances de l’expérience acousmatique. L’intégration de sons d’instruments acoustiques ajoute beaucoup de richesse au texte musical. Fort brillante donc au plan des sonorités, la pièce souffre d’un manque de plan et fait plus penser à un catalogue de sons qu’à une véritable musique organisée. À suivre…

    Le moment le plus fort de la soirée nous est venu avec le duo Schoen / Chioini. Droits devant l’audience, armés de leurs laptops, ils s’amusent et improvisent à partir d’une banque de sons et d’images une œuvre qui curieusement démontre un grand sens de la structure. Les images, en noir et blanc, ponctuent le rythme, imitent les sons dans leurs mouvements. Une véritable merveille de synchronisme de la part des deux performeurs. L’aspect vivant de la performance ajoute beaucoup d’intérêt à la soirée, et en fait la musique électroacoustique nous séduit bien plus facilement avec une touche humaine et performative.

    Toute la deuxième partie de ce (trop?) long concert était consacrée au quintette Fünf. Cinq filles qui bidouillent, triturent et manigances devant nous sur une grande table remplie d’étranges instruments. Réels ou inventés, cette panoplie d’appareils intriguent. Mouvements se veut une «chorégraphie gestuelle de matériaux sonores». À partir d’un schéma établi, les performeuses improvisent dans ce qui m’a paru une interminable démonstration de bibittes à sons. Quelques beaux moments, quelques idées de génie, mais aussi différents sons absolument insupportables, suraigus et ultrasons qui arrachent le tympan. Pas du tout convaincu de la pertinence de ce propos qui a toutefois été très longuement applaudi, je retourne au festival Akousma entendre maintenant les compositeurs séniors, voire mythiques tel François Bayle et vous reviens sur le sujet ce week-end.

    Le lait maternel dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 24 octobre 2013
    jeudi 24 octobre 2013 Presse

    Robert Marcel Lepage, membre fondateur d’Ambiances Magnétiques, est de retour avec un nouveau disque colligeant des musiques de film enregistrées entre 2003 et 2010. Dix-huit courtes pièces couvrant plusieurs genres et déployant un humour et une sensibilité qui me sont très familiés. C’est comme retrouvé un vieil ami perdu de vue. Non, ça n’a pas la force de La Plante humaine ou la fantaisie tout azimut de Les clarinettes ont-elles besoin d’un escalier de secours, mais ça vaut tout de même le détour.

    … ça vaut […] le détour.

    Le Sacre du printemps dans Monsieur Délire

    «Journal d’écoute», François Couture, Monsieur Délire, 23 octobre 2013
    mercredi 23 octobre 2013 Presse

    Après Prokofiev, le Quartetski de Pierre-Yves Martel s’est coltiné avec une œuvre fondatrice de la musique moderne: Le Sacre du printemps. D’abord Quartetski est devenu un quintetski: Martel à la viole de gambe, Philippe Lauzier (clarinette basse et saxo soprano), Joshua Zubot (violon), Bernard Falaise (guitare électrique) et Isaiah Ceccarelli (batterie). L’arrangement de Martel suit fidèlement le ballet de Stravinsky — chaque section est respectée — tout en se permettant des moments de liberté, des jeux de texture et des astuces afin qu’on ne s’ennuie pas de l’orchestre symphonique. L’exécution est précise mais fluide. Je m’attendais à une réinvention plus poussée, mais il s’agit tout de même d’un arrangement brillant, qui conserve à peu près tout le génie de cette œuvre phare.

    Il s’agit d’un arrangement brillant, qui conserve à peu près tout le génie de cette œuvre phare.
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