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  • Leaves and Snows, Antoine Berthiaume dans Ici Montréal

    «Têtes fortes 2006, musiques…», François Nadon, Ici Montréal, 5 janvier 2006
    jeudi 5 janvier 2006 Presse

    Le jeune guitariste Antoine Berthiaume a fait paraître cette année son 2e album sur Amblances Magnétiques. Et pour ce Leaves and Snows, Berthiaume s’est entouré de musiciens qu’il a rencontrés lors de son séjour au Mills College en Californie, là même où l’incontournable Fred Frith «enseigne» la musique actuelle. Avec le Français Quentin Sir Jacq au piano et percussions et l’États-Unien Norman Teale au mixage et aux électroniques, Berthiaume a prouvé hors de tout doute que, malgré sa courte expérience dans l’univers de la musique actuelle, on pouvait s’attendre à de grandes choses de lui.

    Mais c’est en 2002 que Berthiaume a frappé fort avec Soshin, son premier album. Il s’est rapidement donné une solide crédibilité en enregistrant avec les deux maîtres de la six-cordes, Dereck Bailey et Fred Frith. La critique a salué la venue du guitariste sur la scène free jazz avec enthousiasme. Ce disque est une compitation de duos improvisés où nous retrouvons quatre pièces en compagnie de Frith et deux avec Bailey en plus d’une composition solo de Berthiaume.

    Le jeune musicien figure également sur Visitors Book de Derek Bailey, un album constitué de cartes de visite sonores.

    Antoine Berthiaume est un musicien en pleine ascension qui n’a pas froid aux yeux. On ne peut que se réjouir à l’avance de la suite.

    Antoine Berthiaume est un musicien en pleine ascension qui n’a pas froid aux yeux.

    Décès du guitariste Derek Bailey

    mercredi 4 janvier 2006 Nouveautés

    Derek Bailey est décédé le 25 décembre 2005 à Londres (Royaume-Uni) à l’âge de 75 ans. Fondateur de l’étiquette de disque Incus, {nbio:bailey_de} aura marqué la nouvelle musique improvisée par son jeu totalement idiosyncrasique à la guitare et par sa fougeuse défense de l’improvisation libre. En 2003, il avait collaboré avec le jeune guitariste Antoine Berthiaume sur le disque Soshin.

    Joane Hétu dans JazzoSphère

    «Célébration de la voix, de l’improvisation et du corps», Éric Norman, JazzoSphère, no 27, 1 janvier 2006
    dimanche 1 janvier 2006 Presse

    Joane Hétu est une personne-clé de la musique improvisée à Montréal. Vocaliste et saxophoniste au parcours atypique, elle est à la tête de DAME et organise concerts et événements tantôt sous l’égide des Productions SuperMusique, tantôt dans la spontanéité des MercrediMusic.

    Bonjour Joane. Tout d’abord, peux-tu nous faire un bref résumé de ton partours pour nos lecteurs?

    Autodidacte, j’ai d’abord pratiqué, à l’aube des années 80, la chanson au sein des groupes de rock actuel Wondeur Brass, Justine et Les Poules, dont le rock ravageur d’avant-garde m’a fait connaître un peu partout en Amérique et en Europe. Ensuite avec mon propre groupe Castor et compagnie, j’ai proposé une réinvention de la chanson sensuelle à travers la musique actuelle.

    J’ai délaissé le rock depuis, mais n’ai pas entièrement abandonné la chanson, comme en témoigne mon projet Nous perçons les oreilles avec Jean Derome, dans lequel nous explorons cette région ténue entre le rire et les pleurs.

    Depuis le milieu des années 90, je me suis peu à peu tournée vers un travail de composition plus abstrait, alliant texte, texture et expérimentations vocales. On trouve cette recherche au centre de mon disque solo Seule dans les chants et du triptyque Musique d’hiver, dont le premier volet (Musique d’hiver) est paru sur Ambiances Magnétiques, le second (Nouvelles musiques d’hiver) a été présenté sur scène en mars 2003 et le dernier volet reste à paraître. Au cours des dernières années, je me suis intéressée de plus en plus à la composition de canevas d’improvisation, que j’ai présentés en Italie et au Canada, avec l’Ensemble SuperMusique dont je suis membre ou encore avec de petits groupes d’improvisateurs. À l’hiver 2006, je présente à Montréal mon projet d’envergure intitulé Filature qui fait appel à la musique, la danse et la vidéo expérimentale.

    La voix semble avoir toujours eu pour toi un rapport étroit avec la corporalité, avec les limites du corps: soit par la violence des effets à l’époque plus rock de Justine; par les thématiques sexualo-amoureuses de Castor et cies; mais surtout par la nature physique de ton chant, plus proche du grain que du mot. Comment envisages-tu cette pratique?

    J’aime la chanson mais je n’aime pas beaucoup chanter de la chanson. Par ma démarche en musique actuelle et mon approche d’instrumentiste (le saxophone alto), je ne me suis jamais sentie chanteuse dans le sens traditionnel du terme. Je suis plus attirée par la texture sonore et l’apport de la voix dans l’orchestre — au même titre qu’un instrumentiste — que par étre une chanteuse accompagnée d’un orchestre. Ma collaboration avec Diane Labrosse qui, dès la fin des annses 80, travaillait déjà à l’échantillonneur m’a amenée à m’intéresser aux sons digitaux et à explorer la voix dans le même sens que les textures sonores répétitives et bruitistes qu’elle produisait avec ses machines.

    Ainsi, depuis une quinzaine d’annces, j’ajoute à mon catalogue vocal plein de sonorités inhabituelles pour la voix. J’aime qu’on sente bien que mon instrument (lorsque je chante) est mon corps, un corps qui vibre, qui bave, qui crie, qui fait de la salive, ce qui apporte un côté animal et corporel à ma pratique, un aspect chamanique du chant qui m’attire énormément Je trouve ça assez amusant que mes recherches acoustiques, qui s’apparentent souvent à des textures électroniques, soient faites uniquement par la voix d’une femme. J’aime le contraste qui existe entre le fait que je sois seule debout avec un micro sur scène tandis que les autres musiciens recourent à leurs effets, leurs fils, leurs consoles, leurs objets. Et pourtant nous arrivons à des résultats souvent similaires. Je pense que c’est très intéressant comme dualité et complémentarité.

    Comment perçois-tu le lien entre improvisation et tradition orale dans divers folklores?

    La tradition orale folklorique est un leg de chansons, de mots, de comptines, d’histoires soutenus par un air, une mélodie qui traversent le temps grâce à une mémoire collective passée d’une génération à l’autre tandis que l’improvisation est une proposidon musicale instantanée, une composition musicale en temps réel en relation avec les autres musiciens présents. Donc, à mon avis, il n’y a pas beaucoup de liens entre les deux.

    J’ose imaginer que même pour les musiques dites populaires, il y a un certain aspect rituel dans la démarche des artistes. Il est vrai, qu’en improvisation, sans rituel, il n’y a pas de musique donc c’est partie prenante de la démarche. Cependant, comme je l’ai déjà dit, je pense que c’est la même chose pour les musiques populaires, à plus faible dose.

    Quelles ont été tes grandes révélations musicales?

    J’ai régulièrement de grandes révélations musicales. La musique est la chose qui m’intéresse le plus au monde (à part l’amour) et c’est d’une ampleur incroyable. Je n’aurai jamais assez de toute ma vie pour en faire le tour. Mais je veux bien faire l’exercice de répertorier quelques «révélations musicales» que je garde en mémoire.

    En 1984, à Paris, au 4e Congrès international Femmes et musiques, le concert de Jöelle Léandre et Annick Nozati. Une révélation, des femmes improvisatrices et engagées, nous n’étions donc pas les seules au monde. Dans les années 80, au Festival International de musique actuelle de Victoriaville, le concert solo de Fred Frith, qui jouait avec des objets et presque jamais de la guitare comme de la guitare. Un moment de liberté incroyable… Je me suis dit que je voulais faire de la musique dans cet esprit. En 1992, au Théâtre La Chapelle à Montréal, la première série de concerts de Jean Derome et les Dangereux Zhoms. Une musique qui swingue, des thèmes incroyables, des improvisateurs hors pairs, de la vraie musique quoi! En 2005, au Festival International de musique actuelle de Victoriaville, le groupe Hubbub. Un moment de grâce, la salle au complet flottait dans l’espace. Réussir à avoir un jeu si minimaliste et original, tout en gardant une musicalité et une intensité, c’était grandiose! Et tout de suite après, Anthony Braxton avec son ensemble. Réussir à jumeler improvisation, écriture, direction d’orchestre, complexité rythmique, spontanéité et virtuasité: une grande leçon de musique actuelle. En 2005, au Festival de jazz de Guelph, le solo de Lori Freedman, qui était retransmis simultanément sur Radio-Canada et que son pére mourant écoutait à l’hôpital, était d’une intensité, d’une limpidité, un vrai hommage à son père et un spectacle tellement puissant: quand la musique vaut mille mots.

    Rapidement, ce sont des concerts qui m’ont bouleversée mais à vrai dire je pourrais en nommer tellement. Si je continue l’exercice, des concerts que j’ai donnés qui ont été pour moi des «révélations musicales».

    En 1993, le premier concert de Nous perçons les oreilles à la Casa Obscura à Montréal, lors du vernissage de l’artiste Pierre Dumont. Première apparition en public de notre travail d’intimité et de partage entre Jean et moi et qui fut un réel moment d’euphorie musicale. En 1996, l’un des derniers concerts de Castor et compagnie, lors d’une tournée européenne, en Suisse. Nous avons touché à l’essence de notre groupe. Nous n’arrivions même plus à reconnaître les pièces mais nous étions tous ensemble. En 2005, dans le cadre de la série Volapük à Montréal, Les Poules qui reviennent de Russie et qui donnent l’un de leurs melleurs concerts, une espèce de musique de jazz électronique actuelle, de la grande improvisation, une complicité légendaire. Et pour terminer si je parlais de quelques disques ou pièces majeurs de ma vie:

    • Igor Stravinski — Symphonie de psaumes
    • Luciano Berio — Folks music
    • Gustave Malher — tous ses leiders
    • Duke Ellington — Brown and beige suites
    • Germaine Montero qui chante Mère courage
    • John Cage et David Tudor

    Quels sont tes projets pour 2006?

    Je fais une liste:

    • Présentation de Filature à l’Usine C — une pièce pour dix musiciens, deux danseurs, une cinéastre
    • Atelier de musique improvisé à Rimouski avec le GGRIL (grand groupe régional d’improvisation libérée);
    • Concerts de ma formation Les Poules à Montréal;
    • Composition d’un troisième volet de Musique d’hiver;
    • Préparation d’un troisième album pour Nous perçons les oreilles;
    • Production sur disque compact du deuxième volet de Musique d’hiver;
    • Présentation d’une série de concerts avec L’Ensemble SuperMusique et la troupe de danse Danse-Cité;
    • Concerts de ma formation Les Poules avec trois trios d’improvisateurs différents;
    • les mercredimusics;
    • toutes les choses que je ne sais pas encore.

    Bref continuer à faire de la musique et diriger DAME du mieux que je peux.

    Vocaliste et saxophoniste au parcours atypique, elle est à la tête de DAME et organise concerts et événements…

    The Feeling of Jazz dans JazzoSphère

    «Critique», Éric Norman, JazzoSphère, no 27, 1 janvier 2006
    dimanche 1 janvier 2006 Presse

    The feeling of jazz du trio Derome-Guilbeault-Tanguay transpire aussi à la joie de vivre. Sur des thèmes et standards, le trio fait montre de son énergie inimitable et de la passion pour tous les jazz. Fat Waller, Duke Ellington, Misha Mengelberg, Cole Porter sont au menu de ce disque sans prétention qui témoigne de la joie communicative caractéristique des prestations du mythique trio montréalais. Les trois maîtres prennent un malin plaisir à jouer un répertoire tout jazz, avec aisance, intensité et puissance. N’oublions pas que nous avons affaire à trois musiciens énormes qui se paient le bonheur d’un répertoire plus ou moins «standard». «Cette musique est tatouée dans nos cœur et nous la jouons parce que nous l’ainons et que ça nous rend de le faire» lance Derome dans le texte personnel et quelque peu revendicateur qui habille la jaquette. Celul-là même que l’on prend à chanter les I won’t dance ou Jitterburg waltz, défend l’intégrité de cette musique: «Je ne sais pas quelle part de création et quelle part d’interprétation il y a dans l’exécution d’un morceau de jazz, mais je sais que ça nécessite mon être tout entier et que, dans mon pays, ce disque ne sera pas considéré comme de la musique canadienne.» Écoute obligée pour les amoureux du jazz.

    Écoute obligée pour les amoureux du jazz.

    Pee Wee et moi dans JazzoSphère

    «Critique», Éric Norman, JazzoSphère, no 27, 1 janvier 2006
    dimanche 1 janvier 2006 Presse

    II y a de ça un an, le label Ambiances Magnétiques, rattaché à la scène des musiques actuelles montréaiaises depuis des décennies, lançait sa nouvelle collection Jazz. Nous savions bien qu’ils avaient dans leurs écuries des musiciens qui pouvaient nous faire swinguer solidement.

    Les deux plus récentes parutions de la collection sont d’ailleurs le fait d’habitués de l’étiquette AM, Robert M Lepage et le trio de Jean Derome, Normand Guilbeault et Pierre Tanguay. Ils nous proposent tous deux un regard rafraîchissant sur le passé, une petite pirouette ludique et passionnée dans l’histoire du jazz.

    Cinq ans aprés un superbe hommage rendu à Jimmy Giuffre (Joue free AM 089), Robert M Lepage replonge dans l’histoire du jazz avec Pee Wee et moi, une suite de compositions en souvenir de Pee Wee Russell . Dans les deux cas, le blues et la clarinette sont à l’honneur. Auteur d’un Petit Robert Illustré de la Clarinette, Lepage se plaît à thématiser son instrument dans divers jeux de variation et de stylistique. Si Joue free trouvait le blues dans la volupté du chant, Pee Wee et moi l’insinue dans une affaire de structures, de jeux ludiques sur les caractéristiques et les tics de l’instrument et de l’instrumentiste.

    Il regroupe une suite de petits «blues tordus» au profit desquels Lepage s’est entouré de six autres solides clarinettistes (dont François Houle et André Moisan), en plus de la guitare de René Lussier et de la rythmique Guilbeault-Tanguay. Ludique, la musique de Lepage nous entraîne dans un univers fait de connu — dixie, swing, etc.- en conservant toute son originalité mélodique. Elle se construit à partir des effets stylistiques propres au jeu de Russell, en déduit des structures, empruntant à la fanfare, au jazz et à toutes les musiques de notre époque. «Il état buveur, jouait de la clarinette de façon excentrique dans un monde straight…je ne bois jamais et je joue de manière plutôt straight entouré de musiciens excentriques. Nous étions faits pour nous rencontrer». Et avec un de ces excentriques, René Lussier, la complicité est encore une fois confirmée. Bravo!

    … la musique de Lepage nous entraîne dans un univers fait de connu — dixie, swing, etc.- en conservant toute son originalité mélodique.

    Flat fourgonnette (Mescal Free Style) dans Blow Up

    «Recensione», Stefano Isidoro Bianchi, Blow Up, no 92, 1 janvier 2006
    dimanche 1 janvier 2006 Presse

    Michel F Côté è il percussionista dei Klaxon Gueule, formazione canadese le cui gesta vi abbiamo raccontato nel numero 82 del giornale; più di recente lo abbiamo incontrato nel progetto personale Mecha Fixes Clocks (BU#86/87), al quale peraltro contribuivano anche gli altri due K.G. Bernard Falaise e Alexandre St-Onge. È difatti una sorta di comune-collettivo aperto quello che ruota attorno ai tre nomi, tanto che li troviamo e ritroviamo spesso in vesti soliste e situazioni estemporanee che nascono e muoiono nel giro di un solo disco (vedi, in questo stesso numero, lo splendido CD dei Foodsoon), magari coinvolgendo messi di collaboratori. Che è poi quanto accade anche in questo suo nuovo CD solo («Un western spaghetti pour mon ami Fabrizio Gilardino», scrive nelle note), dove il musicista parte da un’idea-base bluescountry e la coniuga, con un mucchio di strumenti e amici, in tutte le possibili declinazioni: astratto e asincrono (Slow Town), classico e sixties (Cheval mort), prossimo al soul (My Girl) e al bluegrass (Départ à Fradette), ironico e parodistico ( Sitting Bull, The Prairies), jazzato (I Can’t Give You Anything But Love), avant-circense (House Carpenter) e acustico CD (le belle riletture di Spike Driver Blues di Mississippi John Hurt e di Drunkard’s Special del misconosciuto ColeyJones). Flat Fourgonnette è un disco molto piacevole e riuscito, musicalmente distante dai K.G. ma non per questo indegno d’interesse (da leggere e gustare, nelle note, il manifestino del ‘recentismo’, nuovo movimento lanciato da Côté tra il serio e il faceto…). (7)

    Flat Fourgonnette è un disco molto piacevole e riuscito…
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