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  • Diversion dans emoRAGEi

    «De zéro à disque», SM, emoRAGEi, no 22, 1 juillet 2004
    jeudi 1 juillet 2004 Presse

    Enregistré en concert à La Sala Rossa (grande sœur de la minuscule mais chaleureuse Casa del Popolo) ainsi qu’à Toronto au Music Gallery, cet OVNI sonore propose les meilleurs moments de ces deux mémorables prestations. Rappelant pratiquement le Uzeb des beaux jours dans ses moments groovy (Conversation), tantôt dangereusement swing (Bud’s Dub) et aussi parfois d’un hermétisme difficilement pénétrable, le deuxième opus de cet ensemble fondé par le tromboniste Tom Walsh ne manque certes pas d’audace ni d’arrangements compacts. Accompagné par une pléiade de musiciens aguerris, Walsh, sampler à portée de la main, fait ici preuve d’ume fabuleuse virtuosité. À l’instar de son principal pôle d’attraction, une œuvre riche et définitivement stimulante.

    À l’instar de son principal pôle d’attraction, une œuvre riche et définitivement stimulante.

    10 compositions dans emoRAGEi

    «De zéro à disque», NP, emoRAGEi, no 22, 1 juillet 2004
    jeudi 1 juillet 2004 Presse

    Il est plutôt rare, dans les pages d’emoRAGEi, d’entendre parler de grands disques de jazz, et c’est à moi que revient l’honneur de vous faire découvrir cet exceUent album de compositions de Jean Derome. Saxophoniste et flûtiste très actif dans le cercle de la Musique Actuelle au Québec, reconnu mondialement pour son talent et sa versatilité, Derome m’étonne cette fois avec un jazz très accessible, presque rétro, définitivement swing. Je ne suis pas un grand expert en jazz ni en Actuel, mais il me semble que les fois où j’ai eu la chance d’entendre Derome en concert, sa musique était beaucoup plus bordélique, lancée à tous vents, 100% improvisée, folle et assez difficile à suivre pour le commun des mortels. J’y découvre ici un Derome quand même énergique, mais relativement doux et mélodique, variant les ambiances, restant dans un jazz à la Eric Dolphy. Un album qu’on aurait presque plus attendu chez Verve, tellement il sonne «standard»! Dès les premiers sons émis par la contrebasse de Normand Guilbeault, ou aux premiers habiles coups de cymbales de Pierre Tanguay, deux autres «vieux de la vieille» de l’univers Ambiances Magnétiques, on a le pied qui swingue, les doigts qui claquent, le groove qui s’incruste. Jetez-vous sur ce disque au plus vite!

    … on a le pied qui swingue, les doigts qui claquent, le groove qui s’incruste. Jetez-vous sur ce disque au plus vite!

    Risque et pendule dans Jazz Notes

    «Critique», Jazz Notes, no 79, 1 juillet 2004
    jeudi 1 juillet 2004 Presse

    L’ensemble est constitué de Pierre Labbé (st & fl), Nathalie Bonin (vib), Julie Trudeau (cello), Bernard Falaise (ge), Frédéric Alarie (cb), Claude Lavergne (dr). Ce mélange de cuivres et de cordes donne un reflet particulier aux compositions du leader. Il laisse ainsi aller la musique en tous sens comme il se doit, évoquant le rock, le jazz, le contemporain et l’actualité. On peut être séduit par la diversité des morceaux tous différents et se faire prendre par la joliesse des interprétations à la fois vigoureuses et tendres. Tonal et atonal, le groupe disperse des climats tout à fait avancés qui apportent fraîcheur et diversité.

    On peut être séduit par la diversité des morceaux tous différents et se faire prendre par la joliesse des interprétations à la fois vigoureuses et tendres.

    Diversion dans Jazz Notes

    «Critique», Jazz Notes, no 79, 1 juillet 2004
    jeudi 1 juillet 2004 Presse

    Deuxième album du groupe Noma, fondé par le tromboniste Tom Walsh, ce dernier toujours présent et entouré côté cour de Guy Kaye (gé), Alan Baculis (bé), François Chauvette (dr, perc); côté jardin: Rainer Wiens (gé), Normand Guilbeault (cb), Thom Gossage (dr, perc). Deux enregistrements distincts, en concert à la Sala Rossa, à Montréal, en décembre 2002. Des petites pièces qui font penser au Prime Time d’Ornette Goleman. Ensuite, des plages d’un concert le 9 mars 2000 à la Music Gallery de Toronto, d’une modernité avancée. Pour finir, retour avec Walsh où ce dernier s’aventure dans un univers plus funk. Une diversification peu ordinaire.

    Une diversification peu ordinaire.

    10 compositions dans Jazz Notes

    «Critique», Jazz Notes, no 79, 1 juillet 2004
    jeudi 1 juillet 2004 Presse

    Trio mythique de la scène montréalaise qui, cette fois, enregistre les compositions du leader. Au saxophone et à la flûte, Jean Derome, à la contrebasse, Normand Guilbeault et aux percussions, Pierre Tanguay. Une musique dont le saxophoniste a le secret, pleine de surprises, qui parfois part dans tous les sens. Nos amis s’évadent, se retrouvent, font leur cinéma en collaborant intimement avec parfois l’humour en prime, le tout dans une bonne humeur où le swing s’infiltre, Quek’Un!. Dix petites pièces où Derome utilise différents saxes et flûtes et où sa capacité est totale. Les deux autres sont toujours en éveil pour se distinguer. À découvrir si vous voulez connaître la modernité de nos cousins canadiens.

    Nos amis s’évadent, se retrouvent, font leur cinéma en collaborant intimement avec parfois l’humour en prime, le tout dans une bonne humeur où le swing s’infiltre…

    10 compositions dans Son & Image

    «Critique», Michel Dupuis, Son & Image, no 5:6, 1 juillet 2004
    jeudi 1 juillet 2004 Presse

    On ne peut pas tout deviner mais il me semble, aprés avoir consulté l’impressionnante liste des œuvres sorties des forges d’Ambiances mgnétiques, que ce disque 10 Compositions est la première trace concrète que les trois compères aient laissée dans l’histoire de ce Trio. Jean Derome nous livre cette confidence à l’intérieur de la pochette: «Nous avons fondé le trio parce que nous aimons jouer du jazz ensemble. Swing, liberté et joie de vivre sont des mots que nous utilisons souvent…» Ont-ils assez joué et performé ensemble ces sympathiques gueules qui ne peuvent venir que d’une seule place: le Plateau Mont-Royal? Leur son est de ce coin, les crevasses du trottoir en face du Quai des Brumes en sont remplies et leurs notes créent une appartenance urbaine réconfortante, reconnaissable, dès que leurs instruments crachent, roulent, claquent leur poésie. Ce sont le saxophoniste et le flûtiste Jean Derome, le contrebassiste de l’urgence Normand Guilbeault et le batteur, percussionniste et tapeux de bébelles Pierre Tanguay. Et simplement, ils nous livrent l’une des plus belles productions jazz 2004 — je ne mâche pas mes mots! Tout ça sur la pointe des pieds.

    On s’attendrait bien à voir sortir un son de bar enfumé jusqu’aux petites heures du matin. Il n’en est rien. Une balade chez des amis à la campagne, la vraie, celle qui n’est pas encore dénaturée. Le petit village de Saint-Jacques-le-Majeur juché au bout de cette vallée qui s’enfonce dans les pré-Appalaches offre sa quiétude. C’est la première neige et les lièvres courent comme des fous car ils n’auront plus à cacher leur fourrure blanche aux chasseurs. Et de but en blanc, de la chaumière s’élève un son lancinant, une volute de saxo et les cordes bondissent à l’appel des doigts de Guilbeault. Tanguay se prend à penser qui rira le dernier. Une longue session de sons rageurs, caressants, commence comme un bouquin dont ne sait surtout pas le dénouement.

    Jean Derome officie. Il pige dans son sac à souvenirs et en ressort avec malice Cannelle, une «vieille» issue des années 70 avec le contrebassiste Claude Simard et Pierre St-Jak du groupe Nébu. Un p’tit côté country’n’ western pour mieux s’identifier. S’enchaînent la complexe Étymologie pour célébrer Ornette Coleman (1981), le Pangolin, petit animal si curieux qu’on a peine à croire qu’il existe et le Que’kun qui sortait de la bouche de sa fille lorsqu’on frappait chez lui. Un superbe album de famille qu’il nous laisse consulter sans pudeur. Je me suis complètement viré le dedans à l’écoute de l’Africaine (1990) en retrouvant tout le jeu modal de Coltrane. Aujourd’hui, ça m’arrive encore. Quel jeu bouleversant de l’intérieur hurlé par l’instrumentiste. Derome travaille depuis un certain temps au service de la cinématographie; il nous en livre deux facettes avec son Mischka composé en direct alors que se déroule l’action du film (l’ombre de Miles dans L’Ascenseur pour l’échafaud se profile) et une Baignade impromptue au fil de mesures 5/4 et 6/4. Moi, je veux bien! Son discours est toujours ponctué de ces notions qui font de lui un sage savant sans vouloir nous imposer son érudition musicale. Est-il besoin d’appuyer sur le jeu de cette belle basse ronde qui se transforme sous l’archet de Normand? Quant à Pierre, pour jouer le jeu des «ti-noms», il ne se retient plus, se tire une bûche et commence à taper dessus pour se fontre avec le décor environnant. Quelle belle complicité avec la chaleur des «bouttes» de bois qui ronronnent dans le gros poêle à deux-ponts. Tout doucement, j’ai refermé la porte derrière moi pour ne pas…

    Sur la couverture de la pochette, un massif de pierre gris-vert avec de la mousse glissante qui empêche qu’on grimpe dessus. Il n’a pas bougé depuis l’Ère des Glaciers. Et derrière, trois farfadets se font des clins d’œil comme des témoins de ce qui vient de se passer.

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