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  • La vie, c’est simple dans Coda Magazine

    «Recent CD’s», James Hale, Coda Magazine, 1 novembre 2001
    jeudi 1 novembre 2001 Presse

    Derome’s collaborations with his partner, reed player and vocalist Joane Hetu, represent the other side of his musical personality: intense, tighly focused and intimate. Full of word play — which works in both the original French and its English translation — and mouth sounds, their duets deal with life and relationships at the most elemental level. Their greatest triumph is in raising the banal everyday stuff to provocative art. As they say in the title track: “Death is simple, it’s life that’s complicated.”

    Their greatest triumph is in raising the banal everyday stuff to provocative art.

    Canot-camping, expédition 4 dans Coda Magazine

    «Recent CD’s», James Hale, Coda Magazine, 1 novembre 2001
    jeudi 1 novembre 2001 Presse

    Like fellow alto player John Zorm, Jean Derome can seem so ubiquitous in his corner of the music scene that it’s difficult to imagine what the music would be without him. For 25 years, Derome has been at the heart of improvised music in Quebec, collaboring with a revolving cast of characters and leading projects that reflect both his own individualistic approach to instrumental expression and culture of his province. Featuring 10 members of his musical circle, his “canoe camping” series is both representative of his distinctive approach and of how his work parrallels Zorn’s. Like Zorn’s “game pieces”, Canot-camping is a highly variable conducted work of collective improvisation. Mirroring the unpredictability of a canoe trip, the work relies on a set of 60 hand gestures and the reactions of improvisers as skilled as bassist Normand Guilbeault, percussionist Pierre Tanguay and trombonist Tom Walsh, all in pursuit of Derome’s key question: “Do we tame noise, or does noise tame us?” From pre-departure parking to a climatic encounter with some rapids, the fourth expedition in Derome’s series combines small instrumental gestures and responses into an evocative adventure.

    … series combines small instrumental gestures and responses into an evocative adventure.

    Quatuor Bozzini dans La Scena Musicale

    «Cordes sympathiques», Marc Chénard, La Scena Musicale, no 7:3, 1 novembre 2001
    jeudi 1 novembre 2001 Presse

    Faisant peu à peu son chemin, le quatuor à cordes Bozzini peut se féliciter d’une année bien remplie. En effet, c’est à l’automne de l’an 2000 que cette jeune formation fit sa première percée en s’associant avec le guitariste compositeur Tim Brady, le chevronné directeur de l’Ensemble Bradyworks et l’organisateur des Concerts M. Fort de sa première saison, ce quatuor semble désormais sur sa lancée, comme le confirme sa feuille de route des derniers mois: première tournée européenne en Allemagne et en Suisse (fin d’avril, début de mai), résidence au Festival June in Buffalo, concert estival à Montréal en août, «L’Odyssée du quatuor à cordes»(un ambitieux programme de trois concerts en une soirée au Théâtre de la Chapelle le 15 septembre dernier), trois prestations à New York, au Kitchen et au American Festival of Microtonal Music, dans la dernière quinzaine du mois, bref, de quoi susciter l’envie de plus d’un ensemble de musique de chambre.

    Fondée en 1998 par les sœurs Bozzini (Stéphanie à l’alto et Isabelle au violoncelle), cette formation montréalaise mise principalement sur le répertoire contemporain, donc de compositeurs de notre temps, comme le souligne la violoncelliste, mais cela ne l’empêche pas pour autant d’inscrire des pages de Haydn, de Mozart ou de Chostakovitch dans ses programmes de concert. Comme deux et deux font quatre, l’ensemble compte aussi sur deux violonistes expérimentés, soit Clemens Merkel (un virtuose spécialiste en musiques contemporaines, qui a quitté son Allemagne natale pour s’établir au Québec) et Geneviève Beaudry (une interprète d’expérience qui a trempé dans tous les répertoires, tant ancien, baroque que contemporain).

    «Le quatuor est l’aboutissement de notre expérience commune», explique Isabelle, à peine de retour d’un second séjour européen qui lui a permis de jouer en duo, avec son conjoint Clemens, dans le prestigieux festival Ultima à Oslo.» En fait, c’est au moment de poursuivre mes études à l’Université de Montréal que j’ai formé un premier groupe avec ma sœur, le Quatuor Euterpe, et celui-ci nous a permis d’explorer un large éventail de musiques, tant “classiques” que “contemporaines”.» De Ives à Feldman, voire de Webern à Nono, l’actuel quatuor dispose d’un solide répertoire de référence, mais ce sont aussi les créations de nouvelles œuvres qui lui donnent son cachet. Plus que jamais, cette belle équipe poursuit son travail d’approfondissement des musiques de notre temps en exécutant un nombre accru d’œuvres québécoises et canadiennes, dont des créations récentes de pièces commandées à Jean Lesage, à Justin Marriner et à Michael Oesterle. Par-delà les titres qui composent son répertoire, cet ensemble cherche toujours à faire reculer ses frontières et sa récente Odyssée du mois de septembre lui a d’ailleurs donné l’occasion de présenter des programmes complets de musique microtonale et «électrique».

    En dépit du rythme croissant des activités du quatuor, il n’en demeure pas moins que la partie est loin d’être gagnée. «Nous sommes des musiciens pigistes après tout», renchérit Stéphanie, la sœur cadette, «car on doit encore faire toutes sortes de musiques, qu’elles soient baroques, classiques ou simplement alimentaires. Cependant, j’ai eu de la chance, parce que j’ai pu travailler dans plusieurs ensembles européens lors de mon stage d’études de deux ans à la Musikhochschule de Zurich.» Outre des cours particuliers qu’elle donne à l’Université Concordia, Isabelle est, elle aussi, active sur plusieurs fronts, notamment au sein des ensembles Arion et Kore.

    Comme tout nouveau venu qui cherche à se tailler une place au soleil, le quatuor place l’enregistrement au cœur de ses préoccupations. À ce chapitre, les nouvelles semblent prometteuses, car deux projets sérieux sont sur la table en ce moment. «À la suite de notre tournée européenne du printemps, précise la violoncelliste, nous avons eu une réaction favorable de la part de la maison Wandelweiser en Suisse, et elle se dit bien intéressée par nous, mais rien n’est encore arrêté en ce moment.» Désireux de diffuser la musique de chez nous, le quatuor compte aussi graver un autre disque vers la fin de l’été 2002, quoique les recherches se poursuivent toujours pour trouver du soutien.

    Bien lancé dans sa deuxième saison des Concerts M, le quatuor ne ralentira en rien ses activités durant les prochains mois et on pourra d’ailleurs l’entendre à cinq reprises d’ici mai. Parmi les rendez-vous prévus, le plus ambitieux de tous sera celui du 12 au 16 mars, lorsque le Quatuor Bozzini et l’Ensemble Bradyworks se diviseront les honneurs d’un événement conjoint (Voyage Dublin [Montréal] avec deux formations irlandaises, le Crash Ensemble et Vox 21. D’ici là, on pourra voir le quatuor dès le 11 novembre prochain, à 20 h, dans la salle de récital des Jeunesses Musicales du Canada (305, avenue Mont-Royal, 845-4108). Fidèle à sa vocation de présenter la contemporanéité musicale selon ses époques, le quatuor interprétera une œuvre de Malcolm Goldstein, en plus d’une de Sciarrino et d’une de Webern.

    Martin Tétreault dans Convergence

    «Martin Tétreault i8U moi non plus», Serge Roy, Convergence, no 2:3, 1 novembre 2001
    jeudi 1 novembre 2001 Presse

    Martin Tétreault et i8u se sont croisés il y a quelques mois lors d’une soirée organisée par Francisco López au Silophone. Poursuivant leur carrière respective, les deux bruiteurs-musiciens-compositeurs comptent bien unir leur talent sur scène et sur disque. Nous les avons rencontré à Mutek 2001. C’était leur première vraie prestation en duo.

    D’abord formé en arts plastiques, Martin Tétreault s’est découvert une passion pour les tourne-disques en 1984 en s’amusant à casser des disques vinyles en deux, à les rescotcher l’envers et les faire jouer sur son pick-up. Bruiteur, manipulateur de tourne-disques et compositeur, Martin Tétreault est associé au courant de musique improvisée, de musique actuelle montréalaise et plus particulièrement au collectif Ambiances Magnétiques. Il a accompagné, en spectacle et sur disques, plusieurs autres artistes de ce collectif: Michel F Côté, Joane Hétu, Diane Labrosse… Ces dernières années, il a entrepris une carrière solo, qui l’a amenée dans plusieurs festivals de part et d’autre de l’Atlantique.

    i8u a suivi un parcours plus traditionnel. Ayant d’abord reçu une formation en musique classique, elle s’est ensuite tournée vers la musique blues, voie qu’elle aurait sans doute poursuivie si le hasard n’eut pas mis David Kristian sur son chemin. Curieuse de nature, elle s’est lancée dans la musique électronique sur l’invitation de David Kristian, comme ça, juste pour voir… «J’ai réalisé que c’était une musique qui était très naturelle pour moi. Ce changement très drastique pour moi a marqué une sorte de coupure radicale. Il a fallu que j’entreprenne tout un cheminement, que je désapprenne ce que j’avais acquis en musique traditionnelle (structure musicale, mélodie, rythmes…) pour approcher cette nouvelle musique sans idées préconçues.»

    Les deux artistes ont un point en commun: ils créent de la musique électronique à partir de diverses sources analogiques et numériques qu’ils échantillonnent, tripatouillent, remodèlent. Martin ne sort jamais sans son tourne-disques, mais ne trimbale presque jamais de disques. «Ces temps-ci, racontent-il, j’utilise beaucoup ce vieux tourne disques auquel j’ai rajouté deux bras de lecture pour que ça soit plus dynamique et qu’il y ait encore plus de possibilités sonores. Tous les sons sont générés par le moteur. Les bruits viennent du moteur, de l’intérieur de l’appareil. C’est un travail au niveau de l’électricité comme tel, des buzz électriques. Les sources issues de ce matériel sont branchées à un vieux synthétiseur Rolland, ce qui me permet de moduler les différentes entrées audio. Avec des pédales de volume, de distorsion et de délai, je contrôle le tout sans nécessairement devoir passer par la console.» La musique de Martin est donc plus «électrique», qu’«électronique», du fait qu’il utilise des sources analogiques, qu’il gonfle les fréquences, amplifie le ground, les mauvaises prises à la terre. Il produit et traite les bruits parasitaires que les musiciens traditionnels s’évertuent à éliminer.

    Elle, en concert, trimballe notamment un synthetiseur Emu Morpheus, un synthétiseur Korg ES-1, et un lecteur de mini-disques sur lequel elle a préenregistré des sons qu’elle traite ensuite en direct. Elle fabrique et échantillonne des sons provenant de diverses sources, obtenus directement de l’ordinateur. «Je fais une espèce de jam avec l’ordinateur, j’enregistre ça et selon ce que Martin me fait jouer durant notre set, j’introduis mon matériel. Je passe le plus clair de mon temps à programmer des sons, à trouver de nouvelles manières de les fignoler.»

    Sur scène, le duo laisse une grande place à l’improvisation. «En répétition et à force de jouer ensemble, on a délimité la palette de sons de chacun et fixé la gamme à partir de laquelle on veut travailler, explique Martin. Après, ça devient trés mécanique; on réarrange différemment ces sons-là, qui évoluent, selon l’esthétique sonore qu’on a choisi.» L’ambiance du moment influence bien évidemment la prestation. «L’envoûtement que le public peut avoir lors de la performance, c’est important pour nous, explique i8u. Il faut impliquer l’audience dans le processus et non pas se contenter d’être l’artiste qui présente devant les gens qui écoutent. On recherche cette interaction, ça nous alimente.» À Mutek, incidemment, les artistes semblaient très préoccupés par la configuration de la salle. Contrairement à la plupart des autres concerts du festival, ils étaient installés derrière la salle, devant les techniciens de son.

    «La musique qu’on fait, commente Martin, découle la plupart du temps du mouvement de la musique improvisée, mais elle n’est pas créée avec les mêmes outils, à savoir un ordinateur portatif et des logiciels. Le résultat sonore peut donc sembler différent de ce qu’on entend à Mutek (et lors d’autres festivals de musique dite électronique). Dans le fond, le projet qu’on fait ensemble pourrait aussi bien avoir lieu au Festival de musique actuelle de Victo. Le fait qu’il se soit retrouvé dans la programmation de Mutek prouve que finalement il y a des ponts entre ces différents créneaux.»

    Tant mieux pour les deux artistes si les occasions et lieux de diffusion de leur musique se multiplient. Car au demeurant, le quotidien n’est pas toujours facile pour ces deux-là qui préfèrent l’expérimental au commercial. «On ne fait pas du pop, on est loin de la musique commerciale, de Britrey Spears et compagnie, dit i8u. Créer de la musique, c’est une mentalité, ça devient un mode de vie. Tu deviens tellement obsédé par ton travail; où que tu sois, tu es entourée de bruits, il y a toujours quelque chose qui te ramène là, tes toujours dedans. Ça m’est peut-être personnel, mais je suis connectée 24 heures sur 24.»

    Martin, lui, a la chance d’avoir un grand réseau de collaborateurs et de jouer plus souvent. Il travaille régulièrement comme musicien invité, ici et en Europe, «Pour l’instant, je fais souvent des allers-retours en Europe pour jouer dans différents festivals, en solo ou en duo avec d’autres musiciens de partout dans le monde; des Français, des Japonais, des Belges… Si je n’avais pas de tournée en Europe, et si on ne faisait pas appel à moi ici pour de la musique de film, de théâtre ou de danse, je ne pourrais pas vivre de mon métier.»

    i8u et Martin Tétreault n’ont pas officiellement formé un duo, mais le plaisir qu’ils ont à jouer ensemble les amènera surement vers d’autres collaborations. D’ici là et en attendant leur prochaine sortie, les amateurs du genre peuvent commander les albums solos des deux artistes sur le site d’i8u et d’Amblances Magnétiques. Pour découvrir la résonance des deux univers, il faut se procurer une pièce rare: un album artisanal enregistré par les deux artistes lors d’un atelier de travail les 11 et 12 janvier.

    … où que tu sois, tu es entourée de bruits, il y a toujours quelque chose qui te ramène là, tes toujours dedans.

    Plinc! Plonc! dans All About Jazz Italy

    «Recensione», Michele Anelli, All About Jazz Italy, 22 octobre 2001
    lundi 22 octobre 2001 Presse

    Plinc! Plonc! Pierre TanguayJean Derome (Ambiances Magnetiques — Canada — 1997) Registrato nel Quebec alle Soirees de Musique Fraiche il CD vede in azione il fiatista Jean Derome e il percussionista Pierre Tanguay. Entrambi già presenti da tempo nel catalogo della Ambiances Magnetiques e fautori di molte collaborazioni con artisti come René Lussier e Chris Cutler. In quest’opera il duo dà vita ad una variegata gamma musicale che trova terreno comune negli stilemi del free-jazz arrivando anche a proporre Ba-Lue Bolivar Ba-Lues-Are di Thelonius Monk. Sono quasi diciassette i minuti di Plinc! Plonc! che aprono il CD. Ad un furioso inizio con Tanguay impegnato sui tom e il rullante soltanto, tralasciando i piatti, in modo da creare un tappeto percussivo quasi tribale, concentrato sui suoni bassi, si contrappone un finale in perfetta calma che vede Derome in quasi solitudine al soprano. È con Djuni che si raggiunge un perfetto equilibrio tra i due. Derome apre il pezzo con un assolo particolarmente ispirato, dal sapore notturno. Indugiando sulle note, centellinando nelle scale con un tocco davvero particolare dà vita ad una situazione lirica e rilassata, su cui Tanguay interviene con suoni delicati che si incastrano perfettamente nella trama sonora.

    In Casse-Cou, terzo pezzo, Derome abbandona momentaneamente il sax per il flauto traverso. Anche con quest’altro strumento, il musicista dimostra una grande creatività ed un’ottima padronanza. Brano, questo, particolarmente astratto rispetto agli altri, molto vicino alle esperienze che furono di Eric Dolphy, ma comunque in grado di ritagliarsi un proprio spazio e una propria personalità. Con Zuripari, i due ritornano per certi aspetti agli stilemi del primo brano, qui però estremamente sincopato ed aggressivo.

    Nell’ultima traccia vengono abbandonati gli strumenti e il duo diviene protagonista di un pezzo, forse, cabarettistico, con schiacciapensieri e voci alterate. Brano, che, probabilmente avremmo potuto maggiormente apprezzare nella performance dal vivo, per via della mancanza della componente visiva. Un’opera, comunque, decisamente interessante e umana, caratteristica questa difficilmente riscontrabile in molte uscite di musica improvvisata, più o meno derivante dal jazz.

    Un’opera, comunque, decisamente interessante e umana…
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