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  • Île bizarre dans Exclaim!

    «Release Tour Mind…», Spike Taylor, Exclaim!, 1 juillet 1998
    mercredi 1 juillet 1998 Presse

    On Île bizarre, Tétreauit is joined by Diane Labrosse (keyboards, sampler) and Ikue Mori (drum machines) to make hell of their technologies in a full-length search tor noise redemption. This is a found paradise of sound where the buzzing of bees is replaced with trying wires and the sun shines angry and grey. Each member contributes brilliance to the mood, a soundtrack to a boiler room chase scene. This is one of the most captivating listening hours I’ve spent in days and days of wandering from town to town.

    This is a found paradise of sound where the buzzing of bees is replaced with frying wires and the sun shines angry and grey.

    3 musiques pour UBU dans Splendid E-Zine

    «Review», George Zahora, Splendid E-Zine, 29 juin 1998
    lundi 29 juin 1998 Presse

    Despite several years of high school and university French courses, I can barely speak a word of the language. This failing is thrown into sharp relief by discs like 3 musiques pour UBU, which are so aggressively “in-French” (well, Québécois, actually) that only a uniquely foreign and incompatible CD shape would rankle more. I’m literate enough, however, to determine that this double-disc consists of musical scores that Jean Derome created for three early-nineties productions by Montréal’s Théatre UBU — but as the CD booklet is entirely in French, those of us who are Gallic-challenged must make do with vague guesses about subject matter. The first disc contains the score to Cantate grise, which is based on several works by Samuel (Waiting for Godot) Beckett. Not too surprisingly, it sounds something like a fever dream — a seductive yet dischordant mix of strings and wind instruments that lapses between harmony and outright musical schizophrenia. Moments of gentle calm segue rapidly into vague unease and outright paranoia — smashing stuff. Les Ubs, based on the works of Alfred Jarry, is perhaps the most accessible piece on the disc, as well as the one with the most lyrics. Bearing a passing resemblance to the Brecht/Weill pantheon, it is upbeat and martial, full of steady, straightforward rhythms — complete with tuba oompahs — and hummable melodies. From the pictures, it looks pretty satirical, too. Luna Park, the final production, is also the most modern; in addition to highly stylized costumes and sets, it makes use of a mixture of traditional instruments and found and ambient sounds. Electronic noises, woodland sounds, tocsin bells, squeeze toys, chanting, a calliope and a plane crash all find their way into these tracks, making it the most challenging and intriguing of the three compositions. Despite being separated from the performances they were written to enhance, 3 musiques pour UBU offers a broader than average look at Derome’s work, and should intrigue fans of the hard-to-define electroacoustic genre as well as devotees of avant-garde theatre.

    … smashing stuff… Despite being separated from the performances they were written to enhance, “3 musiques pour UBU” offers a broader than average look at Derome’s work…

    volume 1: La bastringue migratoire, Ambiances Magnétiques dans Splendid E-Zine

    «Review», Noah Wane, Splendid E-Zine, 22 juin 1998
    lundi 22 juin 1998 Presse

    The compilation disc La bastringue migratoire makes for a good initiation to the Ambiances magnétiques label. About a dozen artists are represented here and, though hard to classify, their music is essentially tropes on a basic theme of “art jazz”. Some approaches are fairly conventional, like Evidence’s interpretation of Thelonious Monk’s Criss Cross, while others, such as Robert Lepage’s comic-strip-inspired clarinet ditty Le sourire de la Joconde, are admittedly bizarre. Some tracks are gentle, as in Michel Côté and Diane Labrosse’s Y tu mirar, while others are brash, like Jerry Snell’s Life in the Suicide Riots. Musical influences present on the disc range from DJ culture in Martin Tétreault’s work, to rock in André Duchesne, to folk music of various cultures sort of sprinkled throughout all the pieces. Poetry is present in the many of the tracks but is particularly central to Genevieve Letarte’s La ragazza. My favorite work is Les Granules’ Le tango qui ne finit jamais — it combines kitsch with music-craft in a way that is at once sinister and charming. If you haven’t had the pleasure of aurally ogling anything from Ambiances magnétiques, I strongly recommend La bastringue migratoire.

    I strongly recommend La bastringue migratoire.

    Callas: La diva et le vinyle, Robert Marcel Lepage, Martin Tétreault dans Le Devoir

    «Bonheur de pointe», Lise Bissonnette, Le Devoir, 20 juin 1998
    samedi 20 juin 1998 Presse

    Les viniers et les plats de croustilles étaient vides, les chandelles s’épuisaient aussi, il fallait se résigner. La soirée Callas que la Cinémathèque de Montréal avait programmée le 9 juin serait reportée (au 26 juin que je vous conseille) pour cause de panne d’électricité dans le quartier. Le climat vaguement surréaliste des lieux se prêtait bien, toutefois, au lancement par la Phonothèque québécoise du disque Callas, la Diva et le Vinyle, tissage sonore indescriptible du clarinettiste Robert Marcel Lepage et de son compère Martin Tétreault qui se définit comme «disc jockey et instrumentiste de la platine». Pas besoin d’Hydro-Québec, ce soir-là, pour qu’il tire d’un vieil enregistrement en microsillon de Lucia di Lammermoor, en y baladant à la main l’aiguille du gramophone, une sorte de «voix d’outre-vinyle» de la Callas qui «passe à travers tout».

    Tout en demeurant fort accessibles au commun des mortels, les soirées de ce genre relèvent certes de la culture plus «pointue». Les films que la Cinémathèque vous offrira à nouveau cette semaine et que j’ai eu le privilège de visionner à la maison sont des documents de grand intérêt, mais on peut aimer l’opéra, la Callas et la musique en général sans aller aussi loin. L’un, intitulé Diva Maria, Entretien avec Werner Schroeter, consigne le témoignage du cinéaste allemand qui, au milieu d’une adolescence troublée, découvre la voix de la Callas et s’y attache au point où elle déclenche sa vocation de réalisateur et de metteur en scène d’opéras scéniques. La puissance de la rencontre a été telle, dit Werner Schroeter, qu’elle lui a «sauvé la vie». L’autre film, Écouter Callas, réunit sur un plateau sept experts qui devisent de la discothèque idéale de Callas, échangent leurs connaissances mais aussi leurs jugements sur l’évolution de sa voix, sur les moments divins et les moments ratés, qu’il lui arrivait certes de connaître aussi.

    Les deux films ont été tournés en une seule soirée dans un studio de télévision à Paris, et programmés sur la chaîne franco-allemande Arte en septembre 1997, pour le vingtième anniversaire de la mort de Maria Callas.

    Le montage, typiquement français, est plus cérébral que la conversation, souvent passionnante et où s’accumulent mille enseignements. La caméra ne connaît que deux ou trois mouvements, le cadrage est tout croche, certains invités disparaissent derrière une sorte d’écran transparent qui se veut artistique mais ne réussit qu’à être encombrant. Le pari est toutefois tenu, celui de nous amener à «écouter» Callas sans jamais la voir, à partir de disques et non de films, et en nous aidant de conversations qui portent pour l’essentiel sur sa voix plutôt que sur son troublant et fascinant personnage.

    Et de là, on peut entreprendre d’autres voyages. Sur le plateau, par exemple, on retrouve Réal La Rochelle, le président de la Phonothèque québécoise dont je vous entretenais la semaine dernière, sans doute l’expert entre tous de la discographie de Callas. Étudiant en cinéma à Paris au début des années 60, M. LaRochelle avait eu le culot de lui écrire, tout bonnement aux soins du Covent Garden de Londres, pour requérir le privilège d’assister à un de ses enregistrements en studio, d’autant qu’il lui était impossible de se procurer les billets pour ses prestations publiques. Et il s’était retrouvé quelques mois plus tard salle Wagram, à Paris, à observer son travail en Tosca, ce qui déclencha chez lui un peu comme chez Werner Schroeter une vocation Callas qui l’a mené entre autres à son doctorat et à des publications importantes dont Callas, la Diva et le Vinyle, la POPularisation de l’opéra dans l’industrie du disque, paru en 1988 chez Triptyque, titre repris en partie par le disque de Tétreault et Lepage dont il signe d’ailleurs la présentation. Et plus récemment, mouture revue et augmentée de ce premier ouvrage, les éditions Christian Bourgois ont publié de lui, à Paris, Callas, l’opéra du disque, une merveille de travail savant rédigé de façon très personnelle. Vous y découvrirez, à travers la cantatrice, l’histoire de l’industrie du disque classique durant la deuxième moitié du siècle, un monde que les ventes de la Callas continuent de dominer vingt ans après sa mort. À la différence de tant de gens de culture, Réal LaRochelle ne regarde pas de haut «l’industrie culturelle», ses calculs et ses stratégies; il nous la fait découvrir indispensable, et peuplée de passionnés de leur matière.

    Si vous habitiez en France, ce mélange d’enseignement et de divertissement de haut niveau vous aurait été accessible en direct de votre fauteuil, par les bons offices de la chaîne Arte qui, le 17 septembre dernier, mettait en ondes pas moins de quatre heures d’émissions regroupées sous le titre Thema Callas, dont certains films présentés récemment dans le cadre de notre vaillant Festival international de films sur l’art (FIFA). La «chaîne culturelle européenne», ainsi qu’elle se définit, présente actuellement à la Cinémathèque, jusqu’à la fin de juin, un échantillon de sa programmation qui ne fait pas rêver mais plutôt désespérer les affamés d’ici. Arte, on le sait, ne s’encombre pas et ne s’encombrera jamais de réclame commerciale, et ses bailleurs publics de fonds, en France et en Allemagne, ne lui font pas grief de sa minuscule part de marché. Conçue un peu comme un volet «recherche et développement» de la culture audiovisuelle, la chaîne n’a pas d’obligation de rentabilité mais en a une de qualité. Elle ne craint pas le «pointu» et a mission d’en offrir le choix au téléspectateur dont le menu habituel, derrière une apparente diversité, est surtout d’une effarante uniformité. Ainsi démontre-t-elle, depuis maintenant six ans, que la démocratisation de la culture est le contraire de sa bêtification, qu’elle signifie rendre le meilleur disponible à tous, et que petit écran peut aller loin.

    Vous aurez lu quelque part que notre Société Radio-Canada, celle qui s’enorgueillit de préférer le gouret aux livres, celle qui a mis au point le style Snyder et n’a pas connu de plus grand chagrin que son émigration à Télé-Métropole, celle qui entre en indicible jouissance devant les cotes de sa «p’tite vie», celle qui se veut la fille publique de la télévision publique, songe à se dédouaner auprès des désespérés qui l’engueulent dans tous les lieux de culture en requérant du CRTC la permission de créer en parallèle une «chaîne culturelle» analogue à Arte. Bonne nouvelle? Peut-être pas. Dans son récent ouvrage sur la décadence de la télévision publique française, Remontrance à la ménagère de moins de 50 ans (Plon, 1998), l’animateur Bernard Pivot met en garde contre cette relégation des émissions de qualité dans un ghetto dont l’existence donne bonne conscience aux chaînes généralistes, les dégage de toute exigence culturelle et laisse ainsi libre cours à leur appétit de sottises payantes. La culture, se disent-elles désormais, il y a une chaîne pour ça.

    Mais les regrets de M. Pivot, si nous pouvions un jour les éprouver, seraient un luxe. Car les dirigeants d’Arte, distinction majeure, ne sont pas les mêmes qui ont dégradé la télévision française. Ce qui nous menace, si la SRC obtient le mandat de créer un Arte canadien, c’est d’hériter d’un travesti, où la cote d’écoute continuera à tenir lieu de cerveau, car sa dictature est acceptée chez nous avec enthousiasme, conviction et fierté. L’idée derrière Arte est plutôt celle d’une rébellion continue contre les idées audio-visuelles reçues et d’une foi en l’intelligence et la curiosité des spectateurs. Il faudrait plutôt la confier, de façon autonome, à des gens capables de comprendre que quatre heures d’émissions sur Callas n’épuisent pas le sujet ni l’être humain qui les regarde, et désireux eux-mêmes d’en savoir plus. Ça se trouve, entres autres à la Cinémathèque.

    Les clarinettes ont-elles un escalier de secours? dans La Presse

    «Robert Marcel Lepage: la polyvalence assuméé. Les clarinettes ont-elle un escalier de secours?», Alain Brunet, La Presse, 13 juin 1998
    samedi 13 juin 1998 Presse

    Quelques semaines plus tôt, Robert Marcel Lepage lançait un disque solo, intitulé Les clarinettes ont-elles un escalier de secours?

    «Le titre provient d’un rêve, nous apprend l’interviewé. Ma femme s’est réveillée au milieu de la nuit, m’a réveillé en me posant la question suivante: «Robert, les clarinettes ont-elles un escalier de secours?» Le lendemain, elle ne se souvenait de rien. Son inconscient avait parlé; elle sentait bien que j’étais à la fois passionné et prisonnier de la clarinette.» Et puisque Lepage était à concocter un album sur le concept même de clarinnte, cette question (onirique) tombait pile. «Il s’agissait de remettre dans leur contexte original les influences que j’ai eues au cours de mon apprentissage de l’instrument. Une espèce d’hommage à ces influences. L’idée était de rassembler ça dans des contextes extrémes de musique world.» Le spectre d’influence de disque (superbe au demeurant) est large: tsifteteli («musique grecque de club»), musiques hébraïques, gaita du Maroc, clarinettes triples de Sardaigne, clarinette pour samba, wedding bands du Rajasthan, énumère entre autres le principal intéressé dans ses notes de pochette. L’écoute de ce disque ne nocessite d’ailleurs, aucun escalier de secours.

    Callas: La diva et le vinyle dans La Presse

    «Robert Marcel Lepage: la polyvalence assuméé. La Callas, un disc jockey et un clarinettiste», Alain Brunet, La Presse, 13 juin 1998
    samedi 13 juin 1998 Presse

    En création, la polyvalence est parfois suspecte. Lorsqu’elle est maitrîsée, cependant, elle devient un outil extraordinaire. Prenez le cas de Robert Marcel Lepage. Dessinateur aguerri, clarinettiste solide, improvisateur et compositeur, pointu ou populaire, d’aucune allégeance musicale, notre homme est un polyvalent qui s’assume. Ces dernières semaines, l’artiste lançait deux albums (étiquette Ambiances Magnétiques)… et il en a cinq autres en chantier! Et cela ne compte pas ses musiques de films ou celles des téléséries signées Réjean Tremblay. Frais et dispos, il se présente à La Presse. Étre charmant s’il en est, Robert Marcel Lepage n’a pas du tout l’allure speedée. On l’imagine passé maître dans l’art de gérer ses horaires. Asseyons-nous… Par quoi commencer, au juste?

    Tiens! Commençons par le ptit dernier: Callas: la diva et le vinyle a été lancé ce mardi à la Phonothèque québécoise.

    «Ce projet, raconte Lepage, fut initié par Réal Larochelle, spécialiste de la Callas et président de la Phonothèque. Il voulait se départir de sa collection de vinyles et que l’on fasse quelque chose avec ses disques de Maria Callas. Il a contacté Martin Tétreault et moi-méme. Nous avons accepté d’en faire un disque. «Pour travailler avec moi, Martin était la personne indiquée, un artiste trés sensible, un coloriste… et un d. j. Jouer avec lui, c’est se retrouver dans un contexte propice à l’improvisation, très intéressant pour un clarinettiste. «La clarinette était aussi intéressante dans le contexte, parce que Maria Callas à déjà été comparée à l’instrument —lorsque la chanteuse s’était produite à New York pour la première fois (en 1954), Claudia Cassidy, une critique américaine, avait écrit que «sa voix était un mélange de clarinette et de hautbois». «Nous avons ainsi envisagé ce duo clarinette-Callas en dehors du contexte de l’opéra. On l’a fait un peu comme un disque de Jazz —ce qui explique le graphisme de la pochette, qui reprend l’imagerie Blue Note.»

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