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Diane Labrosse

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  • Face cachée des choses, Diane Labrosse dans AllMusic

    «Review», François Couture, AllMusic, 1 juin 1995
    jeudi 1 juin 1995 Presse

    A keyboardist who turned to the sampler in the early 1990s, Diane Labrosse offered with Face cachée des choses her first solo album. She crafted 13 pieces out of found sounds, mostly domestic or environmental. On a few tracks she added her felt voice or a simple keyboard part. Although this is a sampler album, it has very little to do with the deconstructionist approach of one Bob Ostertag, the roughness of Ikue Mori or even musique concrete. Labrosse’s music remains close to the song format, it feels like instrumental music made with anything but musical instruments. From tenderness (Nénuphar) to downright sillyness (Île de Pâques), Face cachée des choses unfolds like a collection of 13 poems. Each one of them conjures emotions, memories, reactions, but its meaning often lingers out of reach. Later Labrosse will release more substantial and experimental albums, such as the free improvisation trio Île Bizarre and the large-scale project Petit traité de sagesse pratique, but this one feels more intimate and surely is her most accessible CD. Think of it as a guilty pleasure between her work in the avant-rock groups Wondeur Brass and Justine, and her later efforts.

    Think of it as a guilty pleasure…

    Simoneda, reine des esclaves, Joane Hétu, Justine, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger, Marie Trudeau dans Parachute

    «Wondeur Brass: Le jazz au féminin», Raymond Gervais, Parachute, no 55, 1 août 1990
    mercredi 1 août 1990 Presse

    Ce collectif entièrement féminin a édité deux disques avec un personnel un peu différent. Un autre album du trio Les Poules regroupe, de fait, trois des quatre membres de l’actuel Wondeur Brass et peut donc presque être considéré comme une troisième réalisation du même groupe.

    Il y a toute une histoire fascinante du jazz au féminin qui est de mieux en mieux documentée depuis le début des années soixante-dix, à l’échelle internationale. Montréal possède aussi son histoire du jazz au féminin, de Jane Fair autrefois à Lorraine Desmarais aujourd’hui. Le récent festival international des musiciennes innovatrices en constitue l’un de ses jalons récents les plus prestigieux (orchestré par Wondeur Brass -Productions Super Mémé).

    En tant que collectif féminin, ce groupe cependant reste unique dans la métropole actuelle. Il s’agit de Joane Hetu au saxophone, Diane Labrosse aux claviers, Marie Trudeau à la basse électrique et Danielle Palardy Roger à la batterie. Le jazz new wave que pratique Wondeur Brass s’appuie beaucoup sur les textes lui aussi, sur la voix donc, prolongeant peut-être ainsi, à sa manière, les porte-paroles féminins engagés d’antan, de Marie Savard avec Pierre Leduc ou Louise Forestier avec le quatuor de jazz libre du Québec à d’autres grands noms de l’extérieur, tels Brigitte Fontaine, Irène Aebi, Colette Magny et d’autres (pour la séduction moqueuse, la remise en question des valeurs établies, une certaine fascination pour l’interdit, l’expression d’un cri poétique contestataire, ludique, désinvolte)

    Tel ce métronome inspiré de Man Ray qui orne la pochette de leur dernier disque, la musique de Wondeur Brass oscille entre la chanson trouble, inquiète, fendue, et une affirmation plus vitale ou extravertie de soi, où, l’humour, un certain dadaïsme post industriel côtoient l’insolite, le plaidoyer, les jeux de mots, un érotisme latent, etc. Ce jazz de fusion électroacoustique un peu gauche parfois, inachevé, désespéré/lucide, exprime donc tout autant un malaise, une difficulté d’être qu’une liberté reconquise dans l’action, via l’improvisation, le jeu libre, spontané.

    Le premier album du groupe avec entre autres, la présence d’une tromboniste avait une couleur plus jazz et fort attrayante (cf.: Free Fast and Clean). Le plus récent disque intitulé Simoneda se rapproche peut-être plus du rock progressif marginal alors que Aie collectif Les Poules est sans doute plus expérimental d’approche, plus brouillon aussi ou inachevé. En bref un travail en cours passionnant, brut, essentiel à suivre. (En ce qui concerne Simoneda reine des esclaves, Wondeur Brass précise qu’il s’agit d’une «fable anachronique sur la désuétude du progrès, une histoire d’oiseaux en cage qui raisonnent autour d’un métronome échevelé».)

    Wondeur Brass oscille entre la chanson trouble, inquiète, fendue, et une affirmation plus vitale ou extravertie de soi, où, l’humour, un certain dadaïsme post industriel côtoient l’insolite, le plaidoyer…

    (Suite), Joane Hétu, Justine, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger, Marie Trudeau dans SOCAN — Le Milieu

    «Wondeur Brass se rebaptise Justine», Daniel Rolland, SOCAN — Le Milieu, no 1:6, 1 août 1990
    mercredi 1 août 1990 Presse

    On dit du quatuor qu’il est l’avant garde québécoise. Wondeur Brass comptait à ses débuts neuf musiciennes et chanteuses. Au fil du temps leur nombre a diminué passant de neuf à sept puis six, puis cinq. Maintenant elles sont quatre et le quatuor s’appelle désormais Justine. Les quatre acharnées sont Joane Hétu, sax alto, Diane Labrosse, claviers, Danielle Palardy Roger, batterie et Marie Trudeau, basse électrique. On dit d’elles qu’elles sont l’avant-garde québécoise. Tout récemment, sous leur nouveau nom, elles lançaient un quatrième album, Justine (Suite), sur étiquette Ambiances magnétiques.

    Justine, c’est d’abord de la musique actuelle. Vaste définition qui englobe les courants de la musique jazz, rock, punk, alternative et musique improvisée. Le changement de nom vient du fait que ne comptant plus qu’une saxophoniste au sein de la formation l’appellation de Wondeur Brass ne convenait plus tellement.

    Un chroniqueur a décrit leur cheminement musical de la sorte: musique éclatée-renfermée, articulée-désarticulée, structurée-improvisée, le silence-bruit et la tendresse-violence. Assez de définitions en apparence contradictoires pour susciter la plus vive curiosité. Mais si l’emploi de divers courants musicaux peut conduire à la plus grande confusion, il faut savoir que Justine a une maîtrise de la situation, et tout coule en parfaite harmonie.

    Mais jouer n’est qu’une facette du métier, et afin de mieux diffuser la musique actuelle, elles ont fondé leur maison de production, Super-Mémé, et sont membres-productrices de l’étiquette Ambiances magnétiques, qui compte dans son catalogue des artistes comme Jean Derome, René Lussier et André Duchesne.

    Avec le disque, Justine a composé un spectacle revampé de fond en comble qui conserve la même énergie à laquelle nous avait habitués Wondeur Brass. Joane, Diane, Danielle et Marie ont choisi de ne pas passer inaperçues.

    On dit d’elles qu’elles sont l’avant-garde québécoise.

    (Suite), Joane Hétu, Justine, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger, Marie Trudeau dans Le Musicien québécois

    «Justine: un conciliabule de fées», Andrée Laurier, Le Musicien québécois, no 2:3, 1 juillet 1990
    dimanche 1 juillet 1990 Presse

    Montréal ne serait pas Montréal sans l’effervescence des artisans de la musique actuelle qui sont de mieux en mieux organisés, de plus en plus connus et de plus en plus persuadés que l’originalité attise les muses.

    Quatre musiciennes de ce milieu viennent de lancer le groupe Justine, qui, sous un prénom presque sage, emprunte un parcours inédit. Ce quatuor féminin regroupe Joane Hétu, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger et Marie Trudeau, qui naviguaient naguère sous le nom de Wondeur Brass. Mais, comme il ne reste plus qu’une saxophoniste parmi elles et que le soutien-gorge n’a plus la valeur symbolique qu’il avait, leur nouveau nom rompt la continuité, pour annoncer une musique déjà plus synthétique, tournée encore plus résolument vers un éclectisme rayonnant.

    Ces femmes le disent: elles ont du cœur. Tellement que même l’oreille la plus étrangère à cette musique truculente, désobéissante et joyeusement délirante ne peut rester indifférente à la fête à laquelle elle est conviée. C’est une fête qui bouleverse ou qui séduit; pas de milieu. Avec son premier disque, le groupe Wondeur Brass ravissait; avec le deuxième, Simonéda, reine des esclaves, ces femmes réfléchissaient et frôlaient sérieusement le domaine de la musique contemporaine dite sérieuse. Avec le disque qu’elles lançaient fin mai, aux Loges, et qui s’intitule Justine (suite), elles se mettaient à danser sur la corde ténue de la fin de siècle, avec tout ce que cet exercice suppose de bravoure et de générosité. Car, ces suites modernes, faites pour convier au mouvement, sont l’appel à une grave liberté, une invitation vers une rencontre où les repères sont changés et où le parcours ne suit aucun mode d’emploi.

    Dimension sonore Dimension ludique

    Justine, sous certains aspects, relève du fabuleux. Et, lors des spectacles qui ont suivi le lancement du disque, on sentait chez les quatre musiciennes une connivence qui tient d’un conciliabule de fées, réunies là pour conjurer, pour créer une dimension sonore ou ludique qu’elles ont conçue expressément pour qu’elle leur échappe. Il s’agit bien d’un monde sans recettes connues, où le regard est lucide et l’avenir affronté sans détour. On a, pour seul guide, un plaisir à saisir, un plaisir à double tranchant, qui séduit un instant pour aussitôt décontenancer.

    «Notre pensée musicale est une cohabitation de paradoxes», dit Danielle Roger, pour situer l’univers justinien (n’y avait-il pas un empereur de ce nom?… ). «C’est à l’image du monde dans lequel on vit, explique-telle, où tout coexiste: la cybernétique et les modes de vie ruraux et anciens; la musique acoustique et la musique synthétique.»

    «L’Est et l’Ouest», renchérit Joane Hétu.

    La mesure d’une belle démesure

    S’il fallait les décrire en groupe, assises dans un salon du Plateau Mont-Royal, on n’aurait jamais la mesure de leur belle démesure, parce qu’elles ont la simplicité des gens qui innovent, sans chercher à se rallier au son radiophonique, et dont la carrière est bâtie sur une grande et singulière part d’incertitude. Mais elles ne forment certainement pas un groupe hétéroclite. La plupart d’entre elles jouent ensemble depuis des lustres.

    Danielle Roger, quand elle n’est pas à la batterie, est sans doute la plus intellectuelle du quatuor et articule ses pensées avec facilité, à l’aise dans l’abstraction. En musique, elle parle en rythmes, cherche sans cesse à les briser, à les triturer, à les dérouter, et s’amuse follement à dépenser des centaines de calories sur scène. Son énergie est au moins égale à celle de Joane Hétu, la saxophoniste, qui illustre le mieux l’individualité de chacune d’entre elles et qui a, depuis longtemps, pris le parti de la dissonance. Elle a une voix de prêtresse sombre, une voix de l’inconscient, qui donne des frissons dans L’intelligence du cœur.

    Diane Labrosse, aux claviers, a un faible pour l’harmonie, et sa féminité bien assise en fait la voix idéale de tout ce qui est évocateur dans la douceur. Si la voix de Danielle Roger joue avec un comique désopilant la candeur et sait parfois l’étirer jusqu’à frôler l’hystérie, celle de Diane Labrosse a une qualité publique de speakerine officielle ou d’observatrice plus détachée; elle serait en quelque sorte la conscience sociale, le message à lire. Marie Trudeau, à la basse, illustre l’ingéniosité et le détachement; avec ou sans archet, elle est polymorphe et évoque une variété de sons et de personnages (des météores, peut-être?).

    Attention: électricité

    Difficile à décortiquer: ces dames ne jouent pas seulement d’un instrument. Leur corps est de la partie. Elles font une foule de bruits inimaginables, qui évoquent souvent les cris des viscères. Elles tirent d’ailleurs parti de tout dans la composition de leur musique; de tout, y compris des techniciens du son et du studio lui-même. Si l’on pouvait tirer un son d’un archet sur de la gomme à mâcher, Justine aurait déjà cette technique à son répertoire. Ces musiciennes se donnent complètement aux atmosphères qu’elles créent; on se sent pris à partie, sollicités, interrogés… et parfois survoltés, comme si on venait de mettre la main sur un fil à haute tension.

    «Moi-même, je ne pourrais pas écouter la musique qu’on fait à longueur de jour», dit Joane Hétu. «Je deviendrais folle…»

    Le nouveau départ avec Justine s’accompagne d’accessoires de haute technologie, tels que les synthétiseurs dont se servent Joane Hétu et Danielle Roger. Mais comme Wondeur fut naguère composé de musiciennes de rue, le groupe n’a rien perdu de ce qu’il a d’organique et de spontané sur scène.

    «Notre musique n’est jamais finie, précise Danielle Roger. On fait partie de la nouvelle musique, qui ne voit pas la musique comme une partition; la musique est toujours vivante. Quand on est sur scène, la musique continue d’évoluer; elle se transforme et se développe selon ce qui est en train de se produire. Donc, la musique qu’on joue devant le public est encore une chose qui est en évolution».

    Justine se trouve actuellement aux confins de la musique populaire, d’où le groupe tire son origine, tout près de la frontière de la musique contemporaine C’est presque un nomands land qu’elles occupent, ces bohémiennes de plus en plus disciplinées. Elles comptent se forcer à prendre des vacances, cet été, et remonter sur scène en automne. D’ici là, on peut entendre le justinien moderne (c’est presque une langue) sur cassette ou sur disque compact et se ventiler les oreilles avec quelque chose d’inédit.

    … elles dansent sur la corde ténue de la fin de siècle, avec tout ce que cet exercice suppose de bravoure et de générosité.

    (Suite), Joane Hétu, Justine, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger, Marie Trudeau dans Le Devoir

    «Les Wondeur Brass devenues vertueuses Justine», Lyne Crevier, Le Devoir, 2 juin 1990
    samedi 2 juin 1990 Presse

    Justine, vertueuse comme l’héroïne de Sade ou passionnée comme celle de Durrell est désormais le nom des quatre «super-mémés» rescapées de feu Wondeur Brass. En créant de la musique «contemporelle» tous climats, le quatuor présente ce soir son nouveau spectacle au bar-théâtre Les Loges.

    De nos jours, il faut être un peu vertueux pour oser s’aventurer sur une voie musicale pareille et terriblement passionné pour continuer un tel combat. Justine bâtit un répertoire improvisé ou structuré que l’on entend seulement à la radio communautaire ou bien dans les festivals de musique actuelle ici ou à l’étranger. Autrement dit, les filles de Justine (Joane Hétu, sax alto et synthétiseur; Diane Labrosse, claviers; Danille Roger, batterie et synthétiseur; Marie Trudeau, basse électrique), mènent une carrière très clandestine.

    D’autant plus confidentielle que leur dernier album, Justine (Suite) sur l’étiquette Ambiances magnétiques, est diffusé à 2000 exemplaires, cassettes et disques compacts confondus. Aussi bien dire une goutte d’eau infiltrée dans l’industrie du disque.

    Mais le but des musiciennes est d’explorer sans concession un monde sonore syncopé, arythmique ou bien mélodieux, étudié et vibrant. Chacune compose la musique, trouve les thèmes, fait les arrangements et chante.

    «Personne ne dirige le groupe explique Diane Labrosse, on veut plutôt se partager équitablement le pouvoir.»

    Revenons au début de la décennie: Wondeur Brass commence sa vie d’artiste. Une fanfare «au féminin» de sept cuivres se baladait alors au gré des festivals de jazz et de musique actuelle en Amérique et en Europe. En brassant tellement les genres, la formation finit par tâter de la musique électronique en plus de la musıque acoustique. Un son neuf émergea. Un nouveau nom aussi: Les poules gloussèrent large en improvisant et composant sans relâche.

    La suite des choses prit la forme de l’album actuel dans la foulée de Wondeur Brass et compagnie. Une Suite composée de «courbes et de détours, de jeux et de variations sur eu même».

    Le quatuor esquisse des idées musicales, aborde divers sujets, fait mine de se perdre dans les méandres sonores ou sémantiques. Justine ne fait pourtant rien de plus qu’illustrer la vıe dans sa complexité même. L’album annonce la fin de siècle par des titres fracassants: Je suis exécrable, J’ai perdu le temps, J’ai perdu le sommeil, À ne plus savoir, Ça me bat le cœur, etc.

    Ça revêt aussi des accents de Meredith Monk (la voix poignante de Diane Labrosse), de Laurie Anderson (le synthétiseur affolé de Danielle Roger), de John Zorn (le saxophone sec de Joane Hétu), de Fred Frith (la basse «free-funk» de Marie Trudeau).

    Les voix des musiciennes s’emballent aussi de manière rythmique mélodique ou percutante. Des quatre, c’est Diane Labrosse qui possède l’étoffe d’une chanteuse: un professeur la guide actuellement en ce sens.

    Justine étonne par sa musique synthétique fort rigoureuse. Quelque temps avant la sortie de leur album, Hétu, Labrosse, Roger et Trudeau ont retravaillé systématiquement le mixage à l’aide de Robert Langlois.

    «Tout ce que l’on désire c’est de pouvoir continuer longtemps à prendre des risques musicaux. On n’a pas choisi cette voie pour se la couler douce ou devenir des vedettes internationales», conclut-t-elle.

    Précisément quand Justine (Suite) amorce sa carrière japonaıse!

    Justine étonne par sa musique synthétique fort rigoureuse.

    (Suite), Joane Hétu, Justine, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger, Marie Trudeau dans Radioactivité

    «Justine: contrer la paresse auditive», Radioactivité, 28 mai 1990
    lundi 28 mai 1990 Presse

    Puisque la musique d’aujourd’hui subit inévitablement les rouages d’une véritable industrie, tout ce qui s’éloigne de ses structures est automatiquement taxé d’alternatif, d’avant-gardiste. Ainsi, parce qu’elles se sont toujours éloignées des modes, les quatre filles de Justine n’ont donc jamais reçues de diffusion équitable pour leur matériel. Leur seule issue à toujours été d’aller jouer à l’étranger. Ce qu’elles ont d’ailleurs fait régulièrement pendant les dix ans de l’aventure de Wondeur Brass. Maintenant avec une toute nouvelle entité musicale, et un premier disque sous ce nom, les quatre super-mémés de Justine comptent bien créer une nouvelle brèche dans notre paresse auditive…

    D’emblée, Joane Hétu m’avouera qu’elle et ses comparses de Justine n’ont pas l’intention de changer leur démarche musicale pour connaître plus de succès au Québec; «On ne se considère pas commerciales du tout, on se sent davantage près de la recherche… On cherche à contrer une certaine paresse auditive… C’est un peu comme la première fois qu’on a vu un Picasso, on s’est demandé ce que s’était. Mais avec les années, on a appris à aimer ça… Ou comme le Festival International de Jazz; au début, ça faisait peur. Mais avec les années, ça devient une musique plus écoutable! Il faut juste faire l’effort d’écouter… Je n’ai jamais compris pourquoi on associait automatiquement la musique à une industrie, alors que quand on parle de théâtre, on pense tout de suite à un art…??? «S’inscrivant directement dans le courant de la musique actuelle, Justine est né de l’expérience de plus de dix ans du collectif Wondeur Brass. C’est la continuité de fond, le résultat des trois ou quatre dernières années du défunt groupe de fille. «Avec Justine on souligne la démarche musicale des trois ou quatre dernières années de Wondeur Brass… au moment ou on a décidé d’intégrer l’électronique. Puis, il faut bien dire qu’au début de Wondeur Brass, les cuivres étaient beaucoup plus présents. À cet époque, le nom collait mieux à la formation… Pendant 10 ans, en opérant ensemble on a subi 5 formations différentes ce qui a évidemment provoqué des changements d’orientation presqu’à chaque fois. On en était rendues à avoir plus de difficulté à s’associer au principe de base de Wondeur Brass qui était au départ celui d’une fanfare… Mais on a beaucoup appris avec les Wondeur Brass, même si c’était plus léger comme engagement musical… On a tout simplement voulut faire peau neuve au Québec, réactualiser notre démarche et reconquérir un nouveau public. Lancer un nouvel appel «explique la saxophoniste.

    Ainsi, la volonté d’explorer de nouvelles avenues musicales est très manifeste chez les quatre filles de Justine. Elles ne s’embarassent nullement de savoir si oui ou non, leur musique peut s’inscrire dans le circuit normal de la diffusion de la chanson québécoise. Elle comprennent très bien que dans leur cas, ce n’est pas ce qu’il faut qu’elles visent. qu’elles n’y parviendront pas tant et aussi longtemps qu’il ne s’opérera pas un changement drastique dans l’environnement sonore du Québec; «On s’inscrit définitivement dans le courant de la musique actuelle… mais dans 80% du temps, ça nous oblige à jouer ailleurs Au Québec, on agit encore en colonisés; quand on arrive ailleurs, on a une couleur différente qui justement, les ravit. Ce n’est pas ce qu’ils ont l’habitude de voir, et c’est ça qui les stimule. Au Québec, on est plutôt mal à l’aise avec ça. Il n’existe pas encore de fierté par rapport à notre authenticité… Nous, ce qu’on cherche c’est quelque chose qui se marie bien à toutes les cultures… Nous faisons une musique vivante, qui se permet toutes les folies que les quatre musiciennes peuvent avoir à ce moment là. Notre musique n’est jamais statique, on se permet régulièrement des moments d’improvisation, on joue beaucoup avec l’indéterminé comme dans une montagne russe…». Comme elles le soulignent elles-mêmes dans leur communiqué; «Justine, c’est une musique hybride. Une musique ouverte el pluraliste où prédominent la cohabitation des paradoxes. De la gigue au numérique, du tango au bruitisme.» Après une telle description, que peut-on rajouter sinon que la musique de Justine vit d’elle même, et, à ce niveau, les textes deviennent sonores, presqu’une musique en soi: «Je n’ai pas l’impression qu’on tient un discours concret par rapport à une thématique quelle qu’elle soit… Les textes de nos chansons sont choisis pour leur qualité sonore. Notre musique parle vraiment d’elle-même. Ce n’est pas nécessaire de souligner le tout au trait rouge…» soutient Joane. Il est vrai que l’attitude même de la formation est suffisamment claire et sans ambiguïté, et que ça constitue justement une des forces de Justine On a qu’à les regarder aller, à écouter leur musique, pour comprendre toute la motivation qui les anime. Leur démarche ne peut certes pas être taxée de conformiste, ni de statique. La continuité de fond se ressent à tous les niveaux; de la formation, à la musique sans oublier les textes. Justine, C’est un tout!

    C’est ce que le public pourra constater cette semaine, alors que Justine effectuera le lancement de son nouvel album au Bar Théâtre Les Loges à Montréal, mardi (29 mai). Par la suite, les quatre musiciennes nous donneront un aperçu de leur nouvelle entité en spectacle, alors qu’elles se produiront sur la même scène les 30 et 31 mai, ainsi que les 1 et 2 juin. Pour ceux et celles qui recherchent l’inusité et qui n’en ont que pour tes innovations, c’est sûrement un spectacle à ne pas rater. Comme pour tous les autres aussi! C’est une question de paresse auditive à contrer!!! On doit faire de la place dans notre environnement musical, pour la nouvelle chanson française d’ici…

    Pour ceux et celles qui recherchent l’inusité et qui n’en ont que pour tes innovations…
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