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Klaxon Gueule

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  • Ohmix, Carnets de voyage, Tout le monde, Speechless, Upbeat, Grain, Chansons d’un jour, Sautons ce repas de midi, Maison douce maison, Studio — Analogique — Numérique, Fanfare Pourpour, Fred Frith, Klaxon Gueule, Frank Martel, Martin Tétreault dans actuellecd.com

    «En cadeau, élargir des horizons», François Couture, actuellecd.com, 25 novembre 2003
    mardi 25 novembre 2003 Presse

    Les Fêtes approchent. Vous vous demandez quoi offrir en cadeau cette année? Vous cherchez le truc original, ce qui étonnera et fera plaisir? Pourquoi ne pas élargir les horizons musicaux d’un être cher, d’une collègue de travail ou d’un cousin que vous n’avez pas vu depuis le dernier Noël. Voici une sélection toute personnelle d’idées cadeaux pour initier quelqu’un (ou vous-même, on peut bien se faire plaisir!) à la musique actuelle.

    La chanson

    Cela peut paraître un peu simpliste, mais tout le monde apprécie une bonne chanson. Cela dit, nous n’avons pas tous la même définition de ce qu’est une bonne chanson. Et les artistes du catalogue de DAME prennent beaucoup de liberté avec cette forme musicale, c’est d’ailleurs ce qui rend la chose si excitante. Frank Martel et Tomás Jensen sont des chansonniers au verbe ludique et à la musique intemporelle, chacun à sa façon (les amateurs de Richard Desjardins ou d’Urbain Desbois y trouveront leur compte). Et les Chansons d’un jour de Geneviève Letarte plairont à quiconque recherche une chanson au texte poétique et à la mélodie intelligente et accessible. Pour les rockeurs dans l’âme, Locomotive d’André Duchesne (des riffs à fond de train) demeure un classique.

    Castor et compagnie de Joane Hétu a déjà un côté plus pernicieux avec ses textes sensuels (voire érotiques) et ses moments de douce folie, une folie qui s’accentue dans le rock déconstruit du groupe féminin Justine: leur premier album, (Suite), tient du rock progressiste, alors que le second, Langages fantastiques, fait plutôt dans la chanson à haute teneur en improvisation. Comme va-tout, la compilation Chante! 1985-2000 offre une vaste sélection de chansons tordues et touchantes.

    La fête

    Moment de célébration, de carnavalesque, de transgression des interdits, la fête est aussi musicale et donne lieu dès lors à une distorsion des règles couramment admises. L’Orkestre des pas perdus insuffle à la musique de fanfare un air de cirque actuel, un R ‘n’ B (rhythm ‘n’ brass, bien sûr) qui rafraîchirait n’importe quelle parade. Son cousin Les Projectionnistes (les deux projets sont pilotés par Claude St-Jean) remplace le cirque par le rock et de fanfare fanfaronne la section de cuivres se transforme en funk frénétique. Pour sa part, la Fanfare Pourpour troque le caractère officiel des costumes de parade pour la spontanéité d’une fanfare de rue, une musique pour Tout le monde qui ne s’abaisse pas au plus petit dénominateur commun.

    Dans le même esprit, mais en ajoutant un côté est-européen et une imagination débridée, le groupe Interférence Sardines (qui compte en ses rangs deux membres du groupe néo-trad Les Batinses) brasse fort. Jean Derome et les Dangereux Zhoms adoptent un angle plus jazz avec un côté frivole qui pousse parfois jusqu’à l’exubérance. Les trois albums du groupe sont hautement recommandables, mais Carnets de voyage demeure un excellent point de départ. On trouve le même esprit de démesure et d’émotion pure dans La boulezaille (Pierre Langevin et Pierre Tanguay) et Plinc! Plonc! (Jean Derome et Pierre Tanguay), des disques où s’entremêlent improvisation, musiques du monde, jazz et fantaisie libératrice.

    Et pour aller plus loin

    Mais peut-être voulez-vous allez plus loin et donner le goût d’une musique actuelle plus audacieuse et abstraite? Voici quelques suggestions de musiques improvisées et électroniques.

    Martin Tétreault est l’un des artistes expérimentaux les plus fascinants en ce moment. Son utilisation du tourne-disque projette 45 questions par minute. Son récent disque Parasites avec Diane Labrosse pose la loupe sur de petits bruits inquiétants. Et sa nouvelle collaboration avec le Japonais Yoshihide Otomo, Studio — Analogique — Numérique, offre une musique de recherche étonnante dans une présentation originale: un coffret de trois mini-disques compacts.

    Actif sur la scène des musiques d’avant-garde depuis le début des années 70, Fred Frith demeure le favori de plusieurs amateurs du genre. Les deux albums de son Fred Frith Guitar Quartet (avec René Lussier, Nick Didkovsky et Mark Stewart) sont essentiels. DAME offre aussi les titres de son étiquette Fred Records.

    L’un des premiers groupes de l’écurie DAME à s’être tourné vers l’improvisation électroacoustique, Klaxon Gueule donne dans les textures bruitistes et le plaisir exigeant. Les albums Muets et Grain ont été acclamés par la critique internationale. Mentionnons aussi la compilation Ohmix, un projet électronique audacieux où une brochette d’artistes (dont Martin Tétreault, David Kristian, John Oswald, Terre Thaemlitz et Ralf Wehowsky) remixent les disques de l’étiquette Avatar.

    Enfin, au lieu d’envoyer les habituelles cartes de souhaits, je vous suggère les cartes postales sonores de l’étiquette Ouïe-Dire, des cartes accompagnées de mini-disques compacts. Et bon temps des Fêtes!

    Unstable Friends, Chants rupestres, L’âme de l’objet, Le barman a tort de sourire, Les Fleurs de Léo, Compil zouave, Duo déconstructiviste, Bavards, Grain, Muets, Bob, Bruire, Michel F Côté, Klaxon Gueule dans actuellecd.com

    «Michel F Côté», David Turgeon, actuellecd.com, 29 juin 2003
    dimanche 29 juin 2003 Presse

    Alors que nous entamons cette série d’articles sur divers thèmes en rapport avec la musique de notre catalogue, pourquoi ne pas commencer avec le plus difficile à cerner des artistes du collectif Ambiances Magnétiques, le prolifique et éclectique batteur Michel F Côté.

    Membre tardif d’Ambiances Magnétiques (il se joignit au groupe en 1988), Côté se plaça lui-même d’emblée en exergue, au sein de groupes à géométrie variable. On put l’entendre pour la première fois dans le premier album de Bruire, Le barman a tort de sourire, une boîte à surprise avec pas moins de 14 musiciens invités. Bruire est le très poétique groupe-projet de Côté, dans le cadre duquel il joue avec les codes de l’avant-garde, de la chanson et de la musique d’ambiance. Cet album inaugura d’ailleurs une trilogie qui se continua de manière toujours plus mature avec Les Fleurs de Léo, pour conclure avec l’inoubliable L’âme de l’objet. Ce voyage en trois étapes nous aura permis d’entendre des collaborateurs tels que Geneviève Letarte, Jerry Snell, René Lussier, Ikue Mori, Claude St-Jean et Jean Derome, tous contribuant à nourrir l’imagination fertile du batteur.

    Il fallut plus de six ans pour entendre un nouveau projet de Bruire, celui-là fort différent: Chants rupestres, quatuor d’improvisation avec Jean Derome, Normand Guilbeault et Martin Tétreault. C’est qu’entretemps, Côté s’est adonné à des activités passablement plus… déconstruites. On peut en voir les premières séquelles dans une collaboration avec Diane Labrosse, un CD quelque peu obscur, justement intitulé Duo déconstructiviste. Et si le premier disque (double) de son nouveau projet Klaxon Gueule, Bavards, garde une énergie «rock» très reconnaissable, c’est ce projet qui poussera Côté dans ses retranchements les plus abstraits.

    Car le moins que l’on puisse dire, c’est que la sortie de Muets, joli brûlot minimaliste complètement à l’opposé de Bavards, en surprit plus d’un. Il faut dire que ce disque, paru en 1999, était déjà plus en phase avec son époque que le Duo déconstructiviste qui était, en rétrospective, peut-être un peu trop en avance sur son temps. Mais ce changement était également dû à l’évolution esthétique du contrebassiste, Alexandre St-Onge, qui, d’un jeu relativement «classique», se tourna du jour au lendemain à une approche autrement plus conceptuelle de l’instrument. Côté et le guitariste Bernard Falaise le suivirent allègrement dans cette direction. Leur dernier disque en date, Grain (enregistré en compagnie de Sam Shalabi et Christof Migone), confirma cette tendance tout en la poussant plus loin encore dans la sophistication, faisant de cette œuvre l’une des plus abouties du corpus de Côté.

    Mais le batteur ne s’arrête pas là et retontit encore là où on ne l’attend pas. Ainsi, avec Éric Bernier et Guy Trifiro, il crée un nouveau groupe, Bob, dont le nouveau disque, Unstable Friends, vient tout juste de paraître. Sous une pochette plutôt déviante et très attrayante se profile une sorte de retour à la «pop» bizarre des débuts de Bruire! On connaît également l’existence, à travers les branches, d’un nouveau projet intitulé Mecca Fixes Clock (on y reconnait en tous cas les initiales du compositeur!) lorgnant davantage vers l’ambient orchestral. Côté reviendrait-il donc à ses premières amours?

    S’il est si ardu de dresser un portrait de Michel F Côté musicien, c’est peut-être aussi que son activité s’étend au-delà de la musique comme tel. En effet, il n’est pas rare d’entendre notre protagoniste au théâtre et à l’art performance, notamment en compagnie de Robert Lepage et de Catherine Tardif. Cette face de son travail trouve son écho sur Compil zouave, seul disque édité au nom du compositeur jusqu’à maintenant. Il faut mentionner également que Côté a débuté comme animateur de radio, entre autres à Radio-Canada, et qu’il a également écrit pour la revue Esse.

    On peut voir Michel F Côté comme une sorte de baromètre de l’activité du collectif Ambiances Magnétiques à travers les années: aux expérimentations avec la chanson des années 1980 succède l’impro-composition lyrique qui marqua le catalogue AM des années 1990, suivi elle par un type d’improvisation plus extrême, basée sur la présence physique de l’instrument.

    Grain, Klaxon Gueule dans Voir

    «Bruits ambiants», Réjean Beaucage, Voir, no 809, 19 septembre 2002
    jeudi 19 septembre 2002 Presse

    Le trio Klaxon Gueule lancera mercredi prochain, toujours sur l’étiquette Ambiances Magnétiques, son troisième album. Intitulé Grain, ce plus récent opus poursuit les explorations électroacoustiques entreprises sur le disque précédent, Muets, en les poussant à leur extrême. Si l’on pouvait encore reconnaître des sons d’instruments de percussion et de guitare sur une majorité des pièces de Muets, qui était en complète rupture avec le premier disque du trio, Bavards, la proportion est inversée sur Grain, où le trio de base, composé de Michel F Côté (percussions, MC 505, électronique), Bernard Falaise (guitares) et Alexandre St-Onge (basse, contrebasse et électronique), s’est adjoint les services de deux invités sur cinq des dix pièces de l’album afin d’épaissir les textures électroniques. L’explorateur sonore Christof Migone (Set Fire to Flames) est ici en terrain familier, tandis que Sam Shalabi (Shalabi Effect, Detention) laisse tomber sa guitare pour joindre ses transistors au concert de cliquetis. J’ai rencontré Michel F Côté et Bernard Falaise autour d’un bol de café et de quelques verres de cidre afin de savoir ce que nous réserve le concert du lancement.

    «Nos trois disques représentent des étapes précises dans la vie de Klaxon Gueule, explique Côté; il y en a eu d’autres, mais qui n’ont pas été documentées sur disque, c’est pourquoi les transitions d’un disque à l’autre ne sont pas forcément fluides. Sur Grain, il n’y a presque plus de batterie; le seul qui soit resté vraiment fidèle à son instrument, c’est Bernard.» Et Bernard Falaise est depuis longtemps passé maître dans la trituration électronique des sons de sa guitare. Ce dernier ajoute: «Lors de l’enregistrement, on savait pertinemment que l’on faisait des improvisations qui serviraient de base à des remix. On a choisi une douzaine de ces impros et, là-dedans, chacun de nous en a pris quatre ou cinq qu’il a remixées en s’octroyant toute latitude. C’est devenu franchement électronique, mais live, ce sera une autre paire de manches, surtout que le disque a quand même été enregistré en 2000. Les choses ont évolué.»

    Qui plus est, le trio aura beaucoup d’invités pour ce concert de lancement. En plus de Migone et Shalabi, qui collaboraient déjà sur le disque, il y aura le joueur de platines Martin Tétreault, vieil acolyte de Côté, le sculpteur de sons Jean-Pierre Gauthier, Frank Martel, qui nous a montré ses talents sur cet étrange instrument qu’est le theremin lors du dernier FIJM, et le guitariste Roger Tellier-Craig (Godspeed You Black Emperor!, Fly Pan Am). Bernard Falaise: «On fera une combinaison de pièces en trio, quintette, etc., et au moins une pièce tous ensemble.» Côté ajoute: «Tous les gens qu’on a invités sont concernés assez clairement par l’esthétique de notre dernier disque. Il y aura beaucoup d’électronique sur scène; tellement, en fait, que moi, je vais apporter ma batterie! On a toujours la volonté d’explorer de nouvelles avenues. Le show sera dans l’esprit du disque, mais on est déjà un peu ailleurs.» Chose certaine, ça risque de faire du bruit.

    Chose certaine, ça risque de faire du bruit.
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