D’autres critiques peuvent se trouver dans les pages des albums de cette artiste.
Improvisation sur un t’aime
Les saxophonistes Joane Hétu et Jean Derome, complices dans la vie comme en musique, présentent une série de quatre concerts en deux parties, pour lesquels ils ont invité des artistes de différentes disciplines à improviser, par paires, en leur compagnie.
Chaque soir, un autre duo se joindra aux musiciens en deuxième partie. Pierre Hébert et Sylvie Massicotte, dans une rencontre musique-cinéma-littérature, ont déjà travailié ensemble et avec Derome. Louise Bédard et Andrew de L Harwood sont rompus à l’improvisation en danse. De leur côté, Danielle Palardy Roger et Pierre Tanguay sont deux percussionnistes bien connus de la scène de la musique actuelle.
On peut faire confiance à Hétu et Derome, férus de musique improvisée depuis plus de vingt ans, pour bien s’entourer et s’organiser pour se faire entendre. A preuve, cette série de concerts est le prélude à la sortie d’un album, et le premier de trois événements qu’organisent cette année Les Productions Super Mémé, la boïte qui met en scène les musiques audacieuses à Montréal.
Critique
Un peu en marge par rapport à la notoriété internationale (bien gagnée, pour sûr
Né en 1987, le quartet nous offre un rock hybride avec des clins-d’œil intelligents à la chanson pas banale, avec des pincées de musique folk des communautés de langue française de l’Amérique du Nord
Tout en maintenant les expériences de Wondeur Brass et des Poules (partagées presque par tous les membres), Justine a essayé de dépasser les aboutissements des deux ensembles d’origine pour en synthétiser l’essence. On peut donc écouter une musique qui se partage entre improvisation (Les Poules) et composition stricte (Wondeur Brass), avec un usage considérable et toujours en évolution de l’électronique. Suite (AM 016, 1990), l’œuvre des débuts, donne une palette de musiques hétérogènes, les unes très claires, fines et riches de chromatismes précieux, les autres hirsutes, intenses, électrisantes, toutes ciselées par un travail incessant Après Suite, nos amies ont franchi les frontières toujours gênantes du groupe pour multiplier les œuvres en solo (dont on trouve désormais des traces discographiques) à l’égare du théâtre, de la danse et des liaisons musique / art visuel. Même l’amour pour l’improvisation (tout à fait originale) a trouvé un élan renouveIé et a mûri pour aboutir à une quantité de rencontres et d’événements parallèles, parmi lesquels il faut citer l’organisation des projets
Pour une meilleure compréhension du mariage original de Justine avec l’improvisation, je suggère la lecture de l’article consacré au groupe paru dans le n° 54 de
Les morceaux du disque -constituent pratiquement l’ensemble des pièces pendant les deux séries de concerts donné en Italie et en Allemagne l’année dernière,sont pour la plupart des compositions instantanées avec des sections qui visent à
Des chansons incisives et des dialogues pétillants au milieu des voix, du saxo et des claviers dessinent des voyages musicaux insolites et ouverts sur plusieurs contacts, pendant lesquels on peut percevoir des certitude, des lacérations, de l’énergie et des paradoxe poétiques. Deux morceaux, Vidanges domestiques et Manigances Fantastiques sont déjà sortis (avec des versions différentes) sur célébrant les dix années d’Ambiances magnétiques (Une Théorie des Ensembles, AM 022 1992). Deux autres morceaux, La cigale s’impatiente et Marguerite (ce dernier écrit pour Marguerite Duras) se trouvent dans la compilation Dice — A Collective Contemporary Women Composers ( Records, 1993), produit et réalisé par pool de musiciennes engagées dans le free-jazz, l’improvisation, le rock d’innovation et les autres musiques inclassables fondées surtout sur l’emploi de la voix.
Quand les femmes se mêlent d’improviation
Kritik
Wondeur Brass: Le jazz au féminin
Ce collectif entièrement féminin a édité deux disques avec un personnel un peu différent. Un autre album du trio Les Poules regroupe, de fait, trois des quatre membres de l’actuel Wondeur Brass et peut donc presque être considéré comme une troisième réalisation du même groupe.
Il y a toute une histoire fascinante du jazz au féminin qui est de mieux en mieux documentée depuis le début des années soixante-dix, à l’échelle internationale. Montréal possède aussi son histoire du jazz au féminin, de Jane Fair autrefois à Lorraine Desmarais aujourd’hui. Le récent festival international des musiciennes innovatrices en constitue l’un de ses jalons récents les plus prestigieux (orchestré par Wondeur Brass -Productions Super Mémé).
En tant que collectif féminin, ce groupe cependant reste unique dans la métropole actuelle. Il s’agit de Joane Hetu au saxophone, Diane Labrosse aux claviers, Marie Trudeau à la basse électrique et Danielle Palardy Roger à la batterie. Le jazz new wave que pratique Wondeur Brass s’appuie beaucoup sur les textes lui aussi, sur la voix donc, prolongeant peut-être ainsi, à sa manière, les porte-paroles féminins engagés d’antan, de Marie Savard avec Pierre Leduc ou Louise Forestier avec le quatuor de jazz libre du Québec à d’autres grands noms de l’extérieur, tels Brigitte Fontaine, Irène Aebi, Colette Magny et d’autres (pour la séduction moqueuse, la remise en question des valeurs établies, une certaine fascination pour l’interdit, l’expression d’un cri poétique contestataire, ludique, désinvolte)
Tel ce métronome inspiré de Man Ray qui orne la pochette de leur dernier disque, la musique de Wondeur Brass oscille entre la chanson trouble, inquiète, fendue, et une affirmation plus vitale ou extravertie de soi, où, l’humour, un certain dadaïsme post industriel côtoient l’insolite, le plaidoyer, les jeux de mots, un érotisme latent, etc. Ce jazz de fusion électroacoustique un peu gauche parfois, inachevé, désespéré/lucide, exprime donc tout autant un malaise, une difficulté d’être qu’une liberté reconquise dans l’action, via l’improvisation, le jeu libre, spontané.
Le premier album du groupe avec entre autres, la présence d’une tromboniste avait une couleur plus jazz et fort attrayante (cf.
Wondeur Brass se rebaptise Justine
On dit du quatuor qu’il est l’avant garde québécoise. Wondeur Brass comptait à ses débuts neuf musiciennes et chanteuses. Au fil du temps leur nombre a diminué passant de neuf à sept puis six, puis cinq. Maintenant elles sont quatre et le quatuor s’appelle désormais Justine. Les quatre acharnées sont Joane Hétu, sax alto, Diane Labrosse, claviers, Danielle Palardy Roger, batterie et Marie Trudeau, basse électrique. On dit d’elles qu’elles sont l’avant-garde québécoise. Tout récemment, sous leur nouveau nom, elles lançaient un quatrième album, Justine (Suite), sur étiquette Ambiances magnétiques.
Justine, c’est d’abord de la musique actuelle. Vaste définition qui englobe les courants de la musique jazz, rock, punk, alternative et musique improvisée. Le changement de nom vient du fait que ne comptant plus qu’une saxophoniste au sein de la formation l’appellation de Wondeur Brass ne convenait plus tellement.
Un chroniqueur a décrit leur cheminement musical de la sorte
Mais jouer n’est qu’une facette du métier, et afin de mieux diffuser la musique actuelle, elles ont fondé leur maison de production, Super-Mémé, et sont membres-productrices de l’étiquette Ambiances magnétiques, qui compte dans son catalogue des artistes comme Jean Derome, René Lussier et André Duchesne.
Avec le disque, Justine a composé un spectacle revampé de fond en comble qui conserve la même énergie à laquelle nous avait habitués Wondeur Brass. Joane, Diane, Danielle et Marie ont choisi de ne pas passer inaperçues.
