Sauter au contenu principal
actuellecd

Joane Hétu

70 résultats
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • D’autres critiques peuvent se trouver dans les pages des albums de cette artiste.

    Joane Hétu: A superwoman weaves Supermusique

    Mike Chamberlain, Hour, 16 mars 2006

    Featuring 10 musicians, two dancers, costumes, sound, lighting and visual artists, Joane Hétu’s latest project, Filature (which will be performed tonight, tomorrow and Saturday at Usine C), is an ambitious one, perhaps the most ambitious in the history of Productions Supermusique.

    The large composition is based on Hétu’s experience as a weaver and her knowledge of how fabric is put together. The piece will be presented in three acts. The five male musicians (Jean Derome, Guido Del Fabbro, Normand Guilbeault, Pierre Tanguay, Nemo Venba) and the male dancer, Daniel Soulières, represent the warp (horizontal) yarn, which Hétu emphasizes is composed of strong, noble fibres. The five female musicians (Hétu, Mélanie Auclair, Claire Gignac, Diane Labrosse, Danielle Palardy Roger) and the female dancer, Séverine Lombardo, represent the weft (vertical) yarn, which is soft and flexible. In the concluding act, the 10 musicians and two dancers come together on stage to blend the music and textures of the first two acts into the whole fabric.

    Hétu is somewhat evasive when asked to translate the metaphor into a description of the music, other than to state that the warp sequence consists of sustained sounds and repeated sequences, while the weft is composed of tones, moods and dynamics.

    The project represents a connection between Hétu’s past life and interests and those of the present. For one thing, these days she finds herself more interested in compositions and projects based on conceptual themes and less on improvisation. Also, she says, as she gets older she has become interested in reconnecting with her past. Finally, Filature brings together artists with whom she’s worked for 20 years or more (Derome, Labrosse, Palardy Roger, Tanguay, Guilbeault), and younger performers such as Guido Del Fabbro and Séverine Lombardo, which also, to extend the metaphor, weaves different generations together.

    But we don’t want to stretch the metaphor to the breaking point, or wear it out, because, as Hétu says, “it all comes down to the music.”

    La fibre musicale

    Réjean Beaucage, Voir, 16 mars 2006

    Joane Hétu boucle la boucle en retrouvant ses racines de tisserande pour fabriquer une véritable courtepointe où s’entremêlent théâtre, vidéo, danse et musique actuelle.

    À première vue, l’analogie entre un spectacle et un métier à tisser n’est pas évidente. Pourtant, les musiciens en conviendront aisément, eux qui doivent constamment mêler les textures et les couleurs, et répéter, toujours, des gestes pourtant chaque fois différents. Cent fois sur le métier…

    Joane Hétu, qui fut tisserande avant d’être saxophoniste, improvisatrice et directrice de la plus grande maison de disques de chez nous se consacrant exclusivement à la musique actuelle (Distribution Ambiances Magnétiques Etcetera, ou DAME), a choisi de se réapproprier ce passé refoulé en utilisant métaphoriquement, pour la conception d’un spectacle de «théâtre sonore», les gestes des fabricants de tissus. «C’est du théâtre, explique-t-elle, dans le sens où il y a du texte, des costumes, et parce que l’on est en résidence à l’Usine C durant 10 jours, ce qui nous donne l’occasion de faire beaucoup de répétitions, comme une troupe, mais tout part de la musique. Et puis, pour une fois, j’ai l’impression de donner à ma musique les moyens du théâtre, avec un concepteur d’éclairages (Guillaume Bloch), un concepteur sonore (Bernard Grenon), un autre aux images vidéo (Pierre Hébert) et encore un aux costumes (Louis Hudon), avec deux danseurs (Daniel Soulières et Severine Lombardo) et un ensemble de dix musiciens.» La totale, quoi!

    La saxophoniste et chanteuse, à cause de son poste chez DAME, qui l’occupe passablement, n’a pas l’occasion de jouer autant qu’elle le voudrait, et cette frustration lui a même donné ces dernières années l’envie d’arrêter la musique complètement. «Un soir, j’ai eu un flash et je me suis dit que j’allais redevenir tisserande… Mais ce n’était qu’un flash. Cependant, comme je ne passe pas mon temps à imaginer de nouveaux projets musicaux, j’ai le temps de les approfondir et le petit flash, resté dans mon subconscient, est revenu et s’est imposé à mon processus créatif.»

    Imaginez un métier à tisser: les fils verticaux sont «la chaîne», les fils horizontaux forment «la trame», et l’entrecroisement des deux compose «le motif». Joane Hétu a utilisé ce modèle pour élaborer le plan de son spectacle: «Et en plus, je l’ai sexué! La chaîne, c’est le quintette d’hommes (Guido Del Fabbro, Jean Derome, Normand Guilbeault, Pierre Tanguay et Nemo Venba) et le danseur; ils jouent tout le temps, des sons tenus, parce que les fils de chaîne sont stables, ils sont attachés au métier et ils doivent être solides. On ne prend pas de la petite fibre de fantaisie pour la chaîne, mais du coton, du lin, de la laine ou de la soie; du solide. Pour la trame, par contre, tu peux utiliser tout ce que tu veux, et le varier. Ma trame, le quintette de femmes (Mélanie Auclair, Claire Gignac, Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Palardy Roger) et la danseuse, sera donc composée de 25 variétés de «fils» — c’est un jeu complètement différent de l’autre. Dans le troisième acte du spectacle, les deux se rejoignent. Il ne s’agira pas d’une simple superposition, mais c’est l’idée. C’est un spectacle dans lequel il y a très peu d’improvisation, parce qu’on ne peut pas tisser en improvisant…»

    Et on retrouvera ça sur disque? «C’est là que passent mes dernières économies! J’enregistre les trois soirs et j’en filme deux, pour un éventuel DVD. Après tout, je n’ai rien sorti depuis quelque temps, et puis… j’ai une compagnie de disques!»

    Joane Hétu: «Pour une fois, j’ai l’impression de donner à ma musique les moyens du théâtre».

    Pour une fois, j’ai l’impression de donner à ma musique les moyens du théâtre

    Le tissage musical de Joane Hétu

    Frédérique Doyon, Le Devoir, 15 mars 2006

    Dans les années 70, avant de devenir la musicienne qu’on connaît, Joane Hétu était tisserande. Une autre vie, qu’elle a longtemps reniée. Dans une période de doute et de désenchantement par rapport aux exigences d’une carrière en musique de création, elle a avancé l’hypothèse un peu farfelue d’un retour au métier de tisserand. Ainsi est née Filature, une œuvre pour dix musiciens et deux danseurs truffée d’images vidéo et d’éclairages.

    «J’ai revécu tous les gestes que je faisais dans le tissage, raconte-t-elle. Dès ce moment, c’est devenu clair que je voulais exprimer le fil qu’on monte sur un métier et celui qu’on passe à travers pour créer le tissu.» Elle a donc créé un théâtre sonore en trois actes — la chaîne, la trame, le motif —, plus construit, moins basé sur l’improvisation que d’habitude.

    «Pour une fois, j’ai eu la volonté de faire comme dans le théâtre: avec plus de répétitions, une conception d’éclairages, deux danseurs. J’ai appelé ça “théâtre sonore” parce que je voulais partir du texte, de la partition musicale; les autres éléments allaient s’y rattacher.»

    Joane Hétu évolue sur la scène canadienne des musiques actuelles depuis 25 ans. D’abord versée dans le rock déjanté des formations Wonder Brass, Justine et du trio Les Poules, elle s’est tournée vers un travail de composition plus abstrait, alliant textures sonores, texte et voix. Membre d’Ambiances magnétiques et présidente de la maison de disques DAME, elle a toujours aimé faire interagir différentes disciplines. La compagnie de concerts Productions SuperMusique, qu’elle codirige avec Danielle Palardy Roger et Diane Labrosse, a notamment conçu en 2002 la superbe fresque multimédia Each… and Every Inch, sur la vie et l’œuvre de l’écrivaine canadienne Elisabeth Smart. Pour ses 25 ans, SuperMusique a décidé d’accorder une part importante de son budget à la création d’une production plus importante. C’est au tour de Joane Hétu de piloter la sienne…

    L’esprit du tissage a ainsi déterminé la structure de Filature. Le premier acte ne met en scène que les créateurs-interprètes masculins — Guido Del Fabbro, Jean Derome, Normand Guilbeault, Pierre Tanguay, Nemo Venba et le danseur Daniel Soulières; le second acte, que les femmes — Mélanie Auclair, Claire Gignac, les trois codirectrices de l’Ensemble SuperMusique et la danseuse Séverine Lombardo.

    «Le fil de chaîne se doit d’être noble, il faut que la fibre soit solide, rappelle la tisserande. Le fil de trame peut être de toutes sortes de qualité, métallique, en velours, etc. J’ai répertorié 25 textures que j’ai transposées musicalement.» Tout ce beau monde se retrouve au troisième acte pour mettre en scène cet entrelacs de générations d’artistes, de musiques, de voix (des chansons écrites par Joane Hétu), de mouvements et d’images signées par le réalisateur Pierre Hébert.

    La vie est ainsi faite de hauts et de bas qui se nourrissent mutuellement. Quand le fantasme d’abandonner la musique a effleuré son esprit, Joane Hétu y a puisé l’essence même du plus imposant projet de sa carrière. «C’est quelque chose d’avoir une aussi grosse équipe. Ça arrive à point dans ma carrière. C’est la pièce qui représente le plus mon univers musical.»

    Joane Hétu’s Filature: Theatre of Sound

    Paul Serralheiro, La Scena Musicale, no 11:6, 1 mars 2006

    The role of music in the theatrical arts is usually a secondary one, used to highlight dramatic action or inspire a choraographer’s vision. Music seems mone abstract than words or gestures to most people. With her latest creation, Filature, premiered this month at Usine C, musique actuelle composer, vocalist and improvising saxophonist Joane Hétu sets out to show the theatrical potential of music and how other arts can be put to its service.

    During a recent conversation held at the offices of Ambiances Magnétiques, of which she is the label’s chief adminstrator, Hétu explained her vision as being inspired by the art of weaving, once an occupation of hers. “Musique actuelle is a hybrid form, born of mixing disparate things. Weaving has similar principles — the craft involves mixing various threads to create a pattem, a pleasing artistic form.”

    In this “Théâtre sonore” of hers, the threads are the instrumental “voices” of the musicians, with counterpoint provided by a pair of dancers, and important visual components including costumes, lighting and video projections. Still, the musicians are at the heart of this project, a point Hétu further elaborates upon. “I have to know who I’m writing for. I’m not just writing for a particular instrument — it starts with a particular musician.” The work is dividad into three acts, each based on a principle of weaving: Act I is titled Chaîne, Act II Trame and Act III Motif, weaving terms that translate as “warp”, “weft” and “weave”. “In the opening act, male musicians are on stage with a male dancer, followed by an all-female cast in Act II and all 10 musicians share the stage in Act III, their lines interweaving with each other’s. Most importantly, everything grows out of the music.”

    Even if there are improvised parts, Hétu hastens to add, “The music is mostly written, with the visuals borne out of the music.” In this way, the contributions of video artist Pierre Hébert, lighting designer Guillaume Bloch, costume designer Louis Hudon and sound engineer Bernard Grenon are all in keeping with the music. “So this is a turning of the tables, at least with respect to what usually happens with music and other performing arts,” explains Hétu.

    The musical component will be handled by some of musique actuellets best know characters, among them Jean Derome, Diane Labrosse, Pierre Tanguay and Normand Guilbeault, the featured dancers being Daniel Soulières and Séverine Lombardo. “We’re working with textures,” Hétu reminds us, “but the underlying structure behind these are the music. Always.”

    Musique actuelle is a hybrid form, born of mixing disparate things. Weaving has similar principles — the craft involves mixing various threads to create a pattem…

    Célébration de la voix, de l’improvisation et du corps

    Éric Norman, JazzoSphère, no 27, 1 janvier 2006

    Joane Hétu est une personne-clé de la musique improvisée à Montréal. Vocaliste et saxophoniste au parcours atypique, elle est à la tête de DAME et organise concerts et événements tantôt sous l’égide des Productions SuperMusique, tantôt dans la spontanéité des MercrediMusic.

    Bonjour Joane. Tout d’abord, peux-tu nous faire un bref résumé de ton partours pour nos lecteurs?

    Autodidacte, j’ai d’abord pratiqué, à l’aube des années 80, la chanson au sein des groupes de rock actuel Wondeur Brass, Justine et Les Poules, dont le rock ravageur d’avant-garde m’a fait connaître un peu partout en Amérique et en Europe. Ensuite avec mon propre groupe Castor et compagnie, j’ai proposé une réinvention de la chanson sensuelle à travers la musique actuelle.

    J’ai délaissé le rock depuis, mais n’ai pas entièrement abandonné la chanson, comme en témoigne mon projet Nous perçons les oreilles avec Jean Derome, dans lequel nous explorons cette région ténue entre le rire et les pleurs.

    Depuis le milieu des années 90, je me suis peu à peu tournée vers un travail de composition plus abstrait, alliant texte, texture et expérimentations vocales. On trouve cette recherche au centre de mon disque solo Seule dans les chants et du triptyque Musique d’hiver, dont le premier volet (Musique d’hiver) est paru sur Ambiances Magnétiques, le second (Nouvelles musiques d’hiver) a été présenté sur scène en mars 2003 et le dernier volet reste à paraître. Au cours des dernières années, je me suis intéressée de plus en plus à la composition de canevas d’improvisation, que j’ai présentés en Italie et au Canada, avec l’Ensemble SuperMusique dont je suis membre ou encore avec de petits groupes d’improvisateurs. À l’hiver 2006, je présente à Montréal mon projet d’envergure intitulé Filature qui fait appel à la musique, la danse et la vidéo expérimentale.

    La voix semble avoir toujours eu pour toi un rapport étroit avec la corporalité, avec les limites du corps: soit par la violence des effets à l’époque plus rock de Justine; par les thématiques sexualo-amoureuses de Castor et cies; mais surtout par la nature physique de ton chant, plus proche du grain que du mot. Comment envisages-tu cette pratique?

    J’aime la chanson mais je n’aime pas beaucoup chanter de la chanson. Par ma démarche en musique actuelle et mon approche d’instrumentiste (le saxophone alto), je ne me suis jamais sentie chanteuse dans le sens traditionnel du terme. Je suis plus attirée par la texture sonore et l’apport de la voix dans l’orchestre — au même titre qu’un instrumentiste — que par étre une chanteuse accompagnée d’un orchestre. Ma collaboration avec Diane Labrosse qui, dès la fin des annses 80, travaillait déjà à l’échantillonneur m’a amenée à m’intéresser aux sons digitaux et à explorer la voix dans le même sens que les textures sonores répétitives et bruitistes qu’elle produisait avec ses machines.

    Ainsi, depuis une quinzaine d’annces, j’ajoute à mon catalogue vocal plein de sonorités inhabituelles pour la voix. J’aime qu’on sente bien que mon instrument (lorsque je chante) est mon corps, un corps qui vibre, qui bave, qui crie, qui fait de la salive, ce qui apporte un côté animal et corporel à ma pratique, un aspect chamanique du chant qui m’attire énormément Je trouve ça assez amusant que mes recherches acoustiques, qui s’apparentent souvent à des textures électroniques, soient faites uniquement par la voix d’une femme. J’aime le contraste qui existe entre le fait que je sois seule debout avec un micro sur scène tandis que les autres musiciens recourent à leurs effets, leurs fils, leurs consoles, leurs objets. Et pourtant nous arrivons à des résultats souvent similaires. Je pense que c’est très intéressant comme dualité et complémentarité.

    Comment perçois-tu le lien entre improvisation et tradition orale dans divers folklores?

    La tradition orale folklorique est un leg de chansons, de mots, de comptines, d’histoires soutenus par un air, une mélodie qui traversent le temps grâce à une mémoire collective passée d’une génération à l’autre tandis que l’improvisation est une proposidon musicale instantanée, une composition musicale en temps réel en relation avec les autres musiciens présents. Donc, à mon avis, il n’y a pas beaucoup de liens entre les deux.

    J’ose imaginer que même pour les musiques dites populaires, il y a un certain aspect rituel dans la démarche des artistes. Il est vrai, qu’en improvisation, sans rituel, il n’y a pas de musique donc c’est partie prenante de la démarche. Cependant, comme je l’ai déjà dit, je pense que c’est la même chose pour les musiques populaires, à plus faible dose.

    Quelles ont été tes grandes révélations musicales?

    J’ai régulièrement de grandes révélations musicales. La musique est la chose qui m’intéresse le plus au monde (à part l’amour) et c’est d’une ampleur incroyable. Je n’aurai jamais assez de toute ma vie pour en faire le tour. Mais je veux bien faire l’exercice de répertorier quelques «révélations musicales» que je garde en mémoire.

    En 1984, à Paris, au 4e Congrès international Femmes et musiques, le concert de Jöelle Léandre et Annick Nozati. Une révélation, des femmes improvisatrices et engagées, nous n’étions donc pas les seules au monde. Dans les années 80, au Festival International de musique actuelle de Victoriaville, le concert solo de Fred Frith, qui jouait avec des objets et presque jamais de la guitare comme de la guitare. Un moment de liberté incroyable… Je me suis dit que je voulais faire de la musique dans cet esprit. En 1992, au Théâtre La Chapelle à Montréal, la première série de concerts de Jean Derome et les Dangereux Zhoms. Une musique qui swingue, des thèmes incroyables, des improvisateurs hors pairs, de la vraie musique quoi! En 2005, au Festival International de musique actuelle de Victoriaville, le groupe Hubbub. Un moment de grâce, la salle au complet flottait dans l’espace. Réussir à avoir un jeu si minimaliste et original, tout en gardant une musicalité et une intensité, c’était grandiose! Et tout de suite après, Anthony Braxton avec son ensemble. Réussir à jumeler improvisation, écriture, direction d’orchestre, complexité rythmique, spontanéité et virtuasité: une grande leçon de musique actuelle. En 2005, au Festival de jazz de Guelph, le solo de Lori Freedman, qui était retransmis simultanément sur Radio-Canada et que son pére mourant écoutait à l’hôpital, était d’une intensité, d’une limpidité, un vrai hommage à son père et un spectacle tellement puissant: quand la musique vaut mille mots.

    Rapidement, ce sont des concerts qui m’ont bouleversée mais à vrai dire je pourrais en nommer tellement. Si je continue l’exercice, des concerts que j’ai donnés qui ont été pour moi des «révélations musicales».

    En 1993, le premier concert de Nous perçons les oreilles à la Casa Obscura à Montréal, lors du vernissage de l’artiste Pierre Dumont. Première apparition en public de notre travail d’intimité et de partage entre Jean et moi et qui fut un réel moment d’euphorie musicale. En 1996, l’un des derniers concerts de Castor et compagnie, lors d’une tournée européenne, en Suisse. Nous avons touché à l’essence de notre groupe. Nous n’arrivions même plus à reconnaître les pièces mais nous étions tous ensemble. En 2005, dans le cadre de la série Volapük à Montréal, Les Poules qui reviennent de Russie et qui donnent l’un de leurs melleurs concerts, une espèce de musique de jazz électronique actuelle, de la grande improvisation, une complicité légendaire. Et pour terminer si je parlais de quelques disques ou pièces majeurs de ma vie:

    • Igor Stravinski — Symphonie de psaumes
    • Luciano Berio — Folks music
    • Gustave Malher — tous ses leiders
    • Duke Ellington — Brown and beige suites
    • Germaine Montero qui chante Mère courage
    • John Cage et David Tudor

    Quels sont tes projets pour 2006?

    Je fais une liste:

    • Présentation de Filature à l’Usine C — une pièce pour dix musiciens, deux danseurs, une cinéastre
    • Atelier de musique improvisé à Rimouski avec le GGRIL (grand groupe régional d’improvisation libérée);
    • Concerts de ma formation Les Poules à Montréal;
    • Composition d’un troisième volet de Musique d’hiver;
    • Préparation d’un troisième album pour Nous perçons les oreilles;
    • Production sur disque compact du deuxième volet de Musique d’hiver;
    • Présentation d’une série de concerts avec L’Ensemble SuperMusique et la troupe de danse Danse-Cité;
    • Concerts de ma formation Les Poules avec trois trios d’improvisateurs différents;
    • les mercredimusics;
    • toutes les choses que je ne sais pas encore.

    Bref continuer à faire de la musique et diriger DAME du mieux que je peux.

    Vocaliste et saxophoniste au parcours atypique, elle est à la tête de DAME et organise concerts et événements…

    Intervista a Joane Hetu

    Francesca Odilia Bellino, All About Jazz Italy, 1 décembre 2005

    Joane Hétu, nata a Montréal nel 1958, è vocalist e sassofonista. Suona dal 1980 e da allora è uno dei pilastri dell’avanguardia canadese. È autrice, compositrice ed improvvisatrice. È stata membro dei gruppi Justine e Wondeur Brass. Nel 1992 ha creato un proprio ensemble, Castor et compagnie, che realizza le sue canzoni, dai toni spinti e di indubbio fascino. La sua ultima discografia include dischi come Musique d’hiver (2001), Seule dans les chants (2000), con Castor et compagnie Mets ta langue (1995-98), Nous perçons les oreilles (2002, 1998), Langages fantastiques et (Suites) (1990-95).

    Per quest’occasione abbiamo incontrato la Hétu in veste di direttrice di DAME (Distribution Ambiances Magnétiques Etcetera) e di co-direttrice di Productions SuperMusique e membro dell’etichetta Ambiances Magnétiques.

    •All About Jazz Italia: Hai iniziato a fare musica nel 1980 e da allora sei diventata uno dei pilastri della musica canadese contemporanea. Sei stata tra le fondatrici dei collettivi creativi Justine e Wondeur Brass. Dal 1982 hai diretto un tuo ensemble, Castor et Compagnie, che canta canzoni. Con un background così ricco, perché e in che momento della tua vita hai deciso che volevi mettere in piedi un’etichetta e incominciare il lavoro di direttrice di DAME e membro della produzione?

    Joane Hétu: Fin dall’inizio della mia carriera di musicista ho preso parte a delle strutture di diffusione della musica. Nel 1980 sono diventata co-direttrice di una organizzazione senza fini di lucro che si occupava di programmare i nostri concerti e dei tour, questa organizzazione esiste ancor oggi e si chiama Productions SuperMusique (all’epoca si chiamava Productions SuperMémé). Non ho fondato io Ambiances Magnétiques, ma sono stati nel 1983 René Lussier, Jean Derome, e André Duchesne Robert Marcel Lepage. Nel 1985 Wondeur Brass è stato invitato a unirsi al gruppo e così io, Diane Labrosse e Danielle Palardy Roger siamo diventati tre nuovi membri del collettivo. Qualche anno piùtardi Michel F Côté e Martin Tétreault si sono uniti al gruppo.

    A partire da questa adesione al collettivo, ho impiegato parecchio tempo, come tutti i suoi membri, per l’organizzazione dell’etichetta. Lentamente mi sono ritrovata ad avere ogni giorno sempre un pò più di responsabilità: la contabilità, la posta, gli ordini. Ero la persona più costante. Tutti si defilavano, ma io ero la persona che più sovente si trovava là. Il gruppo Ambiances Magnétiques cresceva e il funzionamento del collettivo diventava sempre più difficile da gestire e, a mio avviso, piuttosto inefficace.

    Nel 1990 abbiamo stampato 15 vinili e un primo titolo in compact disc, un cambiamento epocale. Alla fine di quell’anno, ho messo al mondo mia figlia Léa. Nell’aprile del 1991 ho fondato da sola DAME secondo le modalità di una “azienda a scopo di lucro” della nostra provincia e ho deciso di prendere definitivamente in mano le redini della gestione dell’etichetta avendo in mente di estendere ad altre etichette e musicisti i nostri servizi di diffusione con il nome di Distribution Ambiances Magnétiques Etcetera, acronimo di DAME. Quindici anni dopo, Ambiances Magnétiques ha un catalogo di circa 150 titoli (135 dalla fondazione di DAME) e DAME amministra in un tutto un catalogo di 425 CD provenienti da diverse etichette di musica contemporanea [musique actuelle], inclusa Ambiances Magnétiques.

    Tutto questo preambolo per dire che, all’inizio della mia carriera di musicista, ho diviso il mio tempo tra la musica e la sua gestione. Sicuramente con l’arrivo di una figlia, mi sono sentita un po’ superata dalla mia vita di musicista improvvisatrice e ho pensato che sarebbe stato difficile mantenere un buon ritmo di concerti e tour avendo una figlia piccola e un marito, anche lui musicista. È con questo spirito che ho deciso di mettere più energie nella gestione dell’etichetta che nella carriera di musicista, il tutto cercando di conservare un certo equilibrio. È una scelta di cui mi pento ora? No, a che pro!

    •AAJ: Quando hai cominciato a suonare cosa ti ha avvicinato alla musica (improvvisata) e sono quelle le stesse cose che continuano oggi a guidarti?

    •J.H.: Essenzialmente sì. Il gusto del rischio, della sorpresa, dell’arte della comprensione e dell’autenticità del linguaggio. Il mio amore adolescenziale è stato il jazz, ma quando sono diventata musicista ho virato verso il rock. Wondeur Brass è stato una “band di figli del rock”. Del rock non commerciale, intendiamoci, del rock in opposizione (termine di Chris Cutler). Spingevamo verso l’improvvisazione nel senso che c’era una sorta d’atelier, e improvvisando tutti insieme scrivevamo noi la nostra musica. Ma poi, in concerto, suonavamo i pezzi quasi sempre nello stesso modo. Lentamente, in contatto, gli uni gli altri, con musicisti come Fred Frith, Jean Derome, Joëlle Léandre, siamo stati attirati da un altro modo di fare. Una certa stanchezza ha preso piede e l’idea di essere relegati ad un repertorio e al suonare sempre la stessa cosa, poco importa il luogo e l’ora, non mi interessava più.

    Alla fine degli anni Ottanta, abbiamo cambiato nome, da Wondeur Brass a Justine e abbiamo cambiato anche il nostro modo di fare, privilegiando e integrando le nuove tecnologie alla nostra musica: batteria elettronica, sintetizzatori, moduli d’effetti (modules d’effets). E così, l’universo della musica improvvisata si è insediato nella mia musica ed è ora la pietra angolare del mio approccio musicale.

    Penso che i musicisti improvvisatori siano musicisti straordinari. Essere un improvvisatore richiede, a mio avviso, un livello d’ascolto periferico (un arte dell’intelletto), una capacità di adattamento a tutte le circostanze e una personale ricerca musicale. è la musica più viva che io conosca ed anche la più interessante.

    •AAJI: Qual è il tuo approccio alla musica degli altri, tanto come vocalista e sassofonista, che come direttrice di DAME?

    •J.H.: Come direttrice di DAME, sono al servizio dei musicisti e delle musiciste. Probabilmente al contrario della regola che vige nell’industria musicale, intervengo pochissimo nella direzione musicale dell’etichetta. Tutti i membri fondatori di Ambiances Magnétiques hanno il privilegio di produrre ciò che vogliono e, per gli altri, c’è un misto di amicizie, di affinità e di musica. Se un musicista veramente si sente bene con il nostro modo di fare e si sente parte in causa del nostro universo, questo è già un grande passo per essere distribuito da noi. Bisogna dire che a priori sono gli artisti che investono economicamente nella produzione del loro disco.

    Per quello che riguarda le altre etichette che si trovano in DAME, io lavoro in collaborazione con i direttori di ciascuna di queste etichette e sono loro che hanno l’ultima parola. Amo lasciare una possibilità al “corridore” e le mie critiche musicali le applico alla mia musica, lasciando che gli altri facciano la loro.

    Ma può anche darsi che la questione si riferisca più alle altre musiche nel senso dello stile. Ebbene, in DAME ora abbiamo un’etichetta di contemporanea, Collection QB, una serie di Ambiances Magnétiques Jazz e un’etichetta di musica più popolare con Monsieur Fauteux m’entendez-vous?. Qui si apre un nuovo terreno di esplorazione.

    Come musicista, amo principalmente la musica improvvisata in concerto; per quanto riguarda la musica che ascolto, è molto variegata, dalla classica alla contemporanea, etnica, jazz e per contro molto poca musica improvvisata. È così. Bisogna dire che non ho poco tempo per fare e ascoltare la mia musica.

    •AAJ: Senti che ricevi qualcosa in cambio nella tua ricerca personale dal lavoro con altri musicisti e dal lavoro come produttrice?

    •J.H.: Come musicista, apprendo sempre da altri musicisti, dalle loro capacità, dalle loro idee musicali, dalle loro tecniche. Amo sempre di più suonare con nuovi musicisti, anche se provo sempre un grande piacere a suonare con Jean Derome e Diane Labrosse con i quali lavoro da più di 25 anni.

    Come produttrice, sono contenta di aiutare i musicisti a realizzare i loro sogni, aiutarli a diffondere la loro musica, ma pochi musicisti m’ispirano veramente a livello della loro visione del mondo della musica perchè — regola generale — non pensano che a loro e sono più o meno riconoscenti nei confronti del mio lavoro. Evidentemente, ciascun musicista crede di meritare di più e non comprende che noi vendiamo così pochi dischi. In fondo, è abbastanza ingrato come lavoro a livello umano: mi fa piacere pensare che non sto promuovendo solo la mia piccola persona, la mia piccola musica, ma ho l’impressione di avere un impatto sociale, probabilmente minimo, ma in ogni caso un certo ruolo sociale nell’incoraggiare questi musicisti e queste musiciste.

    •AAJ: Potresti illustrare in poche parole i differenti stadi della tua ricerca musicale in relazione ad Ambiances Magnétiques?

    •J.H.: Mi sono formata in Ambiances Magnétiques. È la mia principale scuola di pensiero, il mio modo di fare, di intendere. L’evoluzione di Ambiances Magnétiques mi assomiglia. Trovo che sia una etichetta formidabile e non sono attirata da nessuna altra etichetta. Bisogna dire che di carattere sono una fedele. Sono con lo stesso uomo da più di ben 25 anni, abito nella stessa casa da 17 anni e sono sempre nell’avventura Productions SuperMusique e DAME/Ambiances Magnétiques. Questo potrebbe dare l’idea che ho una vita ben noiosa, ma non è così!

    •AAJ: Potresti dire qualcosa su cosa significa esattamente “ambiances”? Sono interessata in particolare a questo in relazione alla storia della musica elettro- acustica canadese. Pensavo che “ambiances” potesse riferirsi alle ricerche di Murray Raynold Schaffer sul paesaggio, con un chiaro approccio innovativo e contemporaneo.

    •J.H.: Il nome Ambiances Magnétiques è stato trovato si può dire nel 1982 ed era il titolo di uno show di Jean Derome e René Lussier. L’aneddoto che Jean racconta a proposito è questo: preparando il volantino e il programma di un concerto, stavano redigendo la lista degli strumenti che avrebbero suonato, così aggiunsero alla lista il termine Ambiances Magnétiques per descrivere le musiche che stavano per essere diffuse su nastro magnetico durante il concerto. Un anno più tardi il termine Ambiances Magnétiques è stato ripreso per dare il nome all’etichetta.

    Per quanto riguarda il legame con la musica elettro-acustica e contemporanea, devo dire che all’epoca era molto sottile, perché non c’era molta fusione tra i differenti mondi musicali. Noi lavoriamo in modo molto isolato, credendoci praticamente soli al mondo, come tutta la gioventù, dico questo senza presunzione. La gioventù con la sua foga e la sua energia ma anche la sua ignoranza.

    •AAJ: Com’è produrre al tempo stesso jazz, musica improvvisata, musica per ensemble, musica per bande, new rock, libera improvvisazione, elettronica, noise, canzoni e poesia? Quali sono le vostre “linee guida” — se ci sono — in Ambiances Magnétiques?

    •J.H.: Per descrivere la nostra musica usiamo il temine musica attuale. In altri paesi usano il termine musica di creazione o nuova musica o musique de Traverses o musique-Action o musica…

    La definizione che noi usiamo più frequentemente si può riassumere in tre punti:

    1. il compositore deve essere anche interprete della propria musica

    2. deve avere una parte d’improvvisazione

    3. deve avere una proposta di metissage sia a livello della strumentazione (strumenti acustici + strumenti elettronici), che dello stile musicale (melange di country + rumorismo, ad esempio) o del genere artistico (poesia + free jazz).

    Ma la cosa più bella di questa musica, è che giustamente non è ancora definita, dobbiamo lasciarla vivere e farla sbocciare, senza soffocarla con delle regole. Certe volte, queste tre regole si presentano e a volte no: da qui la diversità di stili.

    •AAJ: Dalla diffusione del CD in poi, siamo stati testimoni di una crescita esplosiva ed esponenziale nelle produzioni tecnologiche della musica. Sto pensando ora ai supporti, ma anche a tutti quegli strumenti e attrezzature necessari per fare la forma nuova, la cosiddetta musica elettro-acustica. Cosa ne pensi?

    •J.H.: Non sono un’esperta di musica elettro-acustica, ma penso che questa non sia una nuova forma, ha già qualche decennio. L’uso del laptop come strumento di musica mi sembra più recente ed è molto popolare. Contribuisce a movimentare molto le regole della musica. Regola generale, mi stufo ai concerti di musicisti di laptop, ma se viene utilizzato come fosse un nuovo strumento da includere nell’orchestra, lo trovo molto interessante. Amo l’apporto dell’elettronica nella musica ma a piccole dosi. Nei miei progetti, chiamo regolarmente Diane Labrosse al campionatore e Martin Tétreault ai giradischi e non potrei più farne a meno. L’effetto di novità e una parvenza di facilità che apporta il computer è molto stimolante e ci sono sempre eccellenti musicisti, ma esiste oggi un lancio di questa corrente musicale a livello di marketing. Francamente, trovo che ci siano musicisti molto interessanti che emergono in questa sorta di nuova liuteria.

    •AAJ: Quanto è importante il supporto economico delle istituzioni in un lavoro come il vostro?

    •J.H.: È molto importante. Il Canada ha un sistema di sovvenzioni molto ben articolato con degli organismi che sono il Conseil des Arts du Canada e Patrimoine Canadien. Questo sistema di finanziamenti funziona da ormai più di cinquanta anni. Essendo vicini agli Stati Uniti, posso dire che senza questo sostegno, noi saremmo già stati completamente assimilatati, cosa che non è ancora accaduta. Anche in Quebec c’è un sistema di finanziamenti ma che si articola principalmente attorno al francese, dunque canzoni, teatro e cinema, arti parlanti insomma. La musica di Ambiances Magnétiques è percepita dai sovvenzionatori del Quebec non come veramente “quebecchese”, forse per il suo lato sperimentale e anche perché è quasi esclusivamente strumentale. Noi siamo sostenuti dunque più a livello canadese che quebecchese.

    Il supporto economico delle istituzioni è importante ma rimane ancora minimo per musiche come la nostra. Ci permette appena di sopravvivere. Tutti i progetti che noi realizziamo non sono necessariamente appoggiati da questi programmi, ma è impossibile realizzare in seguito più progetti di grande portata senza sostegno. Penso di vendere della poesia in un certo senso o dell’arte contemporanea e secondo le leggi del mercato non è redditizio, dunque senza alcuna sovvenzione questo sarebbe impossibile.

    •AAJ: Sono convinta che una etichetta abbia molto a che fare con la memoria — anche se non in un modo diretto. Grazie a poche etichette abbiamo memoria di esperienze musicali favolose che (fortunatamente!) non sono scomparse senza lasciare tracce. In qualche modo una etichetta ha la funzione di una memoria collettiva (una sorta di biblioteca). Cosa ne pensi?

    •J.H.: Sono molto fiera di dire che quasi tutti i titoli di Ambiances Magnétiques dal 1983 sono ancora disponibili. Io credo nella necessità della storia. È importante per comprendere il lavoro di un musicista ascoltare parecchi suoi dischi e opere successive nel tempo. Non spingo unicamente delle novità, anche se il mercato stesso le richiede, non chiede solo queste. Sento che DAME funge da granaio, da memoria collettiva, anche se su piccola scala, ma a volte il prezzo da pagare è enorme. Ho due magazzini di dischi da gestire e devo assicurarmi che la cosa non finisca mai. E poi, oltre ad offrire i dischi degli artisti della nostra etichetta, voglio anche offrire i titoli che l’artista ha prodotto su altre etichette di modo che possa dare al melomane tutto Jean Derome o tutto Martin Tétreault. Non ci sono ancora riuscita del tutto, ma sto lavorando in questo senso. Date un’occhiata a www.actuellecd.com.

    •AAJ: Puoi indicare alcune etichette che consideri degne di nota e perché?

    •J.H.: In questo momento ci sono poche etichette che davvero mi prendono. La Tzadik negli anni Ottanta è stata portatrice di una quantità fenomenale di produzioni e del grande successo che è Masada. Mi piace la Hat Hut ma la loro produzione è molto più limitata ora; la Winter & Winter offre buone registrazioni ma il lusso che racchiude le loro cover non mi piace neanche un po’. Se no, ci sono una tonnellata di piccole etichette, ma veramente una tonnellata di piccole etichette; a volte ci sono dei piccoli bijoux che per quanto tempo ancora ci saranno? Due anni, tre anni?! Ambiances Magnétiques esiste da più di venticinque anni e DAME da ben quindici. Bisogna prendere in considerazione la longevità di una piccola etichetta per apprezzarla. Credo nello stesso lungo termine se la nostra vita è così effimera.

    •AAJ: Alla fine, quale dovrebbe essere una buona critica? I critici sono solo una sorta di necessario diavolo?

    •J.H.: Noi siamo sempre alla ricerca della critica, questa dovrebbe essere dunque necessaria! Lo sguardo altrui sul nostro lavoro è importante. Ma onestamente, devo dire che non leggo quasi mai le critiche a proposito dei miei dischi o di quelli che produco. So che per avere dei contratti, delle sovvenzioni, della visibilità, bisogna che si parli di me nei media. Le critiche non sono indirizzate a me, ma al melomane!

    •AAJ: In conclusione…:

    •J.H.: Come musicista, devo continuare il mio lavoro il più coscientemente possibile, a volte faccio dei buoni colpi, altre no. È così! Io non sono alla ricerca del capolavoro, che farei dopo?! Amo enormemente la musica, non potrei vivere senza. È un bisogno vitale. È nella musica che sono più in armonia con me stessa e con l’ambiente che mi circonda.

    Al momento lavoro alla composizione di un teatro sonoro intitolato Filature che sarà presentato a Montréal il prossimo marzo e interpretato dall’Ensemble SuperMusique. Accetto tutti gli inviti a concerti di musica improvvisata e vorrei di nuovo suonare in Italia. Spero di fare musica ancora a lungo, fino alla fine dei miei giorni…

    Per quel che è di DAME, offriamo una ventina di novità per anno e sempre delle novità dei nostri artisti e di etichette affiliate. Su quale supporto troveremo la nostra musica tra cinque anni? Probabilmente non più su compact, ma poco importa, DAME sarà sempre lì a favorire la diffusione di queste musiche!

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9