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Joane Hétu

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  • Joane Hétu, Ambiances Magnétiques dans AllMusic

    «Portrait: Joane Hétu», François Couture, AllMusic, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    Saxophonist, singer, improviser, composer, and record label manager Joane Hétu ranks among the pillars of the Montréal avant-garde music scene revolving around the collective Ambiances Magnétiques. A small but very stubborn woman, she made a career for herself starting out of nowhere at age 19, to become a successful businesswoman and a vocalist with a very distinctive style. She has recorded many albums with the groups Wondeur Brass, Justine, Les Poules, Castor et Compagnie, with her husband Jean Derome and solo.

    A Montréaler born and raised, Hétu turned to music in 1977, at age 19 when she started to learn the alto saxophone by herself, with no notions of music theory. Two years later she briefly fell in love with pianist Pierre St-Jak who introduced her to an eccentric bunch of artists tied to the Pouet Pouet Band and L’Enfant Fort (which years later would evolve into the Fanfare Pourpour). These experimentalists confirmed her musical vision. With keyboardist Diane Labrosse and drummer Danielle Palardy Roger she formed the feminist avant-rock group Wondeur Brass, learning the basics of music during rehearsals. In 1985 the three members were asked to join the collective Ambiances Magnétiques, recently established by Robert Marcel Lepage, René Lussier, André Duchesne, and Jean Derome (the latter would become her life and major musical partner). Wondeur Brass released two critically acclaimed albums in the mid-’80s (Ravir and Simoneda, Reine des Esclaves). Hétu, Labrosse and Roger played in two similar projects, Les Poules and Justine, and toured North-America and Europe.

    In 1991, at a time when the volunteer structure of the collective was becoming a burden on the shoulders of its members, Hétu created DAME (Distribution Ambiances Magnétiques Etcetera), a record label/distribution outlet with the aim to regroup local independent avant-garde labels under one roof. Her dedication to the company convinced federal and provincial governments to start subsidizing avant-garde music a little more and the Ambiances Magnétiques catalog began to grow steadily. Meanwhile, she formed her own group Castor et Compagnie in 1992 for which she wrote a repertoire of twisted erotic songs, and performed with many of the other AM members’ projects. In the late 1990s her impetus shifted from avant-gardist songwriting to improvised music with Nous perçons les oreilles (with Derome) and her solo album Seule dans les chants. The beautiful Musique d’hiver showcased her talents as a composer.

    A small but very stubborn woman, she made a career for herself starting out of nowhere at age 19, to become a successful businesswoman and a vocalist with a very distinctive style.

    La vie, c’est simple, nouveau CD du duo Derome/Hétu

    jeudi 21 mars 2002 Nouveautés

    Nous perçons les oreilles, l’intime et déroutant duo composé de Joane Hétu (saxophone, voix) et de Jean Derome (saxophone, flûtes, petits instruments, voix), nous proposent, quatre ans après leur premier album éponyme, de nouvelles chansons abstraites et mélancoliques, La vie, c’est simple. Comme le mentionne si justement Joane: «Le résultat se développe à la faveur de notre rapport. C’est une façon de travailler qui me permet beaucoup de liberté et qui suppose énormément de complicité. Nous perçons les oreilles, ce sont des chansons très courtes, naïves et humoristiques, accompagnées de musiques bruitistes radicales.»

    Joane Hétu, Ambiances Magnétiques dans SOCAN — Paroles & Musique

    «D’un avant garde à l’autre», Nicolas Houle, SOCAN — Paroles & Musique, no 9:1, 1 mars 2002
    vendredi 1 mars 2002 Presse

    Au début des années 80, un groupuscule de musiciens travaillait d’arrache-pied en vue de doter le Québec d’une avant-garde musicale qui lui serait propre. Improvisations pures et dures, expérimentations bruitistes, ses créations, sises quelque part entre musique contemporaine et free jazz, en effrayaient plus d’un.

    Vingt ans plus tard, la scène de ce qu’on appelle désormais la musique actuelle a considérablement évolué. Se donnant des moyens à la hauteur de leurs ambitions, les Jean Derome, René Lussler, Pierre Tanguay et consorts ont fait connaître leurs musiques bien au-delà du Québec, acquérant au passage une réputation des plus enviables.

    Les rouages du genre Le Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) est l’un des moteurs importants du développement de l’avant-garde québécoise. Créé en 1983, il a été — et demeure toujours — une vitrine internationale pour les musiciens, en plus d’être la pierre d’assise du genre grâce à la tradition qu’il a su instaurer. Cela tient beaucoup à la vision du directeur artistique et fondateur du festival, Michel Levasseur, pour qui tradition et avant-garde n’ont rien d’antinomique: «Je ne crois pas au rejet de la tradition ou des anciennes valeurs, on construit toujours à partir de quelque chose, explique-t-il. À Victo, on a cette préoccupation-là depuis les débuts, on a commencé par inviter les anciens comme Sun Ra et Terry Riley pour ensuite établir un lien avec des musiciens de tous les pays.»

    Outre le FIMAV, le milieu a su se doter d’infrastructures particulièrement efficaces afin de permettre aux musiciens de diffuser leurs créations malgré leur peu de moyens. C’est ainsi que divers labels comme le vétéran Ambiances magnétiques ou le récent Alien 8 sont nés, que la compagnie de production Supermémé-Supermusique a vu le jour, ainsi que la compagnie de distribution DAME, qui assure la production, la promotion et la diffusion internationale des diverses étiquettes qu’elle chapeaute.

    «Je soutiens autant les bons coups que les mauvais coups, indique la musicienne Joane Hétu, qui est à la tête de DAME depuis sa création, ii y a 10 ans. Mon but n’est pas mercantile, je bâtis une collection de disques. La dernière parution m’intéresse, mais je garde actif dans mon catalogue celui que l’artiste a sorti il y a 10 ans, car si je ne le fais pas, c’est fini et on passe ça dans le broyeur de l’oubli. Et comme c’est de l’avant-garde, il faut voir ça à long terme: le disque que je sors présentement, je n’en vendrai presque pas. Je vais en vendre dans trois ou cinq ans.»

    Un public grandissant Avec les années, il semble que la musique actueile effarouche moins les gens. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à s’intéresser au genre et les albums des artistes de l’avant-garde québécoise, qui ne s’écoulaient naguère qu’à l’étranger, se vendent beaucoup mieux au Québec. Même un dialogue s’instaure entre les diverses scènes: on a récemment vu le guitariste Bernard Falalse (Minodor, Klaxon Gueule) travailler auprès de Marie-Jo Thério, tandis que René Lussier faisait paraître son album Tombola Rasa sur une étiquette grand public (La Tribu).

    Les Québécois s’intèresseraient-ils davantage à l’avant-garde? «C’est indéniable, croit Joane Hétu. Les choses que l’on pouvait faire dans les années 80 et qui pouvaient passer pour des choses incroyables comme mettre une cymbale à l’envers ou mettre une voix dans un mégaphone, on retrouve ça partout dans la pop d’aujourd’hui. L’oreille bouge, les gens bougent et les gens s’habituent à ces sonorités là. L’avant-garde est toujours récupérée.»

    Cette récupération de l’avant-garde et de divers éléments de la musique actuelle cause bien des maux de têtes à certains artistes qui s’interrogent à savoir s’ils sont en train de se faire dépasser par la présente vague de musique électronique. Crainte non fondée selon Michel Levasseur: «Il y a présentement une tendance à valoriser la nouvelle technologie qui, d’après moi, est erronée, explique-t-il. Car en bout de ligne on parle de musique et de sons, et pour moi la source sonore n’est pas si importante que ça. On peut atteindre l’extase du son par n’importe quelle sorte de moyen, que ce soit par une instrumentation dite conventionnelle ou non.

    Une relève en parfalte santé

    En plus de son public qui va grandissant, le milieu de la musique d’avant-garde compte un bassin de musiciens de plus en plus important. Provenant d’horizons aussi divers que le jazz, le postrock ou la musique électronique, ils sont nombreux à suivre les voies tracées par les Robert Marcel Lepage, Diane Labrosse, et Jean Derome et même à collaborer avec eux, qu’il s’agisse d’Alexandre St-Onge, de Dave Kristian ou de la formation Interférence Sardines. La prochaine édition du FIMAV, qui se déroulera du 16 au 20 mai, devrait d’ailleurs en témoigner avec éloquence.

    Selon l’auteur-compositeur et guitariste Sam Shalabl (Shalabi effect, Detention), l’une des figures de proue de la relève, l’effervescence que l’on trouve dans le milieu s’explique en partie par l’esprit d’équipe qui y règne: «Le dialogue entre les différentes générations de musiciens est excellent et ce qu’il y a de nouveau, c’est l’éclatement du cloisonnement de la langue et de la culture. Les scènes anglophone et francophone ne se mélangeaient pas avant et depuis quatre-cinq ans ça semble vraiment changer.»

    Malgré un creux de vague du côté de la diffusion et des tournées à l’étranger, il apparaît indéniable que la musique actuelle québécoise est en excellente santé et que les conjonctures actuelles laissent présager un avenir des plus prometteurs. Shalabi, qui a quitté l’Île-du-Prince-Édouard il y a dix ans pour s’installer à Montréal ne cache pas son optimisme: «Quand je suis arrivé à Montréal, il ne semblait pas y avoir tellement de musiciens et de gens qui s’intéressaient à cette musique, mais depuis, il y a vraiment eu un boom. Je crois que ça va continuer à être en santé, car beaucoup de ces jeunes musiciens apportent quelque chose de neuf à cette scène et à cette pratique musicale. Je crois que ça n’ira que mieux, peut être pas sur le plan monétaire, mais sur le plan créatif, assurément!»

    Improvisations pures et dures, expérimentations bruitistes…

    23 février 2002: Lee Pui Ming lance Who’s Playing

    vendredi 22 février 2002 En concert

    Le nouvel album de la pianiste torontoise Lee Pui Ming, Who’s Playing, est une série d’improvisations fortes et vivifiantes mêlant piano, saxophone et voix qu’elle a enregistré avec la musicienne et productrice Joane Hétu. Le nouveau cd a été lancé à la Music Gallery de Toronto (Ontario), le 23 février 2002 avec une prestation des deux musiciennes, accompagnées de la percussionniste Danielle Palardy Roger.

    Réédition des Contes de l’amère loi, épuisé depuis 1990

    mardi 22 janvier 2002 Nouveautés

    «… mêlant harmonie et dissonnance, contradiction et cohérence, comme toute musique de plénitude, comme la vie elle-même.» (Notes, France) Dans les années 80, Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Palardy Roger ont surgit du paysage musical québécois et séduit le monde avec leur vitalité, leur fougue et leur originalité. Une des premières production d’Ambiances Magnétiques, le microsillon Les contes de l’amère loi était épuisé depuis une dizaine d’années. Cette réédition cd est donc une merveilleuse occasion de redécouvrir le travail de ces trois femmes qui ont aidé comme musiciennes et comme productrices à bâtir la musique actuelle au Québec.

    SuperBOOM, Joane Hétu, DAME dans La Presse

    «Dix ans, déja une grande DAME», Philippe Renaud, La Presse, 27 novembre 2001
    mardi 27 novembre 2001 Presse

    «La preuve est là: DAME n’est pas éphémère, lance avec conviction Joane Hétu, musicienne et directrice de cette entreprise de distribution au service de la musique actuelle québécoise. Nous avons créé un vrai langage, une vraie démarche. Regarde les maisons de disques: ça ouvre, ça ferme, c’est instable. Nous, on garde le cap depuis 10 ans!» En effet, la preuve est irréfutable: après 10 ans d’activité, le label et distributeur indépendant DAME (l’acronyme de Distribution Ambiances Magnétiques Etc.) affiche 160 disques au compteur. Vous avez bien lu: 160 albums, ça fait en moyenne… 16 disques par année (rééditions incluses), dont quelques classiques qui ont franchi le cercle des initiés. Comme les excellents Le Trésor de la langue de René Lussier, par exemple, ou Au royaume du silencieux des Granules (Jean Derome et René Lussier). Aucune autre étiquette d’ici ne peut prétendre à un tel résultat, tout en assurant un niveau de qualité exceptionnel.

    Il reste que même après 10 ans, Joane Hétu croit avoir encore à «défendre la discipline, à faire du développement de marché». Rien n’est facile pour ce genre musical qui n’en est pas vraiment un. Ou plutôt, qui est un sacré fourre-tout: la musique actuelle se définit beaucoup par sa démarche, totalement libre, où l’improvisation tient lieu de moteur créatif. En clair, on range l’inclassable sous la casquette de la musique actuelle.

    «On se retrouve on the edge, explique Joane Hétu. On n’est pas enseigné à l’école, on ne fait pas partie de l’establishment, et l’industrie ne nous considère pas vraiment. Mais on fait partie de la souche populaire car nos influences sont issues du rock, du jazz, du pop, du folk… C’est une musique de jonctions, de mélanges, un son hybride qui peut être à la fois très accessible et très pointu. On vient tous des musiques populaires mais on a poussé plus loin notre pensée musicale.»

    Cela dit, si la directrice de DAME pense avoir passé par une espèce de purgatoire ces dernières années, l’avenir semble plus rayonnant.

    «J’ai l’impression qu’on connaît un renouvellement de notre public. Je sens vraiment que le vent vient de tourner: l’écoute des gens a changé en 10 ans. Par exemple, il y a 15 ans, tu faisais jouer un ruban à l’envers et c’était drôlement perçu… Aujourd’hui, il y en a partout dans la pop, les musiciens se sont mis à ce genre de choses. Les voix dans les mégaphones, même Britney Spears fait ça aujourd’hui. De plus, ces dernières années, la démocratisation des moyens d’accès à la production audio fait qu’on accepte le bruit comme plaisant à l’oreille. On accepte plein de choses qui ne faisaient pas partie de la musique auparavant.»

    Ainsi, pour montrer la persévérance du collectif d’étiquettes qui forment DAMEAmbiances magnétiques, Monsieur Fauteux m’entendez-vous? (label de la Fanfare Pourpour), OHM Éditions (de Québec) et AMIM —, on s’apprête à mettre sur le marché pas moins de neuf nouveaux albums, juste à temps pour les célébrations du dixième anniversaire.

    À partir de ce soir, et jusqu’au 1er décembre, les curieux et les amateurs de musique débridée pourront célébrer gratuitement la Super Boom de DAME au Théâtre La Chapelle. «On a décidé d’offrir les soirées gratuitement parce qu’on voulait que les gens achètent les disques», indique sans gêne Joane Hétu, en précisant que les spectacles d’environ 40 minutes (il y en a au moins trois par soirées) seront aussi le reflet des albums lancés simultanément.

    Ces cinq soirées thématiques, qui se présenteront sous la forme de cartes blanches, regrouperont plus d’une quarantaine de musiciens en 14 spectacles. Trois soirées seront dédiées à Ambiances Magnétiques (soirée Bruitisme, Musique improvisée et Nouvelles Musiques d’ensemble), l’une à la jeune étiquette Monsieur Fauteux m’entendez-vous? et l’autre à OHM Éditions, label de Québec versé dans la musique électronique électroacoustique. Et en plus, on vous offre gratuitement une compilation DAME — SuperBoom, avec 33 extraits de parutions récentes.

    Passion et organisation

    Une décennie de vie pour une entreprise dédiée à la musique actuelle, au Québec, pourrait nous faire croire au miracle. Pourtant, il n’en est rien: il faut seulement une bonne dose d’organisation et beaucoup de passion, assure Joane Hétu, rencontrée dans les bureaux de DAME, avenue de Lorimier.

    Selon elle, le fonctionnement de DAME diffère beaucoup de ce que l’on connaît dans d’autres structures du disque: «Ce qui a été bon, c’est l’idée de réunir tous ceux qui faisaient de ce genre de musique. À la longue, les disques des uns faisaient connaître les disques des autres. Puis, on a mis sur pied un bon réseau de distribution international. C’est surtout ça qui nous a maintenus en vie.»

    La saxophoniste et compositrice ne cache pas que le Québec n’est pas son premier marché. Depuis 10 ans, ses disques se sont toujours vendus davantage en Europe, aux États-Unis ou même au Japon qu’ici. «Cette musique est structurée en un réseau de distributeurs, de salles, de revues (comme le magasine anglais Wire, qui critique régulièrement les parutions de DAME), de radios….»

    SuperBoom, c’est pour la fête, mais aussi pour faire mentir l’adage voulant que nul ne soit prophète en son pays. «Pour moi, assure Joane Hétu, DAME reste un catalogue de musique québécoise. Ça fait partie du folklore. Ce sont tous des créateurs d’ici, toujours vivants, qui font de la création teintée de chez nous. En comparant notre musique, on l’entend, ça sonne québécois, il y a des racines.»

    Nous avons créé un vrai langage, une vraie démarche.
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