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  • April 29 – 30, 2009: Magali Babin Presents Natura Sonoris in Montréal

    Monday, April 20, 2009 In concert

    As part of their 2008-09 season, Productions SuperMusique presents Natura Sonoris, a Carte Blanche to Magali Babin. Drawing inspiration from composer Krzysztof Penderecki and his disquieting music, Magali Babin, along with Myléna Bergeron, Karl Lemieux and L’Œil de verre, will present a multimedia work that pushes forward the fearsome audio-visual attacks of five of the most imaginative young artists in Montréal today. The concerts will take place on April 29 and 30, 2009, at the Laboratoire nouveaux médias — Oboro.

    Five A’s, Two C’s, One D, One E, Two H’s, Three I’s, One K, Three L’s, One M, Three N’s, Two O’s, One S, One T, One W in Octopus

    “Critique”, Jean-Claude Gevrey, Octopus, April 20, 2009
    Monday, April 20, 2009 Press

    Prenez les lettres épelant les noms des trois protagonistes de ce disque, rangez-les par ordre alphabétique et vous obtiendrez son titre complet (et à rallonge). De fait, on est tenté d’y déceler un renoncement aux formes établies, aux démarches préconçues, une volonté de réduction de l’artiste à son identité fondamentale: finalement une certaine approche de l’improvisation libre! Si Michael Snow est probablement plus connu pour ses expérimentations cinématographiques (cf. Wavelength, pierre angulaire du structuralisme en 1967), ses incartades musicales ne datent pas d’hier. Initialement pianiste de jazz, il a depuis rejoint le Canadian Creative Music Collective (CCMC) pour y développer un goût certain pour les manipulations électroacoustiques. C’est donc muni d’un synthétiseur analogique, d’une radio à ondes courtes et d’un piano qu’il aborde cette rencontre transgénérationnelle avec le guitariste Alan Licht, autant marqué par le minimalisme que le rock bruitiste, et le tripatouilleur de bandes magnétiques Aki Onda (comment appelle t’on déjà quelqu’un qui joue avec des walkmans en appuyant sur «rwd» alors que la touche «play» est enclenchée?). Enregistrées à Toronto en 2006 et au FIMAV l’année suivante, les deux pièces ont en commun une rare intensité qui n’est pas sans rappeler l’enthousiasme des pionniers de la musique électronique devant l’univers des possibles. Les fulminations cosmico-vintage sont ici enrichies de multiples incises: saillies de collages sonores dont la vitesse de défilement est altérée, drone sur cordes, avalanche de feedback et signaux captés au hasard (c’est de la pop indonésienne ou des mariachis qu’on entend en sourdine à un moment sur Doo Rain?). Au total, beaucoup de jeux d’interférences et de filtrages pour un ensemble dense et enchevêtré.

    Au total, beaucoup de jeux d’interférences et de filtrages pour un ensemble dense et enchevêtré.

    Live at Upstairs 2008 in Le Devoir

    “Le salut de Guilbeault à Mingus”, Serge Truffaut, Le Devoir, April 18, 2009
    Saturday, April 18, 2009 Press

    Reprendre Duke Ellington, comme c’est bien écrit, bien arrangé, ça peut aller même si ce n’est pas évident. Reprendre Thelonious Monk, si on a le sens du contre-pied, de la déstabilisation, le souci de l’originalité, ça peut fonctionner même si ce n’est pas facile. Reprendre Charlie Parker, ça commande une sacré dose de culot, une dose de cheval sauvage. Mais reprendre Charles Mingus

    Reprendre Mingus, le Falstaff du jazz, le grand énervé, l’ultra de la passion, l’alchimiste des musiques de Stravinski, de Bartók avec le gospel, celui des saints des derniers jours, le blues des champs, le «bi-beaupe» de Bird et des chants d’oiseaux chers à Eric Dolphy, ça exige tout ce qui a été mentionné plus haut avec en sus une observation constante de la ténacité. Bref, en plus d’avoir une maîtrise musicale hors du commun, il faut être un peu fou, un tantinet déjanté. C’est ce qu’est Normand Guilbeault, grand contrebassiste devant l’Éternel, formidable chef de bande, grand défricheur des terres chaotiques.

    Trois fois plutôt qu’une

    C’est la troisième fois qu’il s’attaque à Mingus. La deuxième fois pour Ambiances magnétiques, la première ayant été pour Justin Time. Pis? C’est réussi, au-delà, bien au-delà de nos espérances. Et ce, tout d’abord parce qu’il s’est entouré de musiciens aussi redoutables qu’étonnants.

    Aujourd’hui comme hier, Jean Derome est à l’alto, aux flûtes et au baryton. En fait, au baryton il est aussi profond que Pepper Adams et aussi fonceur que Hamiet Bluiett. À la trompette, Ivanhoe Jolicœur déploie une chaleur et une sensualité entremêlées des bâillements de crocodile chers aux souffleurs de La Nouvelle-Orléans qui laissent pantois. Tellement que Jolicœur est peut-être bien le grand méconnu du jazz de Montréal, du Québec, du Canada, de ce que vous voulez.

    À la clarinette, la normale comme la basse, Mathieu Bélanger s’avère comme toujours la valeur ajoutée à la puissance dix. Il est en tout cas le frère d’armes de David Murray, qui proposa il y a quelques années de cela un album consacré à… Mingus. À la batterie, il y a Claude Lavergne qui pousse les autres et les retient comme et quand il faut, Lavergne qui a juste ce qu’il faut de fougue, d’énergie, d’à-propos, Lavergne qui est maître des ponctuations. Et il y a enfin la grande et splendide surprise.

    Il s’agit de Normand Deveault, pianiste de son état, qui a intégré le groupe de Guilbeault après un très long séjour en Guadeloupe. Deveault a ceci d’extraordinaire qu’il descend en droite ligne de Don Pullen. Et alors? Entre Horace Parlan, Jaki Byard et Pullen, qui tous ont été les pianistes de Mingus, on a toujours eu un faible pour ce dernier parce qu’il n’avait pas son pareil pour mettre en relief les inclinations que Mingus avaient pour Stravinski et Bartók. C’est pas compliqué, Deveault a ceci d’admirable que, contrairement à bien des pianistes, il dépasse la technique. Comme si celle-ci était loin, très loin derrière.

    Pour confectionner cet album enregistré live au Upstair’s, Guilbeault a réarrangé six compositions de Mingus: Passions of a Woman Loved, Song with Orange, Weird Nightmare, Prayer for Passive Resistance, Eclipse et Sue’s Changes. Sur deux de ces pièces, Karen Young chante avec beaucoup de sensibilité et de justesse des pièces réputées difficiles.

    On l’a souligné, on le répète, le résultat est splendide. Étonnant, captivant. C’est du grand jazz, très grand même. Chapeau!

    On l’a souligné, on le répète, le résultat est splendide. Étonnant, captivant. C’est du grand jazz, très grand même. Chapeau!
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