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  • Bernard Falaise in La Scena Musicale

    Bernard Falaise, guitare qui veut veille”, La Scena Musicale, no. 11:6, March 1, 2006
    Wednesday, March 1, 2006 Press

    Quoi de plus flatteur pour un artiste que de se voir accorder une carte blanche, d’avoir entière liberté pour jouer ce qu’il veut… avec qui il veut. Telle est la chance accordée au guitariste Bernard Falaise, qui se produira trois soirs de suite à la fin du mois. Musicien polyvalent s’il en est, ce fieffé aventurier des cordes (et autres accessoires électriques) parcourt un peu tous les genres, allant du pop québécois — comme accompagnateur de Marie-Jo Thério — à la musique psychédélique — dans son groupe Foodsoon — sans oublier ses incursions en musique contemporaine. Pourtant, cet improvisateur aguerri est surtout reconnu pour son travail en musique actuelle, créneau dont l’éclectisme lui va comme un gant.

    C’est donc sous le signe de la diversité que se déroulera, au Théâtre la Chapelle, la dite carte blanche. À tour de rôle Falaise se fera improvisateur libertaire, compositeur total et maître d’œuvre d’un tout nouveau groupe présenté en première. «L’idée de cet événement vient du directeur du théâtre, Richard Simas, précise le musicien. Il me l’a proposé il y a un peu plus d’un an et j’ai mijoté cela pendant un moment, avant de décider que je voulais miser sur les différents volets de mon travail.»

    À en juger par le programme de ces soirées, le guitariste a respecté son mandat. En ouverture, ce sera de l’impro sur toute la ligne: en première partie, duo avec le platiniste Martin Tétreault (la seule consigne pour lui étant de faire tourner des plaques de guitaristes) suivi d’un spectacle retrouvailles avec trois Torontois (Christine Duncan, voix; Jean Martin, batterie et tables tournantes; Justin Haynes, guitare), ensemble connu sous le nom de Barnyard Drama (formation qui reviendra en mai prochain lors du FIMAV à Victoriaville). Le second soir sera dévolu à ses musiques composées, interprétées à tour de rôle par l’excellent Quatuor Bozzini (quatuor à cordes) et le tout aussi magnifique quintette à vents Pentaèdre. Qui plus est, il a prévu une improvisation structurée pour ces deux formations, rejointes par Diane Labrosse (échantillonneur), Alexandre St-Onge (basse électrique et électroniques) et lui-même. Ce même bassiste sera de retour pour la finale du dernier soir, à la suite d’un second duo entre Falaise et Tétreault (qui ne feront que des électroniques bruitistes). Pour boucler le tout, le guitariste proposera un genre de quatuar rock actuel dont le libellé («Vache qui veut vole») mérite d’être expliqué. «Cela provient en fait d’une expression portugaise qui signifie ‘je vous en prie’: du moins ça sonne un peu comme ça à mes oreilles. Je monte un tout nouveau répertoire comprenant des paroles de mon cru, et que je chanterai d’ailleurs, une premiere pour moi.

    Pour l’avenir, Bernard aimerait bien faire un autre disque cette année. «Je ne sais pas quoi au juste, mais j’aimerais faire ça avec quatre ou cinq autres musiciens. Mon premier chez Ambiances était en solo (Do en 2000), alors là je voudrais faire quelque chose de tout à fait différent, moins produit, plus direct, quoi.»

    Musicien polyvalent s’il en est, ce fieffé aventurier des cordes parcourt un peu tous les genres…

    Ensemble SuperMusique (ESM), Joane Hétu in La Scena Musicale

    Joane Hétu’s Filature: Theatre of Sound”, Paul Serralheiro, La Scena Musicale, no. 11:6, March 1, 2006
    Wednesday, March 1, 2006 Press

    The role of music in the theatrical arts is usually a secondary one, used to highlight dramatic action or inspire a choraographer’s vision. Music seems mone abstract than words or gestures to most people. With her latest creation, Filature, premiered this month at Usine C, musique actuelle composer, vocalist and improvising saxophonist Joane Hétu sets out to show the theatrical potential of music and how other arts can be put to its service.

    During a recent conversation held at the offices of Ambiances Magnétiques, of which she is the label’s chief adminstrator, Hétu explained her vision as being inspired by the art of weaving, once an occupation of hers. “Musique actuelle is a hybrid form, born of mixing disparate things. Weaving has similar principles — the craft involves mixing various threads to create a pattem, a pleasing artistic form.”

    In this “Théâtre sonore” of hers, the threads are the instrumental “voices” of the musicians, with counterpoint provided by a pair of dancers, and important visual components including costumes, lighting and video projections. Still, the musicians are at the heart of this project, a point Hétu further elaborates upon. “I have to know who I’m writing for. I’m not just writing for a particular instrument — it starts with a particular musician.” The work is dividad into three acts, each based on a principle of weaving: Act I is titled Chaîne, Act II Trame and Act III Motif, weaving terms that translate as “warp”, “weft” and “weave”. “In the opening act, male musicians are on stage with a male dancer, followed by an all-female cast in Act II and all 10 musicians share the stage in Act III, their lines interweaving with each other’s. Most importantly, everything grows out of the music.”

    Even if there are improvised parts, Hétu hastens to add, “The music is mostly written, with the visuals borne out of the music.” In this way, the contributions of video artist Pierre Hébert, lighting designer Guillaume Bloch, costume designer Louis Hudon and sound engineer Bernard Grenon are all in keeping with the music. “So this is a turning of the tables, at least with respect to what usually happens with music and other performing arts,” explains Hétu.

    The musical component will be handled by some of musique actuellets best know characters, among them Jean Derome, Diane Labrosse, Pierre Tanguay and Normand Guilbeault, the featured dancers being Daniel Soulières and Séverine Lombardo. “We’re working with textures,” Hétu reminds us, “but the underlying structure behind these are the music. Always.”

    Musique actuelle is a hybrid form, born of mixing disparate things. Weaving has similar principles — the craft involves mixing various threads to create a pattem…

    Estrapade in Musicworks

    “Dinamically Charged Pleasure”, Chris Kennedy, Musicworks, no. 94, March 1, 2006
    Wednesday, March 1, 2006 Press

    Dontigny and d’Orion have been working together since the ’90s, when they founded the now defunct radio program Napalm Jazz on [Quebec City]’s CKIA. Theirs is a dynamically chargod improvisation, with a lot of space between the standard loud whiteouts and the quiet passages. Unlike many noise bands that keep their instruments burning in the red, morceaux_de_machines are unafraid to pull back and let moments of tangential beauty into their noisier explorations. Despite its early posturing, the threat of violence is never realized. Instead, the music’s energy is discovered through the passion of creative fire.

    morceaux_de_machines are unafraid to pull back and let moments of tangential beauty into their noisier explorations.

    Steve Reich: Different Trains in Revue & Corrigée

    “Disques”, Pierre Durr, Revue & Corrigée, no. 67, March 1, 2006
    Wednesday, March 1, 2006 Press

    Different Trains est probablement une des œuvres fondamentales de Steve Reich, prélude à ses opéras-vidéos, en introduisant dans la trame répétitive divers effets, collages, voix (la bande magnétique complémentaire superpose trois quatuors à cordes, servant de repère à la prestation scénique du Kronos Quartet). Sur scène, pour peu que la scénographie, la répartition des enceintes acoustiques soient à l’unisson, l’œuvre permet une visualisation sonore à la fois ouverte et ciblée.

    Plusieurs versions en ont été enregistrées depuis celle du Kronos Quartet en l988, sans oublier celle, plus récente (2003) de l’orchestre national de Lyon et ses 48 cordes. Le Quatuor Bozzini, dont c’est ici le second enregistrement, ne pouvait qu’integrer à son répertoire cette œuvre majeure du vingtième siècle finissant. Présenté en public il y a plus d’un an, Different Trains, évoquant la Seconde Guerre mondiale, était associé à Black Angels — thirteen images from the Dark Land (relatif au Vietnam) de George Crumb, lors d’un récital titré «in tempore belli» (en temps de guerre). Le Quatuor à cordes canadien s’est particulièrement impliqué à retravailler l’œuvre de Steve Reich, allant jusqu’à réenregistrer lui-même la bande magnétique complémentaire, ce qui permet aux quatre musiciens de jouir d’une liberté d’exécution et de sonorité que les différents quatuors interprètes n’avaient pas en utilisant la bande préenregistrée initialement par le Kronos. Une manière donc de s’approprier, avec le consentement de Steve Reich lui-même, une heureuse et dynamique relecture de l’œuvre.

    … une heureuse et dynamique relecture de l’œuvre.

    AnteNata in Revue & Corrigée

    “Disques”, Pierre Durr, Revue & Corrigée, no. 67, March 1, 2006
    Wednesday, March 1, 2006 Press

    Antenata présente un air quelque peu familier. Ce n’est pas le fait qu’on trouve au sein de cette formation italienne quelques musicien(ne)s déjà croisé(e)s au sein de la scène bolognaise (Daniela CattivelliFastilio, LMI — et Pierangelo Galantino — avec Paolo Angeli, LMI et Corsetti) ou ailleurs (Fabrizio Spera). Plutôt une parenté musicale qui nous est chère. Bref, un petit air — frais — de rock in opposition, versus Art Bears. À l’origine un duo (Sabina Meyer et Daniela Cattivelli, respectivement aux voix, échantillonnages, theremin et saxophone, échantillonneur), Antenata s’est mu en un sextet pour réaliser ce premier opus. Si l’approche de la voix de Sabina Meyer, au service de textes librement adaptés en allemand, en français et en italien dus à divers auteurs (Sylia Plath, Marina Cetaeva, Meret Oppenheim, Anne Sexton Simone Weil, Ingeborg Bachmann, Patrizia Cavalli, Patrizia Valduga) rappelle inévitablernent celle de Dagmar Krause, les arrangements, les astuces sonores, le jeu des divers protagonistes (violoniste, guitariste, saxophoniste, percussionniste…) inscrivent Antenata dans la filiation d’un courant qui fut l’un des plus défricheurs et novateurs il y a une vingtaine d’années, tout en réussissant à en garder la fraîcheur, l’esprit d’ouverture, le sens du travail collectif, la générosité d’un projet alliant improvisation, musique de chambre, poésie, voire, par petites touches, l’électroacoustique. Une très belle surprise qui conjugue la complexité du propos à une interprétation très aérienne.

    Une très belle surprise qui conjugue la complexité du propos à une interprétation très aérienne.
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