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  • Martin Tétreault in Octopus

    “Sillons et micros”, Philippe Robert, Octopus, no. 27, March 1, 2004
    Monday, March 1, 2004 Press

    Depuis 20 ans, le platiniste Martin Tétreault creuse son sillon autour des disques. Plasticien de formation, Martin Tétreault s’est très tôt intéressé aux disques afin de produire une musique tournant autour de la citation et du piratage. Depuis quelques années, les disques traditionnels ont déserté les platines du Québécois au profit d’une exploration débridée et sans frontières de la lutherie phonographique. Creusant le sillon ouvert par John Cage en matière de pratiques étendues, le Québécois Martin Tétreault, depuis une vingtaine d’années (ses premières expériences en solo remontent à 1984), n’a eu de cesse de tester tout ce qui a trait aux disques en tant que supports et aux platines, abandonnant progressivement les premiers au profit des secondes. Sous l’influence de sa formation de plasticien, il lui a rapidement semblé logique de s’attaquer d’abord au vinyle comme matériau, d’autant plus que le tourne-disque était un objet qui le fascinait depuis l’enfance. A l’instar de nombre de ses confrères, Martin Tétreault commence donc par s’intéresser à la citation et à l’idée de piratage avant d’élargir cet horizon: «Un jour, j’ai pris un disque, l’ai coupé au milieu, en ai fixé les deux moitiés inversées que j’ai mises sur le pick-up pour écouter. De ce jour, la platine était devenue pour moi active.» Vers le milieu des années 80, il rencontre les musiciens du label Ambiances Magnétiques, dont il devient un des piliers. Notamment le guitariste René Lussier, avec lequel il enregistre Dur noyau dur, et qui l’initie à l’art du pionnier Christian Marclay, qu’il rencontre en 1989 à New York dans le cadre de la fameuse exposition Broken Music. Tandis que Marclay continuait de s’impliquer dans les arts visuels parallèlement à la musique, le Canadien prend un chemin inverse, multipliant les collaborations avec Jean Derome et la formation Bruire de Michel F Côté. En 1998, un disque vient marquer le point culminant de sa pratique d’alors — qui par la suite évoluera considérablement. Il s’agit d’un duo avec le clarinettiste Robert Marcel Lepage en hommage à Maria Callas, thème d’ailleurs déjà abordé par Marclay sur More Encores. Lyrique, malicieux, jubilatoire: cet album use de la citation parasitée par les scratches dans le cadre d’improvisations tour à tour enjouées ou mélancoliques, qui constamment mettent en œuvre des réminiscences, une certaine forme de nostalgie. Tétreault joue encore des disques, de leur contenu comme de leurs craquements, variant la vitesse de lecture et sautant de l’un à l’autre pour générer des apparitions lexicales saugrenues.

    Grosso modo, c’est à partir de son trio avec l’échantillonneuse Diane Labrosse et la percussionniste électronique Ikue Mori sur Île bizarre que Tétreault commence à se passionner plus avant pour les moyens de reproduction en eux-mêmes, c’est-à-dire la platine et ce qui va avec, comme en témoigneront plus tard ses nombreuses collaborations avec Otomo Yoshihide (21 Situations) ou Sachiko M (Four Focuses). Depuis, plutôt qu’en lecteur, aussi sophistiqué soit-il, c’est en tant que véritable générateur de sons qu’il a transformé la platine, laissant de côté tout ce qui avait trait au détournement pour ne plus se consacrer qu’à elle. En la modifiant et en l’explorant, ainsi que ses périphériques. «La platine en elle-même peut produire du son car son aiguille et la cellule peuvent agir comme un microphone. L’aiguille posée directement sur le plateau crée des vibrations dont on peut amplifier le volume.» Singulier et bruitiste, son art est désormais centré sur la musique des objets: celle des deux à quatre platines dont il joue, chacune équipée de plusieurs bras, avec des aiguilles préparées reliées à des ressorts ou des ballons, l’ensemble passant au travers d’un mélangeur. «Avec les deux bras, confie-t-il, ravi, je peux obtenir des effets de delay.» En effet, le résultat sonore est saisissant, dont on peut se faire une idée précise à l’écoute de son coffret de trois mini-CD en compagnie d’Otomo Yoshihide. Comme lui, ce dernier, influencé par Sachiko M, a délaissé le zapping virtuose (il avait longuement théorisé le «virus sampling») pour ne plus se consacrer qu’au son, au sein d’I.S.O. et Filament. Mû par des préoccupations voisines de celles de son confrère canadien, le processus d’échantillonnage ne l’interpelle plus guère car il trouve plus intéressant d’expérimenter en produisant du feedback, des bruits parasites et de les monter ensemble. On pourrait même parler là d’archi-textures corrosives. Des textures d’ailleurs au diapason de la gestuelle toujours plus minimale et étonnante de Tétreault, que l’on peut écouter en live depuis peu avec les Kristof K. Roll, Xavier Charles et Diane Labrosse au Festival de Victoriaville.

    … le résultat sonore est saisissant…

    Brilliant Days in Signal to Noise

    “Reviews”, Michael Rosenstein, Signal to Noise, no. 33, March 1, 2004
    Monday, March 1, 2004 Press

    Swiss viola player Charlotte Hug won significant accolades with her solo recording Neuland where use of extended techniques transformed her instrument through evolving sonic variations. On this new duet release, Hug extends the sonic pallet of her instrument even further. Here she is joined by Chantale Laplante, who adds real-time electronic processing to Hug’s viola and electronics for bewitching results. Laplante’s background in electroacoustic composition (including studies with Francis Dhomont and a stint at Ircam) draws Hug’s improvisations in to new territories. The five duet improvisations capture the haunting atmospherics of stretched and echoed textures that hang like gossamer skeins. Much of the time, the use of viola as acoustic sound source is morphed beyond recognition as percussive pops and scrapes plucked and bowed strings are subsumed into constantly shifting electronic layers. Unlike Evan Parker’s collaboration with electronic musicians, there is never a sense of Hug’s viola acting as source material for processing. Instead, the two create dynamic improvisations organized around the mutable placement of sound in a spatial plane, bringing to mind Kaffe Matthews’transformations of architectural spaces. This is music that seems to billow and waft rather than truly progress. The five pieces are clearly edited down from longer performances, and at times the music treads dangerously close to cinematic soundscape, with whooshing electronic washes and creaking, subterranean atmospherics. But there is enough here to draw the listener in, particularly on a piece like the closing Brilliant Arch, with Hug’s sawing string harmonics groaning against the shimmering ground of Laplante’s electronics. Like musicians such as Phil Durrant, Mark Wastell, Nikos Veliotis, and Rhodri Davies, Charlotte Hug is finding new and fertile ground for string instruments in electroacoustic settings. This release is another indication that she is well worth keeping an eye on.

    Charlotte Hug is finding new and fertile ground for string instruments in electroacoustic settings…

    Carré de sable in Exclaim!

    “Review”, Glen Hall, Exclaim!, February 27, 2004
    Friday, February 27, 2004 Press

    Youthful Montréal composer/improviser Guido Del Fabbro wilfully and playfully — the CD’s title means “sandbox” — flouts the music industry’s Big Rule: keep your music consistent (often to the point of dumbing it down). Del Fabbro, a marketing department’s worst nightmare, clearly doesn’t give a damn about the Big Rule as his 19 pieces, ranging in length from 52 seconds to a hair over five minutes, break it with gleeful abandon. The tunes — all multi-tracked by the composer playing a welter of instruments (violin, coffeepot, turntable, living room organ, telephone, etc.) with two guests, vocalist Marie-Claude Lamoureux and bass clarinettist Pierre-Emmanuel Poizat—wistfully wander from musique concrete, Mahavishnu skronk and ambient grooves to exotica. Some pieces like Jaka and especially Ipp Tv, which shows a highly developed ear for sound colours, felt like they could go on longer. While Del Fabbro could be criticised for not developing his pieces, what seems clear is that his approach is focussed on creating musical aphorisms not detailed novels. Not that he never develops an idea, but expansion is merely one strategy in his modus operandi. The label’s chief Joane Hétu is to be applauded for supporting the beautifully recorded work of this adventurous iconoclast’s aural bravado.

    Speaking in Tongues in Exclaim!

    “Review”, David Dacks, Exclaim!, February 27, 2004
    Friday, February 27, 2004 Press

    This is a confluence of artists from jazz, contemporary and Indian classical backgrounds. The liner notes describe the similarities between the disciplines: a devotion to rigorous practice, a mastery of all the tonal possibilities of an instrument and a willingness to experiment.Anandan, on various drums, and Wiens, on prepared guitar, play percussive roles while Goldstein will most likely establish the lead voice then quickly shred it while trying to find common ground with the other two. However, everyone gets in on the melodic and rhythmic content — there is no better example than the percolating Twenty Fingers, which starts the album, where no one is the clear leader and all sounds seem to be part of some grand rhythm and harmonic matrix. Wiens also complements bowed violin passages with his guitar preparations to make for smoother sounds to impart glossier textures.

    Carré de sable in Solénoïde Radio

    “Radiobalisage”, Solénoïde Radio, February 22, 2004
    Sunday, February 22, 2004 Press

    Après quelques apparitions remarquées dans diverses formations locales (Rouge Ciel, L’hôtel du bout de la terre), le Montréalais Guido Del Fabbro sort ce premier opus en solo. Un album cocasse et raffiné composé, selon les termes de l’auteur, de «19 pièces de musiques de chambre… d’hôtel»! Vous l’aurez compris, ce violoniste de formation possède plus d’une corde à son arc, dont celle de l’humour. Dans ce disque, l’énergumène module, bricole et emboîte sans distinction éléments populaires et savants. Sans véritable fil conducteur, mais avec une vraie malice créative, il se montre aussi bon sculpteur de fantaisies digitales que compositeur de berceuses ethniques. Multi-instrumentiste touche-à-tout, Del Fabbro utilise tout ce qui lui tombe sous la main, passant allégrement du darbouka à la cafetière ou encore du téléphone à la flûte à bec. Filant avec brio la métaphore infantile, voici un album qui séduira à coup sûr les amateurs de valses des étiquettes… musicales!

    … avec une vraie malice créative, il se montre aussi bon sculpteur de fantaisies digitales que compositeur de berceuses ethniques.

    Unstable Friends in Hour

    “Fondmetal”, Mike Chamberlain, Hour, February 19, 2004
    Thursday, February 19, 2004 Press

    Bob is the trio of Éric Bernier, Michel F Côté and Guy Trifiro, who utilize computers and machines (what types of machines are not specified in the liner notes) to create a symphony of memory dust balls. You know what I’m talking about. Memory dust balls are those half (or less) remembered events of childhood, snatches of songs, fragments of old conversations that we all have floating around upstairs. Listening to the 11 pieces on this album is like delving into a vat of those memories, played on an old tube radio and set to a rocking beat. Very strange, but in a comfortable way.

    Very strange, but in a comfortable way.
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