On vous l’a déjà dit, les Productions Super-Mémé roulent cette année sur des quatre saisons. Les Musiques d’automne ont été un franc succès au Centre culturel Calixa-Lavallée, on enchaîne ce soir et demain avec Musique d’hiver, gracieuseté de Joane Hétu.
«Craquement et sifflements. Tempête, souffles et froidures, dépouillement, lumière blanche, lenteur, silence, bruit blanc. Cérémonie musicale pour une saison de frimas et de grands vents», annonce le communiqué. Le Canal Météo confirme, Joane Hétu ne pouvait mieux tomber: deux tempêtes ont précédé ses concerts, une autre bordée risque de leur succéder.
Musique d’hiver est une pièce comportant quatre mouvements: La Chute évoque la première chute de neige de l’année, On se les gèle est un tableau de froid et de vent, Lumière de février s’inspire du blanc resplendissant et du bleu métallique qui illuminent nos paysages d’hiver, Perdu le nord se veut l’expression sonore de cette perte d’énergie, voire cette déprime généralisée au terme de la saison froide.
«J’ai choisi une instrumentation acoustique pour une une musique très épurée»! amorce Joane Hétu. «Les mélodies y sont simples, les rythmes y sont lents, j’y greffe des matières sonores étonnantes et des paroles assez directes.» Joane Hétu jouera du sax alto et chantera, Jean Derome jouera les flûtes (alto, basse et piccolo), Guillaume Dostaler s’occupera du piano, Diane Labrosse de l’accordéon, Pierre Tanguay des percussions.
Il y aura peu d’improvisation au menu de Musique d’hiver. «Mes partitions, dit la musicienne, ne comportent peut-être pas les nuances qu’on retrouve dans la musique contemporaine; elles sont plus simples mais elles s’appuient sur des interprètes avec qui je travaille depuis longtemps, dont je sais exactement le jeu et les possibilités. Ma musique repose sur des artistes qui connaissent ma musique et qui savent en faire quelque chose.»
Autodidacte, Joane Hétu a construit son affaire lentement. Au fil des ans, au fil de Wondeur Brass, Les Poules, Justine, Nous Perçons les oreilles, Castor et compagnie, elle a fait sa petite bonne femme de chemin pour atteindre une certaine maturité.
Progression
«J’ai l’étrange impression de toujours recomposer la même affaire, avec chaque fois un peu plus de maîtrise, une meilleure connaissance du médium. J’arrive de mieux en mieux à faire passer ce que j’entends dans ma tête. «Ma progression n’est pas rapide, admet-elle néanmoins. J’ai de plus en plus confiance en moi mais je n’ai pas encore le sentiment d’avoir atteint ma vitesse de croisière. Mais je suis fière de Musique d’hiver qui, je crois, est la plus achevée de mes pièces.»