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Nous perçons les oreilles

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  • Nous perçons les oreilles, Ignaz Schick, Martin Tétreault in Le Délit français

    “Du bruit à la musique”, Laure Henri-Garand, Le Délit français, March 16, 2010
    Tuesday, March 16, 2010 Press

    Le 10 mars dernier, le Goethe-Institut accueillait les Productions SuperMusiques, en collaboration avec la Saison Le Vivier et la maison de Disques DAME, pour un double lancement d’album de musique actuelle.

    D’emblée, le concert s’annonçait intime: les quelques soixantedix sièges de la salle McLaren du Goethe-Institut, coin Sherbrooke et Saint-Denis, étaient occupés aux trois quarts quelques minutes seulement avant le début du concert. Un public d’initiés, à en juger par les conversations autour de moi –voilà ce qui arrive lorsqu’on se rend seule à un concert de musique actuelle– qui donnaient l’impression que tous se connaissaient. Intime aussi, la courte présentation de Danielle Palardy Roger, directrice musicale et artistique des Productions SuperMusiques, qui semblait s’adresser à des amis plutôt qu’à un public d’étrangers. Exit les grands discours, c’est la musique qui est à l’honneur ici, une musique qui défie toutes conventions et qui s’inscrit bien au-delà de l’expérience d’écoute traditionnelle. Car voilà le mandat de cet organisme à but non lucratif, fondé en 1979 par trois musiciennes (D. Palardy Roger, J. Hétu, D. Labrosse) aux parcours éclectiques: «promouvoir des musiques créées sans souci du commerce, des modes en vigueur ou des conventions académiques».

    Divisé en deux parties, le concert faisait figure de lancement pour les deux ensembles invités, Nous perçons les oreilles, une formation composée de Jean Derome et Joane Hétu (aussi codirectrice des Productions SuperMusiques), ainsi que le duo formé par Ignaz Schick et Martin Tétreault.

    Sans cérémonie, Derome et Hétu se sont installés sur la petite scène qui sert normalement de salle de cinéma pour interpréter l’intégrale de leur troisième album, Shaman, une pièce en douze sections d’une trentaine de minutes. Les deux musiciens, qui ont chacun un parcours musical impressionnant, utilisent en plus de leurs instruments respectifs (saxophones, flûte et voix) tout un éventail d’objets-instruments, permettant ainsi une combinaison de textures sonores que viennent mettre en valeur une écoute et une virtuosité évidente. Résultat: une ambiance étrange, faite de couinements et de clapotis presque surréalistes, dans laquelle les concepts musicaux traditionnels –harmonies, gammes, formes, etc.– sont complètements transformés, voire évacués.

    Pour la deuxième partie, Ignaz Schick et Martin Tétreault avaient installé leurs tables tournantes (sans disques), ordinateurs portables et autres objets disparates sur deux longues tables au fond de la scène. Plus sobre, le duo a interprété quelques extraits de son dernier album, Live • 33 • 45 • 78, dans lequel il combine des matériaux bruts (bois, métal, plastique, papier…) à l’utilisation novatrice de la table tournante. Schick, qui vit à Berlin, et Tétreault, un montréalais, sont deux habitués de la scène électronique et ont chacun à leur actif un nombre impressionnant de contributions à divers groupes et festivals. Leur musique, pratiquement indescriptible, oscille entre le bruitisme et la musique d’ambiance, tantôt chaotique, tantôt syncopée, mais cherchant toujours visiblement à s’éloigner de tout terrain connu.

    Malgré une expérience tout à fait intéressante, ce serait mentir que d’affirmer que ce type de musique est accessible à tous. En l’absence des repères traditionnellement associés à la musique (mélodie, rythme) l’auditeur non-initié se retrouve perdu. Et pourtant, l’expérience est enrichissante: elle impose une écoute nouvelle, et place l’auditeur hors du confort du système tonal et harmonique traditionnel. C’est, on en convient, le propre de la musique expérimentale.

    … l’expérience est enrichissante: elle impose une écoute nouvelle, et place l’auditeur hors du confort du système tonal et harmonique traditionnel.

    Nous perçons les oreilles in The Wire

    “On Location. Live and kicking: festivals, concerts, events in the flesh. All Frontiers. Nuovo Teatro Comunale & Sala Civica Bergamas, Gradisca d’Isonzo, Italy”, Daniel Spicer, The Wire, no. 311, January 1, 2010
    Friday, January 1, 2010 Press

    Gradisca d’Isonzo, a small and unremarkable town in the north east of Italy, seems an unlikely spot to host an international festival of experimental music. But, close to the border of Slovenia, it’s the sort of place that can easily get hold of the generous government funding needed to draw the region closer to the heart of the nation. It explains how this three-day event managed to present artists from three continents to packed houses absolutely free of charge – a situation unthinkable in most other locations.

    Still, much of the music would be familiar to seasoned festivalgoers, with the majority of musicians drawn from the fringes of Improv and free jazz. […]

    Canadian duo Nous Perçons Les Oreilles, ventured into some of the furthest out areas of improvisation. Combining twin alto saxes with Jean Derome’s whistles, flutes and mouthpieces and Joane Hétu’s vocal groans, whines and whinnies, they produced an ever evolving thicket of organic noise with a heavy dose of sound poetry. […]

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