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Pierre Labbé

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  • Normand Guilbeault, Pierre Labbé, Pierre St-Jak in Le Devoir

    “Un OFF très in”, Serge Truffaut, Le Devoir, June 29, 2009
    Monday, June 29, 2009 Press

    L’OFF Festival de jazz enregistre une hausse de 20% de son assistance

    La dixième édition de l’OFF Festival de jazz de Montréal s’est conclue, dans un Lion d’Or archibondé, sous le signe de la chaleur, de la passion et des ponctuations rythmées d’un public captivé par la densité et la verve musicale du contrebassiste Normand Guilbeault et de ses complices. L’OFF s’est conclu également sur une note pleine d’encouragement pour l’avenir: le nombre de spectateurs a enregistré une augmentation prononcée (+ 20%).

    Comme cela avait été annoncé, la prestation de Guilbeault s’est déroulée sous le patronage exclusif d’un artiste dont la voix révoltée et sensuelle nous manque toujours. Il s’agit évidemment de Charles Mingus, contrebassiste obsédé par l’essentiel, compositeur obsédé par la pertinence de chaque note, par le poids et la profondeur de celle-ci.

    Pour mener à bien son aventure, Guilbeault a formé un groupe stupéfiant: Jean Derome aux saxos, Mathieu Bélanger aux clarinettes, Ivanhoe Jolicœur à la trompette, Jean Sabourin à la trompette basse et au sousaphone, Karen Young au chant, l’énergique Claude Lavergne à la batterie et Normand Deveault au piano. Un Deveault digne héritier de Don Pullen, dernier pianiste de Mingus.

    À voir et à entendre Guilbeault, à voir le public, à entendre l’écho qu’il lui renvoyait, on se disait que lui et ses compagnons ont ce quelque chose d’indéfinissable qui est ce quelque chose qu’ils ont en plus et que bien d’autres n’ont pas. Comment dire? Lui et Derome, lui et Jolicœur, le trompettiste trop méconnu, lui et son groupe donnent davantage que ce qui est attendu. Bref, il comble des espérances. Ce qui évidemment n’est pas donné, comme dirait La Palice.

    Outre le spectacle Mingus revu par Guilbeault on retient de cette 10e édition, et des spectacles que l’on a entendus parce qu’on n’a pas tout vu, le spectacle d’ouverture Tremblement de Fer. Soit cette suite composée par Pierre Labbé pour une cinquantaine d’instrumentistes et qu’il a présentée dans un lieu inusité: le Hangar n° 16 dans le Vieux-Port. On prie tous les dieux de l’univers, et les grecs en particulier, que ce Tremblement de Fer soit transposé sur un album.

    On retient également la prestation intense du pianiste Pierre St-Jak au Dièse Onze. Souvent insaisissable, St-Jak n’a pas son pareil pour surprendre, pour relancer ses accompagnateurs, pour sculpter des moments musicaux dans l’argile de la beauté. […]

    Cela étant, cette dixième édition a rencontré un succès inattendu. Les amateurs sont allés en nombre au Lion d’Or, au Cheval Blanc, au Dièse Onze, au Hangar n° 16 et un peu moins à la Chapelle historique du Bon-Pasteur. Et alors? La hausse notable de l’assistance confirme l’appétit d’un public pour un jazz aventureux, propre à aiguiser la curiosité, sensuel, tendance joyeuse et non racoleur.

    La hausse notable de l’assistance confirme l’appétit d’un public pour un jazz aventureux, propre à aiguiser la curiosité, sensuel, tendance joyeuse et non racoleur.

    Pierre Labbé in Le Devoir

    “L’OFF Festival de jazz se transforme en phénomène”, Serge Truffaut, Le Devoir, June 22, 2009
    Monday, June 22, 2009 Press

    Depuis son amorce, la dixième édition de l’OFF Festival de jazz de Montréal s’est singularisée par une somme de moments parfois intenses, parfois amples, d’autres fois aussi austères qu’un film suisse ou suédois, mais tout de même intéressants. Quoi d’autre? On a été témoin d’un fait combinant culture et social si étonnant ou plutôt inattendu qu’il mérite mille et un arrêts sur image.

    Voilà, pour le spectacle d’ouverture, les organisateurs de l’événement avaient décidé que le Tremblement de fer de Pierre Labbé se tiendrait au hangar n° 16 situé à l’extrémité est du Vieux-Port. Autrement dit, en un endroit qui nous est géographiquement beaucoup moins familier que le Club Soda, l’Upstair’s, le Lion d’Or, le Monument-National et autres. Deuxio, ce soir-là l’humeur, climatique s’entend, se confondait avec maussade à la puissance dix. Il pleuvait des trombes d’eau.

    Malgré ces adversités physiques et météorologiques, le hangar s’est rempli. On tient à le répéter: ce hangar où l’humidité s’est installée, si l’on peut dire évidemment, à demeure était plein. Plus de 400 personnes ont assisté à ce spectacle. Quand on sait, et non suppute, que des amateurs ne sont pas venus parce qu’ils ont cru que le Tremblement de fer se déroulerait à l’extérieur, ce fait, ce nombre, est remarquable. Les plus surpris ont été les responsables de la programmation qui n’avaient jamais imaginé dans leurs rêves les plus fous que tant de gens seraient au rendez-vous.

    Chose certaine, cette histoire de nombre comporte ou présente un enseignement: les amateurs de la note bleue sont beaucoup plus enclins à l’aventure et plus curieux que ne le sont les responsables des diverses salles sans parler de ceux des ondes radio qui devraient méditer ce phénomène plutôt que de le… moquer!

    D’autant que Tremblement de fer a été applaudi deux fois plutôt qu’une. Il a été très apprécié. Il a surtout captivé; il y avait de quoi. L’œuvre, car il s’agit bel et bien d’une œuvre, de Pierre Labbé se démarque par ce savant ou plutôt très subtil dosage entre la pesanteur, dans le sens le plus noble du terme, et le rythme, entre l’équilibre des solos et d’un ensemble rassemblant une cinquantaine d’instrumentistes. Moitié cordes, moitié cuivres, le tout poussé par une double formation rythmique.

    Quand on sait le travail de moine, tendance bénédictin, que Labbé a dû accomplir pendant des mois pour composer son Tremblement, quand on sait que tenter l’accouplement des violons avec les saxos, c’est prendre le risque de se casser la gueule deux fois sur trois et quand on s’arrête au résultat, on ne peut espérer qu’une chose: un enregistrement. Il serait aussi regrettable que triste que Tremblement de fer soit né et décédé le 18 juin 2009.

    Tremblement de fer a été applaudi deux fois plutôt qu’une. Il a été très apprécié. Il a surtout captivé; il y avait de quoi.

    Pierre Labbé in La Presse

    “L’Off et la demande”, Alain Brunet, La Presse, June 19, 2009
    Friday, June 19, 2009 Press

    De la pêche à la zizique en début de semaine. Je suis rapidement passé de l’Off pour les mouches noires à l’Off Festival de jazz, dont c’est la dixème édition. L’ouverture a eu lieu jeudi soir au Hangar 16 des Quais du Vieux-Port. Pierre Labbé, saxophoniste, compositeur, arrangeur, instigateur de ce Tremblement de fer, a certes vécu des moments inoubliables lorsqu’il s’est adjoint une cinquantaine de musiciens, professionnels et étudiants de niveau universitaire — une interview à ce sujet explique le concept. C’était beau et touchant de voir ce rassemblement de jazzophiles (350 entrées payantes) ayant répondu à “l’appel d’Off”. C’était aussi très sympa de voir autant de compétence et d’enthousiasme réunis sur scène. Derome, Leroux, Falaise, en veux-tu en v’la. Ainsi, l’Off et la demande étaient en parfaite collusion pour un tel lancement de programmation. Tous les ingrédient y étaient… sauf la sonorisation. Le Hangar 16 est un lieu complexe à sonoriser, force est de constater. Y faire sentir la puissance des cordes. Trouver l’équilibre entre les sections et en témoigner des jeux de structures. Fournir une toile orchestrale audacieuse et propice aux improvisations collectives ou individuelles. Faire en sorte que les solistes puissent vraiment émerger de l’orchestre lorsque nécessaire. Faire en sorte que la direction d’orchestre puisse maximiser les effets acoustiques lorsqu’elle distribue les consignes ici et maintenant. On en passe. Ces exigences n’ont pas toujours été satisfaites. À plusieurs moments, le son était trop flou, trop mince, il fallait s’approcher de la scène pour ressentir un vrai buzz orchestral et encore… Cette carence acoustique produisait parfois une impression exagérée de linéarité dans l’écriture de ce Tremblement de fer. J’aimerais bien écouter un enregistrement bien calibré de cette soirée, j’ose croire que ce serait clairement supérieur à ce que j’ai entendu. Enfin… ce fut quand même une soirée agréable, qui laisse présager un 10e Off assez relevé merci. L’Off Festival de jazz de Montréal, d’ailleurs, atteint sa vitesse de croisière dès vendredi. Ça se poursuit ce week-end, la semaine prochaine, le week-end qui suit.

    C’était aussi très sympa de voir autant de compétence et d’enthousiasme réunis sur scène
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