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  • Tout le monde, Monsieur Fauteux, m’entendez-vous? in Ici Montréal

    “Critique”, Catherine Perrey, Ici Montréal, May 27, 1999
    Thursday, May 27, 1999 Press

    Les 11 membres de cette fanfare n’ont qu’un seul but: nous donner le goût du plaisir de la vie et du sens de la fête. Les nostalgiques des Cabarets de l’incantation à la pleine lune retrouveront avec joie les pieces qui cristallisaient l’émotion collective de toute une salle et nous donnaient l’envie de danser avec tous nos amoureux à la fois. C’est frais, c’est beau, c’est simpie comme la musique de Nino Rota. Triste et gaie a la fois, sans superflu. La vie est un air de fanfare. Visa general. Pour tous. 8/10

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    Tout le monde, Monsieur Fauteux, m’entendez-vous? in Le Soleil

    “Le vrai vent de l’été”, Pierre Boulet, Le Soleil, May 22, 1999
    Saturday, May 22, 1999 Press

    De la fanfare? Y va pas bien, le bonhomme? Hop là, on se calme! S’il vous plait, oubliez les corps de tambours et clairons qui font branler les glands de leurs bottes de cowboys sur l’asphalte glacé des carnavals. Pensez plutôt à l’été. Aux vents chauds. Aux musiques d’un film dont vous seriez l’acteur. À des climats remplis de continents.

    Essayez, pendant une petite minute, d’imaginer une musique qui serait à la fois complètement champêtre et tout à fait urbaine. Un tantinet racoleuse, mais parfaitement intelligente. Une musique qui voudrait que tout le monde (mais là, vraiment tout le monde) soit joyeux, sinon heureux, pendant 56 minutes et neuf secondes. Eh bien, ça porte un nom: la Fanfare PourPour. Et ça donne un disque: … tout le monde. Fanfare PourPour… tout le monde. Un délice inattendu. Le vrai vent de l’été.

    Je vous parlais de climats. Ne niaisons pas avec la puck. Essayez d’imaginer. Un roulement de caisse claire, et c’est parti. Des échos de Nino Rota et de Kurt Weill. Un prétexte pour amener ce petit son tout à fait montréalais, actuel et irremplaçable, qui fait la vraie beauté du Festival de jazz. Un mélange de vents d’Est parfumés de klezmer, de fête foraine, d’atmosphères à la Radio Days de Woody Allen, de Nouvelle-Orléans et de musique de char qu’on pousse «au boutte», en traversant le rang de gravelle d’une verte campagne.

    Un son. Extrêmement confortable. Admission génélale. Et pourtant saisissant et dérangeant pour peu qu’on s’arrête à l’originalité des compositions, à la nervosité subtile des arrangements, à la spontanéité de l’invention. Ça sent le bitume et ça souffle des fleurs.

    Une fanfare merveilleuse, une petite messe, qui porte l’empreinte de Bernard Poirier, réalisateur et directeur musical (clarinette, clarinette basse, harmonica, guitare). Et qui ramasse ce qu’il y a de plus hot en musique intemporelle à Montréal: Lou Babin (accordéon, voix), Némo Vemba (trompette), Guido Del Fabbro (violon, alto),,Jaco Duguay et Benoît Fauteux (caisse claire et percussions), Stéphane Ménard (saxos), Luc Proulx (guitare), Suzanne Babin (clarinette), (Christine Lajeunesse (euphonium). Et des invités de marque, qui sont pourtant de la famille depuis toujours:Jean Derome (saxo alto), Claude Vendette (saxo ténor), Normand (G uilbeault (contrebasse) et René Lussier (guitare acoustique et composition).

    Des moments forts?

    La poussière du rang 4: Ça commence FarWest, à l’harmonica les cuivres font rouler la basse, l’accordéon et la clarinette vous déménagent chez les Juifs de l’Est et puis, d’un coup, le violon vous sort quelque chose qui ressemble à un reel. Un choeur vous achèveça à l’unisson. Insaisissable.

    Le vaisseau d’or (mon hit), composé et interprété par René Lussier à la guitare acoustique. Avec la voix de Lou Babin qui copule littéralement sur une trompette wa wa des années 20. De la musique venue de la peau. Un frisson épouvantable!

    Vous l’entendez, le son? Pas encore? Placez-le quelque part entre la valse, le tango, Tom Waits, un côté bon enfant tordu el la dernière bouffée qu’on tire, au lever du soleil, à la fin d’une nuit d’été. Ajoutez-y pigue-nique en famille ou un party de mariage en plein air… Ça, c’est de la fanfare. PourPour… tout le monde!

    Tout le monde, Monsieur Fauteux, m’entendez-vous? in Hour

    “Review”, Charlie McKenzie, Hour, May 20, 1999
    Thursday, May 20, 1999 Press

    This classical work of musical cabaret art is brought to you by the same people who’ve provided the Plateau with a good slice of its joie de vivre for the past 25 years. PourPour a highly polished, impromptu band of Plateau musicians, ranging in ages from 16 to 60, that takes a very definite Fellin-esque approach to life in general and music in particular. It’s funny that in an area where so many revel in the self-inflicted “underground” label, the real thing isn’t at all what you’d expect. Its much better.

    Tout le monde, Monsieur Fauteux, m’entendez-vous? in Le Plateau

    “Un premier disque de musique de Fanfare”, Alain Perron, Le Plateau, no. 3:33, May 16, 1999
    Sunday, May 16, 1999 Press

    La fanfare Pourpour existe depuis quatre ans. Mais ses membres se connaissent depuis 25 ans s’étant tour à tour retrouvés au sein des formations l’Enfant Fort, fanfare spontanée, du Pouet Pouet Band, fanfare de scène, et de Montréal Transport Limité, une troupe de cabaret underground du Plateau Mont-Royal.

    «On a commencé à jouer ensemble pour le plaisir et on continue à le faire juste pour le plaisir. Ce serait utopique de croire que nous pourrions vivre de ce projet», affirme Bernard Poirier, compositeur de la formation ayant travaillé aux arrangements, clarinettiste et guitariste.

    De toute façon, la plupart des prestations de la fanfare Pourpour n’entrainent pas de réels bénéfices pour ses membres. «Nous offrons beaucoup de spectacles bénéfices. Il en est ainsi d’un prochain spectacle offert à Sherbrooke, le 17 mai, pour des enfants de Tchernobyl. Prochainement aussi, Pourpour participera à une campagne de financement pour permettre aux enfants défavorisés de profiter des camps de vacances au cours de l’été. Cette campagne est organisée par Radio-Canada et aura lieu le 13 juin prochain.

    On pourra entendre les airs de fanfares de Pourpour en plein air au parc Jeanne-Mance lors du Tour de l’ile, le 6 juin, de 10h à 14h.

    Les membres de la fanfare Pourpour ont été invités lors du dernier Salon du livre à Paris. «lls ne voulaient pas avoir de rigodon ni de ceinture fléchée. Alors nous avons animé l’exposition qui mettait le Québec à l’honneur.

    La formation de fanfare Pourpour

    Les gens ont apprécié de découvrir un nouveau genre de musique enfin offert par le Québec», raconte Bernard Poirier.

    «Notre musique provient d’un métissage d’influences, ce qui correspond à ce qui se vit ici au Québec grâce à l’apport des communautés culturelles», insiste-t-il.

    À la saveur du plateau

    La formation est composée principalement de musiciens du Plateau Mont-Royal: Bernard Poirier, composition, arrangement, clarinettes et guitare, Luc Proulx, guitare acoustique, composition, Lou Babin, accordéon, voix, Suzanne Babin, clarinette danse, Guido del Fabbro, violon, mandoline, Jacô Duguay, grosse caisse et voix, Benoit Fauteux, caisse claire, percussions, Roy Hübler, guitare acoustique, banjo, Christine Lajeunesse, euphonium, Stéphane Ménard, saxophones, et Nemo Venha, trompette.

    Pourpour vient de lancer un disque sur lequel on trouve 16 pièces, dont la majorité sont originales, composées par les membres du groupe. Huit pièces sont de Bernard Poirier, quatre de Luc Proulx, deux de Jean-Marc Zelwer, une de René Lussier et une de Tom Waits.

    Les influences de ce genre de musique de fanfare proviennent des gitans et de l’Europe de l’Est. À l’époque du Pouet Pouet Band, la troupe a d’ailleurs vécu comme des gitans en voyageant en Europe au début des années 1980. «Nous avancions de village en village en offrant des mini-concerts pour financer notre voyage. L’aventure a duré trois mois. Au début nous avions deux véhicules, à la fin c’était toute une caravane qui nous suivait avec des musiciens locaux», se souvient Bernard Poirier. La musique de fanfare rejoint de plus en plus d’adeptes et connait une certaine popularité «Il s’agit d’une musique vivante et joyeuse. On entend aussi de la musique de fanfare dans les bandes sonores de plus en plus de films» fait-il remarquer.

    Avec la popularité de ce type musical, Bernard Poirier et sa troupe caressent un projet de créer un festival de la musique de fanfare. Un festival qui s’ajouterait aux autres tendances musicales mises en évidence lors d’événements publics à Montréal.

    Tout le monde, Monsieur Fauteux, m’entendez-vous? in Le Devoir

    “La Fanfare”, Sylvain Cormier, Le Devoir, May 15, 1999
    Saturday, May 15, 1999 Press

    À la parade, je n’ai jamais été. Ni Saint-Jean, ni Saint-Patrick, ni rallye politique. Pas plus pour regarder passer la parade sur les épaules de papa que pour parader moi-même. Jamais soufflé dans une trompette. Jamais tenu la cadence au tambour dans l’harmonie de la polyvalente secondaire Henri-Bourassa, encore moins un bâton de majorette. C’est dire à quelle distance je me suis tenu des fanfares et leur tintamarre et leurs notes à côté de la note. C’est dire combien je suis surpris d’être tombé amoureux fou de ce premier disque de la Fanfare Pourtour.

    Que c’est beau, une fanfare, quand c’est joué avec intelligence et sensibilité. Que c’est fou, une fanfare d’esprits libres. Que c’est plein de toutes sortes de choses à la fois, une fanfare sans frontières: il y a dans celle-là la frénésie des orchestres klezmer, les musiques de Nino Rota pour Fellini, l’improvisation collective des jazzbands de La Nouvelle-Orléans, les rythmes de musiques d’un peu partout dans le monde.

    C’est joué par onze copains-copines de l’«idiot professionnel» François Gourd, habitués du regretté Cabaret de l’incantation à la pleine lune, anciens de L’Enfant Fort, du Pouet Pouet Band et du Montréal Transport Limité, infatigables et irrépressibles saltimbanques du Plateau, qui ont appris à jouer en jouant ensemble pour le plaisir.

    Qu’il s’agisse des compositions maison de Bernard Poirier et Luc Proulx ou des versions du Russian Dance de Tom Waits et du Vaisseau d’or de René Lussier, tout là-dessus exalte l’émerveillement, la beauté, la liberté, mais sans nier la tristesse et la cruauté. Pour tout dire, la Fanfare Pourpour joue pour tout le monde. Même moi. Foi d’ancien exclu de la parade.

    Tout le monde, Monsieur Fauteux, m’entendez-vous? in La Presse

    “… suite d’une tradition”, Alain Brunet, La Presse, May 1, 1999
    Saturday, May 1, 1999 Press

    Une tribu du Plateau Mont-Royal s’était donné rendez-vous au Centre-Sud, coin Ontario et Champlain. Comme si le Quai des brumes s’était transformé en… Lion d’or. Lundi soir, une fanfare y klaxonnait des airs de vieux cirque, on y imaginait des roulottes de saltimbanques sillonnant les chemins de Hongrie en direction de… Saint-Fortunat.

    Là où est née la fanfare Pourpour, qui vient de lancer l’album Tout le monde (étiquette DAME) à sa troisième année d’existence.

    Arrangements un tantinet déglingués, tantôt tziganes, tantôt germaniques (époque république de Weimar), tantôt italiens. Guitares acoustiques, accordéon, violon, cuivres, anches, cris d’allégresse et gracieuses steppettes.

    Pour bien saisir ce qui s’est passé au Lion d’or lundi soir, il faut remonter le temps. Un quart de siècle, en fait. En 1975,l’Enfant fort fut l’une des premières manifestations sonores de cette tribu du Plateau. A l’époque, la fanfare était devenue un véhicule important de la contre-culture. Réappropriation de la rue, ouverture au répertoire populaire mais aussi à l’innovation orchestrale. En Europe, plusieurs fanfares alternatives avaient déjà mis en œuvre différents alliages aiants de modernité et de progressisme. L’Enfant fort avait importé la tendance.

    Fin des années soixante-dix, le Pouet Pouet Band reprit le flambeau, et ce avec beaucoup de vigueur. On se plaisait alors à comparer la facture de cet orchestre ambulant aux musiques de Kurt Weill composées pour Brecht, à celles de Nino Rota imaginées pour Fellini.

    «Du Pouet à aujourd’hui, il y a tout un espace-temps. Et l’on ne voulait surtout pas retourner en arrière. La musique de Pourpour ne se fait pas de la même façon. Dans le plaisir, bien sûr, mais pas de la même façon» amorce Luc Proulx, qui écarte d’emblée toute tentation nostalgique. Il fut membre à part entière du Pouet Pouet Band bien avant d’amorcer une brillante carrière de comédien (Carbone 14, Bouscotte, etc. ), il renoue avec la musique de fanfare pour des motifs essentiellement ludiques.

    «On n’a pas fait ça pour faire renaître une fanfare, mais bien pour faire de la musique. Par un bel été, on s’est dit que ça serait bien de monter une fanfare pour les gens de Saint-Fortunat, dans les Bois-Francs —où j’ai une petite ferme. On a alors joué quatre pièces à l’hôtel de la place, puis on s’est dit que ce serait bien de continuer à répéter. Parce qu’on avait un prétexte pour se faire à souper, boire un verre, parce qu’on avait du plaisir.»

    Au tournant des années quatre-vingt, Bernard Poirier était aussi du Pouet Pouet Band. Dans la fanfare Pourpour, il est devenu le principal compositeur. Luc Proulx dit aussi composer, mais Poirier achève le travail d’arrangements.

    «Pour ce qui est de l’apprentissage du répertoire, ça va de plus en plus vite. Pendant la première année, on était restés pris avec nos quatre premières chansons!», indique Bernard Poirier, suscitant l’hilarité auprès de ses collègues.

    «A l’époque du Pouet, reprend-il, peu de gens savaient lire la musique, ce qui n’est plus le cas, bien que plusieurs membres de Pourpour ne vivent pas exclusivement de la musique.»

    La fanfare Pourpour propose un métissage traversé par les musiques du monde. «Toutes sortes de cultures qu’on a entendues et absorbées, une fête intérieure, des sons à la fois tristes et gais. On s~est aussi permis Russian Dance, une toune de Tom Waits, on a même composé un country», explique Poirier. Présente à cette interview, la chanteuse et accordéoniste Lou Babin a toujours brillé au sein de cette tribu du Plateau. Elle sait, par ailleurs, que l’avant-garde de la culture montréalaise est beaucoup plus fragmentée qu’elle ne l’était il y a 20 ans.

    «Nemo, conte-t-elle, était dans mon ventre à l’époque où je jouais dans le Pouet. Maintenant il est trompettiste de formnation, il joue avec nous dans la fanfare. Je me sens bien par rapport à cette continuité. En arts visuels, en cinéma ou en musique actuelle, on forme encore une communauté active. Une communauté peut-être moins flamboyante, mais toujours présente.

    «Moi, je pense qu’on va jouer encore longtemps. Tant qu’on va avoir du fun à partager, on va jouer. Le nom de Pourpour, on va le faire.»

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