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  • Mingus Erectus in The Gazette

    “Review”, Irwin Block, The Gazette, January 20, 2005
    Thursday, January 20, 2005 Press

    The legacy of Charles Mingus, the tempestuous bassist/leader who recorded powerful statements reflecting the American Condition in the 1950s and 1960s, has never been fully explored. Bassist Normand Guilbeault has captured seven pieces the admixture of joy and anger that is Mingus. Add to that one original by reedist Jean Derome to make up this live recording. Trumpeter Ivanhoe Jolicoeur and clarinetist Mathieu Bélanger join Jean Derome in some outstanding solos. Mingus fans will appreciate the passion in the 12-minute opener, Pithecanthropus Erectus, and the closer, Moanin’. In between are some lesser-known Mingus works. Guilbeault and drummer Claude Lavergne update Fables of Faubus with shouts in honour George Dubya, all in the anti-establish Mingus spirit. 4

    … all in the anti-establish Mingus spirit.

    Mingus Erectus in AllMusic

    “Review”, François Couture, AllMusic, January 17, 2005
    Monday, January 17, 2005 Press

    Back in 1996, the Normand Guilbeault Ensemble had recorded Hommage à Mingus (“Tribute to Mingus”) for the label Justin Time as the culmination of a couple of years of work and shows. The group carried on, but the Mingus project was put on the shelf, only to be dusted down a couple of times a year for special events. Slowly, the quintet came back to Mingus’ body of work, changing its repertoire and by February 2004 the Mingus project was back to full speed, ready to be captured live over two nights at the Va-et-Vient, one of Montréal’s most forward-thinking jazz clubs. Mingus Erectus offers seven revamped Mingus standards and not-so-standards, plus one original by sax player Jean Derome. Guilbeault’s other partners are Ivanhoe Jolicoeur (trumpet), Mathieu Bélanger (clarinet) and Claude Lavergne (drums). The set starts with a vigorous rendition of Pithecanthropus Erectus, led by Guilbeault’s quiet yet oh-so-efficient bass line. If that one makes a predictable opener, the choice of All the Things You Could Be By Now If Sigmond Freud’s Wife Was Your Mother and Tijuana Gift Shop are more surprising and a great change of pace. Bélanger throws in a dizzying solo in the first one, although the real treat is found in the group playing, tight and playful. The lighter Tijuana Gift Shop works out nicely but leaves less of an impression, while the ballads Conversation and Peggy’s Blue Skylight are treated with the utmost respect — which does not rule out some creative melodic developments. Fable of Faubus gets a very different treatment. Entirely updated to (dis)honor US President George W. Bush, this biting Fable of (George Dubya) Faubus adds a lot of crunch — good thing most listeners of creative jazz are of left-wing persuasions! Guilbeault and Lavergne’s vocal imprecations make the piece stand out on this otherwise instrumental record and, if the musical treatment sticks rather close to home, the political hijacking will surely please Eugene Chadbourne fans (and a few others too!). Derome’s MDMD is a nice slow-bop number, although it lacks some fancy. The set ends on a festive reading of Moanin, led by Derome’s swinging baritone sax. This second installment in Ambiances Magnétiques Jazz series makes a convincing statement, and the excellent live capture adds extra ambience to the performance.

    This second installment in Ambiances Magnétiques Jazz series makes a convincing statement, and the excellent live capture adds extra ambience to the performance.

    Mingus Erectus in La Presse

    “L’esprit de Mingus parfaitement évoqué”, Alain Brunet, La Presse, January 15, 2005
    Saturday, January 15, 2005 Press

    Le contrebassiste montréalais a toujours voué une grande admiration à Charles Mingus; il a maintes fois évoqué le legs de son aîmé au cours des 15 denières années. Les efforts de Normand Guilbeault sont ici récompensés: il a accompli à mon sens le plus beau disque de sa carrière. Mingus Erectus ferait grandement plaisir au contrebassiste disparu à la fin des années 70, car il allie toutes les qualités de son approche légendaire: présence de solistes impétueux et virtuoses (particulièrement Mathieu Bélanger aux clarinettes et Jean Derome aux saxes et flûte), soutien rythmique impeccable, variations singulières des tempii, improvisation collective des plus ferventes, éloquentes déconstructions harmoniques. Et, bien sûr, ce côté baveux, irascible et dénonciateur de Mingus. On peut goûter à son irrévérence superbe notamment dans la reprise de Fable of Faubus, qui évoquait naguère un gouverneur raciste de l’Arkansas (Orville Faubus) et adaptée cette fois à George W. Bush que Guilbeault et ses collègues ne tiennent (évidemment) pas en haute estime.

    Les efforts de Normand Guilbeault sont ici récompensés: il a accompli à mon sens le plus beau disque de sa carrière.

    Mingus Erectus in Voir

    “Critique”, Réjean Beaucage, Voir, January 6, 2005
    Thursday, January 6, 2005 Press

    Il y a 25 ans que Charles Mingus est décédé, le moment est donc bien choisi pour le saluer par un hommage. C’est ce que le contrebassiste Normand Guilbeault et ses musiciens font ici de belle façon en donnant le meilleur d’eux-mêmes et en se laissant traverser par les grooves d’enfer de quelques hits de Mingus (des années 50). Enregistré en concert au bistro culturel Le Va-et-Vient en février 2004, le disque permet d’entendre des musiciens au sommet de leur forme: Ivanhoe Jolicœur (trompette, bugle), Mathieu Bélanger (clarinettes), Jean Derome (sax, flûte) et Claude Lavergne (batterie) dansent en équilibre sur la ligne de contrebasse de Guilbeault avec l’agilité et la grâce des funambules.

    … avec l’agilité et la grâce des funambules.

    Mingus Erectus in Le Devoir

    “Au bord du précipice sans jamais sombrer”, Serge Truffaut, Le Devoir, December 18, 2004
    Saturday, December 18, 2004 Press

    Normand Guilbeault rend hommage à Mingus

    Tout ce qu’on peut attendre d’un album est contenu dans Mingus Erectus. Vraiment tout? Affirmatif! Évidemment, les esprits chagrins ou éteignoirs vont chipoter ici et là, mais sérieusement, très sérieusement, cet album enregistré live au bistrot culturel Le Va-et-Vient par l’ensemble du contrebassiste Normand Guilbeault est la plus belle conclusion musicale de l’année 2004.

    Sur un air de…Jazz et blues

    C’est élogieux? Et comment! On s’emballe? Pas du tout. Un peu, c’est vrai. Mais bon, c’est un emballement qui n’a pas l’épaisseur d’un papier à cigarette. Parce que, entre nous, juste entre nous, il y a amplement matière à applaudir. À réduire à trois fois rien les réticences et les résistances.

    Peut-être faut-il formuler une confidence. C’est tout simple: dans le jazz, pour nous, il y a Charles Mingus d’abord. Ensuite, il y a les autres: les sculpteurs du son, les pêcheurs de swing, les chroniqueurs du blues, les amants du bancal. Évoquer ces derniers, c’est dire leurs noms sans qu’il soit nécessaire de décliner les noms en question.

    En haut, tout en haut, il y a Mingus parce que sa musique est révoltée lorsqu’elle n’est pas sensuelle. Parce que chaque note qu’il a jouée ou fait jouer est à la fois aiguisée et pesante. Parce que jamais il n’a conçu la musique comme un outil utile à l’ambiance. Parce qu’il exigeait de ses musiciens qu’ils jouent entre ses notes.

    Un coefficient de difficulté élevé

    Depuis une bonne quinzaine d’années, il ne passe guère un trimestre sans qu’on nous propose Monk joué par untel. Les producteurs ont tellement usé de cet artifice que le nombre de Monk revus et corrigés par des tiers, souvent trop polis pour être convaincants, dépasse le nombre de Monk par lui-même.

    Cette forte inclination d’une industrie déficitaire sur le front des idées à noyer les rayons de Monk par autrui a eu un effet pervers: dévaloriser cet exercice de style qui consiste justement à consacrer un album à Duke Ellington, Benny Carter ou Dizzy Gillespie. On soulève cet aspect des choses pour mieux souligner qu’en s’attaquant à Mingus, Normand Guilbeault s’est du coup confronté à un coefficient de difficulté passablement élevé.

    Ce groupe, ce Mingus-Guilbeault, a été formé il y a une bonne dizaine d’années de cela. Au départ, la batterie était entre les mains de Paul Léger. Aujourd’hui, elle est entre celles de Claude Lavergne, qui a ceci de bien, de pertinent, qu’il est dynamique. Il fait justement écho à l’énergie qui caractérisait le jeu de Dannie Richmond.

    Au début de cette aventure, le tromboniste Michel Ouellet était de la partie. Mais voilà, ce dernier étant décédé il y a environ un an de cela, «j’ai estimé qu’il serait plus décent de s’associer un autre instrument». Entre les mains extrêmement agiles de Mathieu Bélanger, la clarinette, la basse avant tout, ponctue à coups de points-virgules ce qui — hélas! — se perd: les passions de Mingus.

    À la trompette, Ivanhoe Jolicoeur est toujours là. Présent comme jamais. Ce qu’il y a de bien avec ce musicien au jeu vivifiant, c’est qu’il n’a pas son pareil pour mettre en relief le côté tourmenté de Mingus. On ne dit pas que Jolicoeur est tourmenté, mais… comment dire? Ce qu’on aime, c’est que ses interventions sont plus fréquentes que le furent celles des trompettistes de Mingus. Par sa fougue, sa précision, il réincarne Booker Little.

    Aux saxos, l’alto et le baryton, aux flûtes, la petite et la grosse, la longue, qui retrouve-t-on? Jean Derome, musicien immense qui force l’admiration par son enthousiasme, sa science du rythme, la profondeur de son jeu. La profondeur… c’est ce qui, peut-être, distingue le plus Derome. Ce qui en fait en tout cas un des grands musiciens, tous pays confondus, toute couleur et toute taille prises en considération. On tient à souligner une chose: sa maîtrise du baryton donne à l’ensemble un son qui diffère de celui choisi en son temps par Mingus.

    Et la contrebasse de Guilbeault? Elle est dense, dense, dense. Elle est à l’affût des notes confectionnées par ses amis comme elle les pousse vers l’horizon. Son jeu relève plus de la cabriole que de la prudence. Ce contrebassiste a ceci de commun avec son héros qu’il est toujours au bord du précipice sans jamais sombrer. Il est généreux, mais pas au point d’être masochiste.

    Lorsqu’ils ont enregistré, deux soirées durant, les pièces de Mingus au Va-et-Vient, animé soit dit en passant par un bonhomme — Éric Pineault — qui mérite bien des coups de chapeau à cause des risques qu’il prend avec constance, Guilbeault, Derome et consorts ont mis en boîte de quoi faire au moins trois albums.

    Celui qu’ils nous présentent commence avec Pithecantropus Erectus et se termine avec Moanin’. Entre les deux, on se régale avec All The Things You Could Be By Now If Sigmund Freud’s Wife Was Your Mother, Conversation, Tijuana Gift Shop, Peggy’s Blue Skylight, Fable Of (George Dubya) Faubus et MDMD, composée par Derome. Cet album, on vous en conseille vivement l’achat. D’autant plus que les chances d’entendre live ce groupe splendide vont se faire rares. Pour Guilbeault, l’année s’annonce chargée en raison des tournées de Richard Desjardins. Derome sera tout aussi occupé, de même que Jolicoeur, membre à part entière des Cowboys Fringants. Etc. Bref, on évoque cela pour mieux mettre en évidence que cette aventure, Guilbeault et ses complices la mènent avec passion.

    En un mot, ils sont au diapason de ce qu’était Mingus. Point!

    cet album enregistré live au bistrot culturel Le Va-et-Vient par l’ensemble du contrebassiste Normand Guilbeault est la plus belle conclusion musicale de l’année 2004.
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