Manivelle dans Avant-garde Metal
The
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Enfin, un nouveau disque de la
Il y a les fanfares qui rythment les efforts des joueurs de football universitaire tous les dimanches d’automne de ce côté-ci de l’Atlantique comme de celui du Pacifique. Il y a celles qui rassemblent les gauchos comme celles qui regroupent les servants des toréadors. Il y a celles qui défendent les accents balkaniques et celles des chasseurs alpins italiens, sans oublier celles des gendarmes de la République, versées en commémorations historiques. Il y a les lointaines suédoises et les bavaroises enclines à laisser s’exprimer les accords populaires de l’accordéon. Il y en a beaucoup d’autres qui animent les bals de pompiers en Hongrie ou en Belgique.
Si on l’aborde par la face géographique, le sujet du jour, c’est qu’il y a l’autre. Celle qui se distingue de toutes les autres parce qu’elle est le point de convergence de ces dernières. Elle n’est certainement pas la seule à être le croisement des points cardinaux des fanfares. Mais bon… on ne les connaît pas, les autres. Alors qu’on connaît bien la
Eh bien, la
Lorsque tel morceau est joyeux, tel autre est cinématographique, lorsqu’il n’invite pas à la danse dans sa version java sans la javanaise ou vous mène dans le détroit du Bosphore dont nous sont revenues certaines gammes au lendemain de la bataille des Dardanelles. On pourrait en rajouter long, très long.
S’il en est ainsi, si cet album est un tourbillon d’horizons divers mais fort bien touillés par des musiciens qui sont des maîtres dans leur partie respective, c’est qu’elle est vieille, la
Supposons ou admettons, c’est au choix, qu’on n’aime plus le jazz, qu’on lève le nez sur le blues et ses succédanés, qu’on prend la poudre d’escampette dès qu’une note de country ou de folk ou de folk-country fait écho. Pour faire court, mettons qu’on n’aime plus les musiques mais qu’on aime toujours la musique. Que nous reste-t-il à faire
Allo Cronos, ça gaze
On vous parie n’importe quoi, des dollars de qualité caviardée par le pétrole, des euros ISO zéro déficit, des palettes d’or ou des tapis persans tissés par Pénélope, on vous parie donc qu’il va nous refiler la nouvelle galette de la fanfare Pourpour intitulée — notez bien le titre — Danse des breloques, qui a pour synonyme
Cet album est admirable. Parce qu’il est bon, dans le sens contraire du mal. Parce qu’il est généreux, donc adversaire des tartuffes perclus d’avarices. Parce qu’il est aussi essentiel que l’eau l’est à Pernod, le seul alcool qui fait boire de l’eau. Parce qu’il est fait de palettes sonores propres à satisfaire le bipède de 7 à 77 ans sans qu’il soit besoin d’envoyer Tintin au Congo, ou Gocon en verlan.
Ça commence à la gare avec
Ensuite, ils embrayent avec
Ensuite (bis), c’est
Ensuite (re-bis),
Ensuite (bis + 4), c’est
Zut
Luc et Lou disent
Je le pratique depuis quelques années, ce duo membre d’un orchestre de 20 musiciens qui caracole le long des routes entre la Gaspésie, l’Europe, Montréal et l’Estrie, une guitare et un accordéon dans les caissons. Ne leur manque qu’une fleur au chapeau et une rime à la boutonnière.
Je les ai vus chanter dehors par moins 30 °C, au ras du poele dans des cabanes à sucre, sur scène lorsque Lou pousse ses magnifiques interprétations country de
Je croise ces deux routards de loin en loin depuis cinq ans en me disant chaque fois
Le lancement du quatrième disque de la
Ils se rencontrent durant l’été 1976 grâce à la
Lou dit la même chose de son talent d’accordéoniste, elle qui est passée du piton au piano sans jamais perdre ses bretelles. L’humilité de ces deux-là est un souffle frais dans un instrument à vent.
Leur esprit communautaire aussi. Issus de grosses familles, 16 enfants chez Luc, 9 chez Lou, ces deux nomades réunissent la
Quand le disque est terminé, ils vont se faire entendre tambour battant à la salle municipale de Saint-Fortunat.
Usée à l’underground, Lou ne fait pas de concessions.
Lundi dernier, sur la scène du Lion d’Or, au lancement de
Dans la salle bondée, on entendait le klaxon du tuba et la sonnette d’un vélo
En revoyant Luc et Lou à l’avant-scène, j’ai pensé aux derniers mots de notre entrevue. Luc l’a regardée amoureusement en lançant
Loué
Noté
[…]
« Il y a de ça trente ans. La première édition de la fanfare Pourpour. À l’époque, il n’était pas nécessaire de savoir bien jouer. Il suffisait d’aimer être ensemble. J’avais remarqué une adorable petite femme qui y jouait du cor. J’ai donc appris un peu de trombone pour être plus près d’elle. J’ai eu un enfant d’elle. Aujourd’hui, l’orchestre joue merveilleusement bien. Viva Pourpour! »
« C’est ça Lou Babin. Aller au bout. Travailler en équipe sans faire chier personne. Donner. Donner encore. Se donner.» —
Pierre Falardeau , La liberté n’est pas une marque de yogourt
Launching the 10th edition of the