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  • Flat fourgonnette (Mescal Free Style) dans Le Journal de Montréal

    «Critique», Jean Beauchesne, Le Journal de Montréal, 21 janvier 2006
    samedi 21 janvier 2006 Presse

    Flat Fourgonnette s’adresse à tous ceux qui chérissent en mots, en notes, en feelings les road movies, les clochards célestes de Jack Kérouac, les originaux atypiques coast to coast, de préférence d’est en ouest, de Moondog à Captain Beefheart, de Violent Femmes aux Long Ryders, de Pavement à The Arcade Fire. Classé un peu vite dans le giron de la musique actuelle, ces dix-neuf courtes pièces mélangent avec une ironie et une dérision omniprésentes des influences blues, country, rock de chambre, jazz, tango, airs de fanfare; le tout agrémenté de collages tantôt atmosphériques, impressionnistes ou rythmés, mais délicieusement déjantés. La livrée est impeccable, l’alignement complet comptant entre autres Bernard Falaise, Fred Boudreault, Claude Fradette, Normand Guilbeault, Jean Derome, etc. Brillant et accessible, Flat Fourgonnette est un album de génie que n’aura pas réalisé Rick Rubin.

    Flat Fourgonnette est un album de génie…

    The Feeling of Jazz dans Le Soleil

    «Saxo ensorceleur», Michel Truchon, Le Soleil, 21 janvier 2006
    samedi 21 janvier 2006 Presse

    Quel souffle chez le Québécois Jean Derome! Au fil de 11 pièces judicieusement choisies parmi les classiques du jazz, ce saxophoniste et flûtiste nous envoûte littéralement, avec la complicité de Normand Guilbeault (contrebasse) et de Pierre Tanguay (percussion), évoluant avec son aisance coutumière dans des airs plus proche du jazz grand public que de la musique actuelle et de l’improvisation qui sont l’une des étiquettes de cet homme à tout faire. «Cette musique est tatouée dans nos cœurs et nous la jouons parce que nous l’aimons et que ça nous rend heureux de le faire», écrit-il dans la présentation de l’album. Un bonheur partagé par l’auditeur qui ne peut que se délecter à l’écoute notamment de Jump for Joy et de The Feeling of Jazz. Sublime interprétation aussi de A Bit Nervous de Misha Mengelberg et de I Won’t DanceDerome peut faire valoir ses talents de chanteur. L’album le confirme comme l’un des maîtres de la note bleue au Québec et peut sans peine être conseillé comme un outil d’apprivoisement et de démystification de cette musique parfois déroutante.

    L’album le confirme comme l’un des maîtres de la note bleue au Québec…

    Quatuor Bozzini dans La Presse

    «Boudreau: l’originalité», Claude Gingras, La Presse, 19 janvier 2006
    jeudi 19 janvier 2006 Presse

    Impossible de ne pas le remarquer: le Quatuor Bozzini faisait mardi soir salle presque comble — lire quelque 300 personnes — dans ce même vénérable Redpath Hall de McGill où notre autre «quatuor moderne en i», le Molinari, en attire habituellement 100. Et il a attiré cet auditoire en dépit des conditions atmosphériques et, qui plus est, avec un programme entièrement local.

    Il est vrai que le concert faisait partie de la saison de la SMCQ et comportait une création de Walter Boudreau, le pittoresque directeur de l’organisme. Le milieu du contemporain y était bien représenté, notamment par plusieurs collègues de Boudreau et des deux autres compositeurs au programme, Denys Bouliane (partenaire de W. B. dans maintes entreprises) et Jean Lesage.

    Le quatuor de Boudreau créé mardi soir devait l’être, à l’origine, par le Molinari, mais les circonstances ont voulu qu’il passe éventuellement au Bozzini. Autre rapprochement entre les deux ensembles: mardi soir, on avait placé le Bozzini le long d’un mur latéral et les sièges (d’ailleurs tout neufs) en demi-cercle autour. On y voyait mieux les musiciens; surtout, on entendait mieux. Musica Camerata suit aussi cette formule. Le Molinari devrait y venir à son tour.

    On peut ignorer le titre donné par Boudreau à son quatuor. Ce qui compte, c’est ce qu’on entend: de lointains échos de Victoria (Tomas Luis, bien sûr!) savamment imbriqués dans le tissu musical et créant avec celui-ci des contrastes très forts et très poétiques. Il y a là pour 28 minutes de plans sonores différents et d’agrégats dont certains sont absolument nouveaux en langage de quatuor à cordes. Une immense réussite, à réentendre. Le troisième Quatuor de Jean Lesage, également en création, et une reprise de Denys Bouliane complétaient le programme et reçurent, comme le Boudreau, des exécutions absolument magistrales de la part du Bozzini. De riches dissonances chez Lesage, des bruissements extrêmement raffinés chez Bouliane, mais il n’y a ni chez l’un, ni chez l’autre, l’originalité de Boudreau. Mardi soir, en tout cas.

    … [les 3 œuvres] reçurent des exécutions absolument magistrales de la part du Bozzini…

    9 – 14 février 2006: Tétreault en tournée en Allemagne et en Pologne

    mercredi 18 janvier 2006 En concert

    Martin Tétreault débutera sa tournée au festival Club Transmediale.06 (Berlin, Allemagne) le 9 février 2006 avec un concert aux côtés de Goodiepal et Ignaz Schick, intitulé The Curious Membrane Meets the Happy Accident. Ensuite, Tétreault poursuivra en duo avec Ignaz Schick au centre d’art Cuba, situé dans la gare de Münster (Allemagne) le 10 février 2006, à la galerie Haferkamp de Köln (Allemagne) le 11 février 2006, à la Klanggalerie de Hanovre (Allemagne) le 12 février 2006 et ensuite au centre Stary Browar de Poznan (Pologne) le 13 février ainsi qu’à l’association Mozg à Bydgoszcz (Pologne) le 14 février 2006.

    Quatuor Bozzini dans Le Devoir

    «L’art de la métamorphose», Christophe Huss, Le Devoir, 18 janvier 2006
    mercredi 18 janvier 2006 Presse

    Ce concert de la SMCQ mettait en valeur des créateurs québécois confirmés. Au-delà de la simple juxtaposition, la première partie, consacrée à Boudreau et Lesage, donnait l’occasion d’entendre deux compositions reposant sur la transformation d’un matériau préexistant, respectivement le motet à quatre voix Tradiderunt Me In Manus Impiorum («Ils m’ont livré aux mains des impies») de Victoria et un fragment de la 5e Symphonie de Schubert.

    Le Grand Méridien s’inscrit dans un cycle comportant notamment Le Voyage et Golgotha, partitions qui s’inspirent également du motet de Victoria. À l’épreuve du quatuor à cordes, Boudreau élague la profusion quasi anarchique qui gangrenait Golgotha. Les récurrences fragmentaires du motet de Victoria sont plus fréquentes, plus lipides, comme un moyen de se ressourcer dans le tumulte. À l’image du compositeur, Le Grand Méridien est une partition viscérale. Mais il y a beaucoup plus ici, notamment dans le jeu sur la métallisation du son par un incessant balancier entre le «sul ponticello» (sonorités métalliques et grinçantes) et le jeu normal, dualité à laquelle se superposent la circulation des fragments entre les instruments et les écarts dynamiques très creusés. La dernière section, qui débute par l’indication «grave» et débouche sur un solo de violoncelle, instrument qui, in fine, portera la citation complète du motet, est remarquable d’efficacité et de raffinement dans les couleurs.

    Je n’ai pas trouvé cette finesse d’esprit, cette matière et cette subtilité chez Jean Lesage. Le compositeur part d’une citation textuelle qu’il désintègre progressivement. L’œuvre repose de manière redondante sur des processus de fragmentation de cellules de plus en plus divisées. Mais le traitement sonore et linguistique du quatuor à cordes par Jean Lesage me paraît bien moins imaginatif.

    Denys Bouliane, par contre, a apprivoisé ce médium, l’interaction entre les instruments et les sonorités que l’on peut en tirer. Quoiqu’on pense de ces divers tableaux, moins organiques en apparence, Bouliane a subtilement traité le sujet. Dans son commentaire de la création de l’œuvre (2003), François Tousignant avouait avoir découvert un Bouliane «totalement profond». Dans sa manière de scruter le son, assurément.

    Ces compositeurs ont une chance extrême de pouvoir compter sur un quatuor aussi impliqué, sûr et imaginatif que le Quatuor Bozzini, qui évolue au top-niveau international en la matière.

    Ces compositeurs ont une chance extrême de pouvoir compter sur un quatuor aussi impliqué, sûr et imaginatif que le Quatuor Bozzini, qui évolue au top-niveau international en la matière.
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