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  • Fanfare Pourpour in Le Plateau

    “La Fanfare Pourpour s’amène, suivez la parade”, Emilie Russo, Le Plateau, June 3, 2010
    Thursday, June 3, 2010 Press

    Le clan Pourpour et sa joyeuse bande de musiciens ont lancé le 31 mai dernier leur quatrième disque, Danse des breloques, au Lion d’Or. Pour son 15e anniversaire, la célèbre fanfare du Plateau-Mont-Royal offre 15 pièces originales composées par les musiciens de la Pourpour.

    «On est le pire orchestre de marche au monde en quête de beauté», a dit Claude Vendette, joueur de saxophone et l’un des fondateurs de la fanfare.

    En effet, la Pourpour n’a rien de militaire. Son nouvel album puise dans un répertoire varié et dansant, aux sonorités klezmer (6250 la track), western (Partir), arabes (Croise le pont), et gitanes (Danse des breloques). Outre les cuivres, on y entend des instruments variés comme la scie musicale, l’accordéon et le banjo, de même que les jolies voix des musiciens en chœur.

    Ce quatrième album se démarque de son précédent, dédié à la musique de Lars Hollmer. Il rassemble une palette de dix compositeurs, tous des musiciens de la fanfare. «Tous les membres y mettent leur épice quand on fait de nouvelles chansons», illustre Némo Venba, trompettiste de la fanfare, compositeur et arrangeur musical. «Il y a une grande liberté dans notre orchestre, n’importe qui peut amener une pièce. Tu n’as même pas besoin de savoir écrire la musique pour composer pour la fanfare», ajoute Pierre Emmanuel Poizat, clarinettiste, également compositeur et arrangeur musical.

    Le résultat n’en est pas moins professionnel. Sur les 20 musiciens que compte la fanfare, plusieurs ont reçu une solide formation au Conservatoire de musique ou sont reconnus sur les scènes de jazz et de musiques actuelles, mais il y a également plusieurs musiciens autodidactes. Dans cet orchestre sans chef d’orchestre, chacun apporte son bagage et contribue à la musique. «C’est plus un clan qu’un groupe de musique», dit Luc Proulx, à la fois acteur, danseur, chanteur et guitariste de la fanfare.

    La famille de la Pourpour ne cesse de s’agrandir depuis ses débuts, mais continue de rajeunir. Les musiciens comme Némo et Pierre Emmanuel prennent la relève aux arrangements, à la composition et à la direction musicale. «Il y a une transformation à savoir que la deuxième génération de musiciens s’affirme de plus en plus, et a un niveau musical plus élevé. Ça se complète mieux», avance Lou Babin, accordéoniste et fondatrice de la fanfare.

    Déjà, les enfants des musiciens joignent la fanfare. «On est 20, je prédis que d’ici 5 ans on sera 30, et ça nous prépare à notre projet de faire une fanfare à 100 musiciens un jour, mais ça, c’est une autre histoire!», lance Némo.

    La tradition des fanfares sur le Plateau

    Tout a commencé autour d’une caisse claire et d’une trompette, quelque part sur le Plateau, en 1974.

    Arrivée à Montréal à l’âge de 20 ans, Lou Babin a fait la connaissance d’une «gang d’hurluberlus»: François Gourd, Christine Lajeunesse et Benoit Fauteux. Ils sont sortis tout bonnement, un samedi en après-midi, pour jouer dans la rue. La parade est vite devenue une tradition qu’ont suivie des dizaines de personnes armées de casseroles. La fanfare de l’Enfant fort était née. «Certains savaient jouer, d’autres non!», explique Lou Babin. «L’idée c’était de rencontrer les gens dans un esprit de fête. Ça a duré deux ans, puis on est partis en tournée.»

    Le goût de jouer sur scène et d’interpréter des pièces plus travaillées a mené à la création de la Pouet Pouet Band en 1978. Deux ans plus tard, le fils de Lou, Némo, naissait. Puis, plusieurs membres de la fanfare se sont dispersés.

    Seize ans plus tard, le goût de faire de la musique est revenu. La Fanfare Pourpour a vu le jour en 1995 et a lancé son premier album quatre ans plus tard. Aujourd’hui, la Fanfare joue plus souvent sur scène que dans la rue, mais n’a rien perdu de sa fraîcheur et de sa spontanéité.

    Spectacles à venir

    C’est sur une scène qu’il faut voir la Fanfare Pourpour pour saisir son énergie et sa poésie.

    «Quand on est là, il y a un événement qui se produit. Un gros orchestre comme ça qui joue, ce n’est pas anodin. Il y a un effet de masse!», avance Pierre Emmanuel Poizat.

    Aujourd’hui, la Fanfare joue plus souvent sur scène que dans la rue, mais n’a rien perdu de sa fraîcheur et de sa spontanéité.

    Michel F Côté in Hour

    “Suoni per il Popolo: Outside Music Incoming”, Mike Chamberlain, Hour, June 3, 2010
    Thursday, June 3, 2010 Press

    Casa del Popolo is once again ground zero for unique Suoni Per Il Popolo music festival.

    Drummer and composer Michel F Côté is the custodian of the & label, a small imprint-cum-art project that is launching new CDs by the group Mecha Fixes Clocks and alto violinist Jean René to kick off the 10th Suoni Per Il Popolo festival on June 6. Côté agrees that the story of outside music in Montréal can fairly be divided into the era before Mauro Pezzente and Kiva Stimac opened the Casa del Popolo in 2000 and the era since then. “Before that, there was no real venue for improv music or for all sorts of avant garde,” Côté explains, “and when the Casa started, it was real good news. You could just hang out, and it was always fantastic music. Nobody else in Montréal is doing what they do.”

    With its eclectic booking policy, the Casa, and later La Sala Rossa, have nurtured audiences knowledgeable about all kinds of outside music, from free jazz and electronic music to avant rock, folk, spoken word, cabaret and multimedia performances. Every year in June, Pezzente and Stimac give themselves a gift by booking a special series of concerts. They might regard the Suoni as their own reward, but as has been the case since the Casa opened its doors, it is the Montréal audience who benefits. As usual, this year’s Suoni Per Il Popolo festival is very strong on free jazz, including the first-ever Canadian performance by the legendary Globe Unity Orchestra, an ensemble founded by pianist Alexander von Schlippenbach in 1965. Concerts of musicians within the orchestra — the quartets of Evan Parker and Henrik Walsdorff and the Alexander von Schlippenbach Trio — will bookend the GUO’s June 20 date at Sala Rossa. And in addition to performing, Suoni regular Ken Vandermark will present an open rehearsal/workshop with the other members of the Vandermark 5 on June 16, and pianist Matthew Shipp will give a workshop on the processes of improvisation on June 15. Other performances in this series include Vandermark’s Frame Quartet, the trio of Kidd Jordan, William Parker and Hamid Drake, and Dutch cornetist Eric Boeren’s quartet. There’s an impressive electronic series that includes appearances by the likes of Didi Bruckmayr, Radian, Christof Kurzmann and Emeralds, and the avant rock scene is represented by Xeno and Oaklander, Oneida, Hair Police, Carlos Giffoni and the shamanistic collective No Neck Blues Band. It’s a very exciting lineup that reflects the ethos of being smart, inventive, adventurous and community friendly.

    Doing more with less, Pezzente and Stimac are an example that all music presenters could emulate.

    It’s a very exciting lineup that reflects the ethos of being smart, inventive, adventurous and community friendly.

    Shaman in ImproJazz

    “Critique”, Luc Bouquet, ImproJazz, June 1, 2010
    Tuesday, June 1, 2010 Press
    Jean Derome et Joane Hétu: deux chamans, de plus en plus éloignés du monde de l’«entertainment», cet enfantillage dégradant que l’art est en train de devenir.

    Musique de Steve Lacy in Point of Departure

    “Moment’s Notice”, Stuart Broomer, Point of Departure, no. 29, June 1, 2010
    Tuesday, June 1, 2010 Press

    The Rent is a Toronto-based quintet devoted to the compositions of Steve Lacy, mirroring Lacy’s own concentration on the work of Thelonious Monk and, to a lesser extent, Duke Ellington. Consisting of saxophonist Kyle Brenders, trombonist Scott Thomson, vocalist Susanna Hood, bassist Wes Neal and drummer Nick Fraser, the band is faithful to the particulars of Lacy’s music as well, mirroring the most frequent instrumentation of his later years. Thomson has studied with Roswell Rudd, one of Lacy’s closest musical partners, and his evident stylistic empathy extends to the group’s approach. It’s an intensely disciplined project. Brenders, frequently heard elsewhere on tenor, plays soprano exclusively here, and the band combines both tight ensemble execution and fluent improvisation within Lacy’s structures. While there are a few instrumentals here — The Rent, The Bath and Blinks (the latter including fine collective improvisation led by Brenders’ spiralling lines) — the emphasis is on Lacy’s special interest in setting poems and his collaborations with singer Irene Aebi. Hood handles the material effectively, melding her voice with the rapid-fire chirping and broad intervals of Lacy’s compositions on texts that include ancient Asians and Beats alike. Highlights include the brief explosion accorded Robert Creeley’s Jack’s Blues, used to frame a Fraser drum solo, and the version of Gregory Corso’s The Mad Yak, with Hood pressing her extended improvisation into the special terrain of Sainkho Namchylak. It’s clear here that there’s much for musicians to learn from playing Lacy in repertoire, and much for listeners to gain as well.

    It’s clear here that there’s much for musicians to learn from playing Lacy in repertoire, and much for listeners to gain as well.

    Fanfare Pourpour in La Presse

    “La Fanfare Pourpour: pour l’aventure humaine”, Alain Brunet, La Presse, May 31, 2010
    Monday, May 31, 2010 Press

    Signé Dyane Raymond, un portrait élogieux publié aux éditions Varia a déjà nommé le multi-instrumentiste et compositeur Jean Derome «l’homme musique». Et pour cause, parmi ses innombrables interventions, dont une participation prochaine au Festival international de jazz de Montréal avec ses Dangereux Zhoms, Derome est directeur musical de la Fanfare Pourpour. Cet ensemble d’une vingtaine de musiciens lance aujourd’hui un quatrième album: Danse des breloques.

    Rappelons que Pourpour s’inscrit dans une longue tradition contre-culturelle. Dans les années 60 et 70, des musiciens européens et nord-américains avaient entrepris de régénérer le concept de fanfare en lui conférant des répertoires beaucoup plus déjantés que ce à quoi on pouvait s’attendre alors. À Montréal, on ne faisait pas exception à la tendance, qui se prolonge jusqu’en 2010.

    «Pour faire la genèse de la Fanfare Pourpour, raconte Jean Derome, il faut remonter à L’Enfant Fort, qui jouait jadis dans les rues du Plateau. Benoît Fauteux et Christine Lajeunesse, qui ont été parmi les fondateurs de la Fanfare Pourpour, étaient de cette première aventure. Dans la même lignée est né ensuite le Pouet Pouet Band, puis la Fanfare Pourpour. Pendant un bon moment, le compositeur principal en était Bernard Poirier, que j’ai remplacé à la direction musicale après avoir été invité spécial de l’orchestre.»

    Depuis son accession à la direction musicale de Pourpour, Jean Derome a notamment transposé la musique de l’accordéoniste scandinave Lars Hollmer autour de laquelle la Fanfare a consacré son album précédent.

    «Ce qu’il y a de nouveau avec Danse des breloques, souligne notre interviewé, c’est qu’il y a une dizaine de compositeurs qui participent. Pour plusieurs d’entre eux, d’ailleurs, c’est la première composition enregistrée. Ces pièces inédites ont été arrangées par eux-mêmes ou avec l’aide d’autres membres comme le clarinettiste Pierre Emmanuel Poizat (PEP) et le trompettiste Nemo Venba — qui étaient tous deux dans les Faux Monnayeurs de Tomas Jensen.»

    Tango, flamenco, reggae, musiques des Balkans et autres genres variés se déploient ainsi dans le répertoire original de la Fanfare Pourpour. Jean Derome complète l’observation: «Nous jouons de plusieurs styles mais nous ne faisons pas dans la reprise. Nous sommes très ouverts même si nous conservons une touche foraine.»

    Le directeur musical insiste en outre sur le caractère multigénérationnel de la Fanfare Pourpour.

    «On garde nos vieux piliers, mais il y a beaucoup de musiciens plus jeunes. Benoît Fauteux a joué jusqu’à l’âge de 71 ans, il s’est retiré depuis quelques années. Nemo Venba a commencé à l’âge de 18 ans, il en a 29. L’accordéoniste Luzio Altobelli (Sagapool), Guido Del Fabbro (Pierre Lapointe) sont aussi parmi les jeunes de l’orchestre. C’est donc la rencontre de générations et d’horizons musicaux différents. Certains d’entre nous, par ailleurs, ne sont pas professionnels de la musique.

    «La performance technique, insiste Jean Derome, n’est pas un objectif important de la Fanfare Pourpour. Les partitions sont taillées sur mesure sur le potentiel de chacun. C’est un projet familial et humain avant tout. Une tribu! Ce qui est frappant avec les années, toutefois, c’est que le groupe s’améliore. L’intonation, le jeu d’ensemble… on arrive à quelque chose de vraiment bien.»

    Jean Derome met de l’avant le caractère autogéré de l’ensemble. «En ce sens, la chanteuse et accordéoniste Lou Babin est l’âme de la Fanfare. C’est elle qui en assume la gestion administrative et la coordination. Tout le monde peut donner son avis et Lou recueille sans cesse les points de vue de chacun. C’est très démocratique comme fonctionnement, mais ça ne marcherait pas si Lou ne faisait pas ce travail formidable. La Fanfare s’engage, d’ailleurs, dans plusieurs causes sociales et humanitaires, comme par exemple l’Action terroriste socialement acceptable. On arrive parfois à générer quelques revenus, mais c’est bien peu par rapport au travail accompli.»

    C’est un projet familial et humain avant tout.
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