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  • La légende de la pluie, Musique d’hiver, Seule dans les chants, Langages fantastiques, Face cachée des choses, Tricotage, Les contes de l’amère loi, Prairie orange, Ravir, Simoneda, reine des esclaves, Joane Hétu, Diane Labrosse, Les Poules, Danielle Palardy Roger dans actuellecd.com

    «Les Poules et la basse-cour», François Couture, actuellecd.com, 16 septembre 2003
    mardi 16 septembre 2003 Presse

    À l’exception de la pop sirupeuse, tous les genres musicaux sont dominés par le mâle. Qu’il grogne dans le micro, gratte sa guitare ou s’époumone au saxo, l’homme s’accapare l’image du musicien, autant dans le rock des multinationales que sur la scène des musiques actuelles. Quand la femme s’aventure dans le domaine, elle est souvent réduite à adopter les formules toutes faites de l’industrie.

    C’est pourquoi il est étonnant de trouver au sein du catalogue de DAME autant de femmes à la démarche artistique novatrice. C’est que dès ses premières années, le collectif Ambiances Magnétiques a accueilli trois créatrices dont l’activité musicale, la force organisationnelle et la forte tête ont servi de pôle d’attraction. Je parle bien sûr de Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Palardy Roger.

    Nos trois protagonistes se sont connues au tournant des années 80 dans Wondeur Brass et ont poursuivi leur association dans Les Poules et Justine. Big band anarco-féministe à ses débuts, Wondeur Brass a servi de laboratoire à Joane, Diane et Danielle qui y ont fait leurs premières armes (Joane, autodidacte, y a littéralement appris la musique). Leur mélange de poésie moderne, de free jazz et de rock-in-opposition est déjà au centre du long-jeu Ravir. Du sextet du premier album, on passe au quatuor avec la bassiste Marie Trudeau pour Simoneda, reine des esclaves. Cette formation prend bientôt le nom de Justine pour trois autres disques (La légende de la pluie, créditée au nom de chaque musicienne, peut être abordée comme une collaboration entre Justine, Zeena Parkins et Tenko) au cours desquels le discours féministe est graduellement sublimé et laisse place à une fantaisie croissante qui connaît son apogée sur le phénoménal Langages fantastiques.

    Dès la sortie de Langages fantastiques, les trois filles se consacrent à leurs carrières individuelles. Chanteuse et saxophoniste, Joane Hétu insuffle à sa musique un émerveillement langagier et une interprétation mal dégrossie qui se rapproche de l’outsider art. Elle a d’abord mis sur pied son propre groupe, Castor et compagnie (avec Diane Labrosse, Jean Derome et Pierre Tanguay), qui a commis deux albums de chansons sensuelles et tordues en filiation directe avec Justine. Par la suite elle s’est tournée vers l’improvisation, d’abord avec son compagnon Jean Derome dans le duo Nous perçons les oreilles, puis en solo avec Seule dans les chants, d’une intimité intense. Elle a récemment prouvé ses talents dans la composition à grand déploiement avec le magistral Musique d’hiver.

    Vers la fin de Justine, Diane Labrosse a délaissé le clavier pour lui préférer l’échantillonneur. Après un album solo, Face cachée des choses, un disque en duo avec le percussionniste Michel F Côté (Duo déconstructiviste) et une participation à son groupe Bruire (sur Les Fleurs de Léo), elle a tâté de la composition pour ensemble d’improvisateurs (Petit traité de sagesse pratique) avant de se consacrer corps et âme à l’improvisation. Parasites, avec Martin Tétreault, et Télépathie, en compagnie d’Aimé Dontigny, démontrent qu’il est possible de manier l’échantillonneur avec grâce et sensibilité.

    Depuis la dissolution de Justine, la discographie de Danielle Palardy Roger progresse à petits pas (c’est qu’elle est très occupée par la direction des Productions SuperMusique). Son conte pour enfants L’oreille enflée (avec les voix et les instruments de Derome, Hétu et André Duchesne, entre autres) s’adresse au jeune public avec une rare intelligence. Et Tricotage, sa rencontre improvisée avec la contrebassiste française Joëlle Léandre, documente la finesse de son jeu de batterie.

    En 1986, Joane, Diane et Danielle avaient pris un congé de Wondeur Brass pour explorer les limites de la chanson pop sous le nom Les Poules (Contes de l’amère loi, fraîchement réédité). Dernièrement, elles ont repris le collier du trio, poussant cette fois dans l’improvisation riche en textures subtiles, qui marie bruitisme, écoute et lyrisme. Prairie orange marque ce retour attendu à un travail collectif.

    La présence de ces trois créatrices au sein d’Ambiances Magnétiques a attiré l’attention de quelques artistes aux intérêts similaires. Première autre femme à joindre l’écurie, Geneviève Letarte a produit deux superbes albums de chansons poétiques (Vous seriez un ange et Chansons d’un jour). Dernièrement, le catalogue de DAME a accueilli la performeuse Nathalie Derome, la guitariste Sylvie Chenard, la pianiste Pui Ming Lee, ainsi que Lori Freedman et Marilyn Lerner du duo Queen Mab, qui nous ont chacune donné un album solo (respectivement: À un moment donné et Luminance).

    La musique actuelle, un monde de gars? Suivez ces quelques pistes, vous verrez bien.

    Télépathie dans Coda Magazine

    «Critique», PR, Coda Magazine, 11 septembre 2003
    jeudi 11 septembre 2003 Presse

    Pour produire la musique globalement ambient et sereine, bien que continuellement parcourue de craquements minimalistes et d’impressionnants bruissements qui zèbrent l’espace sonore du bien nommé Télépathie, Diane Labrosse (des groupes féminins Wondeur Brass et Justine) et a_dontigny (connu pour son travail au sein du collectif Napalm Jazz), en parfaite osmose, ne se servent respectivement que d’un échantillonneur et d’un ordinateur portable, dont ils font des instruments à part entière, au-delà des seules idées de détournement et de piratage souvent à l’œuvre chez nombre de leurs confrères. Sur cet opus dans la lignée du remarquable Île bizarre justement réalisé par Diane Labrosse en compagnie de la percussionniste électronique Ikue Mori, le duo développe et explore des formes à l’expressionnisme abstrait mixées en direct à la Casa Del Popolo en avril 2002. Ce disque témoigne d’une créativité jamais prise en défaut et d’un immense plaisir à jongler avec les sources, au point que l’écoute sera forcément jubilatoire pour qui se laisserait transporter par ces ambiances.

    … une créativité jamais prise en défaut et d’un immense plaisir à jongler avec les sources…

    Studio — Analogique — Numérique dans Vital

    «Review», Dolf Mulder, Vital, 11 septembre 2003
    jeudi 11 septembre 2003 Presse

    More splintered and fragmented sounds from this duo that we already know from earlier work (21 Situations). We find their new work physically not on one CD but distributed on three mini-CDs. Objectively there was no reason to do so. All the music would perfectly fit on one CD. At the center of this triptych is the Studio CD. It is recorded live in the studio and has Tétreault and Yoshihide playing turntables and electronics. No reprocessing afterwards took place. After this job was done both gentlemen split. Tétreault took the analogue road and Yoshihide the digital one. Both used recordings that were not used for the Studio CD. On Analogique Tetréault used obsolete tape recorders and created a flowing analogue remix, resulting in 5 short pieces. Yoshihide choses for another approach. With the newest facilities computers have to offer he created a heavy reconstruction, called Numérique. It that lasts some 20 minutes. So the left and right panel of this triptych are both soloworks. They knead their analogue and digital sound material into objects that are hard to judge and compare. What point of reference shall I and can I take? Is this music? The answer makes no difference. But as a listerner I want to conquer this strange sound object one way or another. In order to give it some meaning, etc. But concerning this release, I’ll try again another time. For this moment the sounds remains sounds, although manipulated by both gentlemen in a bruitiste way

    Un moment de bonheur dans Cadence

    «Review», Frank Rubolino, Cadence, 9 septembre 2003
    mardi 9 septembre 2003 Presse

    French Canadians and Frenchmen matched firepower at the Victoriaville fest in 2001 under a flag of mutual leadership and respect on Un moment de bonheur. The encounter brought together two standout woodwind players and an equally strong support team. Multi-faceted flutist/saxophonist Derome and explosive drummer Tanguay represented the Canadian contingent, while stellar clarinetist/saxophonist Sclavis and inventive bassist Chevillon carried the colors for France. Unusual sounds abound on this set. Besides the multiplicity of horns played by Derome and Sclavis that continually change the color and texture of the music, special effects are added through Derome’s and Tanguay’s playing of the guimbarde (Jew’s-harp) and the various sound-producing objects handled by Sclavis.

    Interestingly, Derome is the composer for five of the six tunes. His songs are multi-layered suites that pass through many tempo changes and structural variations. Derome’s compostions have European leanings; they are typically devoid of tangible ties to the blues. The music evolves as in a mathematical equation, producing sharp edges that jaggedly worm their way through a complex improvised maze with Braxton-ion efficiency. It turns into a power session of intense heat when the two leaders take their horns to far-reaching places and Chevillon and Tanguay spur the ride. On Sclavis’ lengthy Suite pour un bal, his bass clarinet establishes a carnival stage where the band merrily follows the piper into realms where there is no turning back to normality. Heavy motive bass/drum forces push the multiple-phased piece in ever-changing directions, and Derome and Sclavis excel at exploring the extensive improvising possibilities.

    On all selections Derome and Sclavis become aggressively combative and take the music up several notches with their intense blowing. This study in contrasting styles boils down to a jostling match of heavy reed hitters pouring fuel on the creative fire. Multiple exposures to the disc will garner the many subtleties in this music as well.

    … a power session of intense heat when the two leaders take their horns to far-reaching places and Chevilion and Tanguay spur the ride.

    Télépathie dans Satelitepop

    «Discos», Alfonso Méndez, Satelitepop, 7 septembre 2003
    dimanche 7 septembre 2003 Presse

    La escena musical canadiense concentra a un buen número de músicos abonados a la experimentación. Existe una escena que profundiza en los impulsos de la música y los reconstruye ya sea con nuevos recursos tecnológicos o de manera clásica . A_Dontigny y Diane Labrosse llevan años haciendo individualmente aportaciones a la música avanzada y ha tenido que ser en la ya mítica sala Casa del Popolo donde estos dos particulares músicos se han encontrado y fusionado su talento. Dontigny con su ordenador y Labrosse a manos de un sampler grabaron una actuacion que ofrecieron en dicho lugar, el 20 de abril del 2003, y en la que interpretaron cuatro largos temas donde improvisan uno sobre el otro y en el que la particular conexión entre ambos da lugar un disco de electrónica experimental equilibrado, ordenado, con cierta abstracción y momentos acertados, algo presumiblemente dificil, al contrario de lo que pueda parecer.

    El trabajo de Dontigny y Labrosse es todo un experimento en el que ponen a prueba esa Telepatía que aguran en el título. Sin duda una puesta arriesgada no apta para todos los oídos.

    Sin duda una puesta arriesgada no apta para todos los oídos.
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