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Alexandre St-Onge

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  • Les océans de Sylvie Chenard…

    lundi 16 septembre 2002 Nouveautés

    Deux nouvelles parutions pour l’artiste multidiciplinaire Sylvie Chenard. Premièrement, Océan pour la suite, sur lequel elle invite Maryse Poulin, Alexandre St-Onge et Martin Tétreault pour une série de duos bruitistes et engagés. Ensuite, sur Océan à vendre / For Sale, Sylvie Chenard et Jon Asencio puisent à toutes leur ressources pour nous faire comprendre qu’il est grand temps de ne plus gaspiller les notres…

    Un sperme qui meurt, de froid, en agitant faiblement la petite queue, dans les draps d’un gamin, Christof Migone, Alexandre St-Onge, Undo dans Revue & Corrigée

    «Critique», Fabrice Eglin, Revue & Corrigée, no 52, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    Brouillard contre transparence, puissance de la perturbation. Aujourdhui cinéma partout. Ça donne l’idée de ce qui se déroule, progrès dans la vulgarité et coquetteries de bizut pour prime. Les expressions (sonores, visuelles…) qui réalisent la mode refusent tout questionnement de la représentation: une volonté de transparence pour ideologie métaphysique. Haine du désir, technicité, ardeur répressive… Porno? “[…] s’interroger […] sur la frontiere du visible et de l’invisible, sur l’ambition du cinéma de donner à voir l’invisible, le mystère même des êtres par les moyens du visible” écrivent Jacques Joubert et Dominique Renard dans Une partie de campagne (Éd. Belin). Mehdi Belhaj Kacem d’ajouter (revue Lignes n°36): “Le porno se veut d’ailleurs heuristique et pédoyagique: il veut prévenir les corps et les formes (les “décoincer”, etc.) leur dire que leurs gestes les précedent comme une ombre, et que tous ceux qu’ils pourront faire ne seront que re-production de ce que le porno montre avec une synchronie parfaite […]”

    Transparence toujours, durant ces conversations apparemment sans mobile et sans fil où le lexique trahit: “J’assume” remplaçant “Je m’en fous”, équivalence délicate du “Je gère quelque part” (“Je me rembourse” / “Je meurs en bourse”?); l’optimisme professionnel et agressif, boudeur des torsions sémantiques, la langue chargée; le cynisme à court terme. Il se conchie lui-même, entre l’Être et l’étron. Mais cette haine est aussi portée à l’autre, si l’autre a pris le pouvoir du miroir inversant et renversant (1). Ça thésaurise et l’envie de plus-value s’exhibe. Naturisme sentimental, tautologie du vide de la transparence. Et pourtant ce matin, c’est un peu de printemps et sa musique.

    Un CD. Pas un de plus, réalité compactée, ça d’autres s’en chargent et ça plait, régressif et narcissique. On peut tenter d’en rire, leurs dérapages font lois… Mais ici, c’est autre chose. Et les problèmes du sens s’inaugurent avec l’objet. Aucune information. L’enigme proposée exige qu’on l’écoute et la pense, comme on gagne du terrain sur l’ignorance de l’Autre; en permanence l’inachevé. Et pas de lot de consolation, la teneur ne remplit pas l’espace affecté à la representation mais la déchire et l’ouvre d’une consistance singulière; capable d’aspirer le présent, d’instituer une séparation. Ça ne nous isole ni ne nous désigne. Lieu limite. Où l’on reçoit le concret comme métaphore frontale: dérobé (mis à nu), ouvert, à l’improviste; le sens libéré dans sa puissance. Brises, bribes et debris. Et là où tout n’est qu’énigme ça sérotise… ça colle au réel… Temps suspendu. Limites. Des lois, du langage, de soi (“Le sortir de soi” d’Artaud). Profanation, coupure: mise en brêche du temps et de son orientation marchande, un glissement de l’expression quotidienne (l’ordinaire), tout ce qui ne s’aligne pas et que l’on rencontre sans savoir. L’invisibilité dans sa souveraine incandescence. Rien n’est stable: éclatements d’existence, sculptures mobiles en vrilles puissantes d’imbrications — faille concrète l’intérieur rejoint l’extérieur — hologrammes fugitifs. On cède à cette force, seule capable d’offrir les champs sauvages de l’expérience. Déraison et inutilité capitales. Aux bénefices du doute l’à-faire est entendu, l’action s’oppose à la vision (ça granule, ça grésille, ça caresse, ça râpe, ça coupe: ça jouit (2))…

    Contemplation. Italiques points de suspension, dans cette monotonie lumineuse surgissent heurts et séismes scintillants, présence diaphane de la multiplicité des matières à embras(s)er, des obstacles à féconder. Apparitions / Disparitions. Passage instable dissolution, labyrinthe monstrueux et l’âpreté en filigranes, le secret pour crime. Stratégique? Il y a là comme un au-delà de la dialectique, sans propriétaire, peut-être rien; quelque chose derrière la pensée… Ça intrigue, ça joue des moments de flottements — l’écoute s’éloigne mais ne lâche pas le corps, ruptures et conflits d’espace privent la fixation (fabriquer une image, se rassurer) et obligent à construire autrement. Une autre idée du déroulement, une logique esthétique (éthique) où les matières sont élements constitutifs de l’exposé. Et propres à faire advenir le silence. Sa révolution paradoxale. Plus tard l’engramme persiste présent fragile, la fin pour suite… ailleurs Légendes des trésors cachés? Fraîcheur et lucidité se marient sans frasques dans l’irrespect du confort — l’intimité dans l’intimité — incitent au theâtre d’un lien baroque; l’altérité évanescente dans son insistance même. Étrange charme d’une phénoménologie précieuse, comme le sucre se dissout dans l’eau. Sans laisser de traces visibles.

    Acuité au centre des possibles, des souvenirs et des fantasmes qui, tour à tour, s’incarnent et se mélangent. La part maintenue entre rêve et mémoire, ce plaisir corrosif que distille l’insolence poétique; cette rivalité amoureuse de l’artiste sur le philosophe. À la propagande de la transparence s’oppose une poétique de la dissimulation, de l’écart. Poésie ou fumisterie récréative? D’un péril l’Autre (précarité de l’opinion), beauté polémique. Dès que le soupçon s’installe et gagne du terrain, tout disparaît. Pas de schématisation necessaire à une pédagogie trouble, pas plus l’ineffable (réflexe propriétaire et retour de la présence sacralisée). Simplement ce transport. Expérience de vie que celle de rendre sensible à chaque instant la dramaturgie de toute beauté, cette étrange sensation des matières non revendiquées — l’absence de signature — contre la forme, processus allusif et clandestin qui parasite les mécanismes explicatifs du tout rationnel sociologisant (calculs et taxinomies), déchire les ensembles représentatifs et re-lance le jeu réflexif. Engagé dans l’exploration du mystère partageable, cet acte s’inscrit dans la dépense, potlatch dont l’auteur est moins le maître que la houle porteuse. Espace en questions, il ne s’agit pas ici de spéculer sur le contenu mais de ce qui s’y décale: sa projection. Expérience fuyante, l’exprimer avec justesse nous échappe. L’agrément de la nuit traversée jusqu’à l’aube, quelles sont ces heures?

    (1) Francois Pemer, L’amour, Séminaire 1970-71, coll. Pluriel, Hachette Littératures.

    (2) Roland Barthes, Le plaisir du texte, Le Seuil, 1973.

    … dans cette monotonie lumineuse surgissent heurts et séismes scintillants, présence diaphane de la multiplicité des matières à embras(s)er…

    kasi naigo, Alexandre St-Onge dans Revue & Corrigée

    «Critique», Manu Holterbach, Revue & Corrigée, no 52, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    Se plonger dans la musique d’Alexandre St-Onge, c’est un peu comme faire l’expérience de l’ombre. Son univers sonore semble dessiner en obscurité les contours du réel le plus ordinaire, d’une part le magnifiant, et d’autre part le faisant glisser dans une belle confusion. Car cette ombre, dont on ne sait exactement l’origine, trouble, déconcerte. Un peu comme si on pouvait rencontrer une ombre détachée de toute origine, une ombre en soi. Imaginons alors que nous pourrions nous y asseoir, nous y fondre: un petit ilot dans lequel le monde se projetterait par l’obscur. Tout y viendrait troublé, étouffé, atténué. Nous pourrions encore y voir (y entendre), mais tout serait étrangement voile et distant. Voilà ce qui se passe dans la musique d’Alexandre St-Onge, qui contrairement au paradième temporel occidental de la composition, ne contient aucun mouvement narratif quelconque, positionnant le present de l’écoute dans un point tangenciel entre passé et avenir. Raison sans doute de notre culture d’écoute impatiente et superficielle, gavée d’attentes qui exigent d’être résolues. Chez Alexandre St-Onge, il s’avère que la musique est suspendue dans un présent immobile. Pas d’avenir, pas d’avant. Tout est immédiatement là, avec cette perception particuliere que l’on a dans ]es moments de stases, ces instants bouche bée où l’on n’attend plus rien. Peut-être estce dans un instant comme celui-la qu’Alexandre St-Onge a décidé de mettre un micro dans sa bouche pour y filtrer l’insaisissable “reel” quotidien, et de l’y faire résonner en frottements avec les mouvements métaboliques. Corps résonnants de la bouche, qui devient aussi oreille, captant les echos des bruits du monde dans les cavités du crâne. Ce qui tend à révéler l’absurdité de ce que nous nommons le récl: ce n’est jamais que l’ombre de la réalité dont nous parlons. De cette facon qu’a le monde de projeter son contour au travers de nos conduits, de nos muqueuses. Rumeurs sereines, et parfois inquiètes d’un univers déboussolé, allegé de toute cardinalité. Ecouter la musique d’Alexandre St-Onge, c’est un peu s’immiscer dans un point d’une extrême etroitesse, mais qui, du fait de son étroitesse même, permettrait de capter avec une infinie acuité l’etrangeté du monde, sa sonore altérité, sans esperer y trouver quelque chose, simplement en partageant ce quelque chose. Profonde expérience de l’immanence, pour qui acceptera ce jeu secret et bouleversant. Kasi Nago est un hommage à Tystnaden (Le silence) d’Ingmar Bergman, on y trouve aussi un hommage parallèle au silence de 4’33” de Cage.

    Sur le même label, Alexandre St-Onge a édité le son d’une performance de Vito Acconci, on comprend pourquoi a l’écoute: deux univers se téléscopent. UNDO (Alexandre St-Onge et Christof Migone) y vont de leur “remix”, excellent disque aussi. Saluons à propos de ces deux disques, le soin particulier porté a la pochette, ce qui en fait des objets particulièrement attrayants. Merci.

    … l’expérience de l’ombre.…

    Alexandre St-Onge, Ambiances Magnétiques dans AllMusic

    «Portrait: Alexandre St-Onge», François Couture, AllMusic, 1 juin 2002
    samedi 1 juin 2002 Presse

    Alexandre St-Onge is an ambiguous artist from Montréal. He started playing free jazz on double bass and quickly developed into a sound/performance artist. He belongs to the generation of experimentalists and improvisors that came after the Ambiances Magnétiques collective and was actually instrumental in establishing some contacts between that group of artists and the younger ones revolving around Godspeed You Black Emperor! He has released a few solo albums and recorded and performed with Klaxon Gueule, Undo, Et Sans and Shalabi Effect.

    St-Onge studied double bass. Little is known of his formative years, but his first major musical activity was being recruited by Ambiances Magnétiques drummer Michel F Côté to form the free improv trio Klaxon Gueule (also with Bernard Falaise). A first album, Bavards, came out in 1997 on which St-Onge performs in a classic American free jazz style. By the time the group’s second CD Muets was released two years later he had abandoned conventional playing, focusing on effects, electronics and textures, dragging the formation into European-style electro-acoustic improv.

    In the meantime the bassist had met the other, mostly anglophone Montréal avant-garde scene, collaborating with the likes of Sam Shalabi (in his Shalabi Effect with albums out on Alien8 Recordings), David Kristian (the trio Kristian Shalabi St-Onge, also on Alien8), and conceptual artist Christof Migone, once of the Quebec sound art collective Avatar. St-Onge released a first solo album, Image/Négation in early 1999. It established his fondness for the exploration of silence and noise, relating his work to artists like Francisco López, John Duncan, Bernhard Günter and John Hudak.

    On his second solo effort, Une mâchoire et deux trous (1999, Namskeio) he built eery textures by putting contact microphones in his mouth. This idea was developed into a performance art concept with Migone in the duo Undo. The pair also founded the record label Squint Fucker Press in 2001. Meanwhile St-Onge reached a certain level of success with the avant-psychedelic outfit Shalabi Effect. He also recorded an album with Godspeed You Black Emperor!’s Roger Tellier-Craig as Et Sans.

    28 mars 2002: Douze musiciens en concert pour la paix

    jeudi 21 mars 2002 En concert

    Un orchestre exceptionnel regroupant douze musiciens des plus actifs de la scène actuelle québécoise présente le 28 mars 2002 à la Casa del Popolo (Montréal) un concert collectif intitulé «Prière pour John Coltrane et la paix». Des improvisateurs de toutes tendences sont réunis pour cette soirée majestueuse de musique librement inspirée des classiques compositions «Om» et «Ascension» du saxophoniste américain John Coltrane. Avec Jean Derome, Philémon, Lori Freedman, John Heward, Will Glass, Sam Shalabi, Andrew Dickson, Julie Rousse, Alexandre St-Onge, André Asselin, Nicolas Caloia et A_dontigny.

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