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Danielle Palardy Roger

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    Review

    Cristin Miller, Signal to Noise, no 34, 1 juin 2004

    The 19th annual Seattle Improvised Music Festival took place this winter over two week-ends in Febuary. This year brought a turning point for the festival, as the long-term orginizers turned over the reins to musicians newly very active in the scene, all of whom are directly or indirectly affialited with Open Music Workshop. Open Music Workshop (or OMW) is a relatively young entity, less than two years old, but has constitued something like a second wave in the improvised music scene in Seattle. This shift in leadership was reflected in the shape of the festival this year, which cast a wider net and included a broader range of approaches to music making.

    The next weekend I also managed to catch Les Poules (Montréal) at Consolodated Works, a large warehouse-like art gallery and performance space. Les Poules have beon playing together for over a decade, and every passing minute of their long history and musical intimacy. Joane Hétu (vocals, alto sax) staked out a minimalist territory of voiceless fricatives and static noises, which she mined over the course of the performance. Diane Labrosse (electronics) explored a similarly focused territory, while Danielle Palardy Roger’s percussion poured out speechlike with orchestraly various gestures accumulating over time into a complex field. A drama of highly attuned listening slowly emerged full of simultaneous starts, frequent finishing of each others’ sentences, and sudden collective laughter. Occasionally, certain silences were allowed to move with grace to the center of the circle.

    A drama of highly attuned listening slowly emerged full of simultaneous starts, frequent finishing of each others’ sentences, and sudden collective laughter.

    Les Poules et la basse-cour

    François Couture, actuellecd.com, 16 septembre 2003

    À l’exception de la pop sirupeuse, tous les genres musicaux sont dominés par le mâle. Qu’il grogne dans le micro, gratte sa guitare ou s’époumone au saxo, l’homme s’accapare l’image du musicien, autant dans le rock des multinationales que sur la scène des musiques actuelles. Quand la femme s’aventure dans le domaine, elle est souvent réduite à adopter les formules toutes faites de l’industrie.

    C’est pourquoi il est étonnant de trouver au sein du catalogue de DAME autant de femmes à la démarche artistique novatrice. C’est que dès ses premières années, le collectif Ambiances Magnétiques a accueilli trois créatrices dont l’activité musicale, la force organisationnelle et la forte tête ont servi de pôle d’attraction. Je parle bien sûr de Joane Hétu, Diane Labrosse et Danielle Palardy Roger.

    Nos trois protagonistes se sont connues au tournant des années 80 dans Wondeur Brass et ont poursuivi leur association dans Les Poules et Justine. Big band anarco-féministe à ses débuts, Wondeur Brass a servi de laboratoire à Joane, Diane et Danielle qui y ont fait leurs premières armes (Joane, autodidacte, y a littéralement appris la musique). Leur mélange de poésie moderne, de free jazz et de rock-in-opposition est déjà au centre du long-jeu Ravir. Du sextet du premier album, on passe au quatuor avec la bassiste Marie Trudeau pour Simoneda, reine des esclaves. Cette formation prend bientôt le nom de Justine pour trois autres disques (La légende de la pluie, créditée au nom de chaque musicienne, peut être abordée comme une collaboration entre Justine, Zeena Parkins et Tenko) au cours desquels le discours féministe est graduellement sublimé et laisse place à une fantaisie croissante qui connaît son apogée sur le phénoménal Langages fantastiques.

    Dès la sortie de Langages fantastiques, les trois filles se consacrent à leurs carrières individuelles. Chanteuse et saxophoniste, Joane Hétu insuffle à sa musique un émerveillement langagier et une interprétation mal dégrossie qui se rapproche de l’outsider art. Elle a d’abord mis sur pied son propre groupe, Castor et compagnie (avec Diane Labrosse, Jean Derome et Pierre Tanguay), qui a commis deux albums de chansons sensuelles et tordues en filiation directe avec Justine. Par la suite elle s’est tournée vers l’improvisation, d’abord avec son compagnon Jean Derome dans le duo Nous perçons les oreilles, puis en solo avec Seule dans les chants, d’une intimité intense. Elle a récemment prouvé ses talents dans la composition à grand déploiement avec le magistral Musique d’hiver.

    Vers la fin de Justine, Diane Labrosse a délaissé le clavier pour lui préférer l’échantillonneur. Après un album solo, Face cachée des choses, un disque en duo avec le percussionniste Michel F Côté (Duo déconstructiviste) et une participation à son groupe Bruire (sur Les Fleurs de Léo), elle a tâté de la composition pour ensemble d’improvisateurs (Petit traité de sagesse pratique) avant de se consacrer corps et âme à l’improvisation. Parasites, avec Martin Tétreault, et Télépathie, en compagnie d’Aimé Dontigny, démontrent qu’il est possible de manier l’échantillonneur avec grâce et sensibilité.

    Depuis la dissolution de Justine, la discographie de Danielle Palardy Roger progresse à petits pas (c’est qu’elle est très occupée par la direction des Productions SuperMusique). Son conte pour enfants L’oreille enflée (avec les voix et les instruments de Derome, Hétu et André Duchesne, entre autres) s’adresse au jeune public avec une rare intelligence. Et Tricotage, sa rencontre improvisée avec la contrebassiste française Joëlle Léandre, documente la finesse de son jeu de batterie.

    En 1986, Joane, Diane et Danielle avaient pris un congé de Wondeur Brass pour explorer les limites de la chanson pop sous le nom Les Poules (Contes de l’amère loi, fraîchement réédité). Dernièrement, elles ont repris le collier du trio, poussant cette fois dans l’improvisation riche en textures subtiles, qui marie bruitisme, écoute et lyrisme. Prairie orange marque ce retour attendu à un travail collectif.

    La présence de ces trois créatrices au sein d’Ambiances Magnétiques a attiré l’attention de quelques artistes aux intérêts similaires. Première autre femme à joindre l’écurie, Geneviève Letarte a produit deux superbes albums de chansons poétiques (Vous seriez un ange et Chansons d’un jour). Dernièrement, le catalogue de DAME a accueilli la performeuse Nathalie Derome, la guitariste Sylvie Chenard, la pianiste Pui Ming Lee, ainsi que Lori Freedman et Marilyn Lerner du duo Queen Mab, qui nous ont chacune donné un album solo (respectivement: À un moment donné et Luminance).

    La musique actuelle, un monde de gars? Suivez ces quelques pistes, vous verrez bien.

    Le bruit, sans fureur

    Guy Marceau, SOCAN — Paroles & Musique, no 10:3, 1 septembre 2003

    Danielle Palardy Roger est une battante de la musique actuelle. Même au banc de sa batterie, baguettes en main, la musicienne, compositrice, improvisatrice et productrice est mue par une force tranquille: celle des artistes qui n’ont d’autres choix que de faire ce qu’ils font tellement leur vocation est viscérale. À 54 ans, sous des cheveux bouclés en bataille et derrière des yeux d’un bleu profond, la rebelle est encore fidèle au poste et poursuit son travail de pionnière qui a mis la musique actuelle sur la carte québécoise.

    À 27 ans, forte d’une créativité qu’elle déployait déjà en arts visuels, Danielle Palardy Roger s’est remise à la pratique artistique après avoir tourné le dos à l’académisme contraignant des arts appliqués. «À la suite d’une rencontre avec des musiciens d’avant-garde, j’ai décidé de plonger en musique, même si je n’avais pas de formation académique. Et justement, c’est en abordant ce nouveau monde sans cadre précis que j’ai pu explorer et développer ma créativité avec l’improvisation.»

    Danielle Palardy Roger jouait des «drums» dans une fanfare, ce qui explique le choix de son instrument de prédilection, la batterie (et les percussions). «Je pouvais exprimer les rythmes et les sons, et il y a des rapprochements à faire avec la peinture comme le tachisme, l’automatisme et tout l’art du mouvement. Mais ce qui me portait et me porte encore, c’est l’improvisation, cette notion de liberté dans l’acte créateur, le hasard, l’aléatoire; tout ça demeure encore le plus grand moteur de ma créativité.» Le résultat: d’étonnantes fresques sonores, bruitistes, exploratoires, souvent minimalistes mais qui ne laissent pas indifférent. Le bruit, sans fureur.

    Pionnière dans l’aventure

    Évidemment, Danielle Palardy Roger n’était pas seule dans l’aventure. «Au début des années 80, on parlait peu du vocable ‘musique actuelle’. En Europe, on disait plutôt musique de traverse ou improvisée. Avec notre premier vinyle (du groupe Wondeur Brass), on s’est aperçu qu’on s’inscrivait dans un courant qui se précisait de plus en plus, porté par les musiques de Jean Derome, René Lussier, André Duchesne, Joane Hétu et Diane Labrosse. Ces deux dernières sont directrices artistiques de SuperMémé (devenu SuperMusique), une société de concerts fondée avec elle en 1979. Tout ce beau monde s’est regroupé pour fonder ensuite l’étiquette de disques Ambiances Magnétiques (aujourd’hui représentée par DAME), premier pas important pour la diffusion des musiques de la jeune scène actuelle au Québec. Et, presque simultanément, naissait le Festival international de musique actuelle de Victoriaville.

    En 25 ans, plusieurs aventures, en concert et sur disque, ont ponctué le parcours de la musicienne et de ses alliées des premières heures: le trio Les Poules et Tricotage, un duo récemment formé avec la contrebassiste française Joëlle Léandre, sans compter tous les collectifs bruitistes et concerts thématiques avec de grands noms de la musique actuelle ainsi que les tournées internationales et nationales. Et des événements majeurs, tel le premier Festival international des musiciennes innovatrices, ont beaucoup contribué à la cause des femmes dans l’industrie musicale. De plus, Danielle Palardy Roger est l’auteure d’une vingtaine de compositions, pour musique écrite ou improvisée dont la Symphonie portuaire 2001, le livret et la musique du conte pour enfant L’Oreille enflée (1994), des musiques pour la danse, ainsi que de nombreux ducs, trios et quatuors pour divers instruments. Tout ça, un peu dans l’ombre…

    Un long pèlerinage

    Il faut avoir la vocation pour évoluer dans un courant plutôt «underpround» qui n’est pas précisément populaire. Mais les petits pas gagnés sont pour Danielle des pas de géant. Aujourd’hui, en plus de ses activités d’artiste, elle est notamment vice-présidente du Conseil d’administration du Conseil québécois de la musique et vice-présidente du Conseil régional du Centre de musique canadienne au Québec. Un lieu privilogié pour faire bouger les choses.

    «Dans tous les courants de la musique d’aujourd’hui, il ne faut pas se leurrer, le développement du public est difficile. Tout le monde peut dire qu’il a entendu parler de musique actuelle mais ça ne veut surtout pas dire qu’on en consomme ou en écoute. C’est la reconnaissance de ces musiques qui pose problème et c’est en partie à cause du peu d’appuis à la diffusion de nos radios commerciales et d’État. Le public accuse un grand retard dans la perception des arts sonores, alors qu’il a pourtant bien absorbé l’éclatement des arts visuels. Je l’explique par la difficulté du corps à absorber le son qui fait écho jusque dans les viscères, un son qui déstabilise et dérange plus l’organisme qu’une image choquante.»

    Danielle affirme que le jeune public est celui de l’avenir pour la musique actuelle. «Il est ouvert, très réceptif et démontre beaucoup d’intérêt et d’aptitude pour le genre. Et même dès l’enfance. Joane Hétu et moi donnerons d’ailleurs un atelier d’improvisation à des élèves du primaire à l’École Maisonneuve (Hochelaga-Maisonneuve) où ils composeront une pièce avec la technique d’improvisation.»

    Parmi ses nombreux projets, Danielle écrit présentement Bruiducoeur, un oratorio de plus d’une heure pour chœur, solistes et narrateurs qui sera présenté à l’Espace Go au printemps 2004. Mentionnons aussi la composition d’une partition graphique pour l’ensemble SuperMusique (ensemble à géométrie variable) en vue des Journées québécoises de la musique improvisée en février prochain, et une tournée aux États-Unis et en Espagne avec le trio Les Poules au cours de l’automne. Un vœu pour l’avenir? «Avoir plus de temps pour rêver, composer et créer.»

    Pour Danielle Palardy Roger, le temps est précieux et compté. Sa vie est réglée comme du papier à musique et pas question d’en perdre une seconde. Autrement, elle ne serait pas où elle est aujourd’hui. La situation de la musique actuelle au Québec est encore une de ses principales préoccupations. Voilà certainement un enieu de taille dans le travail de la musicienne, enjeu qui ne laisse aucune place à l’improvisation.

    … l’improvisation, cette notion de liberté dans l’acte créateur, le hasard, l’aléatoire; tout ça demeure encore le plus grand moteur de ma créativité.

    Portrait: Justine

    François Couture, AllMusic, 15 juin 2002

    Born out of the Montréal-based avant-rock group Wondeur Brass, Justine pushed further the ideals of challenging, thought-provoking feminist rock established in its previous incarnation for another ten years. The group released three albums during the 1990s and toured Canada, the United States,and visited Europe twice. Three of its musicians are members of the collective Ambiances Magnétiques, so the label released all their albums.

    Wondeur Brass started as a sextet in the early ’80s. By 1987 the group had been scaled down to a quartet. Bassist Marie Trudeau had joined the three original members saxophonist Joane Hétu, keyboardist Diane Labrosse and drummer Danielle Palardy Roger. That line-up released Simoneda, reine des esclaves in 1987.

    Upon starting work on a new opus in 1989, the girls decided it was time for a change. The new music taking shape was turning out to be more complex, intricate, and driven by a stronger will to improvise and make things interestingly dangerous. Thus Justine was born. The first album under the new name, (Suite), came out in 1990. It included guest appearances by Japanese singer Tenko and American harpist Zeena Parkins. In 1992, Hétu, Labrosse and Roger brought them back for a quintet project, La légende de la pluie. Although it doesn’t include Trudeau and sounds softer, more introspective, it can be considered as the second album by Justine. Around the same time the “real” quartet appeared on stage in an Ambiances Magnétiques showcase which yielded the live CD Une théorie des ensembles.

    In early 1994 Justine toured Europe, visiting many former communist countries. Back in Montréal in June they recorded Langages Fantastiques “live in the studio” — the recording of (Suite) had stretched over ten months. After its release later that year things slowed down as group members focused on individual projects: Roger on the children tale L’oreille enflée, Labrosse on a solo album (La face cachée des choses) and a duo with Michel F Côté, Hétu on a new group called Castor et Compagnie. Justine stayed together for another three years and performed at the 1997 Ring Ring festival in Belgrade (Yugoslavia) alongside Ground-Zero, Palinckx, and Kampec Dolores (a previously unreleased song was included on the commemorative compilation Ring Ring 1997). After that tour the group disbanded. Hétu, Labrosse and Roger have continued to contribute to one another’s projects.

    … Justine pushed further the ideals of challenging, thought-provoking feminist rock…

    Portrait: Danielle P Roger

    François Couture, AllMusic, 15 juin 2002

    Danielle Palardy Roger is the lesser known among the three female members of the Montréal musicians’ collective Ambiances Magnétiques. The drummer always kept a lower profile than Joane Hétu or Diane Labrosse (not to mention male counterparts like René Lussier or Jean Derome), especially since the disbanding of the group Justine. She rarely leads her own band, but she still performs regularly on the Montréal free improv circuit and composes contemporary classical music (for the Ensemble Contemporain de Montréal, among others). Maybe more importantly, her company Productions SuperMémé-SuperMusique has become a major producer of new music events.

    Roger met keyboardist Labrosse and saxophonist Hétu in the late 1970s through the loose experimental collectives that took turns animating the Montréal underground back then. Like them she is self-taught on drums. The trio founded Productions SuperMémé-SuperMusique in 1979 to take care of their own business and started playing together. With a couple more women they formed Wondeur Brass, whose first album came out in 1985 on the label Ambiances Magnétiques, immediately after they were asked to become members of the collective. Roger was also part of the trio Les Poules with Hétu and Labrosse, a group that moved away from the Rock-in-Opposition sound of the other outfit to explore freer grounds.

    Wondeur Brass made a second LP in 1988, Simoneda reine des esclaves, before transforming into the quartet Justine with Roger, Hétu, Labrosse, and bassist Marie Trudeau. With this group the drummer toured Canada, the US, and Europe, appearing at the RingRing Festival (Belgrade) in 1997. The group disbanded shortly after. While her colleagues moved on to solo projects, Roger focused on the company they had co-founded and of which she became the sole director.

    Roger has only one solo album to her credit, the creative children tale L’oreille enflée (1994). The release of Tricotage, a duo session with bassist Joëlle Léandre in 2000 marked her come-back on disc.

    Les Poules

    Réjean Beaucage, Voir, 16 août 2001

    Il y a bien longtemps que l’on a vu ce trio sur une scène à Montréal. Bien longtemps aussi que leur seul disque — vinyle, bien sûr —, est épuisé. Paru en 1986 entre deux albums de Wondeur Brass, celui des Poules sera réédité cet automne dans la foulée du 10e anniversaire de DAME. La compilation Ambiances Magnétiques volume 5: Chante! 1985-2000 parue l’année dernière, nous a permis de redécouvrir Les Poules, caquetant sur La chanson du pain. Hé bien Les Poules sont de retour! Le concert du dimanche 19 août nous ramènera le trio en mode improvisation alors qu’elles nous présenteront des variations sur les projets personnels de chacune des trois musiciennes compositrices. C’est qu’il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis 1986! Chacune de ces pionnières de la musique actuelle montréalaise a participé à plusieurs projets d’autre membres du collectif Ambiances Magnétiques en plus de proposer des projets solos: Joane Hétu (saxophone, voix) avec Seule dans les chants, Diane Labrosse (échantillonneur, claviers, voix) avec son Petit traité de sagesse pratique et Danielle Palardy Roger (percussions, voix) avec Voyage en aphasie mineure, entre autres. Après les avoirs vues séparément ou ensemble dans les projets les plus variés, ça fera plaisir de revoir ensemble ces trois super-mémés.

    Après les avoirs vues séparément ou ensemble dans les projets les plus variés, ça fera plaisir de revoir ensemble ces trois super-mémés.
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